Beta Cygni

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Coordonnées : Sky map 19h 30m 43.2806s, +27° 57′ 34.852″

Albireo A (double)[1]/B[2]

Description de l'image  Albireo kstars.png.

Époque J2000.0

Données d'observation
Ascension droite 19h 30m 43,2806s/45.3954s
Déclinaison +27° 57′ 34,852″/54.995″
Constellation Cygne
Magnitude apparente (3,3/5,5) 3,085 en tout / 5,088
Caractéristiques
Type spectral K3II+B9V (A) / B8Ve (B)
Indice B-V 1,086 / -0,061
Indice R-I ?
Indice J-K ?
Variabilité ?
Astrométrie
Vitesse radiale -24,07 / -18,80 km/s
Mouvement propre μα = -1,5 / -1,90 mas/a
μδ = -1,4 / -1,02 mas/a
Parallaxe 7,51 ± 0,33
8,16 ± 0,25 mas(A/B)
Distance 434 ± 20
400 ± 12 al(A/B)
(133 ± 6
122,5 ± 4 pc)
Magnitude absolue -??
Caractéristiques physiques
Masse 5 (3,2) / 3,3 M
Rayon R
Gravité de surface (log g) ?
Luminosité 950 (100) / 190 L
Température 4 400 (11 000) / 12 000 K
Métallicité ?
Rotation ?? (??) / < 15 heures
Âge a
Composants stellaires
Composants stellaires Système triple.
Albireo A est double
Système planétaire
Planètes Non détectées à ce jour (2005)

Autres désignations

HR 7417, HD 183912/183913, FK5 732, HIP 95947, SAO 87301, WDS J19307 +2758Aa/Ac, (Albireo A)
HR 7418, HD 183914, HIP 95951, SAO 87302, WDS J19307 +2758B (Albireo B)

Albireo (β Cyg / β Cygni / Beta Cygni) est la cinquième étoile la plus brillante de la constellation du Cygne.

Nom et étymologie[modifier | modifier le code]

Bien que dans la désignation de Bayer les étoiles des constellations soient désignées en général par une lettre grecque attribuée dans l'ordre décroissant de luminosité, Albireo s'avère moins brillante que Gamma Cygni (Sadr), Epsilon Cygni (Giennah) et Delta Cygni. Albireo est située à l'extrémité de la constellation du Cygne, à l'endroit de la tête de l'animal. De ce fait, elle est parfois appelée « étoile du bec ». Avec d'autres étoiles de sa constellation, Alpha Cygni (Deneb), Giennah et Delta Cygni, elle forme une croix relativement reconnaissable parfois appelée « la croix du nord », par analogie avec la constellation de la Croix du Sud.

Le nom de l'étoile apparait à l'époque de la Renaissance à la suite d'une longue succession d'erreurs, et de mauvaises interprétations. L'origine est grecque, via une translittération en arabe, puis réinterprétée de façon erronée en latin. Il a pour origine le nom de la constellation du Cygne qu'utilise Ptolémée, Οϱνιζ, l'oiseau. Ce nom est translittéré par les astronomes musulmans qui traduisent Ptolémée en ūrnis. Le mot n'est pas identifié par le traducteur en latin de cette traduction arabe, qui se contente de le translittérer. On trouve ainsi dans les manuscrits latins médiévaux diverses formes, eurisim, eirisinun, eirisim et autres, pour la constellation du Cygne. Plus tard un commentateur ajoute une étymologie (erronée) pour indiquer que le nom vient d'une herbe aromatique nommée ireus, soit en latin ab ireo (de ireus). Dans l'Almageste, les étoiles sont groupées par constellation, et β Cygni est la première étoile décrite pour celle du Cygne. La fin du commentaire sur le nom de la constellation, ab ireo, est probablement attribuée ainsi à β Cygni. Finalement un copiste imagine que le nom correspond non pas à un nom latin mais à un nom arabe (commençant en principe par al...), et le transforme en albireo[3].

Ce nom n'a rien à voir avec celui utilisé par les astronomes arabes (à la suite des traductions de Ptolémée), al-Minhar al-Dajājah, soit « le bec de la poule » (de même que Deneb, située à l'opposée dans la constellation signifie « la queue [de la poule] »)[4].

Description[modifier | modifier le code]

Albireo est située à environ 385 années-lumière de la Terre. À l'œil nu, on ne distingue qu'une seule étoile de magnitude 3. Cependant, à l'aide d'un télescope, on distingue en fait deux étoiles, une jaune de magnitude 3,1 (Albireo A), l'autre bleue de magnitude 5,1 (Albireo B). Elles sont séparées de 34 secondes d'arc, ce qui les rend visibles même dans des instruments de taille modeste. Du fait de leur différence de couleur très marquée, elles forment le système binaire le plus contrasté accessible aux astronomes amateurs. Elles sont de ce fait parfois appelées le topaze et le saphir.

Du fait de leur éloignement important (deux objets situés à 380 années-lumière de la Terre et séparés de 34 secondes d'arc sont à environ 4 000 unités astronomiques l'un de l'autre), les deux étoiles ont un temps été considérés comme des étoiles doubles optiques, fortuitement alignées avec le système solaire mais non liées gravitationnellement. Il a depuis été montré qu'elles forment un vrai système binaire d'extension assez importante.

La composante jaune est en fait formée d'un couple de deux étoiles beaucoup plus rapprochées, une étoile de classe K3 et de magnitude 3,3 et une étoile plus chaude mais moins brillante de classe B9 (magnitude 5,5). L'étoile K a une température de 4 400 kelvins et une luminosité 950 fois plus importante que le Soleil pour une masse de 5 masses solaires. Son compagnon proche a une température d'environ 11 000 kelvins, une luminosité de 100 luminosités solaires et une masse de 3,2 masses solaires. Elles forment un système très excentrique séparé d'en moyenne 40 unités astronomiques ayant une période d'environ 100 ans. Albireo B est assez semblable à la composante peu lumineuse de Albireo A, avec une luminosité de 190 fois supérieure à celle du Soleil, une température de 12 000 kelvins et une masse de 3,3 masses solaires. C'est une étoile en rotation rapide dont la période de rotation est inférieure à 15 heures, sa vitesse équatoriale étant d'au minimum 250 km/s. Du fait de sa rotation importante, cette étoile perd une partie de sa masse et se trouve entourée d'un disque formé de la masse éjectée.

Depuis Albireo B, les deux composantes de Albireo A seraient vues séparées d'un angle d'environ un demi degré. La composante la plus brillante aurait une luminosité de l'ordre de 35 fois celle de la pleine Lune [5].

Albireo a également servi de soleil à une planète imaginée par Danielle Martinigol dans l'œuvre littéraire Les oubliés de Vulcain.

Les deux composantes d'Albireo sont aisément séparables dans un petit télescope.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Albireo A sur la base de données Simbad du Centre de données astronomiques de Strasbourg
    (en) Albireo Aa sur la base de données Simbad du Centre de données astronomiques de Strasbourg
    (en) Albireo Ac sur la base de données Simbad du Centre de données astronomiques de Strasbourg
  2. (en) Albireo B sur la base de données Simbad du Centre de données astronomiques de Strasbourg
  3. (en) Paul Kunitzsch et Tim Smart, A Dictionary of Modern Star names: A Short Guide to 254 Star Names and Their Derivations, Cambridge, Massachusetts, Sky Publishing Corp.,‎ 2006 (ISBN 978-1-931559-44-7) p 32-33.
  4. Richard Hinckley Allen, Star-names and Their Meanings, New York, G. E. Stechert, 1899, p 196.
  5. (en) James B. Kaler, « Albireo », sur Stars

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :