Bernard Rancillac

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Bernard Rancillac en 1995.

Bernard Rancillac est un artiste plasticien, artiste-peintre et sculpteur français né le 29 août 1931 à Paris. Il vit et travaille en région parisienne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Bernard Rancillac est né rue Hallé, à Paris, aîné de cinq frères dont l'un, Paul, deviendra le sculpteur Jean-Jules Chasse-Pot.

Après une petite enfance en Algérie jusqu'en 1937, il passe la guerre dans la maison paternelle à Yssingeaux, en Haute-Loire, et étudie au collège religieux. Après la guerre, il retourne à Bourg-la-Reine et achève ses études au lycée Lakanal. En 1949, sous la pression familiale, il se prépare sans conviction au professorat de dessin à l'atelier de Met de Penninghen où il rencontre Bernard Aubertin.

En 1953, il effectue son service militaire dans les tirailleurs marocains à Meknès. Une librairie locale, La Comédie humaine, expose ses premiers dessins. De retour en France, il installe son premier atelier à Bourg-la-Reine en 1955, tout en exerçant le métier d'instituteur. En 1958, un contrat avec le docteur Audouin, collectionneur, lui permet de quitter l'enseignement.

De 1959 à 1962, Rancillac étudie la gravure à l'Atelier 17 de S.W. Hayter. Entre-temps, en 1961, il obtient le prix de peinture à la biennale de Paris.
Il épouse Marie-Claude Teuma et s'installe rue des Carmes.

En 1963, autour de la galerie Fels, se forme le premier noyau de la nouvelle figuration. L'année suivante, avec Gassiot-Talabot, Hervé Télémaque et Foldes, il est coorganisateur de l'exposition « Mythologies quotidiennes ». Cette année-là voit la naissance de sa fille Nathalie pour l'anniversaire de laquelle il exécutera chaque année une petite toile.

En 1966, il crée son unique meuble, le fauteuil-éléphant, présenté dans le cadre de l'exposition « Les Assises du siège contemporain » au musée des arts décoratifs de Paris en mai 1968[1].

En 1967, Rancillac fait un séjour à La Havane avec le Salon de mai. En mai 1968, il réalise des affiches sérigraphiques à l'Atelier populaire des beaux-arts.

Les premières rétrospectives de son œuvre se tiennent, en 1969, à Vitry-sur-Seine puis aux musées de Saint-Étienne et de Brest.

Il emménage, en 1970, dans un atelier dans le quartier de la Bastille puis, l'année suivante, s'installe à l'écluse de Boran-sur-Oise où il travaillera pendant une dizaine d'années. Il est chargé de cours à l'université Paris I.

En 1982, Rancillac entreprend les « images éclatées » dans son nouvel atelier d'Arcueil. Entre 1982 et 1987, il crée des décors de théâtre pour des mises en scène de Michel Puig au théâtre des Ulis, où il tient différents rôles à plusieurs reprises : Téramène dans Phèdre de Racine, Trissotin dans Les Femmes savantes de Molière, Basile dans Le Barbier de Séville d'après Beaumarchais et Rossini.

En 1988, il effectue un voyage en Chine, où il donne des conférences dans les principales écoles des beaux-arts.

Commentaires[modifier | modifier le code]

« Tous les “événements” politiques m'impressionnent. Je l'ai découvert quand j'ai décidé de faire les toiles sur l'année 1966. J'ai compris alors que j'étais un animal politique, pas un chroniqueur mondain ! À l'origine de toute création artistique, il faut une émotion. Très souvent, chez moi, elle est de nature politique, même quand je peins des Mickey, des musiciens de jazz, des voitures ou des stars de cinéma. Le journaliste et le photographe sont plus présents sur l'événement et plus rapides en communication. Mais le peintre a le temps pour lui, le temps de s'enfoncer dans la chair du temps. Cela s'appelle l'histoire. »

— Bernard Rancillac, propos recueillis à Paris en 1991.

« Rancillac œuvre en peinture ; il a su dépasser, rapidement, la servilité envers le document photographique et recréer la forme par la transposition de l'espace et de l'éclairage photographiques en termes picturaux équivalents. Le chromatisme […] se répartit par plans contrastés aux arêtes vives. Leur agencement dans l'organisation spatiale de la toile obéit toujours à un sens aigu du rythme et des cadences que pourraient envier bien des praticiens de l'abstraction géométrique. Cette attitude stylistique situe la figuration de Bernard Rancillac à proximité de l'abstraction froide du hard edge. Elle l'oppose, en tous les cas, aux figurations des années 1950 qui éludaient les inquiétudes du présent dans l'expression passéiste et dépourvue de sens d'une rusticité perdue. L'art de Rancillac se place donc au confluent de l'histoire de l'art et de l'histoire, et il lui sera toujours reconnu le mérite d'avoir, avec opiniâtreté, sans compromis, dans le refus du conformisme pictural, voulu dire la vie par l'art et réintroduire l'art dans la vie par les médias les plus accessibles à ceux qui sont les plus démunis devant l'art. »

— Bernard Ceysson, Rancillac, extrait du catalogue du musée d'art et d'industrie de Saint-Étienne, 1971.

Expositions[modifier | modifier le code]

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

  • 1958 : Salon de la Jeune Peinture, musée d'art moderne de la ville de Paris
  • 1960 : Salon des réalités nouvelles, Paris
  • 1961 : 2e biennale de Paris, musée d'art moderne de la ville de Paris (Rancillac reçoit le prix de peinture)
  • 1962 : « Donner à voir », galerie Creuse (cat. Jean-Jacques Lévèque)
  • 1964 : « Mythologies quotidiennes », musée d'art moderne de la Ville de Paris (Rancillac est coorganisateur de l'expo). Salon de mai, Paris. « Rencontres », galerie Krugier, Genève
  • 1965 : « La Figuration narrative dans l'art contemporain », galerie Creuse et galerie Europe, Paris
  • 1966 : « Le Monde en question », ARC, musée d'art moderne de la ville de Paris, (cat. Gerald Gassiot-Talabot)
  • 1967 : « Bande dessinée et figuration narrative », musée des arts décoratifs, Paris
  • 1968 : « Peinture en France 1900-1967 », National Gallery, Londres, Washington, New York, Boston, Chicago, San Francisco. « Peintres européens d'aujourd'hui », musée des Arts décoratifs, Paris. Jewish Museum, New York, Musées de Washington, Chicago, Atlanta
  • 1969 : « Art vivant », fondation Maeght, Saint-Paul-de-Vence
  • 1970 : « Kunst und Politik », Badischer Kunstverein, Karlsruhe, musée de Wuppertal, musée de Francfort
  • 1975 : « Paris-New York », Musée national d'art moderne Georges-Pompidou, Paris
  • 1976 : Centre Régional d'Art Contemporain au Château du Tremblay à Fontenoy, Mythologie de l'image contemporaine , avec Atila Biro, Guillaume Corneille, Maryan S. Maryan, Bernard Rancillac, Hugh Weiss
  • 1977 : « Mythologies quotidiennes II », musée d'art moderne de la ville de Paris, Paris
  • 1983 : « 1960 », musée de Saint-Étienne
  • 1989 : « Art en France », musée national de Taïwan, Taïpei. « L'Auto : Mobile de l'art », galerie Sonia Zannettacci, Genève
  • 1990 : « Nouvelle Figuration », galerie Schwarz, Los Angeles
  • 1992 : « Figurations critiques », ELAC, Lyon (cat. Pierre Gaudibert)
  • 1994 : « Hors les murs », musée des beaux-arts, Clermont-Ferrand
  • 1995 : « Plein cadre », galerie Sonia Zannettacci, Genève
  • 1997 : « Pop 60 », centre culturel de Bellem, Portugal (cat. Marco Livingstone)
  • 1999 : « I love Pop », Chiostro del Bramante, Rome (cat. Lôrand Haegyi). « Pop Impressions », Moma, New York
  • 2000 : « Les Créateurs de meubles du XXe siècle », Salon du meuble, parc des expositions de la porte de Versailles, Paris. « La Figuration narrative », villa Tamaris Pacha, La Seyne-sur-Mer ; Bergen Art Museum, Bergen, Danemark ; Reykjavik Art Museum, Reykjavik, Islande (à cette occasion, parution de La Figuration narrative par Jean-Louis Pradel)
  • 2001 : « Les Années Pop », MNAM, centre Georges Pompidou, Paris
  • 2002 : galerie Serge Laurent, Paris
  • 2005 : « La Figuration narrative dans les collections publiques, 1964-1977 », Orléans, Dôle
  • 2008 : « Figuration narrative, 1960-1972 », galeries nationales du Grand Palais, Paris. « La Figuration narrative », galerie Anne-Marie et Roland Pallade[3], Lyon

Publications[modifier | modifier le code]

  • Peindre à l'acrylique, Éditions Bordas, 1987 (ISBN 9782040163389)
  • Voir et comprendre la peinture, Éditions Bordas, 1991
  • Le regard idéologique, Éditions Somogy et Guéna, 2000

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Mensonge - Chronique des années de crise, Ed. Encres, 1978 (ISBN 9782862220055)
  • Serge Fauchereau, Bernard Rancillac, Éditions du Cercle d'art, Paris, 1991
  • Jean-Louis Ferrier, Rancillac/Jazz, Éditions du Cercle d'art, Paris, 1997
  • Sarah Wilson, Bernard Rancillac, Rétrospective (1962-2002), Fage éditions, Lyon / Les presses du réel, Dijon, 2003

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) L'École française, les créateurs de meubles du 20e siècle, p. 90-91 (ISBN 2-9511868-3-5).
  2. Exposition sur le site de la galerie Anne-marie et Roland Pallade.
  3. Exposition sur le site de la galerie Anne-marie et Roland Pallade.

Lien externe[modifier | modifier le code]