Bataille de la Vuelta de Obligado

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Bataille de la Vuelta de Obligado
Bataille d'Obligado (Manuel Larravide (1871-1910)
Bataille d'Obligado (Manuel Larravide (1871-1910)
Informations générales
Date 20 novembre 1845
Lieu sur le fleuve Parana
Issue victoire à la Pyrrhus franco-britannique sur l'Argentine
Belligérants
France
Royaume-Uni
Argentine
Commandants
capitaine de vaisseau François Thomas Tréhouart
Samuel Inglefield
général Lucio Norberto Mansilla
Forces en présence
France: 5 navires
Royaume-Uni: 6 navires
Argentine : 2.000 hommes
Pertes
France: 8 tués, 72 blessés
Royaume-Uni: 9 tués, 24 blessés[1]
Argentine : 650 morts
Coordonnées 33° 35′ 32″ S 59° 48′ 27″ O / -33.5921, -59.80742533° 35′ 32″ Sud 59° 48′ 27″ Ouest / -33.5921, -59.807425  

Géolocalisation sur la carte : Argentine

(Voir situation sur carte : Argentine)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de la Vuelta de Obligado.

La bataille de la Vuelta de Obligado ou bataille d'Obligado, qui oppose l'Argentine à une escadre mixte anglaise et française, a lieu le 20 novembre 1845, dans les eaux du fleuve Parana, sur sa rive droite et au nord de la province de Buenos Aires, à un virage connu sous le nom Vuelta de Obligado où le chenal se rétrécit.

Histoire[modifier | modifier le code]

Vers la moitié du XIXe siècle les États-Unis sont intervenus contre le Mexique et annexent le Texas, privant ainsi l’Angleterre et la France d'une source d’approvisionnement importante, principalement du coton qui y était cultivé.

Les deux nations ont alors conclu une alliance pour intervenir militairement en Amérique du Sud afin d’y imposer leurs intérêts commerciaux.

L’intention était d'obliger la « libre navigation » du Rio de la Plata et de ses affluents (Paraná et Uruguay) et de transformer Montevideo en une base commerciale pour les deux puissances. Le 20 novembre 1845, un convoi commercial de quatre-vingt-dix navires marchands escortés par 5 navires de guerre français et 6 anglais, équipés d'un armement lourd des plus modernes, remonta la Rivière Paraná en refusant de reconnaitre la souveraineté de l'Argentine sur la rivière[2].

La principale défense argentine se trouvait dans un coude appelé la « Vuelta de Obligado » au nord de la ville de San Pedro. Là, Juan Manuel de Rosas, Gouverneur de la province et le Général Mansilla ont préparé la défense en barrant le Paraná d'une côte à l'autre avec 24 grandes chaloupes et trois lourdes chaînes pour empêcher le passage des bateaux ennemis. Les abords étaient occupés par deux mille hommes retranchés équipés de petits canons répartis le long des côtes.

plan de la bataille

Les flottes européennes livrent le combat avec leur artillerie très supérieure et les argentins sont facilement vaincus. Mais c’est une victoire à la Pyrrhus. La flotte ne pouvant franchir le barrage doit faire demi-tour.

Elle établira alors un blocus qui durera jusqu’au 24 novembre 1849. Les nouvelles des pertes commerciales endurées par le convoi et les récits de la détermination des argentins sont arrivées jusqu’en Europe, où les détenteurs de bons de dette argentine réclament la fin de l’intervention.

Devant cette situation, les gouvernements européens ordonnent la retraite de leurs escadres du Rio de la Plata, qu'elles quittèrent en saluant le pavillon argentin de 21 coups de canon.

vue de la bataille et du Paraná barré

Le conflit se termina en 1849 avec l’Angleterre par le traité de Southem-Arana et avec la France le 31 août 1850, quand le gouvernement de Napoléon III finit par signer le traité Arana-Le Prédour.

Il reconnaissait la navigation sur le río Paraná comme "une navigation intérieure de la Confédération Argentine soumise à ses seules lois et règlements, tout comme sur le río Uruguay à sa frontière orientale"..

Les Argentins considèrent encore aujourd’hui qu’ils furent victorieux pour avoir fait reculer l’ennemi et fêtent le 20 novembre comme jour de la « souveraineté Nationale » (voir le billet de 20 pesos « combate de la vuelta de obligado »)[3].

la bataille sur le billet de 20 pesos Argentin

A Paris à partir de 1868, une rue et une station de métro (au milieu de l'Avenue de la Grande-Armée) portèrent le nom d’Obligado « en memoire la victoire franco-anglaise » La rue et la station ont changé de nom le 1er septembre 1947 pour celui d’ Argentine, à la suite d'une visite en 1947, d'Eva Perón, la femme du président argentin de l'époque. La France comptait ainsi faire disparaître ces mauvais souvenirs, et remercier l'Argentine de l’aide généreuse apportée pendant les premiers temps de la reconstruction de l’après-guerre et la reconstitution des stocks de nourriture.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Avenel page 79
  2. événement 1845, sur <le site linternaute>. Consulté le <19-10-2014r>.
  3. (es) « 20 de noviembre, día de la soberanía Nacional », sur www.lagazeta.com (consulté le 19-10-2014).

Sources[modifier | modifier le code]

  • Jean-David Avenel, L'affaire du Rio de la Plata (1838-1852), Economica, 1998, (ISBN 2-7178-3673-X)
  • (en) Robert L. Scheina, Latin's America's Wars, the age of the Caudillo, 1791-1899, Brassey's Inc., Dulles, Virginie, 2003, (ISBN 1-57488-450-6)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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