Béatrix Beck

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Beatrix Beck)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Beck.

Béatrix Beck, écrivain français d'origine belge, née le 30 juillet 1914 à Villars-sur-Ollon (Suisse), naturalisée française le 12 janvier 1955 et morte le 30 novembre 2008 à Saint-Clair-sur-Epte[1].

Écrivain majeur et discret, prix Goncourt en 1952, fille du poète Christian Beck, elle fut la dernière secrétaire d'André Gide qui l'avait incitée à écrire sur ses expériences, le suicide de sa mère, la guerre, la pauvreté. Puis, à partir de 1979, s'écartant de la fiction autobiographique, son écriture prend un tournant décisif où se révèle toute sa fantaisie et son extraordinaire virtuosité jubilatoire de langue française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Béatrix Beck naît en Suisse le 30 juillet 1914 d'un père belge d'origine mi-lettonne/mi-italienne et d'une mère irlandaise. Elle grandit en France. Ayant obtenu une licence en droit, elle devient communiste. Mariée en 1936 avec un Juif apatride, Naum Szapiro, elle perd son mari à la guerre et, veuve avec une petite fille, elle déniche des petits boulots pour gagner sa vie (elle a posé comme modèle dans une école de dessin). Elle publie en 1948 son premier roman, Barny, à la suite duquel André Gide l'engage comme secrétaire. Gide meurt en 1951, mais grâce à Une mort irrégulière (1950) et Léon Morin, prêtre (1952, prix Goncourt) elle peut s'acheter un appartement dans le même immeuble que Sartre. Elle est naturalisée française en 1955. Suivent encore quelques romans, puis elle part pour les États-Unis (1966), où elle est professeur à Berkeley, en Virginie, à Université Laval dans la ville de Québec au Canada, à Université de Sherbrooke, et à l'université Laurentienne à Sudbury en Ontario. Ce n'est que de retour en France, en 1977, qu'elle se remet à publier des romans, entre autres Noli, sur la vie universitaire au Canada. Sans identifier le pays de froid où se situe l'action, Beck parle de son amour impossible pour une jeune étudiante québécoise, et, toujours en employant des pseudonymes, elle évoque la relation sentimentale tumultueuse de la romancière Anne Hébert et de Jeanne Lapointe, professeur de littérature à l'Université Laval. Mais c'est avec La Décharge, couronné du prix du Livre Inter, qu'elle gagne, en 1979, une nouvelle renommée.

En 2000, elle dédie son dernier livre, La petite Italie, à sa fille, Bernadette Szapiro, née le 25 décembre 1936 et décédée en 1999[2], peintre et écrivain (La Première Ligne).

En 2006 et 2009, une adaptation pour le théâtre d'un choix de ses textes par Virginie Lacroix (sous le titre L'Épouvante, l'émerveillement) est montée par la compagnie Hybride[3], scénographie Sellig Nossam.

Atteinte de la maladie de Parkinson, elle se retire dans une maison de retraite à Saint-Clair-sur-Epte[2].

Sa petite fille (née le 3 juin 1958), fille de Jean-Edern Hallier, est l'écrivain Béatrice Szapiro (La Fille naturelle, Les Morts debout dans le roc, etc).

Prix[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • 1948 Barny, Gallimard
  • 1950 Une mort irrégulière, Gallimard
  • 1952 Léon Morin, prêtre, prix Goncourt
  • 1954 Des accommodements avec le ciel, Gallimard
  • 1963 Le Muet
  • 1967 Cou coupé court toujours – rééd. 2011, dessins de Mélanie Delattre-Vogt Éditions du Chemin de fer
  • 1975 Mots couverts (poèmes- Verviers) - rééd.2013, in Entre le marteau et l'écume et autres poèmes, Éditions du Chemin de fer
  • 1977 L'épouvante l'émerveillement - rééd. 2010, dessins de Gaël Davrinche Éditions du Chemin de fer
  • 1978 Noli
  • 1979 La Décharge, prix du Livre Inter, Le Sagittaire
  • 1980 Devancer la nuit
  • 1981 Josée dite Nancy
  • 1983 Don Juan des forêts
  • 1984 L'Enfant-chat, prix littéraire de Trente millions d'amis
  • 1986 La Prunelle des yeux
  • 1988 Stella Corfou
  • 1989 Une
  • 1990 Grâce
  • 1991 Recensement
  • 1993 Une lilliputienne
  • 1994 Vulgaires vies
  • 1994 Moi ou autres (nouvelles)
  • 1996 Prénoms (nouvelles)
  • 1996 L'Ile dans une Bassine d'Eau (contes) L'École des Loisirs
  • 1997 Plus loin, mais où
  • 1998 Confidences de gargouille (recueillies par valérie Marin La Meslée)
  • 2000 La Petite Italie (nouvelles)
  • 2001 Guidée par le songe (nouvelles)
  • 2012 Gide, Sartre et quelques autres, éditions du Chemin de fer.
  • 2013 Entre le marteau et l'écume et autres poèmes, poésies complètes, éditions du Chemin de fer
  • 2014 La double réfraction du spath d'Islande, nouvelles et autres textes inédits et retrouvés, éditions du Chemin de fer.
  • Contes à l'enfant né coiffé
  • La Mer intérieure
  • La Grenouille d'encrier

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Introduction à La Décharge, Paris, Grasset et Fasquelles, coll. « Les Cahiers rouges », 1988.
  • Béatrix Beck, un génie malicieux, préface de Béatrice Szapiro, chronologie biographique de Valérie Marin La Meslée, éditions du Chemin de fer, 2012

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Béatrix Beck s'est éteinte » dans Le Figaro du 30 novembre 2008
  2. a et b L'auteur de "Léon Morin, prêtre" est décédée, sur le site de La Croix.
  3. compagnie Hybride
  4. Adapté au cinéma par Jean-Pierre Melville (avec Jean-Paul Belmondo et Emmanuelle Riva)

Liens externes[modifier | modifier le code]