Bertwald

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Bertwald
Biographie
Naissance v. 650 ?
Décès 13 janvier 731
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 29 juin 693
Dernier titre ou fonction Archevêque de Cantorbéry

Bertwald (également Brihtwald, Beorhtweald, Berhtwald, Berthwald, Beorhtwald, or Beretuald) est le neuvième archevêque de Cantorbéry, mort en 731. Selon Bède le Vénérable, il est abbé de Glastonbury avant d'être élu archevêque, et des éléments indiquent qu'il a également été abbé à Reculver. Bertwald inaugure la première série continue d'archevêques d'origine anglo-saxonne, bien que lui-même ne soit pas le premier archevêque autochtone.

Après son élection, Berhtwald se rend en Gaule pour y être consacré. Son archiépiscopat coïncide avec la fin de la longue période durant laquelle Wilfrid tente de récupérer son titre d'archevêque d'York, et Bertwald préside deux conciles pour tenter de résoudre ce problème. Il est également le destinataire de la plus ancienne des litterae clausae d'Europe de l'Ouest connues.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Les origines de Bertwald et sa jeunesse sont mal connues. Il est probablement né vers le milieu du VIIe siècle[1]. Selon Bède, le roi du Wessex Cenwalh nomme Bertwald abbé de Glastonbury en 667, sur le conseil de son ami Benoît Biscop ; il est le premier Anglo-Saxon à occuper ce poste. Bède mentionne également une donation de terres dans la région de Meare faite par le roi à Bertwald quatre ans plus tard[2]. Une charte datée de mai 679 indique qu'il devient abbé du monastère de Reculver, dans le Kent, avant cette date. Cette charte du roi Hlothhere est la plus ancienne charte anglo-saxonne connue[1].

Élection[modifier | modifier le code]

Après la mort de Théodore de Tarse, le siège de Cantorbéry reste vacant pendant deux ans, jusqu'à l'élection de Bertwald, le 1er juillet 692[3]. Cette longue vacance s'explique par les troubles traversés par le royaume de Kent durant cette période[4]. Deux prétendants au trône s'opposent : Oswine et Wihtred, sans parler des incursions des souverains voisins sur le territoire du royaume, parmi lesquels Cædwalla de Wessex et Swæfheard. Wihtred finit par s'imposer sur le trône de Kent vers 691 ou 692 ; dans son récit de l'élection de Bertwald, Bède indique comme rois de Kent Wihtred et Swæfheard, mais ce dernier n'est plus mentionné comme roi après cette date[5]. La vacance du siège s'explique peut-être également par la volonté de Wilfrid d'York, alors en froid avec la cour de Northumbrie, de devenir archevêque de Cantorbéry. Selon Étienne de Ripon (en), biographe contemporain de Wilfrid, Théodore souhaite que Wilfrid lui succède, et le roi Æthelred de Mercie soutient peut-être lui aussi le transfert de Wilfrid, qui n'a finalement pas lieu[4]

Bertwald est consacré le 29 juin 693[6] en Gaule par l'archevêque de Lyon Godwin[2]. Cette consécration sur le continent s'explique probablement par la crainte de Bertwald que son élection ne soit pas unanimement approuvée en Angleterre. Après sa consécration, il se rend à Rome pour recevoir le soutien du pape Serge Ier, qui écrit à plusieurs rois et évêques anglo-saxons en faveur du nouvel archevêque[4]. Deux de ces lettres subsistent ; leur authenticité a été mise en doute par le passé, essentiellement parce que leur préservation est liée à la querelle opposant les sièges de Cantorbéry et d'York après la conquête normande, mais elles sont communément considérées aujourd'hui comme authentiques. Bertwald reçoit également de Serge le pallium, symbole de son autorité archiépiscopale[1].

Archevêque[modifier | modifier le code]

Bertwald partage l'opinion de son prédécesseur selon laquelle les archevêques de Cantorbéry sont les primats de toute l'île de Bretagne[7]. Il fonde l'évêché de Sherborne et consacre le premier évêque de Selsey, ainsi que l'évêque de Rochester Tobias, entre autres[8]. C'est sous son épiscopat que le Sussex, dernier royaume païen d'Angleterre, se convertit au christianisme. Bertwald collabore étroitement avec le roi Wihtred de Kent, dont le code de lois, promulgué en 695, exempte d'impôts l'Église[9]. Ce code de lois aborde également d'autres éléments religieux, parmi lesquels le mariage, le respect du dimanche et les cultes païens[10]. En 699, l'Église obtient de nouveau privilèges, peut-être élaborés par Bertwald lui-même. Un autre privilège, communément appelé « privilège de Wihtred », aurait placé les monastères hors de tout contrôle laïc sur le territoire du Kent, mais il s'agit en réalité d'un faux du IXe siècle[1].

L'épiscopat de Bertwald est marqué par les tentatives de Wilfrid de reconquérir le siège d'York et d'annuler la division d'York en plusieurs petits diocèses, toutes choses auxquelles Bertwald est opposé[9]. Les problèmes de Wilfrid avaient débuté à l'époque du prédécesseur de Bertwald, Théodore : à la suite d'une querelle avec le roi Ecgfrith de Northumbrie, Wilfrid avait été chassé du royaume, et Théodore en avait profité pour diviser le diocèse d'York ; Wilfrid avait alors fait appel à la papauté[11]. En 702, Bertwald préside le concile d'Austerfield, que le biographe de Wilfrid décrit comme une réunion de ses ennemis (le roi Aldfrith de Northumbrie, Bertwald et d'autres) pour lui arracher toutes ses distinctions et possessions ; il est plus probable que Bertwald ait cherché un compromis avec les Northumbriens. Finalement, le concile propose à Wilfrid de se retirer à Ripon et d'abandonner ses prérogatives d'évêque. Wilfrid refuse et fait à nouveau appel au pape. Trois ans plus tard, un nouveau concile décrète que Wilfrid obtiendra le siège de Hexham au lieu de celui d'York[4].

Il subsiste une lettre de Bertwald, envoyée à Forthhere, évêque de Sherborne, dans laquelle il lui demande d'intercéder auprès de l'abbé de Glastonbury Beorwold pour racheter un esclave. Une autre lettre subsiste, adressée à Bertwald par l'évêque de Londres Waldhere, d'un intérêt majeur en ce qu'il s'agit de la plus ancienne des litterae clausae d'Europe de l'Ouest connues[1].

Mort[modifier | modifier le code]

Bertwald meurt le 13 janvier 731[6]. Il subsiste une épitaphe en vers, qui était peut-être gravée sur sa tombe à Cantorbéry[12],[13]. Il est par la suite canonisé et fêté le 9 janvier[14]. Bien qu'il y ait eu avant lui deux archevêques de Cantorbéry anglo-saxons (Deusdedit et Wighard), Bertwald inaugure une série ininterrompue d'archevêques indigènes à l'Angleterre[15].

Annexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Stephens, « Berhtwald (c.650–731) », Oxford Dictionary of National Biography.
  2. a et b Bède, A History of the English Church and People, p. 282.
  3. Kirby, Earliest English Kings, p. 104.
  4. a, b, c et d Brooks, Early History of the Church of Canterbury, p. 76-80.
  5. Kirby, Earliest English Kings, p. 104–105.
  6. a et b Fryde et al., Handbook of British Chronology, p. 213.
  7. Kirby, Earliest English Kings, p. 18.
  8. Higham, (Re-)reading Bede, p. 175.
  9. a et b Stenton, Anglo-Saxon England, p. 142-145.
  10. Kirby, Earliest English Kings, p. 105.
  11. John, Reassessing Anglo-Saxon England, p. 33-35.
  12. Lapidge, « Berhtwald », Blackwell Encyclopedia of Anglo-Saxon England.
  13. Blair, « Handlist of Anglo-Saxon Saints », Local Saints and Local Churches, p. 517.
  14. Delaney, Dictionary of Saints, p. 90.
  15. Blair, Introduction to Anglo-Saxon England, p. 142.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]