Bellou-sur-Huisne

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Bellou-sur-Huisne

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Administration
Pays France
Région Basse-Normandie
Département Orne
Arrondissement Mortagne-au-Perche
Canton Rémalard
Code Insee abr. 61042
Code postal 61110
Maire
Mandat en cours
Claude Lefèvre
2008-2014
Intercommunalité Communauté de communes du Perche rémalardais
Démographie
Population 435 hab. (2006)
Densité 29 hab./km²
Gentilé Belluviens
Géographie
Coordonnées
géographiques
48° 25′ 34″ Nord
         0° 45′ 26″ Est
/ 48.4261111111, 0.757222222222
Altitudes mini. 120 m — maxi. 226 m
Superficie 15,11 km²

Voir la carte physique

Voir la carte administrative

Bellou-sur-Huisne est une commune française, située dans le département de l'Orne et la région Basse-Normandie. Elle fait partie depuis l'origine du Parc naturel régional du Perche.

Ses 435[1] habitants sont les Belluviens.

Sommaire

[modifier] Géographie

L'utilisation du territoire de la commune de Bellou-sur-Huisne est encore essentiellement agricole.

De petits bois parsèment la commune, contribuant au maintien d'une vie "sauvage": chevreuils, sangliers, petit gibier abondent.

La rivière Huisne constitue la limite nord de la commune : elle attire les pêcheurs en saison, et la pratique du canoë-kayak se fait en hautes eaux. La rivière reçoit de nombreux affluents en amont, descendant les collines du Perche pour assurer un régime abondant.

L'ancienne voie ferrée Condé-sur-Huisne - Alençon, à l'abandon depuis 30 ans environ, suit le cours de l'Huisne. Un projet vise à la transformer en voie verte, axe de développement touristique pour les marcheurs, les vététistes, cavaliers, etc.

[modifier] Histoire

[modifier] Toponymie

L'origine de son nom est indécise (bel endroit des bords de l'Huisne, lieu de guerre dominé par plusieurs buttes, ou humble cressonnière), cela atteste néanmoins que Bellou-sur-Huisne (432 habitants en 2007) est une très ancienne collectivité, bien située sur l'ancienne route royale de Paris à Nantes, près du gué ("Reg Malard", peut être "mauvais gué"ou "gué mal situé"), puis du pont de Rémalard.

[modifier] Le siège de Rémalard

Lors du siège de Rémalard en 1077, Guillaume le Conquérant fit élever plusieurs mottes défensives sur le territoire actuel de la commune, dont l'une sur le site de la Butte (sud-est), et l'autre probablement à la Coudorière (sortie Ouest de Bellou) coupée en deux au XIXe par la route de Bellême. D'autres mottes ont vraisemblablement existé au Chatelier (Rémalard) et à Beauregard (Dorceau).

[modifier] Le patrimoine historique

Il reste de ce passé, outre l'église romane Saint-Paterne[2], quelques belles fermes anciennes (Méhéry), ainsi que des bornes milliaires en pierre du XVIIIe qui subsistent sur la route de Saint-Paterne : celle qui est située à la sortie du bourg (en bon état, fleur de lys retaillée en faisceau à la Révolution) n'est pas à son emplacement d'origine. De celle située après le hameau des Grandes Marres, seule la souche émerge sur le talus. Cinq bornes en bon état subsistent en bord de route jusqu'à Bellême[3]

[modifier] Administration

Liste des maires successifs
Période Identité Parti Qualité
 ? mars 1977 (?) Pierre Germette - -
mars 1977 mars 2001 Alain Vallée SE Vétérinaire
mars 2001 2005 Louis Raymond SE Retraité
2005 mars 2008 Philippe Lemaire SE Agriculteur
mars 2008 actuel Claude Lefèvre SE Producteur télé
Toutes les données ne sont pas encore connues.

[modifier] Démographie

Évolution démographique
(Source : INSEE[4],[5])
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2007
531 522 451 418 425 453 432
Nombre retenu à partir de 1962 : population sans doubles comptes
2007 : Population provisoire (enquête annuelle).

[modifier] Économie

L'élevage de bovins et la production laitière sont les principales activités : les champs accueillent les productions de fourrage.

Quelques vergers de pommiers à haute tige subsistent, pour un usage privé (cidre et calvados).

L'activité commerciale et industrielle se concentre au pont de Rémalard : usine de produits chimiques Buhler Fontaine Conditionnement, classée SEVESO II [6] , qui conditionne des produits ménagers en bombes aérosols, garage et produits pour le bâtiment. La commune ne possède qu'un autre commerce (café) en milieu de bourg. Quelques artisans ont leur siège à Bellou (maçon, couvreur,plombier, etc).

Cette faiblesse en activités commerciales a pu faire traiter Bellou de "banlieue de Rémalard".

[modifier] Lieux et monuments

[modifier] L'église Saint-Paterne

[modifier] Présentation

Église romane des XIe et XIIe siècles, dont les ogives (chapelle Saint-Joseph) attestent même un style en transition avec le gothique. Plan en croix latine inachevée : la chapelle de la Vierge n’a été rajoutée qu’en 1854, pour la symétrie. Matériaux : tuffeau blanc de la région , probablement de la carrière de la Mansonnière, très proche, et grison du pays, peut être de la carrière de Saint-Jean-de-la-Forêt ou du Heaume. La tour-clocher en pierre atteste de la richesse du pays.

Localisée sur la route royale de Paris au Mans, Angers et Nantes avant le percement de la nouvelle route de Bellême vers 1870.

Dimensions : longueur : 23,50 m, largeur nef : 7,40 m, largeur croisée : 17,40 m, hauteur : 10 m.

[modifier] Les transformations

Au XVIe siècle, les fenêtres de l’abside furent ouvertes, mais cachées en 1709 par l’installation du retable et du tabernacle baroques en pierre. Le retable baroque en bois peint (1709) à ailes à six colonnes, fronton cintré avec gloire, guirlandes et corbeilles de fleurs, orné de deux statues (saint Martin et saint Paterne) en bois taillé et peint, le tabernacle en bois également de 1709 et ses deux peintures (même date) symbolisant le Sacré Cœur (culte de sainte Marguerite-Marie Alacoque), le grand Christ en croix en bois taillé et peint XVIIe sont inscrits à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. On peut noter également un bel ensemble de bancs clos d’époque Louis XV.

Une nouvelle vague de transformations eut lieu dans les années 1850, à une époque de renouveau religieux, marqué par le culte de l’Immaculée conception et les apparitions (Notre-Dame de la Salette 1846, Bernadette Soubirous 1858).

  • Don des fonts baptismaux datés de 1848.
  • Construction de la chapelle de la Vierge (1854). Élargissement des fenêtres de nef élargies en 1853, pour permettre l'installation ultérieure de huit vitraux en 1858.
  • Une sacristie est construite en 1853, en lieu et place d’une absidiole, dont on voit les traces à l’extérieur.

La dernière série de modifications a été effectuée dans les années 1875 (après guerre de 1870, culte du Sacré Cœur) la Fabrique (paroisse) décide de faire procéder à la " romanisation " de l’édifice, avec l’aide de l’archiviste de la cathédrale de Sées.

Les travaux concernent (bénédiction de 1880) :

Puis (bénédiction de 1883) :

  • transept sud, deux côtés de la nef (les fenêtres sont entourées de colonnes), deux statues de pierre blanche sont disposées dans la chapelle de la Vierge.

Entre temps, de nombreuses sculptures sur bois (autels) et peintures ont été réalisées par de « nobles mains ». Une copie de la Vierge à la grappe, de Pierre Mignard (original au Louvre) est installée dans la chapelle de la Vierge (restaurée en 2008).

Les trois cloches sont installées en 1896, après de nombreuses vicissitudes (Voir section ci-dessous).

[modifier] Les vitraux

Les vitraux de la nef et des chapelles datent de 1858. Ils ont été réalisés par l’atelier Ledien-Bazire, installé à Argentan de 1856 à 1915). Leurs sujets sont les saints « percherons », sujet rare en vitrail. Ils sont inscrits à l'inventaire supplémentaire des MH. Les frères Ledien, instituteurs déçus par leur métier, décident vers la quarantaine, après une formation de dessin à Paris, de créer une fabrique de vitraux à Argentan. Après une rapide formation technique dans un atelier parisien, ils produisent leur première verrière en 1856, puis divers vitraux pour des églises en Irlande. L’entreprise étend ensuite ses activités : vitraux à Autun, à nouveau en Irlande, à Pittsburgh, etc L’atelier est transferé à Caen. L’affaire est cédée en 1885 à M. Bazire, qui cesse la production en 1915. Autres vitraux : dans le chœur, 2 vitraux de l’atelier Bergès, de Toulouse (vers 1890) Dans le chœur, vitrail moderne représentant saint Paterne entouré de la cathédrale Saint-André d'Avranches et du mont Saint-Michel (atelier Lorin à Chartres 1958)

[modifier] Les cloches

Les trois cloches actuelles ont été installées en 1896, à la place d’une cloche unique (et fêlée) de 1840.
Elles font respectivement :

0,95 m de diamètre, 534 kg, note sol
0,85 m, 385 kg, note la
0,77 m, 283 kg, note si

Elles sont issues de la fonderie Cornille-Havard (Bergamo), à Villedieu-les-Poêles (Manche), qui existe toujours.
Dans le cadre de l’alliance franco-russe, l’impératrice douairière de Russie Maria Feodorovna, veuve d’Alexandre III (décédé en 1894) et mère de Nicolas II a accepté d'être la marraine de la cloche principale. Elle était née Dagmar de Schleswig-Holstein, princesse de Danemark.

[modifier] Les modillons

L’entablement de l’église est une corniche saillante, formée d’un tore, d’un cavet et d’un chanfrein, reposant sur des corbeaux, destinés à supporter une charge. Lorsqu’un corbeau est sculpté et soutient une corniche, il porte le nom de modillon. Les éléments les plus caractéristiques sont les 82 modillons qui ornent les différentes faces de l’édifice, et qui représentent l’histoire du christianisme, les péchés des hommes, la rédemption, les litanies de la Vierge, et les symboles de l’église.

[modifier] Les bannières

L'église de Bellou possède 3 bannières de procession :

  • Deux sont du XIXe siècle (non exposées), double face, coton brodé, enrichi en fil de laiton, détails (visages, mains, etc) en carton peint.
  • Une bannière double face a été découverte dans la sacristie en 2007 (inscrite depuis ISMH) : elle semble d'époque baroque par ses sujets (Vierge en majesté en costume du XVIIe, saint Paterne de facture archaïque). Mais l'analyse technique lors de la restauration plaide plutôt pour une facture XVIIIe siècle. Elle est exposée dans l'église.

[modifier] Les statues

De nombreuses statues d'un intérêt variable illustrent les murs de l'église : purs produits saint sulpiciens de la fin du XIXe siècle (sainte Barbe, saint Joseph, Jeanne d'Arc, Sacré-Cœur, Vierge, sainte Thérèse de Lisieux) ou production d'artistes locaux (famille de Beaumont) une sainte Anne et une Notre Dame, en pierre blanche, de belle allure. Enfin, un petite statue de saint Jean l'Évangéliste, en bois peint (inscrite ISMH), fin XVIIe-XVIIIe.

[modifier] Le monument aux morts

Un monument aux morts de la Grande Guerre, simple plaque de marbre gris, est situé sur un mur, dans la nef. Il existe un autre monument aux morts situé rue de l'Huisne, entre l'église et la mairie. Enfin, le cimetière contient un troisième monument.

[modifier] Les carrières de la Mansonnière

Cette carrière souterraine de tuffeau blanc existe probablement depuis l'époque romane. Des pierres taillées ont servi à construire, entre autres bâtiments, l'église de Bellou. Après la fin de l'exploitation, la carrière a servi de guinguette, buvette, bal populaire au XIXe, avant d'être transformée en champignonnière (1951-1960). C'est aussi un site karstique exceptionnel, comportant plus d'1 km de boyaux, taillés dans l'épaisseur de craie du Bassin parisien (cénomanien moyen). Le site a été proposé Natura 2000 pour la présence d'importantes colonies de chauves-souris : barbastelles communes (Barbastella barbastellus), grands murins (Myotis myotis), grands rhinolophes (Rhinolophus ferrum-equinum), vespertilions à oreilles échancrées (Myotis emarginatus), vespertilions de Bechstein (Myotis bechsteini).[8]

[modifier] Manoir de Méhery

Situé sur la route de Saint-Maurice-sur-Huisne. Beau pigeonnier. Propriété privée : ne se visite pas.

[modifier] Château de Viantais

L'ancien château de Viantais, avec ses pavillons et ses fossés, était semble-t-il, assez remarquable. En 1815, après la défaite napoléonienne, les armées prussiennes présentes dans l'Orne, pillèrent complètement le château. Après cela, le lieu fut certainement abandonné, et vendu en 1820 à Ange Dutemple de Beaujeu, qui pensait y trouver un trésor : il démolit le vieux château et combla les fossés. La maison, reconstruite au XIXe ne présentait pas de caractère architectural particulier : un plan rectangulaire, une belle toiture et un beau fronton triangulaire, dans le goût de l'époque. Il fut acheté en 1838 par la famille Bonin de la Bonninnière de Beaumont. Ce qui continuait à caractériser Viantais, c'était avant tout son site, dominant un vallon verdoyant, des étangs et des bois. Ce château disparut dans un incendie en 1927. Il n'en reste (propriété privée) que quelques fondations. Il se trouvait sur la route de Viantais, qui relie la route de Saint-Paterne à la route allant du Haut Chêne à Verrières. Quelques cartes postales sont visibles aux Archives départementales d'Alençon et deux photos anciennes sur le site du Ministère de la Culture[9].

[modifier] Tourisme

Bellou, active commune rurale et industrielle, est aussi un lieu historique et naturel remarquable, grâce au site de la Mansonnière : ancienne carrière souterraine de pierre blanche, refuge pour les chauves-souris et rare exemple de site karstique, suivi par une équipe du CNRS. Visites sur demande à la mairie.

Bellou-sur-Huisne s'apprécie plutôt à pied ou à vélo, par les multiples petites routes et chemins de randonnées qui dominent les vallées, et par la future voie verte en cours de réalisation réutilisant l'emprise de l'ancienne voie ferrée Condé-sur-Huisne - Alençon qui passe par Bellou-sur-Huisne, à proximité de l'église.

[modifier] Activité et manifestations

Il existe à Bellou sur Huisne deux associations : un comité des fêtes, aux activités traditionnelles (fête locale, brocante, bal du 14 juillet, marche, etc) et une association de défense du patrimoine local, Bellou sur Huisne Patrimoine, créée il y a 4 ans.

Des travaux sur la toiture de l'église étant devenus indispensables, il a été décidé de faire appel aux dons des particuliers et des entreprises, en créant en juillet 2005 l’association Bellou sur Huisne Patrimoine. Pour garantir l’utilisation des fonds qui seront récoltés par cette association, et faire bénéficier les donateurs de déductions fiscales, les fonds récoltés sont déposés à la Fondation du Patrimoine , organisme reconnu d’utilité publique. Une convention de partenariat lie la commune et l’association à cette fondation.

Afin de sensibiliser les donateurs et de récolter des fonds pour les travaux de restauration, cette association organise des animations à caractère culturel: expositions, concerts, conférences (Journées européennes du Patrimoine depuis 6 ans)

Plusieurs oeuvres picturales et du mobilier sont en cours de restauration.

[modifier] Personnalités liées à la commune

Famille Bonin de la Bonninière de Beaumont : Jules François, maire de Bellou pendant la 2e moitié du XIXe, conseiller général de l'Orne, et son épouse Anna. Bienfaiteurs de l'église de Bellou et artistes discrets (peinture, sculpture sur bois et sur pierre)

[modifier] Voir aussi

[modifier] Notes et références

Altitudes, coordonnées, superficie : IGN[10].
  1. Population municipale 2006 : Insee - Populations légales 2006 - 61-Orne. Consulté le 13 juin 2009
  2. Voir détails sur la page L’église Saint-Paterne de Bellou sur Huisne sur le site de l'Association Bellou sur Huisne patrimoine.
  3. Voir l'atlas de Trudaine pour la généralité d'Alençon sur le site du Ministère de la Culture, Cote F/14/*8452.
  4. Bellou-sur-Huisne sur le site de l'Insee
  5. Résultats de l'enquête de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants de 2004 à 2007 - Département de l'Orne. Consulté le 4 juillet 2008
  6. Etablissements "SEVESO II" Orne sur le site de la DRIRE de Basse-Normandie.
  7. Voir la page du cadran de l'église Saint-Paterne sur le site Cadrans solaires de Touraine et d'ailleurs.
  8. Natura 2000 : Fiche du site FR2502003 (CARRIERE DE LA MANSONNIERE). Consulté le 14 janvier 2009.
  9. Voir Ministère de la culture - memoire
  10. Bellou-sur-Huisne sur le site de l'Institut géographique national (Visualiser le lien [archive]).

[modifier] Liens externes


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