Beyers Naudé

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Christiaan Frederik Beyers Naudé (1972)

Christiaan Frederik Beyers Naudé (10 mai 1915 - 7 septembre 2004), également connu sous le surnom de Oom Bey (Oncle Bey), est un pasteur blanc sud-africain, figure de la lutte anti-apartheid.

Origines[modifier | modifier le code]

Beyers Naudé est né à Roodepoort, Transvaal, dans une famille afrikaner. Il est nommé Beyers en hommage au général boer Christiaan Frederick Beyers dont son père, Jozua François Naudé (1873-1948), fut un proche. Beyers Naudé a grandi à Graaff-Reinet dans la Province du Cap où son père est pasteur et l'un des fondateurs de l'Afrikaner Broederbond.

Études[modifier | modifier le code]

Il termine ses études secondaires en 1931 et poursuit des études supérieures à l'université de Stellenbosch où il suit les cours de sociologie d'Hendrik Verwoerd. Diplômé en langues et en théologie en 1939, il devient ministre adjoint de l'Église réformée hollandaise de la commune de Wellington dans la banlieue du Cap et le plus jeune membre de l'Afrikaner Broederbond. La même année il épouse Ilse Weder avec qui il aura 4 enfants.

Le partisan puis l'opposant à l'apartheid[modifier | modifier le code]

En tant que pasteur et membre du Bond, il contribue à justifier la mise en place de l'apartheid à partir de préceptes religieux. Pourtant, durant les années 1950, il commence à émettre des doutes et après le massacre de Sharpeville en 1960, rompt avec son milieu familial et politique et s'engage contre l'apartheid. Membre du synode du Transvaal, il est le seul théologien de l'église réformée hollandaise à soutenir une proclamation du conseil mondial des églises condamnant les thèses religieuses justifiant l'apartheid.

En 1963, il fonde l'institut chrétien d'Afrique australe. Il est alors dans la ligne de mire du gouvernement sud-africain qui fait surveiller ses activités tandis que l'église réformée hollandaise lui retire toutes ses fonctions officielles. Il démissionne parallèlement du Broederbond.

En 1972, il est fait docteur honoris causa de l'Université libre d'Amsterdam.

En 1973, suite à l'enquête mené par la commission présidée par Alwyn Schlebusch, son institut est dissous et Naudé est emprisonné.

En 1974, il est fait docteur honoris causa de l'Université du Witwatersrand

Il est l'objet d'une mesure de bannissement de 1977 à 1984 (une mesure qui restreint la liberté de ses déplacements dans le pays).

En 1980, Naudé est admis au sein de l'Église réformée africaine, la branche noire de l'Église réformée hollandaise. Il mène durant 3 décennies un combat pour l'égalité raciale entre blancs et noirs. En 1985, il succède à Desmond Tutu comme président du Conseil sud-africain des églises.

Au début des années 1990, Naudé est le seul afrikaner membre de la délégation du Congrès national africain (ANC) participant aux premières négociations constitutionnelles avec le gouvernement de Frederik de Klerk. Il ne prend cependant jamais sa carte de l'ANC.

Il est mort à l'âge de 89 ans le 7 septembre 2004 à Johannesburg des suites de la combinaison de problèmes de circulation sanguine et d'un âge avancé. Ses obsèques nationales furent célébrées en présence du président Thabo Mbeki et ses cendres dispersées dans le township d'Alexandra, près de Johannesburg.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]