Bataille du Mincio (1814)

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Bataille du Mincio
Carte du théâtre des opérations
Carte du théâtre des opérations
Informations générales
Date 8 février 1814
Lieu Sur les bords du Mincio (Italie du Nord)
Issue Victoire franco-italienne
Belligérants
Drapeau de l'Empire français Empire français
Flag of the Napoleonic Kingdom of Italy.svg Royaume d'Italie
Flag of the Habsburg Monarchy.svg Empire d'Autriche
Commandants
Eugène de Beauharnais Heinrich Johann de Bellegarde
Forces en présence
30 000 hommes[1] 35 000 à 36 000 hommes[2]
Pertes
2 500 tués, blessés ou prisonniers de guerre[3] 509 tués, 2 199 blessés et 1208 disparus ou prisonniers de guerre[2]
Sixième coalition
Batailles
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Campagne d'Allemagne (1813)
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Campagne de France (1814)

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Front italien : Trieste · Mincio

La bataille du Mincio, qui se déroule le 8 février 1814, oppose l'armée franco-italienne commandée par le vice-roi Eugène de Beauharnais et l'armée autrichienne sous les ordres du feld-maréchal Heinrich Johann de Bellegarde sur les rives du Mincio. Elle se solde par une victoire française, ce qui permet au vice-roi d'arrêter sa retraite vers les Alpes.

Contexte[modifier | modifier le code]

Lors de la campagne de Russie, Eugène de Beauharnais commande le corps italien et se couvre de gloire aux batailles de la Moskova et de Maloïaroslawetz. Lorsque Napoléon Ier rentre à Paris d'urgence à la fin de 1812, il laisse le commandement des restes de la Grande Armée à son beau-frère et roi de Naples Joachim Murat ; mais celui-ci quitte l'armée pour son royaume le 16 janvier 1813 et c'est Eugène qui conduit la retraite de Poznań à l'Elbe. Il fait montre à cette occasion d'un réel sens stratégique mais ne peut sauver les restes du corps italien.

C'est donc une armée peu aguerrie et privée de cadres expérimentés qui est reconstituée pour défendre le royaume d'Italie. La situation stratégique est délicate. Au nord-est, le feld-maréchal de Bellegarde avance à la tête d'une armée autrichienne, tandis qu'au sud, Murat déclare en janvier 1814 la guerre à Napoléon, investit les anciens états pontificaux et s'établit à Bologne. En France, la campagne de Napoléon est délicate et il demande à son fils adoptif d'abandonner l'Italie, pour lui apporter en renfort l'armée franco-italienne. Eugène, craignant une défection des troupes italiennes, refuse et établie une ligne de défense sur le Mincio après avoir renoncé à défendre la ligne de l'Adige.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Dans son quartier général de Villafranca, Bellegarde estime le 7 février que les français sont en retraite et décide de franchir le Mincio le lendemain à Borghetto. Eugène devinant la manœuvre laisse audacieusement sur la rive droite le seul général Verdier à la tête d'environ un tiers de l'armée dont la division Fressinet et traverse le Mincio à Goito et Mantoue. Il remonte vers le nord et accroche les autrichiens de la division Merville en train de traverser la rivière à Pozzolo. Durant toute la journée, la plaine de Roverbella est le théâtre d'offensives et de contre-offensives qui voient la division Merville progressivement écrasée.

Devant la situation difficile de son lieutenant, Bellegarde fait retraverser la majeure partie de ses troupes, ce qui permet à Verdier, qui s'était replié en ordre jusqu'à Monzambano de reprendre l'offensive et d'atteindre le Mincio dans la soirée.

Les troupes autrichiennes profitent de la nuit pour retraiter jusqu'à Valeggio, et le 9 au matin, l'armée franco-italienne repasse sur la rive droite.

Conséquence[modifier | modifier le code]

La bataille marque la fin des opérations d'envergures sur le théâtre italien. Les autrichiens reculent jusqu'à Vérone et l'Adige et Bellegarde ne lance plus d'offensive. Lorsqu'arrive la nouvelle de l'abdication de l'Empereur, Eugène espère encore pouvoir conserver le Royaume d'Italie pour lui. Il signe le 16 avril la convention de Schiarino-Rizzino (it) qui organise le départ des troupes françaises mais permet au royaume de conserver ses garnisons dans les territoires non conquis par les autrichiens. Mais l'insurrection de Milan le 20 avril entraîne la chute du Royaume d'Italie (it), obligeant Eugène à capituler le 23 avril par le traité de Mantoue (en) et à partir pour Munich, tandis que les troupes autrichiennes entrent dans l'ancienne capitale italienne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alain Pigeard, Dictionnaire de la Grande Armée, Tallandier,‎ septembre 2002 (ISBN 2-84734-009-2), p. 713
  2. a et b Maurice-Henri Weil, Le Prince Eugène et Murat (1813-1814), Fontemoing,‎ 1902
  3. D'après Eugène cité par Alain Pigeard.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Vacani, La bataille du Mincio, Milan, Pagnoni,‎ 1857, 46 p. (lire en ligne)