Bataille des îles Échinades (1427)

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Bataille des îles Échinades
Informations générales
Date 1427
Lieu îles Échinades
Issue Victoire byzantine décisive
Belligérants
Byzantins Possessions de Carlo Ier Tocco
Commandants
Léontarios Torno
Pertes
Inconnues De nombreux navires capturés et beaucoup de marins tués. 150 prisonniers
Guerres byzantino-latines
Batailles
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La bataille des îles Échinades se déroule en 1427 à l'ouest des côtes grecques entre la flotte de Carlo Ier Tocco et la marine byzantine. La bataille est une victoire byzantine décisive, la dernière dans l'histoire maritime de l'empire[1]. Elle permet à ce dernier de consolider ses positions dans le Péloponnèse en étendant le despotat de Morée.

Prélude[modifier | modifier le code]

Au début du XVe siècle, la péninsule du Péloponnèse est divisée en trois : la principauté latine d'Achaïe dirigée par Centurione Zaccaria au nord et à l'ouest, le despotat byzantin de Morée dirigé par Théodore II Paléologue au sud et à l'est, et les villes d'Argos, Nauplie, Coron et Modon appartenant à la République de Venise. Les Byzantins tentent activement de conquérir la principauté latine mal en point alors que la menace ottomane sans cesse croissante menace l'ensemble des territoires grecs ou latins de la péninsule[2],[3]. Carlo Tocco, le dirigeant du Comté palatin de Céphalonie et Zante, de Leucade et du Despotat d'Épire profite de la lutte entre la principauté d'Achaïe et les Byzantins pour étendre ses domaines dans le Péloponnèse. En 1407-1408, ses troupes prennent et pillent la forteresse de Glarentza au nord-ouest de la péninsule ; celle-ci est ensuite récupérée provisoirement par Zaccaria, puis rachetée en 1421 par Tocco à un aventurier italien qui l'avait capturée[4].

En février 1423, une trêve fragile est négociée entre Zaccaria, Tocco et les Byzantins par les Vénitiens. Ces derniers souhaitent créer un front commun contre les Ottomans[5] mais sans pouvoir empêcher un raid ottoman dans la péninsule mené par Turahan Beg à l'été 1423. En outre, le despote Théodore II Paléologue pille les territoires vénitiens et parvient même à capturer Centurione Zaccaria en juin 1424[6]. Les Byzantins semblent se contenter de laisser Tocco seul. Toutefois, la guerre entre les deux pouvoirs est déclenchée en 1426 quand les forces de Tocco s'emparent du bétail des bergers albanais (sujets de Théodore) lors de la migration annuelle depuis les hautes terres byzantines vers la plaine d'Élis[7].

Bataille et conséquences[modifier | modifier le code]

L'empereur byzantin Jean VIII Paléologue se rend personnellement dans le Péloponnèse tandis que les forces byzantines assiègent Glarentza par terre et par mer. Tocco rassemble une flotte dans ses territoires des îles Ioniennes et de l'Épire. En outre, il reçoit l'aide de vaisseaux marseillais. La flotte est placée sous le commandement de son fils illégitime Torno. La flotte byzantine est dirigée par Léontarios (probablement Démétrius Lascaris Léontarios) et rencontre les Latins près des îles Échinades. La plupart des navires latins sont capturés et de nombreux marins sont tués tandis que 150 sont faits prisonniers. Torno parvient de justesse à s'échapper[8],[9]. La victoire est mentionnée dans un long panégyrique à Manuel II Paléologue et à son fils Jean VIII qui est aussi la principale source d'information à propos de la bataille.

Cette défaite met fin aux ambitions de Tocco sur le Péloponnèse. À la suite d'un arrangement négocié, Constantin Paléologue (le futur Constantin XI) se marie à Maddalena Tocco, la nièce de Carlo. En outre, il reçoit les domaines de Tocco dans le Péloponnèse comme dot[9]. Menant des opérations militaires à partir des anciens domaines de Tocco et sous la direction de Constantin, les Byzantins réduisent peu à peu les derniers territoires de la principauté d'Achaïe. Patras tombe en mai 1430, et en 1432 Constantin et ses frères déposent les derniers seigneurs latins. Les Byzantins contrôlent à nouveau l'ensemble de la péninsule à l'exception des possessions vénitiennes[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Setton 1978, p. 19
  2. Miller 1908, p. 384-386
  3. Setton 1978, p. 1-12
  4. Setton 1978, p. 13
  5. Setton 1978, p. 13-15
  6. Setton 1978, p. 16-17
  7. Setton 1978, p. 18
  8. Setton 1978, p. 18-19
  9. a et b Nicol 2010, p. 191
  10. Miller 1908, p. 388-392

Sources[modifier | modifier le code]

  • Donald MacGillivray Nicol, The Despotate of Epiros 1267-1479 : A Contribution to the History of Greece in the Middle Ages, Cambridge, Cambridge University Press,‎ 2010 (ISBN 978-0-521130899).Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Kenneth Setton, The Papacy and the Levant (1204-1571), vol. 2, t. 2 : The Fifteenth Century, Philadelphie, Pennsylvania : The American Philosophical Society,‎ 1978 (ISBN 0-87169-127-2)
  • (en) William Miller, The Latins in the Levant, a History of Frankish Greece (1204-1566), New York, E. P. Dutton and Company,‎ 1908
  • Denis Zakythinos, Le Despotat grec de Morée, vol. 2 : Vie et institutions, Athènes, L'Hellénisme contemporain,‎ 1953