Benga (musique)

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Benga

Origines stylistiques Musiques traditionnelles des Luo
Rumba congolaise
Kwela
Origines culturelles Drapeau du Kenya Kenya
Instruments typiques guitare électrique, batterie de jazz, nyatiti
Popularité Afrique de l'Est
surtout dans les années 1950 à 1980

Le benga (« quelque chose de beau » en langue luo) est un genre musical créé par des Luo, mais né à Nairobi, à la fin des années 1940 de l'union de la musique de danse cubaine, de la rumba congolaise, importées notamment par Jean Bosco Mwenda, son cousin Edward Masengo et Sam Mangwana, et du finger-style zaïrois (en pinçant les cordes directement avec le bout des doigts ou les ongles par opposition à l'utilisation du plectre) mariés avec le kwela d'Afrique du Sud et, surtout, avec les musiques traditionnelles des Luo comme l' omutibo, le dudu ou l' ohangla. Le genre a été popularisé dans toute l'Afrique de l'Est par l'African Broadcasting Service (l'actuel Kenya Broadcasting Service) créé en 1953[1], et repris par les Kikuyu, les Kamba et les Luhya. Au Zimbabwe, il est appelé kanindo.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Si benga signifie « quelque chose de beau » en langue luo, l'origine du mot est très incertaine[2] :

  • le mot benga fut employé pour la première fois dans une chanson enregistrée en 1963 par le groupe Ogara Boys et appelée Monica Ondego ;
  • il fait référence à un style de jupe très en vogue en Afrique de l'Est à cette époque : l'ogara skirt ;
  • il est dérivé du nom de la mère de Daniel Owino Misiani qui s'appelait Obengo.

Style[modifier | modifier le code]

Les guitaristes avaient longtemps imité les mélodies rapides et syncopées de la lyre nyatiti. Lorsque la guitare électrique est devenue prééminente dans la musique moderne, cette nyatiti a continué à influencer le jeu des guitares basses, Dans le benga, les notes élevées grésillent tandis que les basses pleurent hors de ces harmonies aigües. Ainsi, deux ou trois guitares se poursuivent l'une l'autre par intervalles rapides. Les refrains, alternants les couplets, sont remplacés par le jeu des guitares. Les prestations sont souvent longues (jusqu'à plus de 20 minutes).

Évolution[modifier | modifier le code]

Au départ, les ensembles musicaux jouant le benga comportaient une nyatiti et un orutu mais pas d'instrument de percussion (malgré l'existence des bunde), hormis l'ajauw (ou ajao) et de gara ornant l'une des chevilles des musiciens. Ensuite, s'est adjointe la guitare acoustique. Avec l'avènement des guitares électriques, la batterie de jazz s'est également invitée.

Influence[modifier | modifier le code]

Si, au départ, le benga est né, en partie, de la rumba congolaise, il finit par influencer la musique congolaise, et plus particulièrement le soukous grâce à Sam Mangwana.

Interprètes[modifier | modifier le code]

Pionniers[modifier | modifier le code]

Un des tout premiers fut Opondo Owenga (Originaire de Yala) qui utilisait son art pour enseigner l'histoire des Luo. Vint ensuite le guitariste John Ogara, et son groupe Ogara Boys, qui, au début des années 1960, fusionne les racines rurales d'Opondo Owenga avec des sons nouveaux issus des centres urbains.

Cependant, les premiers groupes musicaux ayant eu une certaine renommée, à partir de 1967, sont le Shirati Jazz avec Daniel Owino Misiani, qui prônaient l'amour, les traditions et la religion, comme dans leur Piny ose mer (« Le monde est fou » en luo), et leurs rivaux du Victoria Jazz formé par Ochieng Nelly Mengo et Collela Mazee qui chantaient des histoires d'amour humoristiques mêlées de conseils et de morale.

C'est en 1970 que Daniel Kamau fera connaitre ce style à Nairobi avec sa chanson à succès I Love You.

Citons encore George Ramogi, Gabriel Omolo, Ochieng Kabeselleh et, plus récemment, Osito Kalle dont le fameux Les na bouyo mawije (« Laisse la mousse (de ma bière) en place » en luo) qui est un des morceaux de benga les plus typés.

La relève[modifier | modifier le code]

Les artistes actuels sont Ogwang Lelo Okoth, Dola Kabarry ou, chez les femmes, Princess Jully, Linet Aluoch (une ancienne choriste de Daniel Owino Misiani) et Emily Makaya. Certains, comme le Kapere Jazz Band remettent à l'honneur la nyatiti, l'orutu et la percussion uniquement assurée par... une bouteille[3] de Fanta vide frappée ou frottée par une baguette[4] car cette bouteille possède des stries qui peuvent être frottées à la manière d'une planche à laver.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Naissance du Kenya Broadcasting Service [(en) lire en ligne]
  2. Saturday Nation, How to tell your benga from rumba, article du 25 mars 2011 par Billie Odidi Bodidi [(en) lire en ligne]
  3. Le nom originel de la musique jouée par un instrument à corde comme la nyatiti ou la guitare acoustique accompagnée par la percussion d'une bouteille vide s'appelle omutibo et date des années 1940
  4. Le Kapere Jazz band, et d'autres groupes, utilisent uniquement la bouteille de « Fanta ». Jamais de bouteille d'une autre marque de soda.

Liens externes[modifier | modifier le code]