Beaufort-en-Santerre

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Beaufort-en-Santerre
Notre-Dame.
Notre-Dame.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Picardie
Département Somme
Arrondissement Montdidier
Canton Rosières-en-Santerre
Intercommunalité Communauté de communes du Santerre
Maire
Mandat
Claude Morel
2014-2020
Code postal 80170
Code commune 80067
Démographie
Population
municipale
190 hab. (2011)
Densité 41 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 46′ 34″ N 2° 40′ 09″ E / 49.7761111111, 2.6691666666749° 46′ 34″ Nord 2° 40′ 09″ Est / 49.7761111111, 2.66916666667  
Altitude Min. 84 m – Max. 98 m
Superficie 4,59 km2
Localisation

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Beaufort-en-Santerre

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Beaufort-en-Santerre

Beaufort-en-Santerre est une commune française, située sur le plateau du Santerre, dans le canton de Rosières-en-Santerre, dans le département de la Somme en région Picardie. Beaufort-en-Santerre existe depuis au moins l'époque romaine car on y a retrouvé trace de villa romaine. Traversée par la Route du camp du Drap d'Or, la commune en était un point de passage de Paris à Corbie. Sa riche histoire eu égard à la taille de la commune, a fait de Beaufort-en-Santerre un des lieux remarquables du Santerre.

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Beaufort-en-Santerre
Caix et
Vrély
Le Quesnel Beaufort-en-Santerre Warvillers
Folies

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat de Beaufort-en-Santerre est océanique avec des influences continentales plus ou moins marquées. La température moyenne est de 10,5 °C mais les écarts de température entre été et hiver peuvent être importants (23 °C de température moyenne maximale contre 0,1 °C de température moyenne minimale). La pluviométrie varie entre 550 et 600 mm par an en moyenne sur les dernières années. L’ensoleillement est inférieur à celui du littoral.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Il n’y a pas de cours d’eau traversant Beaufort-en-Santerre. Cependant il existe deux bassins de rétention des eaux de pluie, creusés après l'inondation des 7 et 8 juin 2001, et la mare située Grande rue. Beaufort en Santerre est situé sur le plateau du Santerre entre val de Somme au nord et val d'Oise au sud.

Relief et paysage[modifier | modifier le code]

L'altitude de Beaufort-en-Santerre est de 96 mètres au-dessus du niveau de la mer. Beaufort-en-Santerre apparaît au loin comme un village isolé, entouré d'une forêt, au milieu du plateau du Santerre, légèrement incliné du sud vers le nord sur une déclinaison de 12 mètres entre le point le plus haut et le point le plus bas.

Géologie[modifier | modifier le code]

Village essentiellement agricole depuis au moins l’époque de la Rome antique, Beaufort-en-Santerre implanté au cœur même du Santerre, n’a connu aucune exploitation minière ou souterraine et sa géologie des sols et sous-sols est celle du Santerre, région d'ailleurs réputée pour ses limons fertiles. À Beaufort-en-Santerre, l’épaisseur de ce limon, dit limon des plateaux, est en moyenne de 10 mètres, reposant sur 10 mètres de sables, de marnes, de calcaires ou d'argiles.

Histoire[modifier | modifier le code]

Habité depuis l'époque gallo-romaine, Beaufort-en-Santerre apparaît dans l'Histoire au début du XIIè siècle. Au Moyen Âge, le village est cité dans les chroniques des croisades, et fut directement concerné par les grands conflits européens et mondiaux depuis.

Période antique[modifier | modifier le code]

On a trouvé la trace d'une villa romaine à Beaufort[1], ce qui tend à prouver son occupation humaine ancienne. Située au lieu-dit Le Paraclet, cette villa était de grande taille avec une grande cour orientée au sud. Il y a donc eu dès l'époque romaine un habitat ancien à Beaufort et des cultures. Deux autres substructions antiques ont été découvertes sur le territoire de Beaufort.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Le village de Beaufort-en-Santerre est mentionné dès 1206. Walon de Sarton, chanoine de Picquigny participant à la quatrième croisade, quitte Constantinople le 30 septembre 1206 avec le chef (la face) de saint Jean Baptiste. En revenant à Amiens, il est rejoint dans l’église de Beaufort par son oncle Pierre, chanoine d’Amiens. Le chef de saint Jean Baptiste est alors déposé durant huit nuits[2] sur les fonts baptismaux de l'église Notre-Dame de l'Assomption de Beaufort avant de repartir pour Amiens. Une plaque au-dessus des fonts baptismaux rappelle cet événement.

À l'origine, il existait à Beaufort-en-Santerre un château ou une place forte appartenant à un chevalier, vassal de Bernard de Moreuil, de 1221 à 1249. Cette place forte fut reconstruite au XIVe siècle et très remaniée à partir de 1617 par Jacques de Cavoye, seigneur de Beaufort. Le château de Beaufort-en-Santerre fut gravement endommagé lors de la Première Guerre mondiale et dut être en partie détruit.

L'ancien village de Sainte-Lurogne, disparu en 1358, possédait une chapelle citée en 1241.

Jean IV de Mailly mort en 1505 fut seigneur de Beaufort-en-Santerre.

Renaissance[modifier | modifier le code]

La Renaissance à Beaufort en Santerre connut un épisode fameux quand le roi de France François 1er traversa le village pour se rendre au camp du Drap d'Or à Guines et Ardres dans le Pas-de-Calais, afin de rencontrer le roi d’Angleterre Henri VIII. François 1er, parti début juin 1520 du château de Vez dans l’Oise, avait traversé successivement Compiègne, Montdidier et Hangest-en-Santerre, arriva à Beaufort-en-Santerre accompagné de l'amiral Guillaume Gouffier de Bonnivet seigneur de Crèvecœur, de Charles III de Bourbon, connétable de France, et du ministre Florimond Robertet.

Route du Camp du Drap d'or à Beaufort-en-Santerre[modifier | modifier le code]

La route dite du camp du Drap d'Or est un parcours historique indiqué par des panneaux « Route du Camp du Drap d'Or », tel celui que l'on trouve rue Folyette à Beaufort en Santerre en venant par Le Quesnel. C’est par la rue Folyette que François premier entra dans Beaufort-en-Santerre, venant d'Hangest-en-Santerre. La route tourne ensuite vers la rue des Bois se dirigeant vers Caix puis Amiens par Domart sur la Luce.

XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

De nombreux dommages furent causés à Beaufort-en-Santerre par les armées de Louis II de Bourbon-Condé (dit le Grand Condé) et d'Henri de la Tour d'Auvergne (dit Turenne) qui saccagèrent la région en 1653, à l'occasion du siège de Roye, dont les remparts en portent encore les traces.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Vingt habitants de Beaufort-en-Santerre qui y furent mobilisés sont morts au champ d'honneur. Dix-sept noms figurent sur le monument aux morts[3]. Un cimetière du Manitoba (Canada) se trouve sur le territoire de Beaufort-en-Santerre.

Installé à Cappy avec son escadrille depuis le 8 avril 1918, le fameux « Baron Rouge », Manfred von Richthofen, est alors crédité de 78 victoires. Du fait d'un brouillard persistant et des nuages bas, les avions ne reprennent l’air que le 20 avril. Ce jour-là, entre Cayeux-en-Santerre et Beaufort-en-Santerre, le Baron Rouge abat son 79e avion, alors piloté par le Commandant Richard Raymond Barker qui est tué. En retournant sur Cappy, il abat, au-dessus de Foucaucourt-en-Santerre, le Lieutenant D. G. Lewis qu’il oblige à se poser. Crédité de sa 80e victoire officielle, le Baron Rouge sera abattu le lendemain dimanche 21 avril 1918, à Sailly-le-sec, par le Capitaine Arthur "Roy" Brown.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 30 au 31 mai 1940, la 2e compagnie du 40e Bataillon de chars de combat de l'Armée française, venant de Vrély, stationne à Beaufort-en-Santerre. Le 31 mai, le PC de ce bataillon s’y installe. La seconde compagnie y assure l’entretien du matériel. Le 1er juin 1940, elle quitte Beaufort-en-Santerre pour Chaulnes[4]. Le 7 juin 1940, 34 soldats bretons de la 4e section du 41e régiment d'infanterie de ligne et du 10e R.A.D (Régiment d'Artillerie Divisionnaire) sont capturés par l'ennemi. Le jour même, ils sont assassinés à la mitrailleuse par des Waffen SS. Il n'y aura que cinq survivants[3],[5].

Fernand Lupart, qui fut déporté politique, décéda le 14 janvier 1945. En son honneur, une place du village porte son nom[3].

Depuis 1945[modifier | modifier le code]

  • Inondation du 7 juillet 2001
L’inondation de Beaufort-en-Santerre fut provoquée le 7 juillet 2001 par les orages et les précipitations d’une ampleur exceptionnelle qui, depuis le début juillet 2001, touchaient notamment le Santerre, « le sud-est du département de la Somme » comme l’indique Météo France[6]. « Près de 150 millions de m3 d’eau sont tombés en 24 h sur le bassin de l’Avre, une rivière qui prend sa source au sud de la Somme (au sud d’Amy, dans l’Oise) et qui s’écoule vers Amiens (confluant avec la Somme à Camon) … »[7] Ces précipitations d’une ampleur exceptionnelle ont provoqué la saturation en eau de pluie des limons et des premiers mètres de la craie, empêchant alors toute absorption par le sol et provoquant un flot d’inondation qui s’est répandu dans Beaufort-en-Santerre par le chemin des Fossés ainsi que par la route venant du Quesnel (Somme) deux points hauts de Beaufort-en-Santerre. Le limon, gorgé d’eau de pluie s’est alors transformé en boue provoquant cinq effondrements localisés. Le reflux de l’inondation a eu lieu à partir de la nuit du 7 au 8 juillet 2001, l’eau trouvant les chemins les plus favorables à son écoulement, pentes naturelles, puits, mares, etc.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 en cours
(au 5 mai 2014)
M. Claude Morel   Réélu pour le mandat 2014-2020[8], [9]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 190 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
433 447 471 436 423 443 362 396 371
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
368 333 363 323 345 329 322 327 315
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
293 275 256 217 208 171 152 157 131
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
113 103 95 116 133 138 159 160 188
2011 - - - - - - - -
190 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[10] puis Insee à partir de 2004[11].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lors du recensement en 2005[12], la population était de 159 personnes avec 49,7 % d'hommes et 50,3 % de femmes. Le nombre de célibataires était de 34,1 %, les couples mariés 50,4 % et 3,3 % de divorcés. Le nombre de veufs était de 12,2 %. La population de Beaufort-en-Santerre entre 1999 et 2005 a cru de 21 personnes, soit un accroissement du nombre d'habitants de 15,1 %. Le nombre d'hommes a diminué de 6,8 % alors que le nombre de femmes a augmenté de la même proportion.

Données économiques[modifier | modifier le code]

Le taux de chômage en 2005 était de 9,2 % et en 1999 il était de 19 %, il a donc diminué de 9,8 %. Les retraités et les préretraités représentaient 19,5 % de la population en 2005 et 22,5 % en 1999, soit une diminution de 3 %. Le taux d'activité quant à lui était de 77,6 % en 2005 contre 71,6 en 1999 soit une augmentation de 6 %.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Notre-Dame de l'Assomption, existant depuis le XIIe siècle, classée monument historique par arrêté du 27 février 1926. Les fonts baptismaux, surmontés d'un panneau portant la mention du dépôt du chef de saint Jean-Baptiste en 1206, datent du XIVe siècle. Réalisés en pierre taillée, ils portent en bas-relief, sur les flancs de la cuve, douze arcatures pour chacun des douze apôtres. Ils ont été classés Monument historique à titre d'objet par arrêté du 21 février 1907. Le portail Sud de l'édifice est de l'époque Renaissance.
  • Un moulin se trouvait avant 1407 sur la place rue Mercier où se trouvait un monticule portant une croix.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.culture.fr/recherche/?typeSearch=collection&SearchableText=Beaufort-en-Santerre&portal_type=CLT_Site_Note
  2. Recueil trimestriel dirigé par M. le chanoine J. CORBLET, membre de la Société de Saint-Jean, correspondant de la Société nationale des Antiquaires de France et du Ministère de l’Instruction publique. Vingt-deuxième année, Deuxième série, tome VIII (XXV de la collection). Arras, Librairie du Pas-de-Calais, rue d'Amiens 41 et 13 - P.-M. Laroche, directeur - Paris, Pillet et Dumoulin Imprimeurs, rue des Grands-Augustins 5. MDCCCLXXVIII
  3. a, b et c lesmortspourlafrance80.fr
  4. http://www.chars-francais.net/new/index.php?option=com_content&task=view&id=610&Itemid=71
  5. https://sites.google.com/site/memoiredusanterre/histoire-2/8--guerres-mondiales/39-45/recits/massacre-a-beaufort-en-santerre-7-6-40
  6. http://france.meteofrance.com/france/actu/bilan/archives/2001/bilan?page_id=10030
  7. La dépêche de l’AFP du 9 juillet 2001 cite Annick Carbonnier, responsable de la communication à la Préfecture de la Somme
  8. « Liste des maires de la Somme », sur http://www.somme.pref.gouv.fr,‎ 9 juin 2008 (consulté le 14 juillet 2008)
  9. « Liste des maires de la Somme » [PDF], Liste des élus du département de la Somme, Préfecture de la Somme,‎ 6 mai 2014 (consulté le 9 juin 2014)
  10. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  11. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  12. http://www.conseil-general.com/mairie/mairie-beaufort-en-santerre-80170.htm#%20Pas%20de%20site%20Internet/

Ouvrages[modifier | modifier le code]