Baye Fall

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Un Baye Fall au Sénégal

Le Baye Fall (ou Baay Faal) est, au Sénégal, une branche de la confrérie des Mourides fondée par Cheikh Ibrahima Fall.

Le mouridisme correspond à ce que l'on appelle « les voies ou confrérie soufies » que l'on trouve partout dans le monde, le fonctionnement cheikh/disciple, la pratique du dhikr (rappel des noms divins et invocation à l'aide d'un chapelet), la poésie et la musique sont tous typiques du soufisme.

Le mot « mourid », qui veut dire « disciple », est lui-même emprunté au lexique soufi.

Histoire, mode de vie et rites[modifier | modifier le code]

Culte musulman dérivé du mouridisme, le mouvement Baye Fall a été créé par Ibrahima Fall, lui-même adepte du cheikh Ahmadou Bamba. Il voue un pouvoir total et une croyance absolue en Dieu et au marabout (= un cheikh), qui est le messager de la parole de Dieu.

C'est une forme de religion détachée de toutes possessions matérielles, où l'on fait les choses pour Dieu et non pas pour ou en fonction des autres. Tout se partage, le don de soi est naturel,et aussi le vol puisque faire un effort ou une réflexion leur est impossible car ils attendent que leur dieu le fasse pour eux (moi dans ce cas présent, et la foi en l'humain est essentielle,mais pas le respect, malgré la quantité insupportable de l'utilisation de ce mot. Le travail est pour eux une valeur très importante, tout comme la générosité, la tolérance et surtout la paix. Mais le chemin est long, et ils marchent à reculons. Au moment de leur prière il danse en rond en chantant et priant, espérant être entendu.[pas clair]

Mode de vie plutôt que religion – « on ne naît pas Baye Fall, on devient Baye Fall » –, le Baye Fall est essentiellement issu du monde wolof. Ibrahima Fall était wolof musulman, faisant partie de la noblesse Garmi. C'est ainsi que de nombreux éléments de cette tradition wolof (thieddo) à laquelle il appartenait ont été introduits dans la culture Baye Fall, notamment les locks (Njañ), la large ceinture autour de la taille, les boubous et toges multicolores (Njaxaas), les chants religieux rythmés exactement comme les chants wolofs (Zikar), etc...

Les Baye Fall d'origine portaient toujours une arme blanche, de type sabre, machette ou hache, pour se défendre ou pour les travaux agricoles. L'administration coloniale française au Sénégal, au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, interdit le port d'armes blanches, par crainte de l'utilisation de ces armes par les Baye Fall lors d'éventuelles révoltes. C'est ce qui explique le port du gourdin chez les Baye Fall d'aujourd'hui, qui a remplacé l'arme blanche.

Le Majjal fait partie des rites Baye Fall. Il consiste à faire la ronde dans le but de mendier, par groupes restreints (Kureel.

Chez les Baye-Fall la pratique du Zikr (chants religieux) qui sont des louanges à Allah, au prophète de l'islam Mahomet, à Cheikh Ahmadou Bamba et ses descendants, et à Mame Cheikh Ibrahima Fall et ses descendants, prennent une grande part de leurs rituels religieux. Les Baye Fall authentiques sont de fins lettrés, ayant une parfaite connaissance du Coran. La langue wolof qu'ils parlent est pure ou très peu altérée par les langues étrangères. En outre, contrairement à beaucoup d'autres musulmans, ils ne font pas d'amalgame entre la religion musulmane et la tradition arabe, ils tiennent beaucoup à la tradition africaine. La relation qu'ils entretiennent avec leur marabout, à leurs yeux parmi ce qu'il y a de plus cher, est illustré par le principe du Njebellu, le respect envers le maître spirituel et de ses recommandations (Ndiguël). Le Baye Fall reste persuadé que la sainteté de son marabout l’affranchit de toute obligation morale et religieuse, et lui ouvre le paradis.

Califes des Baye Fall[modifier | modifier le code]

Le mouridisme comportant deux branches, la branche mouride et Baye Fall, toutes deux ont leurs propres califes respectifs, reconnus par tous, par les uns comme par les autres.

Chez les Baye Fall, comme pour la branche mouride, la succession au titre de calife est héréditaire.

La liste des califes Baye Fall depuis Mame Cheikh Ibrahima Fall :

  • Cheikh Modou Moustapha Fall, 1er khalife, de 1930 à 1950.
  • Serigne Mor Tall Fall, 2e khalife, de 1950 à 1954.
  • Serigne Ablaye Fall Ndar, 3e khalife, de 1954 à 1975.
  • Cherif Assane Fall, 4e khalife, de 1975 à 1980.
  • Serigne Abdou Chakor Fall, 5e khalife, de 1980 à 1984.
  • Serigne Modou Aminta Fall, 6e khalife, de 1984 à 2007.
  • Cheikh Dieumb Fall, actuel khalife depuis 2007.

Position du Baye Fall par rapport à la prière et au jeûne[modifier | modifier le code]

LE JEÛNE Sache que le jeûne n’est rentable que si l’on vise l’affirmation de l’existence de Dieu, et si l’on veille sur quatre éléments : l’oeil, le coeur, l’oreille, l’esprit. En les contrôlant, parce qu’ils sont organes de sens. Tâche aussi de contrôler les autres organes, à ne rien y introduire, qu’il s’agisse d’aliments ou de boissons. Le jeûne est réservé à Dieu qui se charge de sa rétribution et si tu le fait dans le seul but de faire plaisir à Dieu, ceci revêt une signification : Dieu est le Lointain et le Proche et toi le demandeur. Sache alors que la distance demeure aussi longtemps que l’on n'effectue pas le voyage. Dieu est certes proche mais il a aussi mis un voile entre lui et certains de ses adorateurs de sorte que leurs yeux ne Le voient pas. Mais l’existence de la distance et du voile est atténuée par les propos de certains sunnites qui affirment qu’on verra Dieu au Paradis, et que par ailleurs, la distance qui nous sépare de Lui disparaît progressivement par la grâce du jeûne.

LA PRIERE Prends soin de formuler l’intention de prier peu avant ou juste au moment de prononcer le premier “Allâhou akbar” et si possible, entre la première lettre de la formule (le alif) et la dernière (le ra). Le récit d’introduction (iqama) relève de la sounna, alors que le sermon d’un Imam à son assistance, le jour du vendredi, relève du surérogatoire. Et parce que les choses d’ici-bas peuvent nous distraire, veille à la présence du corps et de l’esprit, comme si tu voyais Dieu et communiquais avec lui secrètement. Ne sois pas présent physiquement, alors que ton esprit s’occupe d’autres choses que Dieu et son Prophète (p.s.l.). Tâche donc de te détourner des futilités d’ici-bas et de penser aux affaires terrestres. Pense plutôt à l’au-delà, en t’efforçant d’écouter la communication avec Dieu pour espérer bénéficier de sa grâce à la fin de ta prière, par la gloire de ton Cheikh.

C’est ALLAH seul qui guide à la bonne action et c’est Lui seul qui a guidé Ibrahima Ben Ahmed Ben Mouhamed Ben Habib Allah (que Dieu nous permette de tirer profit de sa gloire, qu’il l'agrée de même que nous, par la gloire du Prophète ”P.S.L.”) Toi donc, qui cherches le savoir, ne sois pas, par rapport à ce livre, comme “les infidèles parmi les gens du livre qui n’ont cessé de mécroire Dieu, jusqu’à ce que leur soit venu la preuve évidente” S.98 V;1 Si ce livre ne provient pas de Dieu, il émane cependant d’un de ceux qui recommandent le bien et est de nature à attirer les mourides vers leurs Cheikhs. Et toi, ne sous-estime pas ces derniers car, ils n’ont pour intention que de faire plaisir à Dieu et rendre service à son Prophète (P.S.L.). Souviens-toi que le paiement d’une dette incombe aux héritiers d’un disparu, et en leur absence, en faire aumône est conseillé.

Ce livre, je l’ai intitulé :”L’attirance des mourides vers le service des Guides Spirituels” Cette mise au service des guides n’est pas destinée à sous-estimer les mourides car la voie qui mène vers Dieu est cachée dans le coeur des croyants; ainsi, si tu cherche la piété, frappe aux coeurs des Mourides et puise dans leurs réserves; sois pétri d’une foi sincère; fais de la bonne action et de l’espoir en Dieu, ton aspiration. Ne cherche réconfort qu’en Allah, car il est avec toi, comme il le dit dans le Coran : “Il est avec vous, là où vous êtes et il est témoin oculaire de toutes vos actions”. Fais de Son pouvoir ton seul fardeau, car Il le thésaurise avant de le manifester, et prends pour objectif Sa lumière éternelle, car toute lumière autre que la Sienne est appelée à s’éteindre. De la même façon, considère Son pouvoir comme le seul Eternel, car, tout autre pouvoir n’est qu’un mirage éphémère. Fais de Son adoration ta seule nourriture car c’est celle là qui demeure alors que toute autre nourriture est périssable. Ne fréquente que les gens assidus à la prière et au jeune, tout en accomplissant des efforts pour Dieu. Ainsi tu seras sauvé de l’émerveillement que produisent les femmes et le pouvoir, car cela ne mène qu’à la ruine. Détourne toi des gens du temporel et des turpitudes; ils ne pourront aller au delà de ce que Dieu recommande, et le font-ils ? Médite alors le verset qui dit : ”Est-ce que vous recommandez du bien aux autres alors que vous oubliez votre propre personne ?” Source: http://www.bayefallkhitma.org/index.php?option=com_content&task=view&id=19&Itemid=24

lettre que Cheikh Ahmadou: Dans une autre lettre que Cheikh Ahmadou Bamba adressa à son frère, son disciple et sa porte-parole Cheikh Ibrahima Faty Mbacké, il lui dit pour conclure son épitre : « ……..Aujourd’hui occupe toi en permanence de prières et de Wird et ordonne à tous les disciples de s’efforcer à remplir leurs devoirs envers Dieu et d’abandonner toute autre chose. Ordonne aux grands disciples (Les Cheikhs) de rester chez eux et de ne pas faire trop de déplacements (à la recherche de Hadiya :des cadeaux, dons pieux). Celui qui a un besoin peut se déplacer pour y subvenir. Si non il doit rester à sa place. Ordonne aux femmes de s’acquitter de la prière et de faire du bien autant qu’elles peuvent. Ordonne aux enfants des’ appliquer à la lecture du Coran en vue de le savoir par cœur.Paix miséricorde de Dieu et sa bénédiction sur vous ». Comme le dit un frère, je pense : « Les dires et faits de Serigne Touba sont très clairs, car ils renvoient toujours au Saint Coran et à la tradition prophétique (Sunna). Il nous a légué unriche héritage écrit sur le Mouridisme et sur ses pratiques. En effet, il envoyait, à chaque fois que de besoin, des correspondances à ses disciples pour davantage les exhorter à se conformers trictement aux recommandations du Seigneur (que Sa Grandeur soit exaltée) et à se démarquer de tous Ses interdits. Parmi ces disciples, il y a Cheikh Ibrahima FALL, Cheikh Mbacké Bousso,CheikhIbrahima Faty Mbacké, pour ne citer que ces plus distingués».

Autre mysticisme et marginalité. (lire: Islam, mysticisme et marginalité: les Baay Faal du Sénégal.) La légitimation identitaire des Bay Fall se confronte à une crise existentielle et socio-politique. Beaucoup de musulmans, mourides comme Baye Fall, critiquent le rejet du jeûne et de la prière ainsi l'amalgame de la divinisation du sheikh Ibrahim Fall pratiqué dans les zikrs.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Xavier Audrain, Baay Fall du temps mondial : individus modernes du Sénégal, mémoire de DEA d'Études africaines, Paris 1-La Sorbonne UFR de science politique, 2001-2002 [1]
  • Charlotte Pézeril, Islam, mysticisme et marginalité : les Baay Faal du Sénégal, L'Harmattan, Paris, 2008, 320 p. (ISBN 2296053572) [2]
  • Cheikh Tidiane Sy, La confrérie sénégalaise des mourides : un essai sur l'Islam au Sénégal, Présence Africaine, Paris, 1969, 350 p.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Le chant du Baye Fall, film documentaire tunisien de Taïeb Louhichi, Tanit productions, 1994, 20'

Liens externes[modifier | modifier le code]