Bataille de la Kalka

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La bataille de la rivière Kalka (russe : Битва на реке Калке, ukrainien : Битва на ріці Калка) se déroule sur les rives de la Kalka, dans l'actuelle Ukraine, le 31 mai 1223 ou 1222. Elle oppose une avant-garde de la cavalerie de l'empire mongol, commandée par Djebé et Subötaï, à une coalition rassemblant les princes Rus' de Galitch, de Kiev, de Tchernikov et de Smolensk appelés au secours par le khan des Coumans. Elle s'achève par une nette victoire des Mongols et préfigure le début de l'invasion de la Russie par les Mongols de Gengis Khan et, par suite, le début du joug mongol sur la Russie, qui durera près de trois siècles.

Djebé et Subötai n’exploitent pas leurs victoires, se contentant de mettre à sac les villes prises. Leur objectif et de recueillir des renseignements sur les pays situés à l’ouest pour une campagne future. L'armée qui a écrasé les forces Rus' coalisées est en effet « seulement » une avant-garde. Après la bataille de la Kalka, ils prennent la direction de l'est, faisant le tour de la Caspienne par le Nord pour rejoindre Gengis Khan et retourner en Mongolie. Mais ils ont reconnu le terrain et reviendront une douzaine d'années plus tard, en conquérants cette fois.

Contexte[modifier | modifier le code]

Invasions mongoles sous Gengis Khan.

Dans les années 1210, l'empire Mongol a envahi une partie de l'Asie, mais entretient de bonnes relations avec le sultanat du Khwarezm avec qui il a des échanges commerciaux. En 1218, suite au pillage et au massacre d'une caravane venue de Mongolie par des troupes khwarezmiennes, Gengis Khan demande réparation à Ala ad-Din Muhammad, sultan de Khwarezm, qui refuse. Gengis Khan décide alors la guerre et, dès 1219, chevauche vers le Khwarezm. Boukhara est prise en février 1220, Samarkand en mars et la capitale Ourguentchen avril 1221. Le Khwarezm est envahi, les villes tombent les unes après les autres et la plupart des habitants massacrés. Pendant ce temps, Gengis Khan a envoyé un détachement de cavalerie, commandé par Djebé et Subötaï, à la poursuite d'Ala ad-Din Muhammad qui s'est enfui. Après une incessante chasse, ponctuée elle aussi de prises de villes et de massacres, ce dernier meurt sur la mer Caspienne. Djebé et Subötaï décident de poursuivre leur raid[1].

En 1221 et 1222, Djebé et Subötai envahissent et pillent la Géorgie, passent le Caucase par Derbent et débouchent dans les steppes après avoir saccagé l'Azerbaïdjan, réduit les Alains et les Tcherkesses[1].

Côté Rus', la puissante Rus' de Kiev n'est plus qu'un souvenir depuis un siècle. Elle est maintenant morcelée en près de cent cinquante principautés[2].

La cavalerie mongole arrive sur le territoire des Coumans, au Nord de la mer Noire. Contrairement à Ala ad-Din Muhammad (qui s'était sérieusement brouillé avec ses voisins musulmans et n'avait pu leur demander de l'aide[3]) un khan des Coumans, Koutan (en), appelle les princes Rus' à son secours : son beau-père Mstislav le Téméraire, prince de Galitch, qui convainc lui-même les princes de Kiev, de Smolensk et de Tchernigov de se joindre à eux. Ils décident d'attaquer les Mongols sans attendre[4].

Conséquences[modifier | modifier le code]

Après la bataille, les Mongols retournent auprès de Gengis Khan, non sans avoir pillé des comptoirs commerciaux gênois de Crimée tout proches et le territoire des Bulgares de la Kama.

Les Mongols et les Rus' ne tirent pas le même bilan de cette bataille. Les princes Rus' ne semblent pas se rendre compte de la future menace qui plane sur eux, et restent divisés. Leurs adversaires ont disparu aussi vite qu'ils sont arrivés. Les Mongols, eux, ont pris acte de leurs possibilités en Occident. Lorsque les Mongols reviennent, quinze ans plus tard, sous le règne de Batou, l'armée est composée de 150 000 hommes et commandée par l'expérimenté Subötaï, qui connaît le terrain et la situation politique. Et la Rus', toujours divisée en multiples principautés, ne pourra pas résister à ce qui sera cette fois une invasion[5]. Le « joug mongol » s'établira sur la Russie pour deux siècles et demi.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Grousset 1965, p. 298-307.
  2. Heller 1997, p. 69
  3. Grousset 1965, p. 303.
  4. Heller 1997, p. 83
  5. Grousset 1965, p. 328-330.