Bernhard Neumann (mathématicien)

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Bernhard Neumann à Erlangen en 1970
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Bernhard Hermann Neumann (15 octobre 1909 à Berlin21 octobre 2002 à Canberra) est un mathématicien germano-anglo-australien spécialiste de théorie des groupes, en particulier des groupes finis.

Biographie[modifier | modifier le code]

Neumann était le fils de l'ingénieur d'AEG Richard Neumann[1] et grandit à Berlin. Il étudia à partir de 1928 à l'université Albert Ludwig de Fribourg-en-Brisgau et à l'université de Berlin, où il eut entre autres comme professeurs Erhard Schmidt, Robert Remak (en), Issai Schur, Alfred Brauer et Heinz Hopf. En 1932, il soutint une thèse, dirigée par Schur[2]. Après la prise du pouvoir par les nazis, Neumann, qui était juif, dut émigrer à Amsterdam, puis à Cambridge où il passa, en 1935, une seconde thèse (dirigée par Philip Hall)[2] et devint assistant sans solde. À partir de 1937, il fut Assistant Lecturer à l'université de Cardiff. En 1938, il épousa Hanna Neumann (née von Caemmerer) – ils s'étaient connus comme étudiants à Berlin. En février 1939, il fit un court voyage en Allemagne, pour ramener en Angleterre ses parents, juifs résistants. Pendant la guerre, il fut brièvement prisonnier, puis incorporé dans divers services de l'armée britannique[3], finissant au renseignement militaire à Berlin. En 1946, il fut Lecturer à Hull et à partir de 1948, à Manchester, où il fut promu Reader. En 1961, il devint professeur et doyen du département de mathématiques de l'Institute of Advanced Studies de l'université nationale australienne de Canberra, où il resta après son éméritat en 1974.

Il eut comme étudiants de thèse[2], entre autres, Gilbert Baumslag (en) et James Wiegold (en).

Bernhard et Hanna Neumann eurent cinq enfants (deux filles et trois fils) dont quatre furent mathématiciens[4], le plus connu étant Peter Neumann (de). En 1973, après la mort de Hanna, Bernhard épousa Dorothea Frieda Auguste Zeim.

Il jouait du violoncelle dans un orchestre[3].

Œuvre et honneurs[modifier | modifier le code]

Dans sa seconde thèse, Neumann introduisit les « variétés de groupes » et rechercha entre autres si elles possédaient une base finie (Olschanskij répondit par la négative pour le cas général en 1969)[réf. souhaitée].

En 1949, il démontra, avec Hanna Neumann et Graham Higman, le principal théorème sur les extensions HNN (nommées d'après leurs trois initiales), dont il résulte entre autres que tout groupe dénombrable se plonge dans un groupe à deux générateurs.

Neumann s'intéressait aussi à l'histoire des mathématiques, entre autres à Ada Lovelace et ses rapport avec Charles Babbage et Augustus De Morgan.

En Australie, il joua un rôle important dans l'organisation des mathématiques à l'université et la formation des enseignants. Il fut fait pour cela compagnon de l'Ordre d'Australie en 1994.

Neumann fut vice-président de la London Mathematical Society de 1957 à 1959 et (vice-président puis) de 1966 à 1968, président de la Société australienne de mathématiques (en). En 1949, il reçut le prix de la Société scientifique d'Amsterdam. En 1952, il remporta le prix Adams (pour : An Essay on free products of groups with amalgamations). Il fut élu Fellow de la Royal Society en 1959 et devint en 1963 membre de l'Académie australienne des sciences, pour laquelle il publia en 1980-81 six volumes de Mathematics at work. En 1970, il fut orateur invité au congrès international des mathématiciens à Nice (le titre de sa conférence était : Properties of countable character).

Publications[modifier | modifier le code]

  • Lectures on topics in the theory of infinite groups, 1960
  • Selected Works of Bernard and H.M.Neumann, 6 volumes

Son nombre d'Erdős est 2.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ce dernier redécouvrit un théorème sur les triangles connu sous le nom de théorème de Napoléon, que Bernard Neumann et Jesse Douglas généralisèrent (indépendamment) à d'autres polygones plans. Cf (en) « Interviews with Australian scientists : Professor Bernhard Neumann (1909-2002), Mathematician », Académie australienne des sciences, § « Napoleon, my Father and I » et (en) Philip J. Davis (en), Mathematical Encounters of the Second Kind, Birkhäuser,‎ 1997 (ISBN 978-0-81763939-6, lire en ligne), p. 51-52.
  2. a, b et c (en) Bernhard Hermann Neumann sur le site du Mathematics Genealogy Project
  3. a et b (en) « Biographical Memoirs – Bernhard Hermann Neumann 1909–2002 », Académie australienne des sciences
  4. (en) Kenneth F. Fowler, « Neumann, Hanna (1914–1971) », dans Australian Dictionary of Biography, vol. 15, Melbourne University Press,‎ 2000 (lire en ligne), p. 465

(de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Bernhard Neumann (Mathematiker) » (voir la liste des auteurs)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]