Belle-Île-en-Mer

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Belle-Île-en-Mer
Enez ar Gerveur (br)
Carte topographique de Belle-Île-en-Mer.
Carte topographique de Belle-Île-en-Mer.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Archipel Aucun
Localisation Océan Atlantique
Coordonnées 47° 19′ 55″ N 3° 10′ 01″ O / 47.332075, -3.166809 ()47° 19′ 55″ N 3° 10′ 01″ O / 47.332075, -3.166809 ()  
Superficie 85,63 km2
Côtes 80 km
Point culminant Croix du Run (71 m)
Géologie Île continentale
Administration
Région Région Bretagne
Département Morbihan
Démographie
Population 5 326 hab. (2012)
Densité 62,2 hab./km2
Plus grande ville Le Palais
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+1

Géolocalisation sur la carte : Morbihan

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Îles de France

Belle-Île-en-Mer est une île française de l’océan Atlantique située dans le département du Morbihan en Bretagne sud. Les habitants de l’île se nomment les Bellilois et les Belliloises.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Tombe d'Éva Jouan

C’est dans les écrits du géographe Ptolémée qu’apparaît pour la première fois le nom de Vindilis pour la désigner Belle-Île. « Vindo »[1], en gaulois veut dire blanc, métaphoriquement beau, brillant et « illis » une île. Comme l'île n'apparaît pas comme blanche, mais avec des falaises de schiste noir, le sens de Vindilis est donc déjà « belle île ».

Pline l’Ancien désignait quant à lui l’ensemble des îles de Groix, Belle-Île, Houat et Hoëdic sous le nom d’Insulae Veneticae.

En vieux breton Belle-Île sera nommée Guedel ou Guadel (1029, Charte d’Alain Canhiart Comte de Cornouaille). Les désignations sous les formes grecques de kalos nésos, c’est-à-dire « belle île », ou latines Calonessus apparaissent sur quelques cartes ou descriptions à partir du XVIe siècle[2].

À la fin du Moyen Âge, le nom français de Belle-Isle est désormais utilisé. En breton, il va devenir Enez ar Gerveur (Kêr veur : le grand fort).

Temporairement, sous la Révolution française, l’île fut appelée île de l’Unité, mais ce nom ne fut jamais confirmé par décret[3]. Quinze ans plus tard, sous Napoléon Ier, la municipalité proposa la nouvelle dénomination de Belle-Isle Joséphine, mais divorce de Napoléon oblige, cette appellation ne fut jamais acceptée. L’île gardera alors ses noms français de Belle-Île-en-Mer, l’extension « en Mer » apparaissant sur les cartes du début XVIIIe siècle, et breton d’Enez ar Gerveur.

Au nom de Belle-Île, on ajoute souvent « la bien nommée », formule trouvée par la femme de lettres belliloise Éva Jouan, dans son recueil de poèmes De la grève, paru en 1896.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Vue de la rade du Palais depuis les hauteurs de la Citadelle Vauban
Vue de la rade du Palais depuis les hauteurs de la Citadelle Vauban

C’est la plus grande des îles du Ponant[4], elle est située à 14 km de Quiberon[5] et proche des îles de Houat et Hœdic. La côte nord de Belle-Île est la limite sud-ouest de Mor braz.

Découpage administatif[modifier | modifier le code]

Les quatre communes de Belle-Île, associées dans la communauté de communes de Belle-Île-en-Mer, forment le canton de Belle-Île :

Description[modifier | modifier le code]

Carte thématique de Belle-Île

Relief et géologie[modifier | modifier le code]

Belle-Île est la plus grande des îles bretonnes culminant à 70 mètres. Elle se présente sous la forme d’un plateau de 17 km de long sur 9 km de large, soit 85 km² avec une altitude moyenne de 40 mètres entaillé par de nombreux petits vallons. Les vallons entaillent de hauts rochers, aboutissant à des plages ou des ports. Les roches de l’île sont la partie émergée d’un ensemble volcano-sédimentaire constituant une partie du plateau continental sud-armoricain[6]. La stratigraphie de ces roches couvre une période allant de l'Ordovicien au Silurien[7]. La côte de l’île, constituée d’une roche friable faite de schistes et micaschistes mêlée de quartz, subit une érosion intense de la mer surtout sur la façade Sud-Ouest tournée vers le large (Côte Sauvage). Il en résulte une côte très découpée, constituée en majorité de falaises. Témoin de cette érosion rapide, l’îlot de Lonègues, qui au Moyen Âge prolongeait la pointe des Poulains, a aujourd’hui pratiquement disparu sous les eaux. L’extrémité nord de l’île se prolonge d’îlots raccordés au socle principal par des bancs de sable, où la mer s’insinue à marée haute.

La côte sauvage par beau temps, alternance de plages et de falaises

Sur la côte exposée au Nord Est, face au continent et donc la plus abritée, débouchent deux rias qui ont permis la création des deux ports principaux de l’île : Le Palais et Sauzon. Sur cette même façade on trouve la grande plage de l’île (les Grands Sables).

La côte Sud, bien protégée, est jalonnée des plages aux eaux plus chaudes, favorables à la baignade (Port Goulphar, Port Kérel, Dotchot, Herlin, etc.) ; la côte Nord possède les plus grandes et plus belles plages (Bordadoué, les Grands Sables) ; la côte Ouest a la plage la plus extraordinaire, celle de Port Donnant ; sur la côte Est la seule plage est Port An-Dro. Le contraste est frappant entre le centre exposé au vent, où les champs de céréales alternent avec les ajoncs, et les versants abrités des vallons aux grasses prairies, où se groupent les maisons blanchies à la chaux.

Climat[modifier | modifier le code]

La pointe des Poulains battue par la mer

Le climat de Belle-Île est océanique à la limite du climat supraméditerranéen Csb. En effet, Belle-Île connait une saison sèche (2T > P et P <40 mm) pendant les 2 mois d’été et bénéficie d’un ensoleillement particulièrement important. Mais la différence entre le mois le plus sec (juin) et le plus humide (janvier) n’est pas assez prononcé : le rapport n’est que de 2,52. À partir de 3, si l’on en croit Wladimir Peter Köppen, Belle-Île aurait fait partie du climat supraméditerranéen. Mais le climat de Belle-Île ne peut pas se définir comme « très » ou « hyper » océanique car les précipitations sont moyennes sur l’année et faibles en été. Les gelées sont rares, il pleut beaucoup moins que sur le continent, les hivers sont doux (moyenne des minima 9°), l’ensoleillement généreux (dépassant peut-être 2000 heures par an) ce qui permet, ainsi que sur les rives du Golfe du Morbihan, à des plantes méditerranéennes, comme le palmier, la vigne, le figuier, de prospérer dans les vallons abrités.

Végétation et agriculture[modifier | modifier le code]

La campagne de la côte sauvage vue du Grand Phare

Il ne reste plus trace de la végétation primitive qui a probablement dû être une vaste lande boisée ; le centre de l’île a été complètement défriché et divisé en lots d’environ 20 hectares, attribués chacun à une famille lors de la colonisation de l’île au IXe siècle par les moines de Redon. La partie centrale du territoire est depuis consacrée à l’agriculture. Au XVIIIe siècle, Une forêt de pins et de châtaigniers a été replantée sur des terres de landes incultes par l’agronome Gabriel Bruté de Rémur (1726-1786), qui a par ailleurs introduit des méthodes plus rationnelles de culture et d’élevage. L’agriculture est réellement devenue prospère au XIXe siècle siècle (élevage ovin et bovin, culture de primeurs, mais aussi de blé nécessitant l’activité de cinq moulins à vent), et cela grâce à la forte demande des populations travaillant pour la marine marchande, les conserveries de sardines et les chantiers navals. L'agriculture sur l'île est aujourd’hui en fort déclin, tout en conservant plusieurs exploitations d’élevage bovin et ovin, avec des cultures associées d’orge et de maïs, ainsi que du maraîchage. Les côtes Sud et Sud-Ouest, les plus exposées au vent et aux embruns, sont bordées d’une zone inculte brûlée par les embruns, où les lapins sont nombreux : on y élève par ailleurs des chèvres.

Histoire[modifier | modifier le code]

Sceau de l’abbaye Sainte-Croix de Quimperlé propriétaire de l’île durant cinq siècles.

Préhistoire[modifier | modifier le code]

La trace de la présence de l’homme au Paléolithique moyen a été révélée par la découverte d’un biface mousterien à Kergoyet en 1991[8].

Belle-Île a été définitivement séparée du continent, vers - 7000, lors de la transgression « flandrienne ».

La permanence de son occupation, est attestée dès le Mésolithique par de nombreuses découvertes de mobilier, outils, armes et bijoux conservés au musée archéologique de la Société polymathique du Morbihan, à Vannes et au Musée de Préhistoire de Carnac[9]. Des sites d’habitat du Néolithique ont été mis au jour à Kerdonis, au Skeul, Kerzo et Deuborh.

Dans les tourbières de Ster Vraz (Sauzon), un crâne humain datant du Néolithique fut découvert au début du XIXe siècle par le botaniste Émile Gadeceau : il est conservé au musée Dobrée à Nantes.

Mégalithes, tumuli et tombelles[modifier | modifier le code]

Le menhir Jean

Sur la série de menhirs qui formaient un alignement unique traversant l’île dans sa largeur et dont la présence est attestée en 1701[10], seul trois sont encore visibles (Menhirs de Kervarigeon, Jean, ci-contre, et Jeanne de Kerlédan) : les autres mégalithes ont été détruits, certains découpés en pierre de taille pour le bâtiment. En 1989, MM. O. Kayser et Batt archéologues de la DRAC de Bretagne, ont mis au jour un quatrième menhir, isolé, marquant une tête de vallon au port de Borderun[8].

Des nombreux tumuli que l’on pouvait voir sur l’île jusqu’au milieu du XIXe siècle siècle il ne reste que le tumulus de Borderune encore visible : ceux de Kerdavid, Borvran, Kervarigeon sont très arasés. Celui de Runello, un des plus imposant de la région, a été rasé vers 1830 pour en récupérer les pierres[8].

À l’Âge du bronze, le nombre de sépultures (tumulus de Bordelane, Lanno) traduit une augmentation de la population ; c’est sans doute la conséquence du développement de la navigation propre à cette période : Belle-Île se trouvait en position stratégique sur les routes maritimes. Durant l’Âge du fer, sur la Côte Sauvage, plusieurs éperons barrés, déjà occupés au Néolithique, sont fortifiés. Le plus important (5 hectares), nommé localement « Le camp de César », se trouve sur la presqu’île du Vieux Château au Nord-Ouest de l’île. Plusieurs dépôts de fondeurs ont été mis au jour, dont un des plus importants d’Europe, conservé au musée de préhistoire à Carnac[9].

Un ensemble de tombelles, visible dans les landes de Bordelane, est estimé[8]. de la période de la civilisation des champs d’urnes (Bronze final, début âge du fer soit vers le Xe siècle av. J.-C.).

Antiquité[modifier | modifier le code]

À l’époque celte, elle est la plus grande et la plus au large des 365 îles (dit la légende) de l’archipel du Morbihan (petite mer) où prospère le peuple navigateur des Vénètes. Les traces encore visibles d’éperons barrés (opidium) ayant servi de camps aux armées vénètes démontre l’intérêt stratégique que Belle-Île pouvait alors représenter.

On y a découvert des monnaies (statères Vénètes) et des tuiles datant de l’époque gallo-romaine. À la chute de l’Empire romain commence, comme en Bretagne, la colonisation par les bretons venus d’Outre-Manche.

La colonisation monastique[modifier | modifier le code]

Au centre de l’île, à l’emplacement de l’actuelle commune de Bangor, une communauté monastique probablement créée par des moines provenant de l’abbaye galloise de Bangor (Flintshire, Pays de Galles) y est établie depuis le VIe siècle[réf. nécessaire]. Au IXe siècle, Belle-Île appartient au comte de Cornouaille (en Bretagne). Le comte de Cornouaille, pour relever l’île dévastée par les invasions des Vikings qui en ont chassé la totalité de ses habitants, la confie aux Bénédictins de Redon : ils y établissent un prieuré au même lieu que leur prédécesseurs gallois (Le lieu est occupé aujourd’hui par le camping municipal de Bangor). Les moines mettent en œuvre à Gwedel un programme rationnel de colonisation et de mise en valeur : l’île est divisée en quatre paroisses, et leurs territoires allotis en propriétés d’un peu plus de vingt hectares qui sont attribués à une famille et dont les contours resteront stables jusqu’au XVIIIe siècle, formant plus de 8 villages disséminés.

Port Kerel.

L’île change à nouveau de tutelle en 1029 : le comte de Cornouaille Alain Canhiart confie l’île à l’abbaye Sainte-Croix de Quimperlé, qu’il vient de fonder. Domaine appartenant à un ordre relevant du Pape, Belle Isle se trouvait juridiquement donc dépendre ni l’évêché de Vannes ni du duché de Bretagne mais directement de la Curie romaine par une sorte d’extra territorialité insulaire. La gestion de l’île est déléguée à un prévôt qui dispose du pouvoir spirituel et temporel (droit de basse, moyenne et haute justice qui s’exerce tantôt à Belle-Île tantôt à Quimperlé). En 1408, la justice n’est plus exercée qu’à Quimperlé ; deux officiers sont désignés par l’abbé de Quimperlé : l’ « official » gère le spirituel et le « commandant » a en charge le temporel de l’île ainsi que la défense des côtes.

L’île est constamment la cible, à cette époque, de pirates des régions voisines (Saintonge, Charente) ou de pays plus lointains (Hollande, Angleterre). Les moines qui ont construit une première citadelle à Palais, s’avèrent incapables de repousser ces pillages. Cependant, le principal intérêt de Belle-Île pour les pirates et les flottes ennemies du royaume est d’ordre purement stratégique : Belle-Île est une des rares îles du littoral atlantique français permettant aux navires ennemis de s’avitailler aisément en eau potable. Ceux-ci évitent ainsi un débarquement, toujours risqué, sur le continent. Cet intérêt hautement stratégique n’échappe pas à Vauban qui, au XVIIe siècle, fera construire spécialement une aiguade en bordure de mer, au pied de la citadelle du Palais. Il s’agit d’un poste d’avitaillement en eau potable, équipé d’un réservoir captant des eaux de source, ainsi que d’un quai d’accostage pour les citernes flottantes chargées du transport de l’eau vers les bateaux au mouillage dans la rade. L’eau en y était ensuite pompée pour remplir les pièces à eau, rangées dans les cales des navires[11].

Le Marquisat[modifier | modifier le code]

En 1548, le roi Henri II décide d’entreprendre sa fortification et sa mise en défense. Il faut transporter sur l’île des pierres de granit venant d’Auray et malgré les injonctions royales, les fortifications avancent lentement. Les moines opposent l’insuffisance des richesses de l’île pour financer des travaux aussi importants.

Belle-Île est encore pillée, cette fois par les Espagnols en 1567.

La Belle-Îloise, barque vénète durant la Semaine du Golfe.

En 1573, durant les Guerres de Religion, l’île est occupée par Gabriel de Montgomery, chef militaire protestant. Réfugié en Angleterre, il vient soutenir Coligny. La garnison de Montgomery est chassée par une escadre armée par Albert de Gondi, duc consort de Retz. Belle-Île est alors érigée en marquisat en 1573 et concédée par le roi à ce riche gentilhomme venu d’Italie guerroyer pour le Roi et favorisé par Catherine de Médicis.

Belle-Île est désormais le siège d’une sénéchaussée. Les Gondi commencent la réédification d’une forteresse à Palais et de différents ouvrages de guet sur les côtes. L’île connaît une certaine tranquillité et une certaine prospérité grâce à ce chantier. Mais les finances des Gondi qui ont de lourdes charges, ne suffisent plus.

Son petit neveu et héritier, Paul de Gondi, cardinal de Retz, frondeur persécuté par Louis XIV et Mazarin, vint se réfugier à Belle Isle au cours de l’été 1654 après son évasion de la prison de Nantes. Au cours de la rocambolesque cavalcade qui s’ensuivit, il dut se résoudre, en 1658, à vendre l’île pour un million quatre cent mille livres à Nicolas Fouquet, armateur issu d’une très riche famille alliée des principaux parlementaires bretons et devenu surintendant des finances en 1653. Fouquet acheva les fortifications et construisit une jetée et des entrepôts. Belle Isle devient alors pour quelques années, avec une dizaine de navires, le principal centre d’armement du commerce avec l’Espagne et les Indes. En 1660, Fouquet achète la charge de Vice Roi des Amériques et promet un développement avec le Nouveau Monde par ses participations aux compagnies maritimes, notamment dans le commerce des peaux de Nouvelle-France.

L’île abrite alors deux cents hommes au service de l’entreprise de Fouquet[12] mais celui-ci est arrêté le 15 septembre 1661 par un complot préparé par Colbert avec l’aide de son cousin Colbert du Terron venu enquêter sur place. Le projet d’extension du port est stoppé. L’île fut confisquée, comme toutes les libertés bretonnes le seront, par Louis XIV venu à Nantes et le commerce maritime ruiné, comme à peu près le royaume dans son entier, par les guerres du Grand Roi avec les autres nations. Au terme d’un interminable procès qui fit scandale tant la procédure fut dévoyée, Fouquet est condamné en 1664 au bannissement hors du royaume et à la confiscation de ses biens, peine commuée par le Roi en détention à perpétuité. À la mort du ministre déchu, en 1680, sa veuve et ses enfants désargentés conservent naturellement la seigneurie, mais Louis XIV s’arroge le droit de mettre l’île en défense, laquelle sera assurée directement. Il s’agit d’une expropriation de fait par l’armée.

Toutes les compétences ayant été étouffées par la monarchie absolue, la ferme du tabac étant même confiée à une favorite, le commerce triangulaire avec les plantations de Saint-Domingue fut un échec jusqu’à ce que la Régence restaure un peu de liberté et qu’une reprise commerciale soit tentée en 1720. Si les bourgeois de Saint-Malo, Lorient, Nantes, La Rochelle, Bordeaux et Bayonne profiteront de ce regain, la prospérité, faute de nouvel investisseur sérieux, ne reviendra jamais à Belle Isle, réduite à un rôle militaire, d’autant que c’est la ville nouvelle de Lorient que Colbert choisit pour l’implantation de la Compagnie française des Indes orientales.

La place royale[modifier | modifier le code]

La citadelle du Palais.

Vauban est dépêché à Belle-Île en 1683 pour vérifier l’état des fortifications. Au Palais, il constate que l’emplacement choisi pour la forteresse n’est pas approprié car il est dominé par plusieurs positions alentour. Il porte un regard sévère sur les précédents concepteurs et constructeurs de la citadelle[13]. Le déménagement de la citadelle sur l’autre rive qu’il propose est trop cher, et il doit se contenter de déplacer le village et l’église du Haut-Boulogne qui se trouvent à proximité afin de créer un glacis et de renforcer la citadelle existante. Mais les principales améliorations demandées par Vauban ne seront pas réalisées : construction d’une enceinte entourant la ville de Palais, construction de défenses suffisantes le long de la plage des Grands Sables qui constitue un lieu de débarquement idéal.

En 1686, les troupes de la coalition anglo-hollandaise tentent de débarquer sur la plage des Grands Sables mais sont repoussées. Un stratagème, qui fait croire que l’île est défendue par des troupes nombreuses, dissuade les assaillants de poursuivre leurs tentatives de débarquement.

En 1718, l’île est rachetée au petit-fils de Nicolas Fouquet et est rattachée directement au domaine royal. En 1720, l’île est confiée à la Compagnie des Indes : le Palais et Sauzon deviennent des ports francs. Les malversations qui s’ensuivent conduisent le roi à confier l’île à des fermiers généraux jusqu’en 1759 puis à compter de cette date à la province de Bretagne.

Article détaillé : Prise de Belle-Île-en-Mer.

Durant la guerre de Sept Ans, Belle-Île est un enjeu stratégique important car elle est essentielle à l’avitaillement en eau potable de la flotte française.

Les Britanniques s’emploient donc activement à la contrôler, afin de menacer l’estuaire de la Loire et la ville de Nantes. La bataille navale des Cardinaux (à l’Est de Hoedic) leur assure la suprématie dans les eaux locales. En 1761, les Britanniques débarquent dans l’île sur la plage des Grands Sables. Des redoutes sont rapidement construites sur les hauteurs du Palais mais n’arrivent pas à contenir les attaquants, qui installent leurs batteries de canons sur les hauteurs pour protéger leur approche, selon le scénario qui avait motivé les demandes (refusées) d’extension des fortifications par Vauban. Au bout de trois semaines, l’enceinte principale ayant été battue en brèche par des navires anglais, le gouverneur de la citadelle doit se rendre, mais avec les honneurs de la guerre. Belle-Île est alors sous contrôle britannique pendant environ deux ans. Puis le traité de Paris (1763)[14] en mai 1763, consacre la domination britannique sur les mers : les Britanniques restituent Belle-Île contre l’île de Minorque que les Français leur avaient pris au début du conflit. Le commandant anglais, le major John Crawford, se voit remercier par le roi Louis XV pour la douceur avec laquelle il a gouverné ses sujets et gratifier d’un domaine à son nom sur l’île, érigé pour lui en domaine noble, où il reviendra plusieurs fois séjourner.

Le débarquement anglais de 1761, lors de la guerre de Sept Ans. L’île est occupée jusqu’en 1763.

À partir de 1765, 78 familles (un peu plus de 300 personnes)[14] d’Acadiens réfugiés du « grand dérangement » de 1755 s’installent à Belle-Île[15].

C’est l’occasion d’une grande entreprise de révision foncière appelée afféagement et de la levée d’un cadastre, un des seuls qui soit antérieur au cadastre napoléonien. Pour faciliter le redressement de l’île et encourager les volontaires bellilois, ainsi que les réfugiés, à cultiver la terre, des concessions valant titre de propriété sont attribuées à chaque famille : dix hectares de terres labourables, une maison d’un modèle uniforme, une aire à battre, une grange, des semences, des ustensiles et un pécule. Les terres de Belle-Île qui appartiennent au roi leur sont ainsi données[14]. Le résultat de cette politique est mitigé: la moitié des Acadiens ne s’adapteront pas et repartiront vers différentes régions de France ou vers la Louisiane, rejoindre leurs familles, les Cadiens, qui y avaient été déportées.

Malgré ces départs, la population continue de croître d’un millier d’habitants jusqu’à la Révolution. Une grande parties des anciennes familles belliloises encore présentes sur l’île aujourd’hui, possèdent des acadiens dans leur généalogie.

Durant la Révolution française, l’île est un enjeu important dans la lutte contre les Britanniques mais ne sera jamais attaquée. Ses fortifications sont à l’époque, et ce jusqu’en 1870, régulièrement modernisées.

Le 30 novembre 1870 le ballon monté Jules-Favre No 2 s’envole de la gare du Nord à Paris alors assiégé par les prussiens et termine sa course à Belle-Île-en-Mer après avoir parcouru 548 kilomètres[16].

Le « bagne pour enfants »[modifier | modifier le code]

Colonie pénitentiaire Haute-Boulogne

Dès 1902, le Ministère de la Justice établit sur la Haute-Boulogne, une colonie pénitentiaire pour mineurs « délinquants » avec une école de matelotage : un bateau avec son ancien gréement était placé au milieu de la cour, mais les détenus ne sortaient pas en mer. Rapidement, le domaine de Bruté est acheté et transformé en « centre d’apprentissage agricole » et aussi de mécanique diesel, ce qui permet d’augmenter la capacité d’accueil des enfants et de diversifier leur formation. Une célèbre révolte des enfants en 1934, fait connaître au monde entier les conditions de détention qui furent améliorées, mais la colonie[17] ne fut définitivement fermée qu’en 1977.
Jacques Prévert[18] et Marcel Carné (La Fleur de l’âge) ont rendu un hommage aux jeunes héros de cette période de l’histoire de Belle-Île.

Les bâtiments de la Haute-Boulogne (Le Palais), en partie rénovés, sont occupés à l’heure actuelle (2009) par différentes structures associatives (Maison des associations, théâtre Vindilis, Espace Jeunesse). Un des bâtiments sert de logement aux détenus en « chantiers extérieurs pénitentiaires » [19].

Navigation[modifier | modifier le code]

Abords[modifier | modifier le code]

Les parages de Belle-île en haute mer sont réputés favorables et accueillants comme l'attestent deux versions de la tétralogie d'Ouessant:

Il est dit par les marins, comme le rapporte Chateaubriand : « Celui qui voit Belle-Isle, voit son île ; […] celui qui voit Ouessant, voit son sang[20]. »

Pour les navires de guerre qui partent de Brest, le dicton devient :

« Qui voit Ouessant voit son sang.
Qui voit Sein voit sa fin.
Qui voit Groix voit sa joie.
Qui voit Belle-Île, cingle sans péril[21]. »

Écueils, naufrages[modifier | modifier le code]

De nombreux naufrages ont eu lieu dans les parages de Belle-îles en raison des tempêtes, d'avaries ou d'écueils. Le plus terribles parmi les derniers est celui du pétrolier Erika en 1999 qui a provoqué une marée noire et la pollution de 30 km de côtes[22].

Ports[modifier | modifier le code]

Bele-île a deux principaux ports, celui de Palais et celui de Sauzon, ainsi qu'une une vingtaine de ports naturels permettant de mettre un bateau à l'abris.

Phares, balises, sémaphores[modifier | modifier le code]

Le Grand Phare de Belle-île peut être visité.

Secours en mer[modifier | modifier le code]

La Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) possède un canot nommé Ville de Palais.

Développement économique[modifier | modifier le code]

L’agriculture[modifier | modifier le code]

Maison familiale ou longère, avec son puits.

En 2003, la surface agricole utile (SAU) était de 2 980 ha, soit 35 % de la superficie totale de l’île[23]. Cette surface a fortement diminué ces 50 dernières années avec l’essor du tourisme et l’achat de terres agricoles pour y bâtir des maisons. Le nombre d’exploitations agricoles total sur l’île était de 86. Mais ce nombre correspond au nombre de cotisants à la Mutualité sociale agricole. En fait, on considère qu’il y avait seulement 38 exploitations « viables » avec une SAU moyenne de 78  ha. Sur ces exploitations, il y avait 21 producteurs de lait, 12 producteurs d’ovins et 5 maraîchers. 58 % des exploitants avaient entre 35 et 54 ans, ce sont d’ailleurs les mêmes qui détenaient 65 % de la surface agricole. 26 % des exploitants avaient plus de 55 ans[23]. Une surface importante devrait donc être libérée à l’avenir. À moins que toutes ces terres ne deviennent constructibles ou soient laissées à l’abandon, on peut penser que d’ici une dizaine d’années, Belle-Île ne comprendra plus que quelques exploitations mais de surface très importante. L’entraide entre agriculteurs y est forte, l’absence d’entreprise de travaux agricoles sur l’île les obligeant à travailler ensemble lors des gros chantier (ensilage, moisson…) ou encore à acheter du matériel en commun (CUMA) (ensileuse, moissonneuse-batteuse, arracheuse de betterave…).

  • en 2010,13 producteurs laitiers sont présents sur l’île avec une forte installation de jeunes en reprise ou sous forme de GAEC.
  • une entreprise agricole réalise la moitié de la récolte de maïs, ainsi qu’une autre entreprise pour les moissons.
  • un comice agricole est réalisé tous les deux ans, année impaire, sont exposés des vaches, chevaux, moutons, cochons, divers, buffet sur place. ce comice agricole est organisé par le syndicat d’élevage de Belle-Île.

La pêche[modifier | modifier le code]

Les sardineries[modifier | modifier le code]

Petit chalutier dans le port de Palais.

Comme dans le reste de la Bretagne, la pêche sardinière se développe[24] rapidement dans la seconde moitié du XIXe siècle avec la généralisation du l’utilisation du procédé de conservation inventé par Nicolas Appert. En 1855 on compte dix conserveries de sardines à Belle-Île. Le développement de la flottille de pêche entraîne en 1911 l’ouverture d’un chantier naval qui emploie une centaine de personnes. La population croît fortement jusqu’à atteindre 10 804 habitants en 1872. Vingt ans plus tard, le déclin à la fois démographique et économique qui s’amorce à Belle-Île est dû en partie à l’épuisement et la baisse de qualité des ressources halieutiques en sardines, ainsi qu’à la modification des circuits de conditionnement et de commercialisation des conserves de sardines.

La petite pêche[modifier | modifier le code]

Le tourisme[modifier | modifier le code]

Écoles de voile sur la plage des Grands sables.
Une longère rénovée et transformée en résidence secondaire.

À la fin du XIXe siècle apparaissent les premiers touristes attirés par le charme de l’île : Claude Monet, Sarah Bernhardt, Albert Roussel. Aujourd’hui le tourisme est une des principales sources de revenus de l’île[25].

Vers 1890, la compagnie de navigation à vapeur « la Belle Iloise » établit une relation régulière avec Auray. Aujourd’hui c’est la Compagnie Océane qui effectue la desserte de l’île depuis Quiberon en 45 minutes à raison de cinq allers-retours hors saison, portés à une dizaine durant la période estivale.

La citadelle du Palais, qui depuis la fin du XIXe siècle n’était plus un lieu stratégique, ainsi que les fortins dispersés sur la côte sont vendus à des particuliers. Depuis 1960, la citadelle qui tombait en ruines a été restaurée par ses propriétaires, M. et Mme Larquetoux. Elle a été achetée en 2005 par Les Hôtels Particuliers du groupe de Philippe Savry.

Les commerces tournés vers la clientèle touristique prennent le relais de l’agriculture et de la pêche qui occupent de moins en moins de bras.

Belle-Île est aujourd’hui une destination de vacances très courue. De nombreux continentaux y ont acquis des résidences secondaires. Ses nombreuses plages, ses sentiers côtiers, sa jolie campagne, son golf[26], ses clubs hippiques, son aéroclub, ses écoles de voile, de plongée, de surf, et ses ports attirent à la belle saison de nombreux vacanciers et résidents secondaires qui font passer la population résidente de l’île de 5 120 personnes à environ 25 000 en été (avec un pic variant de 30 000 à 35 000 personnes entre le 14 juillet et le 15 août)[27].

Cependant, les équipements de l’île ont parfois du mal à répondre à la demande lors des périodes estivales de forte fréquentation. Ainsi, en 2005, les besoins annuels de l’île en eau potable sont d’environ 550 000 m3, dont la partie importée coûte 23 €/m3. En 2006, un système de production d'eau potable par dessalement est mis en place sur le conseil de la SAUR[28], il est abandonné en 2012 à cause de son coût de revient excessif. Les municipalités s'orientent vers une amélioration des installation de recueil et de retenue de l'eau douce qui est abondante sur l'île.

Démographie[modifier | modifier le code]

Le maximum de la population a été atteint en 1872 avec 10 804 habitants. Les détails (données et leurs références) sont donnés dans les sections « Démographie » de chacune des quatre communes constituant le canton de Belle-Île.

1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
5 979 5 912 6 712 7 264 8 233 8 553 9 391 9 306 9 994
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
9 871 10 076 10 238 10 804 10 142 9 900 10 219 10 177 9 836
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
9 771 9 703 9 344 6 827 6 673 6 063 5 646 4 670 4 906
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2009 -
4 647 4 412 4 328 4 191 4 489 4 735 5 045 5 126 -
(Sources : base Cassini de l'EHESS pour les nombres retenus jusqu'en 1962, base Insee à partir de 1968 (population sans doubles comptes puis population municipale à partir de 2006).)


Langues[modifier | modifier le code]

La langue bretonne, sous sa forme vernaculaire de type vannetais, s’est éteinte à Belle-Île au cours du 20e siècle. Patrick Le Besco a enquêté dans l’île en 1986-1987, il a rencontré les derniers locuteurs nés à Belle-Île-en-Mer et a publié en 1992-1996 l’intégralité de sa collecte dans Zeitschrift für die celtische Philologie « Le breton de Belle-Île-en-mer » (no 45, 1992, p. 239; no 48, 1995, p. 89-258), ce travail a été réédité en 1998 et en 2005 sous le titre « Le breton de Belle-Île-en-Mer, corpus (phonologie, lexique, textes) ».

Santé[modifier | modifier le code]

Éducation[modifier | modifier le code]

L'île comporte 5 écoles et 2 collèges[32].

Une école maternelle publique sur la commune de Le Palais, une école primaire publique à Bangor (École communale de Bangor), deux écoles primaires privées à Sauzon (École Sainte Marie) et Palais (École Sainte Anne), un collège publique (Collège Michel Lotte) ainsi qu'un privé (Collège Sainte Croix) tous deux à Palais.

La suite des études se poursuit sur le continent, généralement à Vannes ou Lorient

Transports[modifier | modifier le code]

Transports maritimes[modifier | modifier le code]

  • Une desserte régulière au départ de Quiberon dont la délégation de service public a été attribué en 2008 à la Compagnie Océane - Cette compagnie exploite plusieurs navires appartenant au Conseil général du Morbihan. C’est la seule ligne maritime transportant les véhicules. Précédemment, la ligne était exploitée par la Société morbihannaise de navigation.
  • La Compagnie des îles assure en saison (avril à septembre) des aller-retours quotidiens depuis Vannes, Quiberon,Port-Navalo, Le Croisic, La Turballe
  • En saison la Société morbihannaise de navigation propose des traversées au départ de Quiberon.
  • Un service de transport des marchandises est assuré depuis Vannes par les caboteurs de la société TMC (Transports Maritimes et Côtiers).
  • La Compagnie Océane assure le transport du fret et de la petite messagerie depuis Quiberon
  • Le transport des carburants est assuré par l’Anatif, connu pour être le plus petit pétrolier du monde, exploité Marine-Énergie, filiale la CLT (Compagnie Ligérienne de Transports).
  • La Compagnie du Golfe propose des traversés vers Belle-Île au départ de Vannes et Port-Navalo avec arrivée au Palais

Transport aériens[modifier | modifier le code]

  • Aérodrome ouvert à la CAP(LFEA)
  • Aéroclub Charles Robin [33]: 1 Diamond DA-20 et 1 Robin DR-400
  • Possibilité d’avion taxi avec ATS [34] ou avec des pilotes privés possédant les licences nécessaires.

Transports terrestres[modifier | modifier le code]

  • Deux compagnies d’autocars proposant des circuits touristiques et du transports à la demande:
  • Taol Mor, service de lignes régulières de bus d’avril à septembre[37]
  • Taxis
  • Sur l’île plusieurs entreprises proposent la locations de véhicules automobiles, motos, scooters et bicyclettes.

Lieux remarquables de Belle-Île[modifier | modifier le code]

  • La citadelle Vauban à Palais, membre du Réseau des sites majeurs de Vauban.
  • L’enceinte urbaine fortifiée de Palais, la seule du XIXe siècle qui a subsisté dans son état d’origine.
  • Les Aiguilles de Port-Coton, immortalisées par le peintre Claude Monet, qui ressemblent au Sphinx, au buste de Louis XIV, au Mont Saint-Michel, etc.
  • La grotte de l’Apothicairerie. Large grotte marine, traversant de part en part une pointe rocheuse, surnommée ainsi à cause des nombreux nids d’oiseaux, alignés le long de ses parois, faisant penser à des pots de produits pharmaceutiques, comme ceux qui ornaient les échoppes des « apothicaires » autrefois. Ces nids ont disparu aujourd’hui, les oiseaux nichant là ont été décimés par une chasse « touristique » dont ils faisaient l’objet à la fin du XVIIIe siècle : on y amenait les touristes en barque depuis Sauzon, arrivés dans la grotte ceux-ci s’amusaient à y tirer des coups de fusils et à voir voler, affolés, les oiseaux qui y trouvaient refuge.
  • Le port de Sauzon avec les façades de ses maisons modestes aux façades et aux volets colorées
  • Le phare de Goulphar
  • La Pointe des Poulains, promontoire de l’île face aux vents dominants[38]
  • Les sentiers côtiers qui font le tour de l’île et permettent de longer les falaises de la côte sauvage (compter une bonne semaine de marche)
  • Les nombreuses plages, particulièrement celle des "Grands sables"
  • Le golfe, aménagé au milieu des landes, tire parti d’une côte découpée dont les caps offrent une vue surplombante sur l’Océan. Juste à côté,
  • Le fort de Sarah Bernhardt à la pointe des Poulains, il a été racheté et rénové par le Conservatoire du littoral[39].
  • La grande plage de sable fin de Donnant et ses rouleaux est une plage appréciée des surfeurs.

Personnalités venues à Belle-Île[modifier | modifier le code]

Une maison de villégiature construite à Palais au XIXe siècle : villa Beauséjour.

Contrairement à Nicolas Fouquet, qui n’est jamais venu à Belle-Île, un grand nombre de personnalités sont venues visiter ou vivre sur l’île : la famille de Gondi, dont le célèbre cardinal de Retz qui fuyait la vindicte de Mazarin, le poète Marc-Antoine de Saint-Amant qui y compose ses Solitudes en 1617, et même le Major Crawford, gouverneur anglais qui occupait l’île, et qui, une fois signé le traité qui obligeait les Anglais à en partir, obtint de Louis XV qu’on lui donnât la maison qu’il habitait pour pouvoir continuer à passer les vacances, ce qu’il fit les années suivantes.

En mai 1847, au cours de leur voyage en Bretagne, Maxime Du Camp et Gustave Flaubert, après être passés par Carnac et Quiberon, vinrent visiter Belle-Île dont ils arpentèrent les rivages, les champs et les landes. Le récit de ce séjour est inclus dans l’ouvrage intitulé Par les champs et par les grèves de Gustave Flaubert[40].

Le fortin de Sarah Bernhardt
Chambre de Sarah Bernhardt, dans son fort

Artistes, écrivains, comédiens[modifier | modifier le code]

Depuis la fin du XIXe siècle, nombreux sont les artistes qui, attirés par la beauté du site, viennent chercher à Belle-Île-en-Mer l’inspiration ou le repos.

Musiciens[modifier | modifier le code]

  • Arthur Honegger à partir de 1918 avec Edgar Varèse.
  • Florent Schmitt y est venu.
  • Albert Roussel y a uni la composition musicale à son amour pour la mer et y composa sa célèbre Sonatine en 1912.
  • Philippe Boesmans y a initié la composition de son opéra Reigen en 1990 et y a composé une scène de son opéra Au monde en 2013[41].
  • Richard Cowan y crée en 1998 le Festival Lyrique-en-Mer, suivi par le Festival Lyrique International de Belle-Isle-en-Mer en 2014.

Universitaires[modifier | modifier le code]

  • Jean-Pierre Vernant y avait une maison où il a passé tous ses étés jusqu’à la fin de sa longue vie. Hubert Damisch y a aussi une maison où il trouve l’inspiration entre deux voyages.

Politiques[modifier | modifier le code]

  • François Mitterrand est venu plusieurs fois à Belle-ïle, d'abord en 1978, puis à nouveau en 1991, 1992, 1993 et 1994[42]. Il aimait passer quelques jours à Bangor. « Tout ici m’a séduit : l’air, les couleurs, le ciel, il y a ici quelque chose d’inimitable, une sorte d’équilibre de forces… J’ai parcouru le monde mais ici, que c’est beau, que c’est beau !!! ». Il appréciait aussi la discrétion des habitants de l’île qui ont toujours respecté et protégé leurs visiteurs illustres.
  • Georges Kiejman y a fait construire une maison.
  • Jean-Pierre Chevènement vient régulièrement passer ses vacances à Belle-Île.
  • Josselin de Rohan
  • Jean-Paul Proust
  • Bernard Kouchner
  • Louis Gallois

Prisonniers ou résidents politiques[modifier | modifier le code]

Belle-Île dans l’art et la culture[modifier | modifier le code]

Concert pour le départ du Trophée BPE des chorales de Belle-Île et Marie-Galante
  • Jean Epstein y a tourné son court métrage Le Tempestaire (sorti en 1948)
  • Elle a été chantée par Laurent Voulzy dans la chanson Belle-Île-en-Mer, Marie-Galante. Cette chanson a inspiré le trophée BPE en 2007 ainsi que le jumelage de l’île avec Marie-Galante.
  • Le livre Les Cavaliers de Belle-Île d’Hubert Monteilhet se passe en partie à Belle-Île, au XVIIe siècle.
  • Elle a été le lieu de tournage de Dolmen, la saga de l’été 2005 de TF1, avec Ingrid Chauvin et Bruno Madinier en acteurs principaux. Elle a aussi été le lieu de tournage de Traitement de choc d'Alain Jessua avec Annie Girardot et Alain Delon.
  • Elle est le lieu récurrent de l’intrigue de la série BD Élysée République de Rémy Le Gall et Frisco, publiée chez Casterman, dont le héros, Constant Kérel, est natif de l’île.
  • Elle accueille tous les étés un festival de musique de chambre « Plage musicale à Bangor », un festival de musiques actuelles « Belle Île On Air » [44] ainsi que le festival de jazz, « Notes à Belle-Isle » (depuis 1999)[45] et le festival d’art lyrique « Lyrique-en-mer, Festival de Belle-Île »[46] jusqu'en 2013.
  • Le nouveau Festival Lyrique International de Belle-Isle en Mer[47] voit le jour en décembre 2013, et propose une nouvelle saison. En 2014, les opéras Pagliacci (Leoncavallo) et Gianni Schicchi (Puccini) sont joués à la salle Arletty, au Palais. Le chœur de Belle-Ile propose avec les artistes du festival La Création (Haydn) dans les quatre églises de l'île, ainsi qu'à la cathédrale de Vannes.
  • Dans le roman Le Vicomte de Bragelonne, Alexandre Dumas fait mourir Porthos, l’un de ses Trois Mousquetaires, dans la grotte de Locmaria.
  • Dans le roman Pépé la Boulange d’Yvon Mauffret, toute l’histoire tourne autour de Belle Île et du personnage principal qui revient sur l’île après 60 ans d’absence. (livre pour ado)

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Gwenn » en breton).
  2. Société Historique de Belle-Île
  3. Belle-Isle Histoire no 1
  4. Îles de Bretagne, Basse Normandie, Vendée et Charente Maritime - Les îles du Ponant
  5. Belle-Île-en-Mer par Marcelle M. Bresson, Annales de Géographie Numéro 184 (1924)
  6. [PDF]Document d'objectifs - Site Natura 2000 FR 53 0032 - Belle-Île-en-Mer par la communauté de communes de Belle-Île-en-Mer (2006) p. 23
  7. Le complexe volcano-sédimentaire de Belle-Ile-en-Mer par Dominique Rossier (octobre 2010)
  8. a, b, c et d Austin-Le Maux, Samuel., « La préhistoire à Belle-Île », [Histoire], no 8 & 9,‎ 1993 (ISSN 1157-7053)
  9. a et b Le Musée de Préhistoire à Carnac
  10. Mémoires pour l’histoire des sciences et des beaux-arts, vol. 2 p. 288, chez Jean Louis De Lorme, (Amsterdam) 1701 [lire en ligne]
  11. Félix Vicq-d’Azur, Jean Le Rond d’Alembert, Encyclopédie Méthodique de la Marine, 1783.
  12. Jean-Christian Petitfils, Louis XIV, p. 206, 2002 (ISBN 2262018669)
  13. Bernard Pujo - Vauban - page 116
  14. a, b et c "Histoire de Belle-île", sur le site internet de la Société historique de Belle-île en Mer
  15. Jean-Marie Fonteneau, Les Acadiens citoyens de l’Atlantique. Rennes: Éditions Ouest France, 2001 ; Jean-Francois Mouhot, Les Réfugiés acadiens en France (1758-1785): l’impossible réintégration ?, Québec, Septentrion, 2009, 456p ; Guillemet, Dominique. « Les Acadiens de Belle-Île en Mer : légende noire et histoire en (re)-construction. » Acadiens, mythes et réalité. Études Canadiennes 37 (1994): p. 127-44
  16. Ballon no 37 : « Le Jules-Favre No 2 »
  17. 1920-1937 : la dérive des bagnes pour enfants, sur le site du Ministère de la Justice ; Alexis Violet, « La colonie pénitentiaire pour enfants » in La Fabrique de la haine, 2002 ; Jean-Hugues Lime, La Chasse aux enfants (roman), Paris, 2004 ; Anne Boissel, « Les enfants de Caïn, Louis Roubaud » in Revue CAIRN, no 63, 2006.
  18. La Chasse aux enfants, qui commence par le célèbre « Bandit ! Voyou ! Voleur ! Chenapan ! » et que Joseph Kosma a mis en musique.
  19. Chantiers extérieurs pénitentiaires
  20. Mémoires d’Outre-tombe, feuille 1, Livre 8, Chapitre 7, dérivé du proverbe : « Qui voit Groix voit sa croix, qui voit Ouessant voit son sang, qui voit Sein voit sa fin. »
  21. Amiral Arnaud d'Antin de Vaillac, Sous la flamme de guerre, Paris, Presse de la Cité, 1968, p. 118.
  22. Marée noire de Noël 1999 - INA
  23. a et b AGRESTE (Organisme de statistiques agricoles)
  24. http://www.cairn.info/revue-histoire-economie-et-societe-2007-1-page-107.htm Les conserves de sardines à l’huile, ou le luxe français sur les grandes tables du monde
  25. Belle-Île-en-mer : Temporalités d’un lieu touristique Association pour le développement de la recherche et des études sur les tourismes (ADRETS)
  26. (fr) Parcours de golf de Belle-Île-en-Mer sur hebergementetgolf.com
  27. http://www.belle-ile.com Office de Tourisme de Belle-Île-en-Mer
  28. [PDF]Gestion de la pénurie d’eau à Belle Ile en Mer par la SAUR
  29. Hôpital Yves Lanco
  30. Belle-Ile-en-Mer : le Contrat Local de Santé est signé
  31. [PDF]CONTRAT LOCAL DE SANTE DE BELLE ÎLE EN MER 2013-2015
  32. Office de Tourisme de Belle Ile en Mer
  33. LFEA
  34. ATS
  35. Les Cars Bleus
  36. Les Cars Verts
  37. Taol Mor
  38. La pointe des Poulains : DAMATO F., 2008, « La pointe des Poulains à Belle-Île-en-Mer : patrimonialisation d’un site touristique insulaire », Mappemonde, no 92.
  39. Frédéric Damato, « Théâtraliser l’espace », EspacesTemps.net
  40. Par les champs et par les grèves (voyage en Bretagne), accompagné de mélanges et fragments inédits par Gustave Flaubert (1886) disponible sur Gallica
  41. Cécile Auzolle, Vers l'étrangeté ou l'opéra selon Philippe Boesmans, Arles, Actes sud, 2014
  42. Louis Garans, Belle-Île-en-Mer, une histoire, Édition palantine.
  43. Julien, Louis MAIGNE, Base de données historique des anciens députés - Assemblée nationale
  44. Belle Île On Air
  45. Notes à Belle-Isle
  46. Lyrique-en-mer
  47. « Festival lyrique international », sur http://festival-belle-ile.com/

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Andrée Gallen, Statut juridique de Belle-Isle-en-Mer à la fin de l’Ancien Régime, thèse pour le doctorat en droit, Paris, 1954, (Archives d’I&V - Mémoire 2 J 649).
  • Brigitte Dumortier, Le poids de l’insularité dans trois îles de Bretagne méridionale : Belle-Île, Houat et Hoedic, Presses de l’École normale supérieure, Paris 1976
  • Atlas des îles de l’Atlantique (France) ; Collection « Références » du Commissariat général au développement durable, juin 2009, 51 pages.
  • Léon Trébuchet, Belle-Isle-en-Mer, étape d’un touriste en France… il y a cent ans, rééd., éd. PyréMonde, Monein, 2007.
  • Th. Chasle de La Touche, « Petite histoire de Belle-Île-en Mer », rééd., éd. PyréMonde, Monein, 2006.
  • Histoire de Belle-Île-en-Mer par Chasle de La Touche, Nantes, 1852 ouvrage disponible sur le site d’Internet Archive.
  • Claire Nédelec, Histoire des Bellilois acadiens, La Découvrance, 2010 aperçu disponible sur Google Livres

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]