Beatrice Tinsley

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Beatrice Muriel Hill Tinsley, née le 27 janvier 1941 à Chester et décédée le 23 mars 1981, est une astronome et cosmologiste néo-zélandaise dont les recherches ont constitué des contributions fondamentales à la compréhension d'un point de vue astronomique de l'évolution des galaxies dans le temps.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle est née sous le nom de jeune fille de Béatrice Muriel Hill à Chester, Angleterre en 1941, seconde de trois sœurs, et émigra en Nouvelle-Zélande avec sa famille à la suite de la Seconde Guerre mondiale. Sa famille a tout d'abord vécu à Christchurch, puis plus longtemps à New Plymouth. Son père était un ecclésiastique, membre du mouvement Réarmement moral, puis plus tard maire. Pendant ses études à Christchurch, elle se maria avec son camarade d'étude et physicien Brian Tinsley, ne sachant pas que cela l'empêcherait de travailler à l'Université aussi longtemps qu'il y serait lui-même employé. Ils déménagèrent en 1963 à Austin (Texas, États-Unis), mais elle y subit les mêmes restrictions. En 1974, après des années ou elle chercha l'équilibre entre son foyer, sa famille et deux carrières qui se télescopaient, elle abandonna son mari et ses deux enfants adoptifs pour prendre un poste de professeur assistant à Yale. Elle y travailla jusqu'à sa mort, d'un cancer, à la Yale Infirmary en 1981. Ses cendres sont enterrées dans le cimetière du Campus de l'Université.

Études[modifier | modifier le code]

Beatrice Tinsley fut lycéenne à la New Plymouth Girls' High School, puis étudiante à l'University of Canterbury où elle obtint un diplôme de Bachelor of Sciences (B.Sc.) puis un mastère en sciences en 1961, avec les Honneurs de première classe en physique. Son travail de doctorat fut en 1966 distingué par l'Université du Texas à Austin, avec sa thèse Evolution of Galaxies and its Significance for Cosmology.

Activité professionnelle[modifier | modifier le code]

Beatrice Tinsley effectua les études théoriques sur la façon dont vieillissent les populations d'étoiles et comment cela affecte les qualités observables des galaxies. Elle collabora également à des recherches de base sur des modèles d'investigation sur l'éventuelle fermeture ou ouverture de l'Univers. Son modèle de galaxies mena aux premières approximations de ce à quoi devaient ressembler des protogalaxies.

En 1974, elle fut récompensée du Prix d'astronomie Annie J. Cannon de l'American Astronomical Society, décernée pour des "recherches remarquables et promesses de recherches futures par un chercheur postdoctoral de sexe féminin", en reconnaissance de son travail sur l'évolution des galaxies[1].

En 1977, Beatrice Tinsley, avec Richard Larson de Yale, organisa une conférence sur l'évolution des galaxies et populations stellaires.

Peu après, en 1978, elle devint professeur d'astronomie à l'université Yale. Sa dernière publication scientifique, soumise à l'Astrophysical Journal, dix jours avant sa mort, fut publiée de façon posthume en Novembre, sans révision[2],[note 1]

Hommages[modifier | modifier le code]

En 1986 l'American Astronomical Society fonda le Prix Beatrice M. Tinsley, qui distingue "une recherche remarquable par sa contribution à l'astronomie ou à l'astrophysique, d'un caractère exceptionnellement inventif ou novateur"[3]. La récompense exclue les restrictions relatives à la citoyenneté ou le pays de résidence des candidats[3].

L'astéroïde de la ceinture principale (3087) Beatrice Tinsley, découvert en 1981 à l'observatoire de la 'Mt John University' près de Tekapo, est baptisé en son honneur[4]

En 1969, l'Université du Texas à Austin a institué une dotation pour la chaire centenaire de professeur en visite Beatrice M. Tinsley, où un professeur distingué en milieu de carrière ou senior est invité pour des visites d'une durée pouvant aller jusqu'à un semestre[5]. En 2007 ils ajoutèrent le 'Tinsley Scholars', récompense de chercheurs plus jeunes pour permettre de brefs voyages à Austin[5]. En 2005, le Circa Theatre de Wellington monta une pièce intitulée Bright Star (en français 'L'étoile brillante), sur la vie de Beatrice Tinsley[6]. La 'Wellington Astronomical Society' organisa des séances d'observation au télescope à l'extérieur du théâtre, sur la jetée voisine du Museum_de Nouvelle-Zélande Te Papa Tongarewa.

En septembre 2009, le Département de Physique et d'Astronomie de l'université de Canterbury créa le 'Beatrice Tinsley Institute', qui rassemble leurs programmes de recherche, les installations scientifiques, et les programmes d'éducation d'enseignement pour l'astronomie et l'astrophysique[7].

En décembre 2010, le 'New Zealand Geographic Board' (Institut géographique Néo-zélandais) baptisa officiellement Mont Tinsley un sommet des 'Kepler Mountains' (eux-mêmes baptisé d'après l'astronome Johannes Kepler)[8],[9].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « AAS Annie J. Cannon Award in Astronomy » (consulté le 18 novembre 2009)
  2. B. M. Tinsley, « Chemical evolution in the solar neighborhood. IV - Some revised general equations and a specific model (Evolution chimique au voisinage solaire. IV - Quelques équations générales révisées et un modèle spécifique) », Astrophysical Journal, vol. 250,‎ 1981, p. 758–768 (liens DOI? et Bibcode?)
  3. a et b « Beatrice M. Tinsley Prize », American Astronomical Society (consulté le 18 novembre 2009)
  4. « Citation for (3087) »,‎ Minor Planet Center (consulté le 18 novembre 2009)
  5. a et b « University of Texas at Austin Department of Astronomy/McDonald Observatory External Review 2009 » (consulté le 18 novembre 2009)
  6. « Circa Theatre: Bright Star » (consulté le 18-11-2009)
  7. « Beatrice Tinsley Institute » (consulté le 18-11-2009)
  8. « Mount Pickering and Mount Tinsley » (consulté le 18-11-2009)
  9. Mackay, Scot, « Historian's mountainous goal reached »,‎ 20-01-2011 (consulté le 25-01-2011)
  1. Note de l'éditeur : "Deceased on 1981 March 23, thus ending prematurely a distinguished career. The text of this last paper was not revised, although Michele Kaufman kindly added some clarifying definitions and comments." (Décédée le 23 mars 1981, mettant ainsi prématurément fin à une carrière remarquable. Le texte de son dernier article n'a pas été révisé, bien que Michele Kaufman ait obligeamment ajouté quelques définitions et commentaires en vue de clarification.)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sélection de livres[modifier | modifier le code]

  • Edward Hill, My Daughter Beatrice, A Personal Memoir of Dr. Beatrice Tinsley, Astronomer, New-York, American Physical Society,‎ 1986 (ISBN 0-88318-493-1)
  • Richard J. Dodd, « Appreciation : Beatrice M. Tinsley, 1941-1981 (Reconnaissance : Béatrice Tinsley, 1941-1981) », Southern Stars, vol. 30,‎ 1984, p. 429–431 (lien Bibcode?)
  • Sandra Faber, « Obituary: Beatrice Tinsley (Nécrologie : Béatrice Tinsley) », Physics Today, vol. 34, no 9,‎ 1981, p. 110
  • Maria D. Guarnieri et Maria G. Pancaldi Stagni, « Beatrice Muriel Hill Tinsley: una vita per la scienza (Une vie pour la science) », Orione, vol. 11,‎ 1991, p. 28–33 (lien Bibcode?)
  • Richard B. Larson et Linda L. Stryker, « Beatrice Muriel Hill Tinsley », Quarterly of the Royal Astronomical Society, vol. 23,‎ 1982, p. 162–165 (lien Bibcode?)

Sites Internet[modifier | modifier le code]