Bataille de la baie de Milne

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Bataille de la baie de Milne
Soldats australiens peu après la bataille de la baie de Milne.
Soldats australiens peu après la bataille de la baie de Milne.
Informations générales
Date -
Lieu baie de Milne, Territoire de Nouvelle-Guinée
Issue Victoire alliée
Belligérants
Drapeau de l'Australie Australie
États-Unis États-Unis
Drapeau : Japon Empire du Japon
Commandants
Cyril Clowes Nishizo Tsukahara
Minoru Yano
Masajiro Hayashi
Minoru Yano
Forces en présence
9 000 hommes (dont la moitié de non combattants) 1 800 hommes + 350 non combattants
Pertes
environ 170 morts 625 tués[1]
Seconde Guerre mondiale,
Guerre du Pacifique
Batailles
Campagne de Nouvelle-Guinée
Rabaul - Salamaua–Lae (1) - Mer de Corail - Buna-Gona (1) - Piste Kokoda - Baie de Milne - Goodenough - Buna-Gona (2) - Wau - Mer de Bismarck - I-Go - Salamaua–Lae (2) - Cartwheel - Monts Finisterre - Péninsule Huon - Bougainville - Nouvelle-Bretagne - Îles de l'Amirauté - Emirau - Take Ichi - Nouvelle-Guinée occidentale - Aitape–Wewak

La bataille de la baie de Milne (opération RE) a été une bataille de la campagne de Nouvelle-Guinée, théâtre de la guerre du Pacifique durant la Seconde Guerre mondiale. Les troupes japonaises ont attaqué la base australienne de la baie de Milne, à la pointe orientale de la Nouvelle-Guinée le et les combats ont continué jusqu'à ce que les Japonais se retirent le . Cependant la résistance armée ne s'est terminée que le . Ce fut la première bataille de la campagne du Pacifique dans laquelle les troupes alliées infligèrent une défaite décisive aux forces terrestres japonaises, les forçant à se retirer et abandonner complètement leur objectif.

Les Japonais espéraient obtenir une base aérienne et navale pour fournir un soutien aérien et naval à la campagne japonaise de la piste Kokoda pour prendre Port Moresby en Nouvelle-Guinée en s'emparant des aérodromes nouvellement construits à Milne Bay.

Les forces japonaises avaient connu des échecs locaux auparavant : leur première attaque sur Wake avait été repoussée et les troupes américaines avaient vaincu les Japonais à Guadalcanal à la bataille de Tenaru, quatre jours avant que la bataille de la baie de Milne ne commence. Mais à la différence de la baie de Milne, ces actions n'ont pas donné lieu au retrait complet du Japon et à l'abandon de la campagne militaire.

Forces en présence[modifier | modifier le code]

Tank japonais type 95, le 1er octobre 1942.

En fait, c'est l'élite de l'infanterie de marine japonaise, connue sous le nom de Kaigun Rikusentai (海軍特別陸戦隊 Forces spéciales de débarquement japonaises (FSDJ)), plutôt que l'armée impériale japonaise qui attaqua les forces alliées à la baie de Milne. Le haut commandement japonais avait engagé environ 850 soldats d'infanterie de la 5e FSDJ dirigés par le commandant Shojiro Hayashi, une compagnie de la 5e FSDJ, dirigée par le lieutenant Fujikawa, la 10e force navale de débarquement et le 2e groupe aéroporté avec 350 personnes non-combattantes du 16e Groupe de construction navale. La force japonaise a d'abord été commandée par le commandant Shojiro Hayashi.

Les Alliés, commandés par le major-général australien Cyril Clowes, avaient à défendre trois pistes d'atterrissage stratégiquement importantes. Les soldats étaient constitués de la 18e brigade d'infanterie de la 7e division australienne, la 7e Brigade, une formation de la milice, les compagnies A, C et un peloton de la compagnie E de la 14e Brigade du 55e bataillon, la 9e batterie des 2/3e Régiment de défense anti-aérienne, la 709e batterie américaine de défense antiaérienne et la 9e batterie du 2/5e Field Regiment. En outre, une partie du Corps des ingénieurs de l'armée des États-Unis, le 46e Régiment du génie, était déployée sur place pour construire des aérodromes.

Bien que les forces alliées aient compté 8 824 personnes, seules environ 4 500 étaient affectées dans l'infanterie. Les Japonais ont bénéficié d'un avantage important en disposant de chars légers que les Alliés n'avaient pas déployé. Les Japonais avaient aussi le contrôle complet de la mer pendant la nuit, permettant leur renforcement et leur évacuation si besoin. Toutefois, les escadrilles no 75 et 76 de la Royal Australian Air Force, volant sur P-40 Kittyhawk ainsi que les Hudson du groupe no 1 de la baie de Milne ont joué un rôle crucial dans la lutte acharnée qui se déroula sur place, avaient un avantage incontesté dans la journée.

La bataille[modifier | modifier le code]

Carte montrant les mouvements de troupes australiens et japonais pendant la bataille de la baie de Milne.

À partir du , des avions japonais commencèrent à bombarder la baie de Milne en vue de leur débarquement.

La principale force d'invasion japonaise quitta Rabaul, le 24 août. La flotte comprenait deux croiseurs légers, Tenryu et Tatsuta, trois destroyers, Urakaze, Tanikaze et Hamakaze, les transports de troupes Nankai Maru et Kinai Maru et deux chasseurs de sous-marin sous les ordres du contre-amiral Mitsaharu Matsuyama.

Le 25 août, le quartier-général de la baie de Milne fut alerté par un bombardier australien Hudson de l'île de Kitava dans les îles Trobriand et par les Coastwatchers de la présence d'un convoi de six escorteurs et de trois transports de troupes japonais s'approchant du secteur de la baie de Milne. Le HMAS Arunta et le transporteur SS Tasman quittèrent la région de la baie de Milne pour Port Moresby après avoir appris l'arrivée de la force d'invasion. Des avions australiens mitraillèrent le convoi et tentèrent de bombarder les navires de transports, avec des bombes de 250 livres près de Rabi Island. Le convoi n'eut que des dégâts limités et pas un seul navire ne fut coulé. Lorsque la nuit approcha, les avions retournèrent à leur base.

Le deuxième convoi de troupes d'invasion, parti de Buna, un village de la Province nord était composé de 350 marins de la 5e FSDJ Sasebo, dirigés par le commandant Tsukioka, s'échoua sur l'île Goodenough, après avoir vu ses barges détruites par les P-40 de l'escadrille australienne no 75. Il était prévu initialement que le second convoi débarquerait à Taupota, traverserait la chaîne de Stirling et attaquerait par l'arrière les défenseurs de la baie de Milne.

En raison de l'attaque de leur convoi, les Japonais ne purent débarquer leurs troupes à Rabi, près de la base aérienne de la baie de Milne, comme prévu. À 11 h 30, le 25 août, les Japonais débarquèrent 1 150 soldats et deux tanks Type 95 Ha-Go[2] à Ahioma sur la rive nord de la baie de Milne, à onze kilomètres à l'est de leur zone de débarquement prévue.

La compagnie D du 61e Bataillon fut faite prisonnière à proximité du site de débarquement à Ahioma, en essayant de se replier sur la mission KB au cours d'une petite escarmouche. Les lougres Bronzewing et Elevala furent fortement endommagées mais la vedette Dadosee réussit à s'échapper.

À l'aube du 26 août, les Japonais avaient atteint la position principale de la compagnie B du 61e Bataillon autour de la Mission KB. Les Japonais subirent un sérieux revers lorsque leur base fut attaquée à l'aube par les Curtiss P-40 et un Hudson, ainsi que par les B-25s, B-26 et B-17 de la 5e US Air Force, tuant un certain nombre de soldats ennemis, détruisant leurs approvisionnements et un certain nombre de péniches de débarquement échouées près de la mission KB. La destruction des barges de débarquement empêcha leur utilisation pour déborder les bataillons australiens. La base des Curtiss P-40 était très proche des lieux de combat permettant aux avions de mitrailler les positions japonaises très peu de temps après leur décollage.

Une contre-attaque du 61e Bataillon repoussa les Japonais de la mission KB, mais après six heures de combats intenses, la 61e Division se retira derrière la rivière Gama. Le 61e Bataillon eut 15 tués, 14 blessés et quelques disparus, et le 25e Bataillon, 3 morts et 2 disparus.

Le 2/10e bataillon d'infanterie reçut du général Cyril Clowes l'ordre de traverser la rivière Gama et se lança à l'offensive. Toutefois, il eut à faire face aux chars japonais légers et essaya de les rendre inoffensifs avec des bombes collantes qui ne purent tenir à cause des conditions d'humidité sous les tropiques. Les troupes japonaises appuyées par les chars infligèrent des pertes sévères aux Australiens qui eurent 43 personnes tuées et 26 blessées. Le Bataillon fut contraint de se retirer au nord de Turnbull Field au sud de la bande de Kilarbo, le 27 août 1942. L'aéroport de Turnbull Field était en cours de construction par le 46e Régiment du génie à l'époque. Le 25e Bataillon put contenir l'avancée japonaise et une accalmie de deux jours s'ensuivit.

Le 29 août, des renforts japonais furent débarqués composés de 768 hommes du 3e FSDJ Kure et du 5e FSDJ Yokosuka, sous le commandement de Minoru Yano, qui succéda à Hayashi. Les navires de guerre du convoi bombardèrent les positions alliées à Gili Gili tout en déchargeant leurs renforts. Les chars légers furent découverts le 30 août par une patrouille australienne près de Rabi enlisés et abandonnés.

Le 31 août à 3 h 00 du matin, trois attaques suicides furent repoussées à Turnbull Field par des tirs de mitrailleuses et de mortier des 25e et 61e bataillons ainsi que le 46e Régiment du génie et le 2/5e Régiment d'artillerie.

Le 2/12e Bataillon lança une contre-offensive à 9 h 00 h du matin le 31 août et repoussa les forces japonaises le long de la côte nord de la baie de Milne. Il fut rejoint par le 2/9e bataillon le 3 septembre et se trouvèrent devant une résistance japonaise significative le 4 septembre. L'avance d'une peloton du bataillon 2/9e était bloquée par le feu de trois postes de mitrailleuses japonaises. Le caporal John French proposa que les autres membres du peloton aillent se mettre à l'abri en attendant qu'il détruise les mitrailleuses à la grenade. French détruisit les deux premières et attaqua ensuite la troisième position avec sa mitraillette. Lorsque les tirs japonais eurent cessé, le peloton australien avança pour trouver les mitrailleurs tués et French mort en face de la troisième position. La Croix de Victoria lui fut décernée à titre posthume.

Le retrait japonais[modifier | modifier le code]

Le 5 septembre, le haut commandement japonais ordonna la retraite. Le 6 septembre, l'offensive australienne atteignit le camp principal de la force de débarquement japonaise. Le 2/9e Bataillon avait eu 30 tués et 90 blessés, le Bataillon 2/12e 35 morts et 44 blessés.

Trois Beaufighters de l'escadrille no 30 et six Beauforts de l'escadrille no 100 arrivèrent à la baie de Milne le 6 septembre 1942 pour fournir un appui supplémentaire contre les débarquements et assurer des missions anti-navires. Dans la nuit du 6 septembre, le croiseur léger japonais Tatsuta, affecté à évacuer les troupes japonaises après leur défaite, bombarda les quais de Gili Gili et coula le navire marchand chinois MV Anshun.

Dans la nuit du 7, les navires de guerre japonais bombardèrent des positions plus à terre. Les patrouilles de soldats australiens traquèrent et tuèrent les troupes japonaises qui essayaient de regagner Buna par voie terrestre.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Selon les chiffres officiels, 311 Japonais furent tués dont 301 disparus au combat. La marine japonaise évacua 1318 personnes. Sur les 534 victimes australiennes, 161 ont été tuées ou portées disparues en action. Les forces américaines ont perdu 14 personnes tuées et plusieurs blessés graves.

Les Japonais commirent des crimes de guerre lors de cette bataille notamment l'assassinat de prisonniers de guerre et civils. Aucun des 39 soldats australiens capturés par les Japonais ne survécut. Tous furent tués et certains même mutilés. En outre, au moins 59 civils ont été assassinés. Ces événements ont été documentés par la Commission royale Webb en Australie après la guerre.

L'effet sur le moral de tous les militaires alliés en Asie et dans le Pacifique fut important, surtout pour les autres Australiens luttant contre l'arrière-garde japonaise sur la piste de Kokoda, les marines américains menant en même temps la bataille de Guadalcanal et les troupes de la 14e armée de William Slim qui battaient en retraite en Birmanie.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bullard, p. 153.
  2. Lundstrom, Guadalcanal Campaign, p. 168.