Bernard Lamarre

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Bernard Lamarre (juin 2013).

Bernard Lamarre, né le 6 août 1931 à Chicoutimi, Québec[1], est un ingénieur et un entrepreneur québécois.

Il est également connu pour ses activités philanthropiques, notamment au Musée des beaux-arts de Montréal.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père, Émile, dirige une entreprise de construction. À 13 ans, Bernard part pour Montréal au Collège Mont-Saint-Louis, avant d'entrer à l'École polytechnique de Montréal trois ans plus tard.

Durant ses études, il a l'occasion d'effectuer un voyage en Europe. Sur le bateau qui le conduit en France et en Italie, il fait la rencontre de Louise Lalonde qui aura une influence marquante sur lui. Outre le fait que le père de Louise dirige une firme d'ingénieurs dont fera partie Bernard, c'est elle qui initie sa passion pour les arts.

Il reçoit son diplôme de génie civil en 1952. En raison de ses résultats scolaires, Bernard Lamarre est gratifié d’une bourse Athlone (du nom d'Alexander Cambridge, comte d'Athlone, gouverneur général du Canada de 1940 à 1946) pour lui permettre de compléter une maîtrise en Angleterre. Il se marie avec Louise Lalonde le 30 août 1952, peu de temps avant son départ pour Londres. Il y complète sa maîtrise sur la plasticité du béton au Imperial College London en 1955 et revient ensuite au Canada.

Son beau-père, Jean-Paul Lalonde, lui offre alors un emploi au sein de sa firme de génie-conseil, Lalonde et Valois. Bernard Lamarre gravit rapidement les échelons. Il est nommé ingénieur en chef en 1958, puis président-directeur général en 1962. Sous sa gouverne, la compagnie (qui devient Lalonde, Valois, Lamarre, Valois et associés en 1963 et Lavalin en 1977) prend de l'expansion et s'implante tant dans la communauté d'affaires québécoise qu'au niveau international.

Bernard Lamarre est aux premières loges de plusieurs projets d'envergure, comme le pont-tunnel Louis-Hippolyte-Lafontaine, le Stade olympique de Montréal, le projet de la Baie-James et le Mémorial du martyr (Alger). Les rênes de décision bien en main, multipliant les contacts, entretenant les réseaux, il tente de diversifier les sphères d'activité de la compagnie et la croissance est rapide.

En 1990, Lavalin est présent dans le génie civil, les communications, le transport en commun, l'énergie, l'immobilier, la pétrochimie, etc. L'entreprise compte alors plus de 7200 employés. La diversification des activités et la croissance se font cependant trop rapidement pour que l'intégration soit immédiatement profitable. Le coup de grâce est donné par l'acquisition d'appareils Airbus dans le but de les revendre à la compagnie aérienne Aeroflot. Mais la vente ne se concrétise pas, et Lavalin doit déposer son bilan le 12 août 1991. Une fusion avec SNC est alors conclue pour former le groupe SNC-Lavalin, un des plus importants groupes de sociétés d'ingénierie et de construction au monde.

Bernard Lamarre démissionne de son poste. Il est néanmoins président de l'Ordre des ingénieurs du Québec de 1993 à 1997 et président du Conseil d'administration de l'École polytechnique de Montréal en 2002. Il occupe aussi les postes de président et membre de différents conseils d'administration (dont la Société du Vieux-Port de Montréal).

La collection Lavalin[modifier | modifier le code]

Initié aux arts par sa femme Louise, Bernard Lamarre défend le principe d'achat d'œuvres d'artistes vivants pour les accrocher dans les bureaux de l'entreprise. Dès lors, une véritable politique d'acquisition se met en branle. Ainsi naît la collection Lavalin, dont la première acquisition est un tableau de Marcelle Ferron en 1960.

En 1977, fort d'une collection de 75 œuvres, Bernard Lamarre en confie la gestion au conservateur Léo Rosshandler, ancien directeur adjoint au Musée des beaux-arts de Montréal. L'acquisition d'œuvres devient alors plus systématique et comptera jusqu’à 1300 peintures, dessins, gravures et sculptures d'environ 500 artistes, parmi les plus représentatifs du Québec[2]. La collection est exposée sur les murs et enrichit ainsi l'environnement visuel des employés. Elle fait également l'objet d'expositions et de prêts à des musées.

En 1992, après la fusion entre SNC et Lavalin, la collection entière est acquise par le Musée d'art contemporain de Montréal, évitant ainsi la dispersion d'un important patrimoine. Un ouvrage[3] et une exposition soulignent cette acquisition en 1994.

Philanthropie[modifier | modifier le code]

Fort de son implication dans le domaine des arts visuels, Bernard Lamarre accède à la présidence du conseil d'administration du Musée des beaux-arts de Montréal en 1983. Grâce à son réseau de contacts, il insuffle une vigueur nouvelle aux activités du musée, notamment avec une importante exposition Picasso en 1984 constituée d'œuvres personnelles prêtées par Jacqueline Picasso. Grâce à ce succès, le musée peut donner suite à son projet d'agrandissement. Le nouveau pavillon Jean-Noël Desmarais est ouvert au public en 1991. Depuis, les expositions prestigieuses couronnées de succès se succèdent.

Bernard Lamarre demeure président de 1983 à 1997, puis de nouveau de 1997 à 2008. Également président de l'Ordre des ingénieurs du Québec et 1993 à 1997, il devient président du Conseil d'administration de l'École polytechnique de Montréal en 2002. Il a occupé aussi les postes de président et membre de différents conseils d'administration (dont la Société du Vieux-Port de Montréal).

Honneurs[modifier | modifier le code]

Bernard Lamarre a également reçu des diplômes honorifiques de plusieurs institutions d'enseignement, dont l'Université de Montréal (1985), l'Université d'Ottawa (1988) et l'Université McGill (2001).

Références[modifier | modifier le code]

  1. Allard 1990, p. 27
  2. Samson 2007, p. 108.
  3. Josée Bélisle, La Collection Lavalin du Musée d’art contemporain de Montréal, Musée d’art contemporain et Éditions de l'Homme, 1994.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Carole-Marie Allard, Lavalin : Les ficelles du pouvoir, Chicoutimi, Les Éditions JCL,‎ 1990, 317 p. (ISBN 2-920176-89-7).
  • Guy Samson, Bernard Lamarre, le génie d’une vie, Montréal, Presses internationales Polytechniques,‎ 2007, 153 p. (ISBN 978-2-5530-1144-3).

Lien externe[modifier | modifier le code]