Bernard Sichère

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Bernard Sichère, né en 1944, est un philosophe et un écrivain, maître de conférences à l'université de Caen Basse-Normandie, puis à l'université Paris VII - Diderot.

Biographie[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille qu'il qualifie « de droite et même d’extrême droite[1] », il devient militant maoïste à la fin des années soixante[2] et soutient la révolution culturelle chinoise [1]. Volontiers provocateur (il a consacré sa thèse à Sade en 1970, avant d'introduire des textes de ce dernier dans ses cours du Lycée Janson-de-Sailly, au grand dam des parents d'élèves[3]), il a animé le groupe Foudre d'intervention marxiste-léniniste dans l'art et la culture, dont l'activisme verbalement violent a laissé sa trace dans les annales de l'université Paris-VIII au milieu des années soixante-dix. Il s’est depuis largement éloigné de cet engagement et a adopté une posture critique sur l'extrême-gauche[4].

Analysant les événements de Mai 1968, il avance que le mouvement étudiant et ouvrier « aura eu pour principal ennemi le Parti communiste et la CGT, beaucoup plus encore que la droite », ces premiers craignant d'être débordés dans la réprésentation de la classe ouvrière. Il perçoit également dans ces événements le début du déclin du PCF[1].

Il a collaboré aux revues Tel Quel, L'Infini, Les Temps modernes, La Règle du jeu, Revue de métaphysique et de morale, Lignes et Pylônes.

À partir du début des années 2000, sa pensée se rapproche du catholicisme[5].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Approche de la tempête, Gallimard, 1977
  • Merleau-Ponty, ou le corps de la philosophie, Grasset, coll. « Figures », 1982, essai
  • Le Moment lacanien, Grasset, coll. « Figures », 1983, essai
  • Je, William Beckford, Denoël, 1984, roman
  • La Gloire du traître, Denoël, 1986, roman
  • Le Nom de Shakespeare, Gallimard, 1987, essai
  • Éloge du sujet, Grasset, coll. « Figures », 1990, essai
  • Le Dieu des écrivains, Gallimard, coll. « L'Infini », 1990, essai
  • Le Rire des dieux, Grasset, 1993, roman
  • Histoires du mal, Grasset, coll. « Figures », 1995, essai
  • Splendeur de Fawzi, Pauvert, 2001
  • Penser est une fête, Léo Scheer, 2002, essai
  • Seul un Dieu peut encore nous sauver, Desclée de Brouwer, 2002, essai
  • Le jour est proche : La révolution selon Paul, Desclée de Brouwer, 2003, essai
  • Qu'est-ce que faire justice ?, Bordas, coll. « Philosophie présente », 2003, essai
  • Il faut sauver la politique, Lignes, coll. « Manifeste », 2004, essai
  • Catholique, Desclée de Brouwer, 2005, essai
  • Pour Bataille : Être, chance, souveraineté, Gallimard, coll. « L'Infini », 2006, essai
  • Gabin, le cinéma, le peuple, Maren Sell, 2006, essai
  • Métaphysique d'Aristote, Pocket, coll. « Agora », 2007, essai
    Nouvelle traduction des livres A à E, dont certains choix sont fortement marqués par l'influence de Martin Heidegger.
  • L'Être et le Divin, Gallimard, coll. « L'Infini », 2008, essai
  • Ce grand soleil qui ne meurt pas, Grasset, 2011

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « Un livre qu’on m’opposa, Prisonnier de Mao de Pasqualini, aurait dû m’ouvrir les yeux : je demeurai inébranlable, convaincu qu’un peuple entier venait de se soulever pour changer la face du monde, et que toute réserve relevait de la désinformation. » Mai 68, Mao, Badiou et moi, Bernard Sichère, La Règle du jeu, 11 avril 2010.
  2. Il raconte ses années 1974-1976, où il a adhéré à l'UCF, dans « Les années* Tel Quel », dans* L'infini 49/50 (1995), article repris en postface à la réédition du* Moment lacanien (Le Livre de Poche, 2004), y lire les pp. 277-281.
  3. Sur cette « affaire Sade », qui avait fait l'objet d'une mise au point dans la revue* Tel Quel en 1972,* cf. aussi son témoignage recueilli par François Dosse,* Histoire du structuralisme II : Le chant du cygne, p. 189, mais surtout la Postface signalée à la note précédente, pp. 275-276.
  4. L'université ouverte, Les dossiers de Vincennes, Presses Universitaires de Grenoble, 1976.
  5. « Bernard Sichère contre la culture de mort », sur Le Figaro, 1 mars 2007 (consulté le 19 juin 2013)

Liens externes[modifier | modifier le code]