Beffroi d'Arras

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Beffroi d’Arras
Arras Hôtel de ville et Beffroi.jpg

Le beffroi et l’hôtel de ville d'Arras.

Présentation
Type
Beffroi
Style
Construction
Hauteur
75 m
Destination initiale
Beffroi
Destination actuelle
Beffroi
Propriétaire
Ville d'Arras
Statut patrimonial
Géographie
Pays
Région
Département
Commune
Localisation
Coordonnées
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Le beffroi d'Arras est un ouvrage de charpente de la commune d'Arras, dans le département français du Pas-de-Calais. Tout comme l'hôtel de ville auquel il est accolé, il s'agit d'un monument historique.

Le beffroi a été commencé durant le XVe siècle et est terminé en 1554 sur les plans de Jacques le Caron. Construit dans le style gothique flamboyant, le beffroi a été détruit puis reconstruit à deux reprises de manière identique. La première fois en 1833, car il menaçait de s'écrouler et la seconde fois, en 1914, à la suite des bombardements allemands durant la Première Guerre mondiale.

Tandis qu'au Moyen Âge, le beffroi avait des fonctions militaires ; la cloche sonnait l'ouverture et la fermeture des portes de la ville et le bâtiment servait de prison. De nos jours, il fait partie du patrimoine d'Arras. Le beffroi est classé depuis 1840 parmi les monuments historiques et, depuis 2005, fait partie du patrimoine mondiale de l'Unesco en étant compris dans les beffrois de Belgique et de France.

Localisation[modifier | modifier le code]

Le beffroi d'Arras se situe dans la rue Jacques-Le-Caron, à Arras. Sur le plan cadastral, il se situe à la section AB sur la parcelle 179.

Il est accolé à la façade postérieure de l'hôtel de ville[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Un document de 1463 relate que le beffroi a été construit à l'emplacement de la halle aux cuirs ; proche de l'emplacement des étaux de la corporation des bouchers[2]. Cette année-là, la construction du beffroi avait déjà commencé[3]. Il incarne le rayonnement et la puissance de la cité[4]. Le bâtiment est ainsi construit sur une large base carrée dans le style gothique[5],[4], au-dessus de laquelle s'organisent plusieurs niveaux octogonaux disposés en quinconces, afin de donner de l'élan à l'édifice.[réf. souhaitée] La construction se fait au jour le jour ; la ville n'a pas de crédit et ne compte pas les dépenses. Elle bâtit le beffroi avec les ouvriers qu'elle peut se payer, soit avec les revenus de la ville, soit grâce à la vente de matériel leur appartenant[4]. En 1499, la bancloque est placée en haut de l'édifice, pour la venue de Philippe Ier le Beau (également appelé Philippe d'Autriche) afin de sonner l'allégresse[6]. En 1501, les bourgeois d'échevinage s'assemblent pour financer la construction du beffroi. En même temps, du fait que l'ancien hôtel de ville est ancien et tombe ; il est décidé d'en construire un nouveau en même temps, accolé au beffroi[6]. Pour payer les ouvriers, ils vendent leurs maisons[6], puis les revenus des droits de seigneurie, de bourgeoisie et de sceaux[7]. En 1513, l'agrandissement de l'hôtel de ville déplace l'entrée du beffroi. Celle-ci se retrouve au premier étage[8]. La cloche sonnait pour permettre l'ouverture et la fermeture des portes de la ville[9].

Tandis que la construction est à la troisième galerie Jacques Le Caron, un maître maçon venant de Marchiennes propose d'achever l'édifice avec un octogone de douze pieds de haut et sur le faîtage, une couronne surmontée d'un lion aux armes de la ville[9]. Le mayeur fait examiner ses devis par douze autres maîtres maçons et ces derniers déclarent dans leur rapport du 5 juin 1551, « qu'il leur semble en leur conscience que icelle ouvraige sera bonne et souffisante pour continuer ledit ouvraige et achever ledit Beffroy[9] ». Le beffroi est terminé en 1554[2],[9]. Il incarne l'aboutissement du style flamboyant dans les beffrois, au même titre que le beffroi d'Audenarde et de Bruxelles.[réf. nécessaire]

En 1791, en pleine Révolution française, la couronne au sommet est recouverte d'une feuille de plomb afin d'éviter que les révolutionnaires ne l'enlève[10]. En 1833, le beffroi est démoli jusqu'au dessus des abat-sons de la partie inférieure[2]. En effet, le bâtiment était abandonné et privé de réparations. Les boulets de canon durant le siège d'Arras de 1640 avaient dégradés ses pierres[10]. La reconstruction commence le 1er mai 1839. La première pierre est bénie par Monseigneur de La Tour d'Auvergne et posée par Maurice Colin, le maire d'Arras. Ce dernier pose également la dernière pierre le 18 juin de l'année suivante[2]. Une inscription dans la salle des guetteurs rappelle cette pose : « Dernière pierre du Beffroy, posée par M. Maurice Colin, maire d'Arras, le 18 juin 1840[2]. » En 1868, le beffroi obtient une horloge, achetée par la ville d'Arras[11]. D'autres réparations de la partie supérieure ont lieu en 1872 et 1873[12]. À cette époque, le beffroi d'Arras fait 75,36 m entre les pavés et le haut de la girouette ; il est décrit comme la plus haute tour du nord de la France[5]. Jusqu'en 1909, quelques travaux de restauration ont été mis en place[11].

Durant la Première Guerre mondiale, le beffroi est détruit le 21 octobre 1914 par l'artillerie allemande[13], après 69 tirs d’obus[11]. Lors de la reconstruction, le beffroi est érigé à nouveau par les Arrageois « à l'identique », avec une structure en béton armé, pour des raisons de coût, conçue par l'architecte en chef des monuments historiques Pierre Paquet[11] en même temps que l'hôtel de ville d'Arras, qui lui est reconstruit dans le style architectural du XIVe ‑ XVe siècle pour la façade sur la place des Héros, dans le style classique issus des travaux précédant la visite de Louis XIV pour la façade place de la Vacquerie, éliminant ainsi les transformations apportées au XIXe siècle à l'édifice[réf. souhaitée].

Le lion d'or qui le domine, installé sous Louis XIV (d'où le soleil dans la main du lion), haut de deux mètres, est la réplique de l'original (exposé au Musée des beaux-arts d'Arras) qui a subi les bombardements durant la Première Guerre mondiale.[réf. souhaitée]

En 1930, un nouveau carillon est mis en place[11]. Au début des années 1930, le peintre Charles Constantin Joseph Hoffbauer installe sur les murs de la grande salle d'honneur (1er étage) une grande fresque (peinte sur toile marouflée de 50 m de long, achevée en 1932, présentant des scènes de la vie des Arrageois au XVIe siècle dans un style inspiré de tableaux anciens dont ceux de Brueghel).[réf. souhaitée]

Dès mars 1999, un programme de restauration des parements en pierre et de la structure en béton armé est mis en place[11] ; puis en 2005, le beffroi subit un ravalement[14].

Architecture[modifier | modifier le code]

Photo d'une cheminée blanche.
Cheminée de pierre blanche de la grande salle d'Honneur de l'Hôtel de ville, accolée au Beffroi, reconstruite après la Première Guerre mondiale.

Du haut de ses 75 mètres[11], il domine le paysage arrageois, visible à plusieurs kilomètres à la ronde : il est aujourd'hui encore le plus haut édifice de la ville.

Intérieur[modifier | modifier le code]

Extérieur[modifier | modifier le code]

Le beffroi est de style gothique flamboyant[11].

Cloches[modifier | modifier le code]

Le beffroi comporte quatre cloches principales en 1877[5].

Au total, lors de la présentation du beffroi pour le patrimoine mondial, celui-ci compte 40 cloches et un carillon électrique[15].

Patrimoine et culture[modifier | modifier le code]

Ce bâtiment est classé monument historique en 1840[16] sur la première liste créée par Prosper Mérimée.

Depuis 2005, le beffroi d'Arras est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO dans la catégorie beffrois de Belgique et de France[17] avec 22 autres beffrois de Belgique et de France..

Le beffroi est ouvert au public toute l'année aux horaires de l'office de tourisme[18]. On peut accéder au niveau se situant sous l'horloge, en empruntant un ascenseur, puis une quarantaine de marches.[réf. souhaitée] Le beffroi a été visité par 8 294 personnes en 2001, 25 747 en 2002 et 29 592 en 2003[19].

Durant la première semaine de septembre se tient tous les ans au beffroi un spectacle pyrotechnique[20], l'embrasement du beffroi, durant lequel une voix-off raconte l'histoire de la ville d'Arras, avec à chaque spectacle une scénographie et une thématique différentes selon l'actualité de la ville. Saint Nicolas descend en rappel durant les fêtes de fin d'année[20]. Il y a un concert de carillon, le premier samedi de chaque mois[21].

Tradition maintenue depuis le XIVe siècle, le marché au textile se tient sur la Grand Place. Là-bas se vendaient à l'époque les célèbres Arrazzi, les tapisseries d'Arras. Sur la place des Héros et la place de la Vacquerie, de part et d'autre du beffroi, se tient également le marché aux légumes et le marché aux viandes le samedi et le mercredi.

Le beffroi et son classement sont évoqués (ironiquement) dans le film Pas son genre. Une scène s'y déroule a l’intérieur dans le film La Liste de mes envies.

Au Moyen Âge, les cellules d'emprisonnement sont situées dans l'ancienne demeure du châtelain[22].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Camille Enlart, Arras avant la guerre, Paris, H. Laurens, coll. « Images historiques »,‎ , 16 p. (lire en ligne), p. 13.
  2. a, b, c, d et e Le Gentil 1877, p. 419.
  3. Colin et Godin 1855, p. 1.
  4. a, b et c Colin et Godin 1855, p. 2.
  5. a, b et c Le Gentil 1877, p. 420.
  6. a, b et c Colin et Godin 1855, p. 3.
  7. Colin et Godin 1855, p. 4.
  8. Colin et Godin 1855, p. 6.
  9. a, b, c et d Colin et Godin 1855, p. 7.
  10. a et b Colin et Godin 1855, p. 8.
  11. a, b, c, d, e, f, g et h Cotte et al. 2005, p. 41.
  12. Le Gentil 1877, p. 419-420.
  13. Académie des sciences, lettres et arts, Mémoires de l'Académie des sciences, lettres et arts d'Arras, t. XI, Imprimerie F. Guyot,‎ , 291 p. (lire en ligne), p. 127-128.
  14. Izabel Tognarelli, Marion Gregoire, Delphine Cohen, Jean-Paul Labourdette et Dominique Auzias, France, Les Nouvelles Édition de l'université, coll. « Petit Futé »,‎ , 520 p. (lire en ligne), « Le Pas-de-Calais », p. 325.
  15. Cotte et al. 2005, p. 66.
  16. « Beffroi d'Arras », base Mérimée, ministère français de la Culture.
  17. http://whc.unesco.org/fr/list/943/multiple=1&unique_number=1100
  18. Cotte et al. 2005, p. 63.
  19. Cotte et al. 2005, p. 84.
  20. a et b Cotte et al. 2005, p. 64.
  21. Cotte et al. 2005, p. 65.
  22. Cotte et al. 2005, p. 53.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • [Colin et Godin 1855] Maurice Colin et Alexandre Godin, Notice historique sur le beffroi et l'hôtel-de-ville d'Arras, Arras, Typographie d'Auguste Tierny,‎ , 15 p. (lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [Le Gentil 1877] Constant Le Gentil, Le vieil Arras, ses faubourgs, sa banlieue, ses environs : souvenirs archéologiques et historiques, Arras, Eugène Bradier,‎ , 751 p. (lire en ligne), « Beffroi et hôtel-de-ville actuel », p. 419-430. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • [Cotte et al. 2005] Michel Cotte, Marie-Madeleine Damien, François Decruyenaere, Ingrid Delany, Jean-Luc Grimonprez, Marie-Lavande Laidebeur, Cédric Ludwikowski, François-Xavier Muylaert, Alain Nolibos et Dorothée Rauwel, Les Beffrois de Flandre, d'Artois, du Hainaut et de Picardie (extension du classement des Beffrois belges) : Proposition d'inscription à la liste du Patrimoine mondial, Arras, Places et patrimoine,‎ , 104 p. (lire en ligne), « Le beffroi de l’Hôtel de ville d’Arras », p. 41. Document utilisé pour la rédaction de l’article