Bernard de Nogaret de La Valette d'Épernon

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Nogaret (homonymie).
Bernard de Nogaret de La Valette
Série de portraits chez Odieuvre, impression 1744
Série de portraits chez Odieuvre, impression 1744

Titre Duc d'Épernon
(1642 – 1661)
Prédécesseur Jean Louis de Nogaret de La Valette
Conflits Guerre de Trente Ans
Fronde
Distinctions
Autres fonctions Gouverneur de Guyenne
Biographie
Naissance 1592
à Angoulême
Décès 25 juillet 1661 (à ~69 ans)
à Paris
Père Jean-Louis de Nogaret de la Valette
Mère Marguerite de Foix-Candale
Conjoint Gabrielle
Marie du Cambout
Liaisons Ninon de Lartigue
Enfants Louis-Charles-Gaston de Candale
Anne-Louise-Christine de Foix de la Valette d’Épernon

Blason Bernard de Nogaret de La Valette (1592-1661).svg

Bernard de Nogaret de La Valette (né en 1592 à Angoulême, mort 25 juillet 1661 à Paris), duc d'Épernon (d'Espernon[1]), est un gentilhomme et militaire français du XVIIe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de Jean-Louis de Nogaret de la Valette et de Marguerite de Foix-Candale, petite-fille du connétable de Montmorency, Bernard eu comme précepteurs messieurs du Plessis pour la « sapience » et de la Brou pour les armes. Il fit un voyage en Italie, en Allemagne où il rencontre Rodolphe II du Saint-Empire. Il fut connu, jusqu'à la mort de son père (1642), sous le nom de duc de La Valette. Dès l'âge de dix-huit ans, il obtint la survivance de la charge de colonel-général d'infanterie, combattit aux sièges de Saint-Jean-d'Angély, de Royan (1621), à la répression de la prise d’armes des protestants du Languedoc (1629)[2], à l'attaque du pas de Suse (1629), en Picardie (1636), en Guyenne, et se signala alors contre les Espagnols, qui avaient envahi le pays de Labour. Puis il réprima la révolte des Croquants en 1637.

Chargé par le prince de Condé, en 1638, de diriger l'assaut au siège de Fontarrabie, il refusa, la brèche n'étant pas assez large selon lui. Il dut céder son poste à Sourdis, qui se vit forcé dans ses lignes et obligé de regagner ses vaisseaux avec le prince de Condé. Ce désastre fut attribué au duc de La Valette, qui n'y était pour rien, et qui aurait, au contraire, mérité des éloges en ralliant et conduisant à Bayonne les débris de l'armée. Richelieu, qui le haïssait, le fit traduire devant un tribunal extraordinaire, présidé par le roi lui-même (1639). Ce tribunal porta contre l'accusé une sentence de mort ; mais cette sentence ne put être exécutée qu'en effigie. La Valette, qui était au courant de l'opinion de Richelieu à son encontre, s'était prudemment sauvé en Angleterre, où on lui donna l'ordre de la Jarretière.

En 1641, il fut nommé colonel-général en titre des Bandes françaises. Après la mort de Louis XIII, Bernard de La Valette, devenu duc d'Épernon, revint en France, fit annuler par le parlement de Paris le jugement dont il avait été frappé (1643), devint gouverneur de la Guyenne jusqu'à sa mort et gouverneur de la Bourgogne (1654-1660) pour laquelle il fit une entrée triomphale à Dijon en 1656[3] ; il se montra peu jaloux de justifier l'intérêt que l'injustice de ses ennemis avait répandu sur sa personne, et ne se signala, à l'exemple de son père, que par sa rapacité, sa hauteur, sa brutalité et ses vices. Il fut le protecteur de la troupe de théâtre de Charles Dufresne, qui allait devenir la troupe de Molière.

Sous la Fronde, il se montra très dur envers les parlementaires frondeurs, notamment à l'égard du président à mortier au parlement de Bordeaux, Guillaume d'Affis, dont il détruisit la résidence principale, le château de Langoiran dans le Bordelais, à l'automne 1650.

Il empoisonna (probablement[réf. nécessaire]), en 1627, sa femme Gabrielle, fille légitimée d'Henri IV et de la marquise de Verneuil, dont il eut un fils, Louis-Charles-Gaston de Candale, et une fille, Anne-Louise-Christine de Foix de la Valette d’Épernon. Il rendit extrêmement malheureuse sa seconde femme, Marie du Cambout, nièce du cardinal de Richelieu, et conçut une vive passion pour une bourgeoise millavoise, Ninon de Lartigue, qui exerça sur son esprit un pouvoir absolu, et à qui il donna des sommes énormes et dit-on[Qui ?] de nombreux enfants.

Protecteur de Molière[modifier | modifier le code]

En 1645, Molière part pour la province avec sa troupe. De 1645 à 1653, la troupe est protégée par le duc d'Épernon, gouverneur de Guyenne. Molière, qui a laissé d'abord la direction au comédien Dufresne, imposé par le duc, reprend lui-même (1650) la tête de la troupe : il joue dans les villes du Sud-Ouest (Albi, Carcassonne, Toulouse, Agen, Pézenas), mais aussi à Lyon (1650 et 1652). Entre 1653 et 1657, la troupe passe sous la protection du prince de Conti, gouverneur du Languedoc[4].

Titre complet[modifier | modifier le code]

Monseigneur Bernard de Foix de La Vallette, duc d'Espernon et pair de France, duc de Candale et pair de France, colonel général de France, prince captal de Buch, sire de L'Esparre, chevalier des ordres du roy et de la Jarretière, Gouverneur et Lieutenant général pour Sa Majesté en ses Pays de Bourgogne et Bresse, &c.[5]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 1907 - Archives Historiques de Saintonge et d’Aunis - T XXXVII sur
  2. Pierre Miquel, Les Guerres de religion, Paris, Club France Loisirs, 1980 (ISBN 2-7242-0785-8) p. 433
  3. les armes triomphantes de son altesse, monseigneur le duc d'espernon. Pour le sujet de son heureuse entrée faite dans la ville de Dijon le huictième jour du moi de may mil sèx cens cinquante six. Sur Galica [1]
  4. Emmanuel Raymond, Histoire des pérégrinations de Molière dans le Languedoc, d'après des documents inédits. 1642 - 1658, (Galibert, Léon, 1803-1865?) Paris, Dubuisson, 1858
  5. Remerciement des maires échevins et syndics de Dijon in