Ibrahima Niass

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Ibrahima Baye Niass (en forme longue Cheikh Al Islam Mawlana Ibrahima Niasse, également nommé Baye Niass), né à Taïba Niassène (centre du Sénégal) en 1900 et mort à Londres en 1975,est un soufi, gnostique et mystique musulman, sénégalais. Il est le 9e fils d'Abdoulaye Niass. Il est le fondateur du mouvement Faydha Tidjaniyya, une branche de la confrérie soufie la Tiajniyya, qui deviendra l'une des plus importantes organisations musulmanes au monde comptant plus d'une centaine de millions d'adeptes[1]. Mais, la Tijaniyya compte maintenant plus de 400 millions de membres et à elle seule, la Fayda Tijjaniya de Cheikh Al Islam El hadj Ibrahima Niass compte plus de 125 millions de membres[réf. nécessaire].

Biographie[modifier | modifier le code]

La position stratégique de Kaolack au centre du Sénégal et les relations suivies de son père avec les lettrés du Sénégal, de la Mauritanie et l'Afrique du Nord font de sa maison paternelle un endroit privilégié où le jeune Ibrahima étudie non seulement les sciences religieuses (exégèse, jurisprudence, théologie, grammaire arabe, rhétorique, métrique, biographie du Prophète, etc.), mais également cultive un goût prononcé pour le mysticisme musulman. Témoigne de ses connaissances ésotériques d'acquisition précoce, son premier ouvrage Rûh al adab écrit à l'âge de 18 ans[2], ainsi que son fameux Kâshif al ilbas (1930), le traité fondamental de soufisme et de la Voie Tijaniyya.

À la mort de son père, en 1922, son frère aîné Mouhammad (Khalifa) prend en charge la communauté des « Niassènes » et Ibrahima enseigne dans les écoles coraniques de son père de Taïba, Kossi et Kaolack. Son érudition et sa piété lui attirent très vite de nombreux adeptes. Dès 1930, il se proclame héritier spirituel de Cheikh Ahmed Tijan, et obtient l'allégeance massive des disciples de son père ainsi que celle de nombreux cheikhs maures qu'il initie à la tarbiyya (initiation mystique) dont le but est de parvenir à la marifa (gnose), initiation qui marque la spécificité de sa branche Tijaniyya.

Toutefois son audience reste limitée jusqu'en 1937, année où il effectue son premier pèlerinage à la Mecque et y rencontre l'émir de Kano (Nord du Nigeria), Abdoulahi Bayero qui renouvelle son affiliation à la Tijaniyya auprès de lui et l'invite à Kano. Il y obtient l'adhésion de la majorité des oulémas de la Tijaniyya qui, dès la fin de la Seconde Guerre mondiale se font les moteurs de l'expansion de son mouvement dans toute l'Afrique de l'Ouest. À la mort de l'émir Abdoulahi Bayero en 1953, son fils Mouhamed Sanuss lui succède et renforce ses liens avec Cheikh Ibrahima Niasse. À la fin des années 1960, grâce à ses appuis politiques, le zèle de ses disciples nord-nigérians, son action éducative, le zèle de son prosélytisme, il se trouve à la tête d'une communauté transnationale de plusieurs millions de membres répartis entre le Nord Nigéria, lieu par excellence de son rayonnement, le Ghana, le Niger, le Togo, le Liberia, la Sierra Leone, le Tchad, le Cameroun, la Gambie, la Mauritanie et la région du Sine-Saloum à l'ouest du Sénégal. Selon Mervyn Hiskett, «  »il n'y a aucun doute que son mouvement était la plus grande organisation musulmane en Afrique de l'Ouest à la fin de la période coloniale[3].

Au delà de l'Afrique, de nos jours, on retrouve ce mouvement aux États-Unis, en Asie mais aussi dans les pays du Golfe.

Premier chef religieux ouest-africain à établir des contacts avec les organisations islamiques internationales, Cheikh Ibrahima Niasse a été membre fondateur et vice-président de la Ligue mondiale islamique basée à la Mecque, membre de l'Académie de recherches de l'Université al-Azhar et vice-président de la Conférence mondiale islamique dont le siège est à Karachi.

Plus qu'un érudit et un chef charismatique, Cheikh Ibrahima Niasse était un homme politique d'envergure. Non seulement, il entretenait des relations étroites avec des dirigeants africains et arabes dont l'ancien président égyptien Nasser et le premier président du Ghana Kwame Nkrumah qui, bien que chrétien, passe pour avoir été l'un de ses disciples. Il a été dans les années 1950 et 1960, très actif dans l'arène politique africaine en général et nigériane en particulier où il dispose plusieurs dizaines de millions de disciples.

Généalogie[modifier | modifier le code]

Dans l'introduction de son éloge panégyrique sur Mahomet, imprimé pour la première fois à Ibadan au Nigeria, Baye Niass décrit sa lignée :

  1. fils de Abdallah
  2. fils de Seyyidi Muhammad
  3. fils de Mademba
  4. fils de Bakary
  5. fils de Muhammad Al Amin
  6. fils de Samba
  7. fils de Rida
  8. fils de Chamsou Dine Missina
  9. fils de Ahmad
  10. fils de Abiboullah
  11. fils de Baba
  12. fils de Ibrahima
  13. fils de As-Siddiq
  14. fils de Ibn Naafiah
  15. fils de Qays
  16. fils de 'Aqil
  17. fils de ahmad
  • fils de amath

Leur origine sénégalaise provient du mariage entre Rida (migrant arabe)et une femme du Djolof Djéla Niass, de laquelle ils ont tous hérité ce nom de famille sénégalais. Cette Djéla Niass s'appelle Djéla Ndiaye, mais son homonyme se nommait Niass; ce qui lui vaudra d'être appelée Djéla Niass par la suite. Djéla Ndiaye (Niass) est issue de la famille royale comme Ndiandiane Ndiaye.

Son œuvre littéraire[modifier | modifier le code]

Il a écrit un total de 75 œuvres qui dans la plupart sont traduites dans plusieurs langues, notamment :

  • Rouhoul Adab, écrit à l'âge de 21 ans
  • al-Sirr al-Akbar wa al-Nûr al-Abhar (« (le Secret Suprême et l'Éclatante Lumière) ») :le livre le plus ésotérique de Baye Niass; sa publication est interdite par lui-même. Une copie peut être accordée, sous une autorisation expresse aux Grands Moukhadams très avancés.
  • Noujoumoul Houda, panégyrique sur Mahomet.
  • Tanbihoul Azkiyya, panégyrique sur Ahmed Tijani.
  • Rafhoul Malam, invitation à prier avec les mains sur la poitrine.
  • Kaashifoul Ilbass, précisions sur les paroles soufies antérieures.traduction anglaise the removal of confusion concerning the flood of the saintly seal ahmad al-tijani;en francais La levée des équivoques
  • Dawawina Sitta, recueil de six diwans sur l'éloge à Mahomet, de Ahmed Tijan, de ses muqaddams, conseils et énigmes soufis destinés aux disciples.
  • Djamihoul Djawamihou, recueil de poèmes pareils au précédent sur l'éloge à Mahomet, de Ahmed Tijane, conseils et énigmes soufis destinés aux disciples.
  • Rihlatoul Konakri, poème sur son voyage à travers la sous-région : Guinée, Sierra Leone, Liberia, Ghana, Nigeria pour propager l'islam tidjane.
  • Djawahirou assa'il, missives, réponses à des correspondances, explications de certains versets, hadiths et paroles soufies, litanies.
  • Seyroul Qalb, dernier poème écrit par Baye Niass.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Christopher Gray, The rise of the Niassene tijaniyya, 1875 to the présent, Èdition Islam et Société)
  2. En fait l'auteur Ibrahima Niass dit à la fin de son ouvrage qu'il avait 21 ans quand il écrivit son œuvre. Note du présentateur
  3. (en) Development of Islam in West Africa, p. 287) : « by the end of colonial period, there is little doubt that it was by then the largest single Muslim organisation in West Africa. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Djibril Guèye, Cheikh Al Islam El Hadj Ibrahima Niass le Mystique (1900-1975) ou l’école de formation spirituelle de Niassène, Dakar, Université de Dakar, 1983, 151 p.  (mémoire de maîtrise)
  • Ahmadou Mokhtar Ba, Cheikh Ibrahima Niass, savant et homme d’action, Dakar, Université de Dakar, 1983, 85 p.  + table. (mémoire de maîtrise)
  • Cheikh Mohamed Mahdy Ibrahima Niass, "Le défenseur de L'islam"
  • Christopher Gray The. Rise. of. the. Niassene. Tijaniyya,. 1875. to. the. Present.
  • Kungiyar Auliya'ullahi ta Nigeria Tarihin Sheikh Ibrahim Inyas

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]