Bataille de la route de La Corogne

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Bataille de la route de La Corogne
Carte de l'Espagne en novembre 1936, au début de la bataille de la route de La Corogne
Carte de l'Espagne en novembre 1936, au début de la bataille de la route de La Corogne
Informations générales
Date du 29 novembre 1936 au 15 janvier 1937
Lieu Madrid, Espagne
Issue Indécise
Belligérants
Flag of Spain (1931 - 1939).svg République espagnole
Flag of the International Brigades.svg Brigades internationales
Bandera del bando nacional 1936-1938.svg Camp nationaliste
Flag of Italy (1861-1946).svg Royaume d'Italie (CTV)
Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Commandants
José Miaja
Luis Barceló
El Campesino
Cipriano Mera
Gustavo Durán
José Enrique Varela
Luis Orgaz Yoldi
Sáenz de Buruaga
Fernando Barrón Ortiz
Francisco García Escámez
Forces en présence
20 000 hommes 17 000 hommes
Pertes
env. 15 000 morts ou blessés env. 15 000 morts ou blessés
Guerre d'Espagne
Coordonnées 40° 26′ 27″ N 3° 48′ 53″ O / 40.44083333, -3.8147222240° 26′ 27″ Nord 3° 48′ 53″ Ouest / 40.44083333, -3.81472222  

On désigne sous le nom de bataille de la route de La Corogne un ensemble de combats qui ont été livrés lors du siège de Madrid entre les forces nationalistes et les troupes républicaines. Les opérations se déroulèrent entre le 29 novembre 1936 et le 15 janvier 1937, près de la route de La Corogne, à l'ouest de Madrid.

Contexte[modifier | modifier le code]

Conditions stratégiques[modifier | modifier le code]

La bataille de Madrid, en novembre 1936, avait amené les deux armées à camper sur leurs positions, les républicains ayant réussi à empêcher les nationalistes de prendre la ville, mais sans pouvoir les repousser plus loin que les faubourgs à l'ouest et au sud de la capitale espagnole. Leur situation était d'autant plus inconfortable que les républicains, à Pozuelo et à la Cité universitaire, les attaquaient inlassablement, en particulier dans le secteur de Casa de Campo.

Les franquistes se résolurent alors à une opération de grande envergure. Le but était de d'avancer sur la route de La Corogne à la hauteur d'Aravaca, afin de bénéficier d'une position dominante sur tout la rive du Manzanares et de couper par la même occasion les lignes de communication entre Madrid et le reste de l'Espagne.

Forces en présence[modifier | modifier le code]

Première offensive[modifier | modifier le code]

Lors de la première offensive participèrent au combat un nombre plus réduit d(hommes que dans les semaines suivantes.

Les nationalistes créèrent trois colonnes et un groupement d'artillerie, soit 7 000 regulares et légionnaires, tous placés sous le commandement du colonel Francisco García Escámez :

  • la colonne de Ventorro del Cano, menée par le lieutenant-colonel Siro Alonso, chargée de fournir le principal effort et d'attaquer Pozuelo, et de tenir Boadilla del Monte et Aravaca ;
  • la colonne de Caballería, menée par le lieutenant-colonel Marcelino Gavilán, chargée de couvrir son flanc gauche, devait avancer par la même route ;
  • la colonne de la Casa de Campo, menée par le lieutenant-colonel Bartoméu, chargée du flanc droit, devait attaquer par Casa de Campo et Húmera.

Du côté républicain, le secteur de Pozuelo était défendu par la 3e brigade du commandant José María Galán. Elle était composée d'environ 3 200 hommes dans les derniers jours de novembre.

Seconde et troisième offensive[modifier | modifier le code]

Combats[modifier | modifier le code]

Première offensive (29 novembre - 3 décembre 1936)[modifier | modifier le code]

Le 29 novembre, les nationalistes lancèrent leur première attaque, qui surprit les républicains. Ils avancèrent jusqu'aux portes de Pozuelo, grâce à l'avancée de la colonne du lieutenant colonel Siro Alonso sur 5 kilomètres. L'aile gauche, menée par le lieutenant-colonel Marcelino Gavilán avança au même rythme, tout comme la colonne du lieutenant-colonel Bartoméu, qui atteignit le sud de Húmera. À la fin de la journéé, les troupes rebelles furent cependant freinées, à Pozuelo comme à Húmera, la 3e brigade républicaine résistant bien aux assauts ennemis, malgré l'infériorité numérique et le manque d'artillerie. Son chef, José María Galán, fut blessé cependant, et remplacé par le capitaine Emeterio Jarillo.

Le 30 novembre, la 3e brigade républicaine fut renforcée par l'arrivée de quatre bataillons, dont un était issu des brigades internationales. La résistance s'organisa autour des nombreuses résidences d'été que comptait Pozuelo. Cela n'empêcha pas les franquistes d'attaquer inlassablement le secteur, sans résultat effectif.

Le 1erdécembre et le lendemain, les républicains passèrent à la contre-offensive, d'abord dans le secteur de Casa de Campo, puis à Pozuelo. Recevant l'appui de chars, ils arrivèrent à récupérer le terrain perdu au sud de Pozuelo, et empêchant la reprise de toute action significative des nationalistes à Húmera le 3 décembre. Ne pouvant pas rester sur cette position instable, les nationalistes furent poussés à lancer une nouvelle offensive.

Deuxième offensive (14 décembre - 23 décembre 1936)[modifier | modifier le code]

José Enrique Varela attaqua la route de la Corogne à la mi-décembre. Deux semaines plus tard, aux premiers jours de janvier, il en tenait une portion de 11 kilomètres.

Troisième offensive (3 janvier - 15 janvier 1937)[modifier | modifier le code]

Les républicains contre-attaquèrent avec le soutien des brigades internationales.

Ayant reçu suffisamment de renforts, les franquistes reprirent leur offensive le 3 janvier 1937. Le flanc droit des républicains fut enfoncé, les nationalistes parvenant à couper la route de La Corogne, mais le flanc gauche résista, en particulier à Pozuelo. L'usage intensif de l'artillerie franquiste provoqua de lourdes pertes dans le camp adverse, ce qui força les forces du 5e régiment de Juan Modesto à se replier.

Le gébéral José Miaja réagit vivement en faisant désarmer les hommes qui reculaient, et envoya à leur place les brigadistes de la XIIe brigade et les soldats de la brigade de Líster. Quant à la XIVe brigade internationale, basée à Cordoue, elle fut placée sur le front madrilène à Las Rozas de Madrid. Le 7 janvier, le bataillon Thälmann défendit ce village au prix de lourdes pertes - seuls 35 survivants en revinrent.

A la mi-janvier, les deux camps, épuisés, arrêtèrent les combats dans la zone. Le front se stabilisa.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Les pertes des deux armées furent particulièrement élevées, comme lors des affrontements à Las Rozas de Madrid. Les républicains finirent par reconquérir plusieurs villages à l'ouest de Madrid, comme Majadahonda, Villanueva, Pozuelo et Boadilla. L'étau franquiste sur Madrid se relâcha un peu.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Antony Beevor (trad. Jean-François Sené), La Guerre d'Espagne, Paris, Le Livre de Poche,‎ 2008 (ISBN 978-2-253-12092-6).
  • (fr) Thomas (Hugh), La guerre d'Espagne, Robert Laffont, Paris, 1997 (ISBN 2-221-08559-0)
  • (es) Bande Martínez (José Manuel), La lucha en torno a Madrid en el invierno 1936-1937, éd. San Martín, Madrid, 1984 (ISBN 84-7140-214-9)
  • (es) Martínez Reverte (Jorge), La batalla de Madrid, Colección Booket, 2007 (ISBN 978-84-8432-871-1).