Bernard Barbara

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Bernard Barbara

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Bernard Barbara

Naissance 7 mai 1942
Sfax (Tunisie)
Nationalité Drapeau de la France française
Champs Physique de la matière condensée
Institutions Institut Néel du CNRS de Grenoble
Diplôme Université Joseph Fourier de Grenoble
Renommé pour Renversement par effet tunnel résonant du moment magnétique mésoscopique des molécules
Distinctions Prix de l’Agilent Technologies Euro-physics Prize 2002
Grand Prix Alexandre Joannidès de l’Académie des Sciences française 2007
Prix Gentner-Kastler de la Deutsche Physikalische Gesellschaft 2008
Prix de la Société française de physique 2008
Médaille Blaise Pascal de l’Académie européenne des sciences 2008

Bernard Barbara (né le 7 mai 1942 à Sfax en Tunisie - ) est un physicien français, spécialiste de physique de la matière condensée.

En 2011, il est directeur de recherche CNRS émérite à l’Institut Néel de Grenoble.

Il a reçu l’Agilent Technologies Euro-physics Prize (2002), le Grand Prix Alexandre Joannidès de l’Académie des Sciences française (2007), le Prix commun de la Gentner-Kastler de la Deutsche Physikalische Gesellschaft et de la Société Française de Physique (2008), et la Médaille Blaise Pascal de l’Académie européenne des sciences (2008) pour le développement du champ de recherche de la dynamique quantique de nano-aimants, sa découverte de l’effet tunnel et d’interférences quantiques dans la dynamique de l’aimantation et sa découverte de l’effet tunnel mésoscopique en magnétisme. La découverte du renversement par effet tunnel résonant du moment magnétique mésoscopique de molécules a déclenché une forte activité de recherche sur la dynamique quantique de molécules à grand spin. Par ailleurs, ses travaux récents sur la cohérence quantique du moment magnétique d’ions de terres rares pourront se révéler utile pour la réalisation de qubits.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Son père était agent commercial de la compagnie Esso Standard. Ses deux parents sont issus de familles maltaises installées en Tunisie à la fin du XIXe siècle, travaillant dans le commerce de toiles industrielles, d’éponges de mer et d’huile d’olive. Bernard Barbara a vécu à Sfax, puis à Gabès et à Tunis jusqu’à l’obtention de son baccalauréat. Sa famille très nombreuse comprenant près d’une trentaine de cousins germains est caractérisée par un esprit d’entreprise dans tous les domaines commerciaux, scientifiques et médicaux. Bernard Barbara réalise ses études de physique à Grenoble et rejoint rapidement le laboratoire du physicien Prix Nobel Louis Néel. Ses parents, ainsi que d’autres membres de sa famille gagneront aussi Grenoble plusieurs années après l’indépendance de la Tunisie. Sa famille reste très attachée à la Tunisie et Bernard Barbara continue de cultiver des contacts avec des chercheurs tunisiens et plus généralement avec les pays méditerranéens tout au long de sa carrière. Bernard Barbara est marié à Chantal Barbara, née Faure à Saint-Étienne-de-Boulogne, Ardèche. Ils ont 3 enfants : Carine (1966) médecin du travail, Jean-Gaël (1968) chercheur au CNRS en neurobiologie et histoire des sciences, Aude (1971) chercheur au CNRS en physique.

Études[modifier | modifier le code]

Après ses études à l’université de Grenoble, Bernard Barbara devient docteur de 3e cycle de l’université de Grenoble en 1968, puis boursier DRME au Laboratoire d’Electrostatique et Physique du Métal de Grenoble. De 1966 à 1968, Bernard Barbara a travaillé à la construction d’un appareil destiné à réaliser des mesures d’aimantation à différentes températures et champs magnétiques, ainsi qu’à l’élaboration de séries de 6 ou 7 matériaux différents constitués de nouveaux alliages à base de terres rares. Il devient en 1970 attaché de recherche au CNRS dans ce laboratoire, Docteur d’état de l’université de Grenoble (1972) avec la mise en évidence du processus d’aimantation des systèmes à forte anisotropie, puis chargé de recherche au CNRS en 1973. Les travaux de Bernard Barbara entre 1968 et 1973 sont une continuation de sa thèse de 3e cycle, qui avait consisté à approfondir l’étude de l’un des alliages de la série qui avait des propriétés en contradiction apparente avec la compréhension de ces systèmes. Ces travaux que Bernard Barbara eut du mal à imposer à son propre directeur de thèse aboutirent à la découverte du concept de « parois étroites ».

Découverte du renversement par effet tunnel résonant du moment magnétique mésoscopique des molécules[modifier | modifier le code]

Ces parois étroites ont ouvert la voie à un projet de recherche innovant portant sur la recherche de l’effet tunnel à l’échelle « macroscopique » en magnétisme (plus tard dénommé « mésoscopique »). Ce projet a, pendant 25 ans, fourni de multiples indications en faveur de cet effet dans les différents types de systèmes que l’on pouvait synthétiser (couches minces, nanoparticules…), mais aucune preuve formelle. Cependant même si le but n’était pas atteint, les résultats obtenus en chemins étaient intéressants. Bernard Barbara a pu donner la preuve de cet effet grâce à une collaboration avec des chimistes italiens qui avaient synthétisé pour tout autre chose, une molécule découverte 20 ans auparavant en Pologne. Cette molécule était idéale pour ce projet et a permis de montrer l’effet tunnel mésoscopique. C’est ce travail qui a valu à Bernard Barbara ses prix les plus prestigieux. En 1982, Bernard Barbara devient directeur de recherche 2e Classe, CNRS, au laboratoire Louis Néel, Grenoble, directeur de recherche 1re Classe en 1993, puis directeur de recherche émérite en 2009, ainsi que conseiller scientifique au Centre à l’Énergie Atomique de Grenoble. Bernard Barbara dirige une équipe consacrée au Nanospintronique et au Transport Moléculaire.

Distinctions et récompenses[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rare-earth solid-state qubits. S. Bertaina, S. Gambarelli, A. Tkachuk, I. N. Kurkin, B. Malkin, A. Stepanov & B. Barbara, Nature Nanotechnology, 2, 39 - 42 (2007)