Berlin Alexanderplatz (roman)

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le roman. Pour l'adaptation télévisée, voir Berlin Alexanderplatz (TV).
Berlin Alexanderplatz
Auteur Alfred Döblin
Genre Roman
Titre original Berlin Alexanderplatz
Éditeur original G. Fischer
Pays d'origine Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Lieu de parution original Berlin
Date de parution originale 1929
Traducteur Zoya Motchane
Lieu de parution Paris
Éditeur Gallimard
Date de parution 1970

Berlin Alexanderplatz est un roman d'Alfred Döblin, publié en 1929. Il relate le parcours de Franz Biberkopf, délinquant à peine sorti de prison, dans le monde de la pègre dont il réalise qu'il lui est impossible de sortir. Un sondage de 2002, effectué auprès de cent écrivains du monde entier, l'a placé parmi les cent meilleurs livres de l'histoire[1].

Résumé[modifier | modifier le code]

Livre premier

Franz Biberkopf, ancien souteneur condamné pour avoir tué sa compagne Ida, sort de la prison de Tegel après quatre ans de peine. Se réadaptant à la liberté, il se promet de rester honnête.

Livre deuxième

Franz s'essaie au commerce, aidé par son ami Meck et sa nouvelle compagne Lina. Il finit par se fixer dans la vente de journaux.

Livre troisième

Franz pratique maintenant le porte à porte pour toutes sortes d'articles. Il se vante d'avoir ainsi séduit une veuve, mais mal lui en prend : Lüders, l'une de ses connaissances, se rend chez celle-ci pour y voler, notamment les marchandises que Franz y a laissé. Choqué, Franz disparaît.

Livre quatrième

Franz Biberkopf se terre chez lui, dans le Berlin du peuple (description des abattoirs) et de la pègre (cambriolages).

Livre cinquième

Biberkopf a repris la vente de journaux sur l'Alexanderplatz. Il sympathise avec Reinhold, un séducteur taciturne qui, empêtré dans ses séductions répétées, tente à plusieurs reprises de les refiler à Franz, et y parvient avec la jeune Cilly. Franz, intéressé par le commerce de fruits d'un groupe dirigé par Pums, accepte de rentrer dans celui-ci (avec Reinhold) et se rend compte au dernier moment qu'il s'agit d'une couverture pour du cambriolage. Refusant dès lors de poursuivre, en pleine action, il est précipité hors d'une voiture par Reinhold et laissé pour mort.

Livre sixième

Amputé d'un bras après l'événement, Franz est hébergé par Herbert et Eva, couple d'amis proches d'avant la prison (Eva se prostituait pour lui avant Ida). Il se rétablit, soutenu par ces derniers, qui ne parviennent pas à le persuader de chercher compensation de la part de Pums. Ils lui trouvent en revanche une jeune créature, Mieze.

Livre septième

Désœuvré, tandis que Mieze se prostitue pour lui, Franz s'intéresse un temps à la politique, à la frayeur de son entourage, mais prend vite ses distances. Il retrouve Reinhold, sans idée de se venger : au contraire, Franz croit pouvoir tenir son serment d'honnêteté, et prouver par là sa force à son agresseur, qu'il considère toujours comme un ami.

Livre huitième

Franz Biberkopf décide d'intégrer la bande de Pums pour participer aux cambriolages et ne plus être souteneur, du moins pas uniquement. Il reste attaché à Mieze, bien qu'il la batte un soir, sur un accès de jalousie. Pendant ce temps, Reinhold, devant le spectacle d'un Franz rétabli, forme le projet de séduire Mieze. Il l'attire seule pour une sortie, un soir, hors de la ville, et devant la résistance de la jeune fille, il l'étrangle et l'enterre, aidé d'un complice, Karl, client de Mieze.

Livre neuvième

Franz Biberkopf, ne se doutant de rien, croit que Mieze l'a quitté et tombe dans une grande tristesse. Mais quand Karl vend la mèche et que le cadavre de Mieze est découvert, Franz est arrêté et tombe dans la démence. Reinhold, lui, s'enfuit et change d'identité, mais est tout de même emprisonné pour les larcins commis par son prête-nom. Sa couverture est pourtant bientôt éventée par un ancien compagnon de cellule. Condamné pour le meurtre de Mieze, Reinhold voit dans le même temps Franz innocenté. Franz Biberkopf bénéficie enfin d'assistance : on lui confie un poste de concierge suppléant dans une usine.

Style et contexte[modifier | modifier le code]

Le roman se déroule dans les quartiers populaires proches de l'Alexanderplatz, dans le Berlin des années 1920. La narration est effectuée avec des points de vue multiples, et différents effets (sons, articles de journaux, chansons, discours, références à d'autres livres). Dépeignant la pègre berlinoise des années 1920, il fut la cible des autodafés nazis dès 1933[2].

Berlin Alexanderplatz rappelle Ulysse de James Joyce, Döblin ayant d'ailleurs réécrit son livre après avoir lu l'œuvre de l'Irlandais. On l'a également rapproché de John Dos Passos (Manhattan Transfer)[2]. La proximité avec Brecht, ami de Döblin, est également nette, les influences entre les deux auteurs ayant été réciproques[3]. On a par ailleurs rapproché Berlin Alexanderplatz du Voyage au bout de la nuit de Céline « qui, lui aussi, fait la somme d'une rue, d'une place, d'un système de rues, de maisons et d'hommes afin de créer une forme lyrique étroitement liée à l'actualité[4] ».

Autre point particulier au roman, son style. Döblin se rapproche au plus près du dialecte berlinois, parlé par le milieu dans lequel baigne le personnage principal. Une grande place est laissée aux dialogues et à l'intériorisation des conversations, jusqu'à en faire un roman où « tout a lieu dans la maîtrise de la langue[5] ».

Éditions[modifier | modifier le code]

  • Berlin Alexanderplatz. Die Geschichte vom Franz Biberkopf, Berlin, G. Fischer, 1929
  • Berlin Alexanderplatz, traduction française de Zoya Motchane, préface de Pierre Mac-Orlan, Paris, Gallimard, 1970
    • Rééd. coll. « Folio », 1980
  • Berlin Alexanderplatz, traduction française de Olivier Le Lay, Paris, Gallimard, 2009
    • Rééd. coll. "Folio", 2010

Adaptations[modifier | modifier le code]

La première adaptation du roman à l'écran fut réalisée en 1931 par Piel Jutzi et fut connue en France sous le titre de Sur le pavé de Berlin. Une seconde adaptation destinée à la télévision est due à Rainer Werner Fassbinder, en 1980, sous forme de série (quatorze épisodes et quinze heures trente au total).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « The top 100 books of all time », The Guardian, 8 mai 2002
  2. a et b Pierre-Jean Le Quéau, « Babylone, encore. Joyce, Döblin et Dos Passos », Religiologiques, 5 (Littérature et sacré, I), UQAM, 1992
  3. Alfred Döblin sur Books & Writers
  4. Pierre Mac Orlan, préface (Gallimard, 1970)
  5. Vivre à Berlin

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) David B. Dollenmayer, The Berlin Novels of Alfred Döblin, University of California Press, 1992
  • (en) Peter Jelavich, Berlin Alexanderplatz. Radio, Film, And The Death Of Weimar Culture, University of California Press, 2006