Bernard Sainz

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Bernard Sainz (né en 1943) surnommé Docteur Mabuse est un praticien homéopathe français.

Ses activités l'ont conduit à être écroué à plusieurs reprises lors d'enquêtes sur le dopage de coureurs cyclistes, mais aucune sanction pénale définitive pour des faits de dopage n'a été prononcée à son encontre. Son nom apparaît pour la première fois en 1986 dans l'affaire du trafic des amphétamines, les « Six Jours de Bercy » où il bénéficie d'un non-lieu.

En 1999, il est mis en examen pour exercice illégal de la médecine et écroué pendant deux mois avant d'être placé sous contrôle judiciaire. Il est aussi astreint à ne plus pouvoir rencontrer des sportifs et interdit de sortie du territoire français. Concernant cette affaire de 1999, il est reconnu coupable d'aide et d'incitation à l'usage de produit dopant et d'exercice illégal de la médecine, et condamné en 2010 à deux ans de prison, dont un ferme, sans cependant avoir été reconnu coupable d'administration ou de cession de produits dopants à des sportifs. Sa peine est réduite en appel à un an[1]. Cette décision est cassée partiellement par la Cour de cassation en juin 2011. L'affaire est renvoyée devant la Cour d'appel de Paris[2].

En 2000 Bernard Sainz publie un livre, Les Stupéfiantes Révélations du Dr Mabuse, dans lequel il dénonce notamment le faux procès-verbal de flagrant délit de cession de produits stupéfiants et dopants, établi à son encontre par la Brigade des stupéfiants du 36 quai des Orfèvres, lors de son interpellation en mai 1999. Ce procès-verbal repose sur le seul fondement d'une remise à un coureur cycliste d'un flacon de gouttes dont la composition apparaît suspecte aux policiers. Toutefois, ces « gouttes » s'avéreront, après de multiples expertises toxicologiques, strictement homéopathiques et phytothérapiques, et donc parfaitement licites, tant au regard de la loi antidopage que de celle concernant les substances vénéneuses[réf. nécessaire][3].

En 2002, il est arrêté lors d'un excès de vitesse en Belgique. On découvre dans son coffre des produits homéopathiques. Il avoue avoir été chez le coureur cycliste belge Frank Vandenbroucke, chez qui la police découvrira plusieurs substances interdites, dont de l'EPO, de la morphine et du clenbuterol. Il est alors mis en détention en Belgique, mais n'étant pas concerné par ces faits, ni incriminé, il est libéré après une semaine d'emprisonnement. De retour en France, il est alors écroué un mois pour non-respect du contrôle judiciaire.

Le 16 juin 2005, il est à nouveau mis en examen dans une enquête sur un éventuel dopage de chevaux de course. Deux non-lieux sont prononcés en 2010 par le juge d'instruction d'Alençon, tant pour le dopage de chevaux de course que pour le dopage de sportifs, suite aux auditions notamment de 14 cyclistes professionnels (dont un champion de France sur route professionnel, un champion de France sur route amateur et un champion de France de cyclo-cross). Il bénéficiera également d'un non-lieu pour les supposées infractions sur les substances vénéneuses. Le procureur ne relèvera appel d'aucun des ces 3 non-lieux. Le tribunal correctionnel d'Alençon condamne pourtant Bernard Sainz à 15 mois de prison, dont 12 avec sursis, et 7500 euros d'amende pour l'unique infraction d'exercice illégal de la médecine, tout en prononçant la relaxe du chef de mise en danger d'autrui[4].

Sa peine est considérablement réduite en février 2013 par la Cour d'appel de Caen, puisqu'il n'encourt plus la moindre peine de prison, mais seulement 3000 euros d'amende pour l'exercice de sa médecine, reconnue toutefois naturelle [5]. La Fédération française de cyclisme ne se constitue pas partie civile dans cette affaire. L'association hippique France Galop se voit déboutée, quant à elle, de toutes ses prétentions et demandes. Ces deux instances n'ayant subi aucun préjudice en l'espèce[6].

« Patients » du Dr Mabuse[modifier | modifier le code]

Durant sa carrière de médecin sportif, il s'est entre autres occupé des coureurs cyclistes suivants[7] :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Sainz, Les Stupéfiantes Révélations du Dr Mabuse, Paris, Lattès, 2000 (ISBN 2709622017)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Dopage: ferme », sur lepoint.fr,‎ 18 mars 2010 (consulté le 6 juillet 2012)
  2. « Bernard Sainz sera rejugé par la cour d'appel de Paris », sur cyclisme-dopage.com (consulté le 6 mars 2013)
  3. Expertises toxicologiques du laboratoire Toxlab (Dr Gilbert Pépin) du 14 septembre 1999 (Cabinet du Juge d'Instruction : Michèle Colin - n° 2232/98/109)
  4. « Bernard Sainz condamné à Alençon », sur basse-normandie.france3.fr,‎ 8 décembre 2011 (consulté le 6 mars 2013)
  5. « Peine réduite en appel pour Bernard Sainz », sur eurosport.fr,‎ 27 février 2013 (consulté le 6 mars 2013)
  6. [PDF] « DOSSIER N° 12/003 74 ARRÊT DU 27 FEVRIER 2013 », sur defensedescitoyens.org (consulté le 6 mars 2013)
  7. « Bernard Sainz », sur cyclisme-dopage.com (consulté le 6 juillet 2012)