Bateaux de croisière du lac d'Annecy

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La Libellule à Annecy, France, été 2004

Depuis l'an 1840, plus de vingt bateaux de croisières ont assuré le service de navigation publique et des croisières sur le lac d'Annecy.

À partir de 1840[modifier | modifier le code]

Acheté d'occasion à Lyon après une longue carrière sur le Rhône, tiré par attelage de bœufs depuis Aix-les-Bains jusqu'au lac, le Chérubin, vieux bateau-vapeur en bois, navigua de juillet 1840 à août 1844, pour un service de voyages (puissance 10 ch, 100 passagers). Il remorquait des barques à voile, embarquait une centaine de passagers et enfumait les rivages, pour le service de son propriétaire de Doussard, le capitaine Monin. En 1843, après une importante réparation le Chérubin rebaptisé le Dauphin reprend du service jusqu'en septembre 1844. Il n'avait pas de quille, sa coque était pourrie et le bateau finit par craquer sous le poids des ans. Le capitaine Monin partit s'installer en Algérie.

Le Lutin, bateau de plaisance et remorqueur en bois, navigua seulement en 1849.

En 1856, est lancée la Dame du Lac, grosse barque à voiles romaines, pour le transport de marchandises. Les autres barques à voiles romaines qui naviguent sur le lac se nomment l'Innocente, la Belle Étoile, la Charbonnière, la Céleste, la Grande Barque et la Lombarde. Une véritable flottille qui assure les transports du charbon des mines d'Entrevernes, du bois (planches, poutres et billes) de Doussard, du fer de Duingt et de Saint-Jorioz, des pierres des carrières de Talloires, des pavés plats de la carrière de Menthon, de la chaux de Cons-Sainte-Colombe, vers les industries et entreprises d'Annecy pour le prix de 1,625 franc la tonne. Mais ces barques étaient très lentes, une fois chargées et attelées de deux longs radeaux de bois, il leur fallait compter à peu près 18 jours pour relier le Bout du Lac à Annecy. Cette activité cessera avec la construction du chemin de fer d'Annecy à Faverges.

En septembre 1860, Napoléon III et son épouse naviguent sur le lac d'Annecy sur un bateau à vapeur alors nommé Le Savoie. Le couple impérial est acclamé par la population venue en grand nombre le long des berges.

À partir de 1861[modifier | modifier le code]

Le Couronne de Savoie, moyen bateau-vapeur en bois, offert par Napoléon III à la ville d'Annecy, après sa visite en septembre 1860, lors de laquelle le couple impérial fut ébloui par la beauté du lac. Le navire (32 m × 3,90 m, 30 tonnes, 24 ch, 400 passagers), navigua de juin 1861 à 1913. Il a été construit par les ateliers Armand de Bordeaux. Sa propriété et sa gestion étaient municipales et sept débarcadères furent construits au frais de l'État par les Ponts et Chaussées pour l'accueillir dignement, à Veyrier, Menthon, Talloires, Doussard, Duingt, Saint-Jorioz et Sevrier. À Annecy, le chenal du petit port est ouvert.

Le Roc de Chère, remorqueur de bois (20 m × 3 m, 10 tonnes, 10 ch), navigua à partir de 1863 et pouvait tirer plusieurs barques de marchandises.

En novembre 1863, le préfet Joseph Louis Ferrand publie le premier règlement de police, codifiant la navigation des bateaux de croisières et de transport de marchandises sur le lac. En 1864, une révision du règlement de police est publiée.

À partir de 1873[modifier | modifier le code]

La Compagnie de navigation du lac d'Annecy fut fondée au printemps 1873 par une poignée d'entrepreneurs locaux.

L’Allobroge, moyen bateau à hélices, premier à coque en fer (26 m × 4 m, 15 tonnes, 24 ch, 150 passagers), il navigua pour la CNLA depuis mai 1874 jusqu'en juillet 1900, et livra une farouche concurrence au Couronne de Savoie municipal : guerre de prix et des horaires et même bagarres entre équipages. En juillet 1900, il fut coulé à quai par des gamins qui avaient ouvert un robinet de vidange. En 1907 il fut vendu pour la ferraille.

À partir de 1886[modifier | modifier le code]

Le Mont-Blanc vers 1910

La Compagnie des bateaux à vapeur sur le lac d'Annecy est fondée en mai 1886 avec un capital de 120 000 francs et remplace la CNLA dissoute. La nouvelle compagnie récupère l’Allobroge, rachète le Couronne de Savoie pour 65 000 francs et lance en 1887 le Mont-Blanc.

Le Mont-Blanc, grand bateau à aubes (40,2 m × 9,20 m, 32 tonnes, 120 ch, 350 passagers), navigua à partir de juillet 1887 pour la CBLA. Il a été construit par la société Zurichoise Escher Wyss dans un hangar au lieu-dit La Puya. En décembre 1898, à cause du brouillard, il s'ensabla près du port de Sévrier.
C'est peut-être à lui qu'André Theuriet (1833-1907) fait référence dans son roman Deux sœurs (1889) : « Un brouillard montait des berges du lac et s'étendait comme une gaze légère sur les montagnes du fond. La paix du jour tombant n'était troublée que par le halètement du bateau à vapeur qui se rapprochait d'Annecy et dont on distinguait les feux rouges dans la brume »

La CBVA se développe bien, et les touristes affluent grâce au chemin de fer du P.L.M. avec qui elle met en place des croisières à prix réduits et leur proposant des séjours dans les plus beaux hôtels des rives du lac. Elle attire aussi les touristes d'Aix-les-Bains pour des excursions à la journée.

En 1896, la navigation sur le lac est considérée comme le moyen le plus sûr de déplacement. Cette année-là, le peintre Cézanne emprunte le Couronne de Savoie pour rejoindre Talloires son lieu de villégiature.

Lors de l'été 1899, le Roselet, petit bateau de croisière de 70 places, navigua pour une petite desserte, organisée par Léon Laydernier, entre la place aux bois à Annecy, le Grenier et l’hôtel Beau Rivage. Le coût du billet est de 20 centimes.

La CBVA lance le Ville d'Annecy, grand bateau à aubes (47 m × 10 m, 32 tonnes, 200 ch, 450 passagers, coût 165 000 francs), qui navigua de juin 1900 à 1960. Ce fut le premier bateau à être éclairé à la lumière électrique. Il a été construit au lieu-dit Le Grenier et baptisé par Mgr Philippe, évêque de Lari. En juillet 1900, l’Allobroge est coulé à quai par des gamins qui ont ouvert un robinet de vidange. Il est renfloué après beaucoup d'efforts.

Le Paris Lyon Méditerranée, petit canot de croisières (9 m × 2,10 m, 5 ch), navigua seulement 20 jours en été 1901, entre Duingt et Talloires. Cette opération organisée par Saturnin Favre à la demande de la compagnie P.L.M. « tomba à l'eau ».

À partir de 1907[modifier | modifier le code]

Le France à Annecy
Le vapeur France sur le lac vers 1910

En 1907, le vieil Allobroge est vendu pour la ferraille.

En 1908, la commune de Doussard mène une bataille pour que son débarcadère porte le nom de « Bout du Lac » en remplacement de « Lathuile », estimé trop préjudiciable à l'image de la commune.

En 1909, le France, construit par la société zurichoise Escher Wyss et le plus grand bateau de la CBLA (47,23 m × 12 m, 40 tonnes, 350 ch, 700/800 passagers grâce à son triple pont, 23 km/h, coût 250 000 francs), fut un des plus prestigieux bateaux à aubes du lac. Cependant, les connaisseurs s'aperçurent vite qu'il avait un petit air penché dû à une erreur de fabrication. Il navigua de mai 1909 à 1971, servit même de prison flottante en 1944, et coula mystérieusement un jour de l'hiver 1971. Le bateau repose désormais par 42 m de fond, au large de l’Impérial Palace.

En 1910, le président de la république Armand Fallières venu assister aux fêtes du cinquantenaire du rattachement de la Savoie à la France, effectue une croisière sur le France.

En 1912, la CBVA a désormais un capital de 400 000 francs.

En 1912, un autre petit bateau, la barque à voiles latines La Comète (47 tonnes), est remplacé par la barque L'Espérance (18 mètres).

En 1913, le vieux Couronne de Savoie est transformé en ponton lacustre ancré devant Menthon-Saint-Bernard. Pour le remplacer, la CBLA lance le Savoie, moyen bateau (30 m × 5,25 m, 130 tonnes, puissance 100 ch avec propulsion par hélices, 200 passagers) qui navigua de 1913 à 1940. Il a été construit par les Ateliers Auguste Normand du Havre.

À partir de 1950[modifier | modifier le code]

  • Le Mont-Veyrier, petit bateau (17,70 m × 3,50 m 1950, 22,5 tonnes, puissance 130 ch, 80 passagers), est mis en service en 1950.
  • Le Fier, moyen bateau (26 m × 4,50 m, 45,5 tonnes, puissance 225 ch), navigua de 1953 à 1981.
  • Le Téléphérique, premier petit bateau à coque en alliage léger (9 m × 2,80 m, 106 ch, 35 passagers), navigua de 1964 à 1970.
  • Un jour de l'hiver 1971, le vieux France coule mystérieusement. Son épave qui repose au fond du lac attire depuis les plongeurs passionnés.

À partir de 1963[modifier | modifier le code]

Le Libellule à Annecy, automne 2006
  • La Belle Étoile, moyen bateau à coque en acier (30 m × 6,20 m, 30 tonnes, 360 ch, 200 passagers) a été mis en service le 8 mai 1963.
  • Le Savoie, moyen bateau à coque en acier (30 m × 6,20 m, 30 tonnes, 360 ch, 200 passagers) a été mis en service le 10 mai 1965.
  • Le Bel Indifférent, petit bateau (14 m × 4,10 m, 105 ch, 200 passagers)
  • Le Libellule, grand catamaran de croisières (60 m × 12 m, 2x210 ch, 595 passagers) a été mis en service en 1984. Il s'agit du plus important bateau mis en service sur le lac d'Annecy. Le but de son initiateur, André Paccard, et du président de la compagnie des bateaux, Philippe Thevenet, était de mettre en service un bateau réellement adapté au lac d'Annecy. Il a été construit aux "Ateliers et Chantiers Navals de Chalon sur Saône puis assemblé en près d'un an par des entreprises locales. L'inauguration a eu lieu le 28 mai 1984 avec comme parrain, l'acteur Jean-Claude Brialy, et comme marraine, la comédienne Marie-José Nat qui s'y reprit par trois fois avant de casser la bouteille de champagne. Le réalisateur Claude Chabrol était aussi présent. Un disque événement avec une chanson sur le bateau et une autre sur le lac a été vendu en 50 000 exemplaires. En 2008, il a été rénové et modernisé pour 780 000 euros (2 × 240 ch, 630 passagers).
  • Le Thiou, petit bateau à coque d'acier (18,15 m × 4,10 m, 158 ch, 60 passagers) a été mis en service en 1985.
Le Cygne, juin 2012
  • Le Cygne, catamaran de croisières (30 m x 7,50 m, 2x240 ch, 200 passagers) a été mis en service en 1992.
  • L’Allobroge, moyen bateau à coque métallique (30 m × 6,20 m, 30 tonnes, 300 ch, 200 passagers) a été mis en service en 1996; il naviguait entre 1965 et 1995 sur la Moselle au départ de Metz, sous le nom de Val de Metz.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • En partie, Annecy et son lac autrefois, de Michel Germain et Gilbert Jond, éd. La Fontaine de Siloé.