Bajazed II

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Bajazet II
Le sultan Bayazet II
Le sultan Bayazet II
Titre
8e Sultan Ottoman
3 mai 148124 avril 1512
30 ans, 11 mois et 21 jours
Prédécesseur Mehmed II
Successeur Selim Ier
Biographie
Dynastie Dynastie ottomane
Date de naissance 3 décembre 1447
Lieu de naissance Didymotique
Date de décès 26 mai 1512 (à 64 ans)
Lieu de décès près de Didymotique
Père Mehmed II
Mère Mükrime Hatun
Conjoint 8 épouses
Enfant(s) 18 enfants

Signature

Bajazed II
Dynastie ottomane
Bajazet II

Bayezid II le Juste  (Sultan Bayezid Adlî)  (en turc, adlî signifie légal), connu en France sous le nom de Bajazet II, (né le 3 décembre 1447 à Dimetoka, aujourd'hui Didymotikhon - mort le 26 mai 1512 à Chekmece, près de Dimetoka), fut le huitième sultan ottoman, de 1481 lorsqu'il succéda à son père Mehmed II Le Conquérant, à 1512 lorsqu'il fut destitué par son fils Selim. Quand il monta sur le trône, l'Empire ottoman avait une superficie de 2 214 000 km², dont 1 703 000 km² en Europe et 511 000 km² en Asie ; à sa mort, le territoire ottoman avait une superficie d'environ 2 375 000 km².

Bajazet II eut huit épouses, huit fils (Mahmud, Ahmed, Seyidsah, Selim, Mehmed, Korkud, Abdullah et Alimsah. Ahmed était le successeur désigné) et six filles.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

À l'âge de sept ans, il fut nommé gouverneur de la ville d'Amasya, centre culturel depuis le règne des Seldjoukides ; son conseiller s'appelait Hadım Ali Paşa. Épris de savoir, Bajazet apprit l'arabe, le persan, la théologie, la philosophie et les mathématiques. Amateur de poésie, il recevait les poètes les plus réputés. Il rendit aux institutions religieuses les biens que son père avait confisqués au profit de l'État, ce qui lui a valu le surnom de Sofu (le Pieux). Il fit enlever toutes les peintures que des artistes italiens avaient exécutées au cours du règne de Mehmed II. Comme sultan, il travailla à améliorer le fonctionnement des institutions politiques à l'intérieur de son Empire.

Lutte contre son frère Djem[modifier | modifier le code]

Il dut aussi combattre les ambitions de son frère Djem (turc : Cem, prononcé Djem), appelé « Zizim » par les Européens. Ce dernier se réfugia auprès des chevaliers de l'ordre des Hospitaliers de Saint Jean de Jérusalem à Rhodes. À défaut de pouvoir faire assassiner son frère, Bajazet paya une pension aux chevaliers afin qu'ils gardassent Djem prisonnier. Celui-ci servit de moyen de pression sur le sultan pour les souverains turcs et les papes. D'abord ils réclamèrent la pension sous peine de libérer Djem qui redeviendrait ainsi un adversaire. Cette menace brandie sur Bajazet le retint d'intervenir en Méditerranée occidentale et en Europe. Le prince ottoman finit sa vie à Bourganeuf dans la Tour Zizim construite à son intention, puis à Naples où il meurt en 1495. Certaines sources laissant entendre que Bajazet serait parvenu à le faire empoisonner : bien que ce ne soit sans doute pas vrai, le sultan en fut en tout cas terriblement soulagé.

Règne[modifier | modifier le code]

L'Empire ottoman connut de nombreuses guerres pendant le règne de Bajazet, sans toutefois s'agrandir de manière significative. Il prit l'Herzégovine sous son contrôle direct en 1483.

Au Sud, il entra en conflit avec les Mamelouks d’Égypte qui étendaient leur territoire vers le nord jusqu'à Adana (1488). Les Ottomans durent se résigner à la conclusion d'une paix en mai 1491, paix qui dura jusqu'à la mort de Bajazet.

Il autorisa en 1492 les Juifs d'Espagne, victimes des persécutions de l'inquisition espagnole, à s'établir en Turquie, accueillant ainsi 200 000 Juifs. Il envoya la marine turque en Espagne pour les recueillir.

Avec la construction de nouveaux bateaux et le recrutement de corsaires expérimentés, les frères Arudj et Khayr ad-Din Barberousse entre autres, il se dota d'une force navale qu'il opposa avec succès aux Vénitiens, leur prenant les villes de Coron, Lépante, Modon et Durazzo entre 1499 et 1502. Il conduisit lui-même le siège de Modon.

Il fit la guerre aux Hongrois, mais comme avec les Mameluks, il dut signer la paix en 1503.

Sur le front perse la bataille de Shurur (1502) avait amené au pouvoir le chah Ismaël. Celui-ci représentait un danger pour le sultan à cause de la propagande chiite dans les régions kurdes. Les forces destinées à maintenir la frontière Est furent subverties par les trois fils aînés du sultan qui s'en servirent pour le combattre.

En 1509, Istanbul a été en grande partie détruite par un tremblement de terre. Une politique systématique de peuplement turc a été menée dans la ville et dans toute l'Europe balkanique. Il y a aussi été fait appel à des non Turcs et à des non Musulmans, de façon à donner à la ville un aspect et une activité dignes d’une grande capitale.

Les dernières années du règne de Bajazet II sont marquées par les progrès de l’administration turque.

Les traités de paix avec ses voisins lui donnèrent les moyens de combattre les rébellions des tribus turcomanes en Anatolie. Malgré cela les rebelles parvinrent à tuer le grand vizir Ali Pacha au cours des combats.

Lutte avec ses fils[modifier | modifier le code]

Bajazet avait apanagé ses fils : Ahmed, l'aîné, à Amasya, Selim à Trébizonde et Korkud à Antalya. Quant à Soliman, le fils de Selim, il disposait de l'apanage de Crimé. L'ainé devait succéder à Bajazet, mais son incapacité à maintenir l'ordre en Anatolie incita son frère Selim, à entrer en rébellion avec l’aide des janissaires à partir de 1509. Ahmed remporta une victoire sur son frère Selim avec l'aide de troupes safavides et il marcha vers Istanbul pour tirer profit de sa victoire. Selim organisa une révolte en Thrace mais fut battu par Bajazet et dut se réfugier en Crimée auprès de son fils[1].

Bajazet se mit alors à craindre son fils Ahmed, lui interdit d'entrer à Istanbul. Selim de son côté en profita pour revenir de Crimée. Toujours avec l'aide des janissaires il vainquit son père et finit par le contraindre à l'abdication le 24 avril 1512. Bajazet est mort un mois plus tard en se réfugiant à Dimetoka. En avril 1513, Selim défait son frère Ahmad à la bataille de Yénitchéri, près de Bursa et le fait exécuter[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Michel Sallmann, Géopolitique du XVIe siècle (1490-1618), (Nouvelle histoire des relations internationales, tome 1) , Paris, Le Seuil, "Points histoire", 2003, p.76
  2. Sallmann, Op. Cit. p.79

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