Batrachomyomachia

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La Batrachomyomachia dans une traduction en allemand de 1878. Illustrateur : Fedor Flinzer (de), traducteur : Victor Blüthgen (de).

La Batrachomyomachia (en grec ancien Βατραχομυομαχία / Batrakhomuomakhía, littéralement « La Bataille des grenouilles et des rats ») est une épopée comique parodiant l'Iliade.

Elle compte 303 hexamètres dactyliques. Les vers 9 à 88 présentent des similitudes fortes avec la fable d'Ésope Le Rat et la grenouille. Elle fut largement attribuée, dans l'Antiquité[1], à Homère. Plutarque (De Herodoti malignitate, 43), lui, en fait l'œuvre d'un dénommé Pigrès d'Halicarnasse, frère d'Artémise Ire de Carie — datation beaucoup plus tardive (début du Ve siècle av. J.-C.). Certains indices laissent supposer que sa rédaction doit être située à l'époque hellénistique[2].

Son préambule déclare :

« En commençant ma première colonne, j'implore la ronde
Héliconienne de gagner mon cœur, afin que je chante !
Sur mes genoux, je viens de confier mon poème aux tablettes
— Lutte infinie, ouvrage d'Arès amateur de tumulte —
Et je prie les mortels de vouloir ouvrir leurs oreilles
Aux combats que les rats ont livrés parmi les grenouilles,
En imitant les travaux des Géants issus de la Terre... »
(trad. Philippe Brunet)

Si le poème commence bien par le traditionnel appel aux Muses, l'auditeur est invité non plus à entendre chanter un aède, mais à écouter quelqu'un lire. Pour le reste, l'œuvre parodie très étroitement l'Iliade, usant et abusant de l'épithète homérique, au point que deux des héros, Psicharpax (Ψιχάρπαξ / Psikhárpax, littéralement « Rognequignon ») et Physignathos (Φυσίγναθος / Phusígnathos, littéralement « Maxigoître ») se présentent l'un à l'autre comme le font Diomède et Glaucos lors du chant VI (v. 199-236).

Très appréciée au Moyen Âge et à la Renaissance, elle a été traduite en italien par Giacomo Leopardi, qui en a écrit des paralipomènes, et en français par Jean Boivin, Leconte de Lisle et récemment par Philippe Brunet en hexamètres dactyliques.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La tradition byzantine ainsi que les traditions médiévales l'attribuent aussi à Homère, généralement. Voir Pseudo-Homer, Theodoros Prodromos, Der Froschmäusekrieg. Der Katzenmäusekrieg (éd. et trad. Helmut Ahlborn), Berlin, Akademie-Verlag, Schriften und Quellen der alten Welt (22), 1978
  2. Selon Martin Litchfield West, les vers 78 et 79 font référence à l'épyllion Europa de Moschos, donnant donc un terminus post quem au IIe siècle av. J.-C. Voir M. L. West (éd. et trad.), Homeric Hymns. Homeric Apocrypha. Lives of Homer, Harvard University Press, 2003, p. 271.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Brunet, La Naissance de la littérature dans la Grèce ancienne, Paris, Le Livre de Poche, coll. « Références »,‎ (ISBN 2-253-90530-5) ;
  • Homère, Leopardi. La Batrachomyomachie, texte grec établi par Yann Migoubert et traduit par Philippe Brunet, éd. Allia, 1998.

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