Benjamin Valz

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Benjamin Valz

Jean Élias Benjamin Valz (1787-1867) est un astronome français de renommée internationale[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Né le 27 mai 1787 à Nîmes, Benjamin Valz est issu d'une famille protestante bourgeoise[2].

Son père Jean Valz, négociant fortuné à Nîmes, quoique républicain, fut accusé sous la Révolution de modérantisme et condamné à monter sur l'échafaud dressé sur l'Esplanade le 19 juillet 1794. Ce fut une des dernières victimes de la Terreur, sa mère eut à se charger de son éducation, avec l'aide de son frère aîné Charles Isidore Valz.

À l'âge de treize ans, le jeune Valz est placé dans un pensionnat de Lyon où pendant deux années il fait de très bonnes études et remporte le premier prix de mathématiques.

De Lyon il retourne à Nîmes et entre à l'École Centrale qui vient de s'ouvrir. On sait qu'en 1795 la Convention nationale avait décrété la création de ces Écoles Centrales pour remplacer les Collèges Royaux ; l'enseignement dispensé correspondait assez à celui de certaines sections de notre enseignement secondaire, les sciences avaient le pas sur les lettres, la durée des études était de six ans.

Les Écoles Centrales eurent une longévité d'une dizaine d'années seulement, en 1805 elles étaient toutes remplacées par les Lycées créés sous l'Empire par la loi du 1er mai 1802.

L'École Centrale de Nîmes était réputée pour ses professeurs dont deux étaient hors pair, à savoir l'érudit écrivain Alexandre Vincens (un parent par alliance) et le savant mathématicien Joseph Diaz Gergonne.

Valz y fit des études brillantes notamment en mathématiques. À dix-huit ans, à la fin de la classe terminale, il quitta l'École Centrale l'année même où celle-ci se fondit dans le Lycée en 1805.

L'astronomie l'attira tout particulièrement, presque exclusivement, bien que pendant la première partie de sa carrière, Valz exerça quelque temps le métier d'ingénieur. Pendant quatre ans, il dirige la construction du canal d'Arles, puis élabore un projet d'adduction d'eau de la ville de Nîmes. Également, il est l'auteur d'un projet de docks et de nouveaux ports pour Marseille ; projet qui semblerait bien timide aujourd'hui ; mais il faut faire la part des temps et songer que dans la première moitié du XIXe siècle, on était bien loin d'entrevoir l'extension prodigieuse que prendraient bientôt l'industrie et le commerce.

Toujours passionné d'astronomie, il surmonte finalement sa maison d'un observatoire privé et, en 1825, il retrouve la comète périodique d'Encke ; il s'intéresse aussi à l'évolution de la chevelure des comètes et remarque que le volume de la chevelure se contracte à l'approche du Soleil. Cette étude lui vaut un prix de l'Académie des sciences.

En 1827, pour une comète qui se présente dans une position défavorable, Valz renonce aux méthodes de Laplace et de Delambre alors trop imprécises et au prix d'un calcul complet, « de plus de 2 000 logarithmes en tout », Valz réussit à donner les éléments orbitaux de cette comète. Sa réputation scientifique est alors bien établie.

En 1835 Valz, émet l'hypothèse que les irrégularités des dates de retour de la comète de Halley pourraient provenir d'une planète inconnue située au-delà d'Uranus et ayant une durée de révolution triple de celle de la comète.

En 1836, Valz, nommé directeur de l'observatoire de Marseille des Accoules, est chargé de cours à l'université de Montpellier.

François Arago apprécie ce calculateur de comètes qui aura une grande productivité scientifique, 58 publications dans les comptes rendus de l'Académie mais aussi dans les Monthly Notices de Londres, les Astronomische Nachrichten de Berlin ou la Bibliothèque Universelle de Genève.

Il fut un temps ou l'on attribuait à Valz la découverte de deux astéroïdes : Massalia en 1852 et l'année suivante Phocea mais de nos jours le crédit en est donné à l'italien Annibale de Gasparis pour le premier et Jean Chacornac pour le second. Il invente et construit alors une lunette très pratique pour la recherche des petites planètes et il établit des cartes d'une zone étroite de l'écliptique permettant de détecter en quatre ans les petites planètes comprises entre Mars et Jupiter.

Trente-deux astéroïdes furent ainsi découverts à Marseille, par Valz et ses adjoints Jean Chacornac, Jérôme Eugène Coggia et Ernst Wilhelm Tempel ; l'un d'eux sera appelé Gyptis.

Le 18 janvier 1846, Valz retrouve la troisième comète périodique et, le 27, « tout ébahi de trouver deux nébuleuses », il découvre que la comète vient de se dédoubler. Lors du retour suivant, en 1852, c'est encore à Marseille qu'un infatigable découvreur de comètes, Tempel, revoit une dernière fois les deux noyaux de cette troisième comète périodique qui se désintégrera au passage suivant.

Le 22 janvier 1858, A. Laurent, nouvel occupant de la maison de Benjamin Valz, découvre l'astéroïde Nemausa à l'aide de l'observatoire privé de Valz, et annonce la nouvelle à l'Académie des sciences en proposant le nom de l'astéroïde, créé à partir du nom latin et historique de sa ville natale Nîmes [1] [2].

Valz cesse son activité en 1860 et décède le 22 avril 1867 dans sa propriété de Bon-secours (banlieue de Marseille). Il est inhumé au cimetière protestant de Nîmes.

Publications[modifier | modifier le code]

La longue carrière de Valz a été d'une grande fécondité. Parmi ses publications, on en relève vingt-deux dans les annales de l'Académie du Gard, cinquante-huit dans les comptes rendus de l'Académie des sciences et il faut y joindre de nombreuses notes disséminées dans la Correspondance astronomique du Baron de Zach, la Bibliothèque universelle de Genève, la correspondance mathématique de l'Observatoire de Bruxelles, les " Monthly Notices " de la Société royale astronomique de Londres, les " Astronomische Nachrichten ", les Mémoires de l'Académie de Marseille, etc. Un grand nombre d'entre elles mériteraient une mention spéciale.

Famille et anecdotes[modifier | modifier le code]

  • Également, son frère aîné (Isidore Valz) est le beau-frère de David Dombre.

Lien externe et références[modifier | modifier le code]

  • Nemausensis [3]