Bernie Bonvoisin

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Bernie Bonvoisin

Naissance (57 ans)
Nanterre
Activité principale chanteur
Activités annexes acteur, écrivain, scénariste et réalisateur
Genre musical Rock, hard rock
Instruments Chant
Années actives de 1977 à aujourd'hui

Bernard Bonvoisin (alias Bernie), né le à Nanterre, est un chanteur, acteur, écrivain, scénariste et réalisateur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Bernie Bonvoisin se fait d'abord connaître en tant que chanteur et auteur du groupe de hard rock français Trust. Les paroles écrites par Bernie Bonvoisin pour Trust sont marquées par une certaine agressivité, un rejet des mentalités bourgeoises et de la répression. Les textes de certaines chansons rejoignent les critiques libertaires, en dénonçant les dérives de la démocratie (La grande illusion), les travers du système capitaliste qui écrase les travailleurs (Le sauvage), l'extrême droite (La junte), les violences du communisme soviétique (Les brutes), les sectes (Les sectes) et d'une manière générale tous les travers liberticides de notre société. Elles sont parfois marquées par une certaine provocation sexuelle (Le matteur).

En juin 1979, le titre Darquier s'attaque au journaliste d'extrême droite Louis Darquier de Pellepoix (qui décéda 14 mois après la sortie du disque), ouvertement antisémite et collaborateur des occupants nazis pendant la Seconde Guerre mondiale et, à travers lui, à ceux qui ont fait le même choix sans être inquiétés jusqu'à leur mort. Malgré l'importance du sujet, "Darquier" ne sortit que comme face B du 45 tours Le matteur (parfois en « version expurgée »[1]). Cette chanson ne reverra le jour qu'en 1992 sur l'album Live.

Un autre titre franchement politique, Monsieur Comédie, est une chanson qui dénonce l'aide et l'asile politique fournis par les autorités françaises à Rouhollah Khomeini, hébergé avec son entourage à Neauphle-le-Château entre 1978 et février 1979 (asile que le futur Ayatollah n'avait apparemment pas demandé : il ne disposait que d'un visa de tourisme), alors qu'il préparait sa propre conception de la Révolution iranienne, commencée par d'autres, avec d'autres idées. Son retour en Iran fera bientôt de lui un grand « tortionnaire » et le Guide suprême de la République islamique, après avoir confisqué la Révolution iranienne et institué un régime de terreur.

Misère dénonce la politique réactionnaire et anti-sociale de Margaret Thatcher en Grande-Bretagne et en Irlande du Nord à partir de 1979.

Les paroles de Bernie sont franchement gauchistes et donnent un air de révolte à toute une génération écrasée par le pouvoir politique de l'époque (Antisocial). Par exemple, Trust a évoqué plusieurs fois le cas de Jacques Mesrine, le décrivant comme un homme rejeté dans la criminalité par la société répressive, tout en dénonçant les conditions de détention dans les prisons françaises et l'esprit d'un système dans lequel tout est fait pour écarter « celui qui ne marche pas dans le rang », en mettant en chanson un texte écrit par Mesrine lui-même (Le mitard).

Il appelait cependant, lors des campagnes précédant l'élection présidentielle de 2007, à un vote majoritaire en faveur de Ségolène Royal, candidate du Parti socialiste, essentiellement pour empêcher l'élection de Nicolas Sarkozy, tranchant ainsi avec ses propos passés, sans concessions.

Le style de chant de Bernie Bonvoisin est plutôt crié à la façon punk, dont il est l'un des pionniers en France ; d'ailleurs Trust était défini comme un groupe de hard rock avec un chanteur à l'idéologie punk, mais il était plus proche du blues rock et, en même temps, un grand amateur d'AC/DC. Il avait une relation d'amitié avec Bon Scott, le chanteur de AC/DC, à qui il dédia un morceau de blues après sa mort accidentelle le 19 février 1980 durant une tournée commune (Ton dernier acte). Les deux musiciens furent parfois comparés par la presse anglophone comme alter ego l'un de l'autre. La chanson d'AC/DC Ride on, qui figure originalement sur le 33 tours de 1976 Dirty Deeds Done Dirt Cheap, fut enregistrée par Trust pour l'album du même nom.

Son troisième album solo, Étreinte dangereuse, sorti en 1993, ne rencontra que peu de succès. Johel Bernard, qui produisit l'album (enregistré à West Orange, dans le New Jersey), y perdit 5 millions de francs.

En 2006, il compose un album avec Moho Chemlekh, ancien guitariste de Trust, sous le nom de Kollectif AK47. Cette rencontre qui aurait pu marquer son retour à la chanson a finalement tourné court, alors qu'une tournée de 7 dates était prévue en France. À la surprise générale et malgré les critiques qui fusèrent à partir de 1983, reprochant à l'auteur et au groupe de perdre de leur verve et de s'assagir, Trust se reforme pour un concert unique et un album enregistré en public. La magie opèra de nouveau et le bulldozer reprit la route. Mais l'engouement fut vite terni par le soupçon de visées purement commerciales de Sony Music Entertainment, Trust et AC/DC (ce que les membres des deux groupes démentirent), du fait de la sortie la même année des albums Live de Trust et Live d'AC/DC.

Les critiques acerbes qu'expriment Bernie Bonvoisin et Trust ne manquent pas : contre le totalitarisme, la répression, la violence exercée par des États contre d'autres (Les brutes) ou sa propre population (H & D), les politiques inégalitaires ou encore la bêtise dangereuse.

L'année 2010 voit le retour de Bernie dans l'actualité avec la sortie d'un nouveau livre Le bel enfer et d'un album solo Organic, qui sera suivi d'une tournée des clubs en mars et avril. En 2012, on peut considérer Bernie Bonvoisin comme un personnage culte de la scène underground française car peu connu du grand public. Son œuvre, au fil du temps a évolué de la révolte libertaire vers la philosophie et la poésie.

En 2013, il reprend la route pour une tournée avec le "Kollektif AK-47 Bernie Bonvoisin", composé de 3 autres membres de Trust, Izio Diop, Farid Medjane et Yves Brusco dit Vivi, Patrick Loiseau vient compléter le groupe. De fait, il s'agit du groupe Trust sans le guitariste Norbert Krief qui privilégie sa carrière solo. Bernie Bonvoisin partageant les droits d'utilisation du nom Trust avec Norbert Krief, la tournée se fera sous le nom de Kollektif AK-47.

Le cinéma[modifier | modifier le code]

Après l'échec de son album Étreinte dangereuse, il débute une carrière d'auteur et de réalisateur avec le film Les Démons de Jésus, une tragi-comédie de mœurs dans les milieux pauvres de la banlieue ouest de Paris à la veille de mai 68. Le film sortira en 1997. Deux ans plus tard, il enchaîne avec la même équipe Les Grandes Bouches, satire du milieu. Son troisième long-métrage, Blanche, est une comédie historique qui ne récolte pas le succès escompté. Le style cinématographique de Bernie Bonvoisin détone surtout par ses dialogues décapants dans la veine de Michel Audiard, et par une bande-son souvent « rock ».

Politique[modifier | modifier le code]

En avril 2007, avant les élections présidentielles, la presse a interprété le soutien de Bernie au franc-parler de François Bayrou (qui dénonçait particulièrement l'emprise du candidat Sarkozy sur les médias) comme un soutien au candidat du MoDem.

Il n'en était rien et Bernie a tenté de s'en expliquer plus tard, avec toutefois peu d'échos dans les médias. Il déclarera par la suite et à plusieurs reprises lors de la campagne que, issu d'une famille ouvrière, ses positions étaient naturellement à gauche et qu'il soutenait Ségolène Royal[1]. Il a d'ailleurs fait plusieurs chansons dénonçant les dérives de la droite populiste et en particulier du sarkozysme qui, selon lui, cause tant de dégâts au tissu social français.

En septembre 2008, il affiche de nouveau son soutien à Ségolène Royal en jouant au Zénith de Paris en ouverture de l'un de ses meetings[2].

« La gauche c’est la néantissitude, la machine à rien » lâche-t-il enfin sur l’antenne de France Inter le 8 juillet 2009.

Discographie[modifier | modifier le code]

  • Totalité de l'œuvre de Trust
  • Albums solo :
    • 1986 : Couleur Passion
    • 1990 : En avoir ou pas
    • 1993 : Étreinte dangereuse
    • 2010 : Organic

Filmographie[modifier | modifier le code]

En tant qu'acteur[modifier | modifier le code]

En tant que réalisateur[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]