Bernard Journu-Auber

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les autres membres de la famille, voir Famille Journu.
Bernard Journu-Auber
Fonctions
Pair de France
6 avril 181428 janvier 1815
Membre du Sénat conservateur
25 décembre 1799avril 1814
Député de la Gironde
1er septembre 179120 septembre 1792
Biographie
Date de naissance 15 mai 1745
Lieu de naissance Bordeaux
Date de décès 28 janvier 1815
Lieu de décès Paris
Parti politique Royaliste

Bernard Journu-Auber(t), comte de Tustal (né le 15 mai 1745 et décédé le 28 janvier 1815), est un homme politique, savant, magistrat et armateur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les Journu, simple marchand droguiste, viennent de Lyon et s'installent à Bordeaux dans l'armement de navires au début du XVIIIe siècle. Bernard Journu est le fils de Bonaventure Journu[1],[2]. La maison Journu était propriétaire de 6 navires pour le commerce avec les colonies et la traite négrière[3]. Grâce à ses affaires florissantes Bonaventure Journu put acheter une charge anoblissante de Conseiller-Secrétaire du Roi. Le 18 août 1742, il épouse Claire Marie Fonfrede, fille de Pierre Fonfrède, marchand, et de Jeanne Boyer. Il s'installe dans le nouveau quartier de Bordeaux au Chapeau-Rouge. Bonaventure décède en 1781. Il est l'oncle de Bernard-Auguste Journu.

Bernard Journu épouse le 8 février 1775 à Bordeaux une demoiselle Monique-Geneviève (ou Geneviève-Monique) Auber (morte en 1783), riche créole de Port-à-la-Paix, à Saint-Domingue (leur fille épousa Jean-Baptiste-Jacques Legrix de La Salle). C’est lui qui ajoute le nom de sa femme au sien. Il mène de front les carrières d’armateur, de magistrat, de représentant, mais aussi de fermier et savant. Ainsi reçoit-il la médaille de la société des sciences pour sa ferme modèle et pour avoir été l’auteur en 1789 d’un Mémoire sur l’infertilité des Landes et sur les moyens de les mettre en valeur. Il écrit aussi un Mémoire sur l’Amélioration des bêtes à laine dans le département de la Gironde qui est couronné par l’Académie de Bordeaux le 15 Thermidor de l’an XII (1804).

Il est consul de la Bourse de Bordeaux de 1778 à 1780. En 1789, il participe à l’assemblée de la Noblesse et de la Sénéchaussée, aux États généraux pour le compte de sa tante, Madame Boyer-Fonfrède, dame de la Tour Blanche, et de son frère. Il siège à l’assemblée législative en 1791-1792 en tant que député de Gironde (il est élu le 1er septembre 1791), dans les rangs des Feuillants (il appartient à leur club de tendance monarchiste constitutionnelle) et exprime à cette occasion des réserves sur la politique de la République naissante face aux colonies et à l’esclavage (ses discours à l’assemblée montrent en effet assez bien ses préoccupations et sa défiance vis-à-vis de l’émancipation des Noirs: Bonaparte aurait d’ailleurs été sensible à ses propos[4]). Il est dans le même temps président du Tribunal de Commerce de Bordeaux (1792-1793) Mais, modéré et monarchiste, son engagement lui vaut de croupir quelque temps, pendant la Terreur, au Fort du Hâ à Bordeaux.

Il applaudit au coup d'État du 18 brumaire (9 novembre 1799) et devient sénateur le 25 décembre 1799. Sa carrière reprend de plus belle sous le Consulat et l’Empire : il est l’un des fondateurs et régents de la Banque de France (il est élu au deuxième siège de Régent de la Banque de France le 13 février 1800).

Il est aussi fait Commandeur de la Légion d'honneur le 14 juin 1804 et Comte de Tustal en 1808. Tustal vient du nom d’un conseiller du roi au XVe siècle, et dont le blason est « d’azur à un aigle de carnation posé sur un nuage et fixant à dextre un soleil d’or et à une étoile d’argent à sénestre en chef ».[réf. nécessaire]

Journu-Auber fait partie des rares financiers, négociants et manufacturiers à recevoir un titre de noblesse d’Empire en tant que « Comte sénateur ». Ce titre est en principe innommé et vient s’ajouter au nom, mais dans son cas, on associe le titre de Comte de Tustal au nom de Journu-Auber, titre qui correspond, en temps normal, à une propriété comprise dans le majorat du titulaire.

Partisan de Napoléon Ier jusque-là, il vote pourtant sa déchéance le 3 avril 1814, et siège le mercredi 6 avril 1814, au Sénat conservateur lors de la délibération sur le projet de constitution présenté par le Gouvernement Provisoire de Fouché et Talleyrand, en exécution de l’acte du Sénat du premier avril 1814 décrétant que « le Peuple français appelle librement au trône de France Louis-Stanislas-Xavier de France, frère du dernier Roi », Louis XVIII. Il est nommé Pair de France par ledit Roi le 4 juin 1814, peu de temps avant sa mort, qui surviendra le 24 janvier 1815, c’est-à-dire juste avant les Cent-Jours.

Apports culturels[modifier | modifier le code]

En tant que sénateur de Bordeaux, Bernard Journu-Auber participe à la commission d’attribution qui permet l’arrivée de 29 peintures au musée des Beaux-Arts de Bordeaux en 1803. Ce musée, l’un des quinze musées français créés par Bonaparte avec l’arrêté consulaire du 31 août 1801 qui fait suite au rapport Chaptal, est particulièrement pauvre en œuvres remarquables. Le sénateur parvient à faire affecter à sa ville des œuvres majeures de Titien, Bassano, Véronèse, Rubens, Guerchin, Van Dyck ou Jordaen. Il achète en 1791 pour la somme de 250 000 lt l'ex baronnie de Calamiac à Sadirac dans l'Entre deux Mers. Une tentative d'élevage de moutons mérinos sera entreprise pour éviter aux armées françaises d'acheter la laine de ces moutons en Espagne. Une production qui servait à confectionner les uniformes des militaires, l’expérience capotera.

Titres[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
Orn ext comte sénateur de l'Empire ComLH.svg
Blason Bernard Journu-Auber(t) (1745-1815).svg
Armes du comte de Tustal et de l'Empire

De sinople, au bélier d'argent mérinos, marchant ; étoile d'or en chef, quartier du Sénat.[7],[8]

  • Livrées : bleu, blanc, jaune et verd dans les galons seulement[7].
Orn ext comte et pair ComLH.svg
Blason Bernard Journu-Auber(t) (1745-1815) pair de France.svg
Armes du comte de Tustal, pair « à vie »

De sinople, au bélier mérinos d'argent, surmonté d'une étoile d'or.[9],[10].

Ou 
D'azur à une aigle de carnation posée sur un nuage et fixant à dextre un soleil d'or, et à une étoile d'argent à senestre en chef.[5]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Hervé Ferrière, Biographie de Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent, Thèse d'histoire Paris-1
  • Vida Azimi, Les premiers sénateurs français, consulat et premier empire, 1800-1814, Picard,‎ 2000
  • Gérard Le Bouedec, Activités maritimes et sociétés littorales de l’Europe atlantique, 1690-1790, Armand Collin
  • Paul Butel, Les négociants bordelais, l’Europe et les îles au XVIIIème siècle, Aubier-Montagne,‎ 1974
Pour approdondir 
  • Romuald Szramkiewicz, Les régents et censeurs de la Banque de France nommés sous le Consulat et l'Empire, Librairie Droz,‎ 1974, 422 p. (ISBN 9782600033732, lire en ligne) ;
  • Jules Martin, « Journu-Aubert, comte de Tustal », dans A. Lievyns, Jean Maurice Verdot, Pierre Bégat, Fastes de la Légion d'honneur, biographie de tous les décorés accompagnée de l'histoire législative et réglementaire de l'ordre, vol. I,‎ 1842 [détail de l’édition] (lien notice BnF?, [%5Bhttp://books.google.fr/books?id=gtlkAAAAMAAJ&pg=PA355&dq=Fastes+L%C3%A9gion+Journu&hl=fr#v=onepage&q&f=true lire en ligne%5D lire en ligne]), p. 354-358 lire en ligne ;
  • « Journu-Aubert (Bernard), comte de Tustal », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français,‎ 1889 [détail de l’édition] [texte sur Sycomore] ;
  • Jean Baptiste Pierre Jullien de Courcelles, Histoire généalogique et héraldique des pairs de France : des grands dignitaires de la couronne, des principales familles nobles du royaume et des maisons princières de l'Europe, précédée de la généalogie de la maison de France, vol. 7, L'auteur,‎ 1826 (lire en ligne), Journu-Aubert, (N... .), comte de Tustal ;

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Négoce, ports et océans 16e-20e siècles
  2. Famille Journu sur genea-bdf
  3. Les Régents et censeurs de la Banque de France nommés sous le Consulat
  4. Voir à ce propos Yves Benot, La démence coloniale sous Napoléon, Paris, Éditions de la découverte, coll. « série histoire contemporaine »,‎ 1992
  5. a et b François Velde, « Armory of the French Hereditary Peerage (1814-30) », Lay Peers, sur www.heraldica.org,‎ 27 septembre 2005 (consulté le 18 juin 2011)
  6. A. Lievyns, Jean Maurice Verdot, Pierre Bégat, Fastes de la Légion d'honneur, biographie de tous les décorés accompagnée de l'histoire législative et réglementaire de l'ordre,‎ 1842 [détail de l’édition] (lien notice BnF?)
  7. a et b « BB/29/974 page 104. », Titre de comte accordé à Bernard Journu-Aubert. Bayonne (mai 1808)., sur chan.archivesnationales.culture.gouv.fr, Centre historique des Archives nationales (France) (consulté le 4 juin 2011)
  8. Grix de Lassalle (Le)/Journu - Aubert de Salafoy
  9. Jean Baptiste Pierre Jullien de Courcelles, Histoire généalogique et héraldique des pairs de France : des grands dignitaires de la couronne, des principales familles nobles du royaume et des maisons princières de l'Europe, précédée de la généalogie de la maison de France, vol. 7, L'auteur,‎ 1826 (lire en ligne)
  10. Jean-Baptiste Rietstap, Armorial général, t. (tome 1 et 2), Gouda, G.B. van Goor zonen,‎ 1884-1887 Armorial de J.B. RIETSTAP - et ses Compléments sur www.euraldic.com

Articles connexes[modifier | modifier le code]