Bataille de la Trebbia (deuxième guerre punique)

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Bataille de la Trébie
Carte de la bataille de la Trébie
Carte de la bataille de la Trébie
Informations générales
Date Décembre 218 av. J.-C.,
le jour du solstice d'hiver
Lieu La Trébie (un affluent du ), à l'ouest de Plaisance en Italie du nord.
Issue Victoire totale des Carthaginois
Belligérants
Carthage et alliés, dont leur premier ralliement gaulois cisalpins République romaine (2 légions consulaires) et leurs alliés Cénomans.
Commandants
Hannibal Barca Publius Cornelius Scipio
Tiberius Sempronius Longus
Forces en présence
10 000 cavaliers
38 éléphants
28 000 fantassins
6 500 cavaliers
18 000 légionnaires
20 000 alliés
Pertes
5 000 fantassins
38 éléphants
20 000 légionnaires et cavaliers
12 000 alliés
Deuxième Guerre punique
Batailles
219 av. J.-C.: Sagonte,
218 av. J.-C.: Cissa, Tessin, La Trébie,
217 av. J.-C.: Ebre, Lac Trasimène,
216 av. J.-C.: Cannes, Selva Litana, Nola (1re),
215 av. J.-C.: Cornus, Dertosa, Nola (2e),
214 av. J.-C.: Nola (3e),
212 av. J.-C.: Capoue (1re), Silarus, Herdonia(1re), Syracuse,
211 av. J.-C.: Bétis, Capoue (2e),
210 av. J.-C.: Herdonia (2e), Numistro,
209 av. J.-C.: Asculum, Carthagène,
208 av. J.-C.: Baecula,
207 av. J.-C.: Grumentum, Métaure,
206 av. J.-C.: Ilipa,
204 av. J.-C.: Crotone,
203 av. J.-C.: Utique, Grandes Plaines,
202 av. J.-C.: Zama
Coordonnées 45° 03′ 00″ N 9° 36′ 00″ E / 45.05, 9.645° 03′ 00″ Nord 9° 36′ 00″ Est / 45.05, 9.6  

La bataille de la Trébie est une bataille de la Deuxième Guerre punique.

Situation[modifier | modifier le code]

Après sa défaite dans l'engagement du Tessin, Publius Cornelius Scipio s'était replié sur la Trébie où il attendait le renfort de l'autre consul, Tiberius Sempronius Longus. Avant que ce dernier ne le rejoigne mi-décembre, Scipion subit des défections parmi ses alliés gaulois tandis qu'Hannibal accumulait au contraire les ralliements de guerriers celtes[1].

Quelques jours avant la bataille, une escarmouche de cavaliers avec les Romains tourne à l'avantage de ces derniers. Cela redonne vigueur à l'armée romaine après sa défaite à Tessin. Spicion décide d'agir si l'occasion se présente pour profiter de l'enthousiasme de ses troupes, ou si rien ne se produit attendre les renforts du second consul. Hannibal devait agir pour conserver à ses troupes leur cohésion et leur motivation.

Entre le campement des deux armées coule un ruisseau, renfermé de toutes parts, dans les rives profondes et couvertes d'herbe marécageuse, de broussaille. Hannibal le remarque, et dit à son frère Magon de choisir mille cavaliers et mille fantassins parmi les plus braves et de les embusquer ici[1].

La bataille[modifier | modifier le code]

À l'aube, Hannibal envoie sa cavalerie franchir la Trébie avec pour ordres de provoquer les Romains en harcelant les avant-postes puis de se replier derrière la rivière. Le plan est un succès : Tiberius Sempronius Longus improvise aussitôt une sortie mal préparée. La cavalerie sort en premier, suivie de l'infanterie en désordre. Sous la neige, les Romains traversent les eaux glaciales de la Trébie qui, gonflées par la pluie et la neige, leur arrivent jusqu'aux épaules. Ils en ressortent épuisés et frigorifiés, pouvant d'après Tite-Live à peine tenir leurs armes. En face, les Carthaginois s'étaient préparés à combattre dans le froid en allumant des feux et en se couvrant d'huile[1].

Outre la troupe en embuscade de Magon, Hannibal répartit ainsi ses forces : les frondeurs des Baléares en avant (8000 hommes), l'infanterie au centre et deux ailes de 5000 cavaliers, avec à leur tête les éléphants. Tiberius Sempronius Longus disposa ses troupes selon l'ordre de bataille romain habituel : l'infanterie (18000 Romains et 20000 alliés) au centre, sa cavalerie (6000) sur les flancs[1].

Le combat débute par un affrontement entre la cavalerie punique qui a attiré les Romains mais qui, faisant volte face, attaque la cavalerie romaine lancée à sa poursuite. Surpris, les cavaliers romains se battent mais Scipion leur ordonne le repli et les distribue sur ses deux ailes. La bataille commence vraiment quand l'infanterie romaine monte à l'attaque des frondeurs baléares, obligeant Hannibal à les replier sur les ailes. Ce mouvement a pour effet de déborder totalement la cavalerie romaine, engagée déjà en sous-nombre face à la cavalerie carthaginoise. Les éléphants effrayant les chevaux, l'avantage tourne vite du côté d'Hannibal[1].

Au centre, le combat est équilibré, l'infanterie romaine est épuisée par sa traversée des eaux mais sa valeur et son nombre lui permettent de tenir tête aux Carthaginois[1].

Lorsque la cavalerie romaine est mise en déroute, les frondeurs encerclent les flancs de l'infanterie romaine et la crible de traits tandis que les éléphants se portent au centre. À ce moment, Magon sort de sa cachette et attaque l'arrière de l'armée romaine déjà malmenée. Les éléphants attaquent ensuite les auxiliaires romains qui paniquent et s'enfuient. Démoralisée par la fuite des auxiliaires, l'armée romaine est mise en déroute. Les fantassins se sauvent comme ils peuvent, retraversant le lac ou fuyant dans les bois. Ceux qui réussirent à s'enfuir prennent la route de Plaisance ou retournent au campement[1].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Les pertes carthaginoises sont faibles mais la plupart des éléphants meurent de leurs blessures à cause du froid. Les jours suivants, Hannibal fait poursuivre les Romains par ses cavaliers mais garde le reste de son armée auprès de lui. En effet, des pluies torrentielles se sont mises à tomber et son armée a besoin de repos. À cause de ce désastre, le Sénat commence à prendre conscience de la gravité du danger que représente Hannibal en Italie.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Tite-Live, Histoire romaine: livre XXI

Voir aussi[modifier | modifier le code]

José-Maria de Heredia a écrit un sonnet, La Trebbia, en souvenir de cette bataille.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]