Bataille de la Birse

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Bataille de la Birse
St. Jakob Tschachtlan.jpg
Informations générales
Date 26 août 1444
Lieu Pratteln
Muttenz
La Birse
Gundeldingen (de)
Saint-Jacques-sur-la-Birse (de)
Issue Victoire des Français sur le terrain

A terme: retraite des Français et victoire stratégique des confédérés anti-zurichois.

Belligérants
Écorcheurs français Suisses
Commandants
Louis, dauphin du Viennois

Jean V de Bueil

inconnu
Forces en présence
15 000 Écorcheurs 1 500 hommes à pied
Pertes
2 000 1 500
Coordonnées 47° 32′ 31″ N 7° 37′ 05″ E / 47.542, 7.61847° 32′ 31″ Nord 7° 37′ 05″ Est / 47.542, 7.618  

Géolocalisation sur la carte : Suisse

(Voir situation sur carte : Suisse)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de la Birse.

La Bataille de la Birse, connue aussi sous le nom de Bataille de Saint-Jacques sur la Birse, opposa les Suisses aux Français le 26 août 1444. .

Contexte[modifier | modifier le code]

Cette bataille se déroule dans un contexte troublé pour la Suisse: celle-ci est en proie à une guerre civile entre le canton de Zürich et les sept autres cantons suisses ( Ancienne guerre de Zurich). Les causes de cette guerre interne sont liées à des tensions autour de la succession du comté de Toggenburg après la mort en 1436 du dernier comte, Friedrich VII von Toggenburg. En 1440, Zurich est expulsée de la Confédération et la guerre entre confédérés suisses est déclarée. Pour tenter de renverser la situation, les Zurichois concluent une alliance avec Frédéric III du Saint-Empire de la maison des Habsbourg. Les Habsbourg tentent dès lors de profiter de ce contexte pour réaffirmer leur position en suisse, position qui avait été mise à mal par les précédentes bataille de Sempach (1315) et et de Morgarten (1386) au cours du dernier siècle.

Le 22 juillet 1443, les troupes zurichoises sont vaincues lors de la bataille de St. Jakob an der Sihl et Zurich est assiégée. Frédéric III du Saint-Empire Romain Germanique demande alors à Charles VII, roi de France, d'attaquer les Confédérés anti-zurichois. La France ayant de son côté signé une trêve avec l'Angleterre, ne sait pas comment se débarrasser des milliers de soldats mercenaires, surnommés les Écorcheurs, qui se trouvent dans son Royaume et qui vont le mettre à feu et à sang s'ils se trouvent sans occupation. Le roi de France saisit donc l'occasion et décide d'envoyer ses Écorcheurs en Alsace et en Suisse pour mettre au pas les Suisses et les villes alsaciennes, ceci à la demande des Habsbourg, souverain formel de l'Alsace et des confédérés. Le royaume de France envoie donc en renfort, via Bâle et en direction de Zurich, environ 30 000 à 40 000 mercenaires 'armagnacs' (à opposer à 'bourguignon' durant la guerre civile qui avait lieu en France à cette époque) sous le commandement du Dauphin.

Les villes alsaciennes, groupées en ligue, font alliance avec les Suisses anti-zurichois.

La bataille[modifier | modifier le code]

L'armée des Armagnacs ou des « Gugler » comme on les a appelés en Alsace et en Suisse à cause de leurs casques en forme de capuchon (Guggel en allemand), était forte de trente à quarante milles mercenaires, lesquels endurcis par la guerre de cent ans contre l'Angleterre incluaient aussi des tireurs d'arcs écossais connus comme les meilleurs de leur temps. Sous le commandement du dauphin du roi de France, ils marchent vers Bâle pour secourir Zürich des confédérés.La bataille se déroula en quatre phases: les Confédérés gagnèrent d'abord un combat contre l'avant-garde près de Pratteln, puis ils vainquirent une unité d'Armagnacs près de Muttenz. Après qu'ils eurent traversé la Birse, le combat principal s'engagea près de Gundeldingen et les troupes confédérées furent repoussées par l'ennemi, en supériorité numérique écrasante, puis finalement anéanties lors du combat final près de la maladrerie de Saint-Jacques-sur-la-Birse. Bâle tenta vainement un dégagement.

Récit détaillé:

Les Suisses envoient donc à la rencontre des français 1 300 jeunes guerriers qui proviennent de la garnison de Farnsburg, à ces jeunes éclaireurs se rajoutent 300 bâlois de Bâle-Campagne. Ce Vorhut ou éclaireurs ont des ordres très stricts qui sont de ne pas attaquer les Armagnacs, et d'attendre l'arrivée des 20 000 soldats suisses. Mais les 1 500 éclaireurs suisses sont jeunes et indisciplinés. Excités par leurs victoires successives près de Pratteln puis de Muttenz, ils poussent leurs capitaines à l'attaque immédiate contre le gros l'armée française, forte de trente mille hommes et connue comme une des plus puissantes d'Europe.
Voulant amener la garnison bâloise à sortir de la ville pour aider les Suisses, ceci afin de pénétrer dans l'enceinte, la puissante cavalerie des Écorcheurs, sous le commandement de Jean V de Bueil, attaque frontalement la phalange suisse sur un plateau se trouvant à un kilomètre de la ville et à la vue des bâlois (près de la Birse) ; des milliers de soldats bâlois (Bale-Ville) sortent alors de la ville pour venir appuyer leurs alliés. Tombant dans le piège, la colonne baloise aperçoit cependant suffisamment tôt pour se replier une forte armée d'Écorcheurs sous le commandement du dauphin Louis qui se prépare à attaquer la ville. Celle-ci reflue alors pèle-mêle dans les enceintes de la ville, abandonnant la phalange suisse à son sort.
Les 1 500 éclaireurs suisses réalisent assez vite leur erreur tactique: ils ont attaqué en croyant qu'ils bénéficieraient du soutien des bâlois. Ils décident pourtant de se battre jusqu'à la mort en refusant de se rendre à plusieurs reprises.

Après 10 heures de bataille acharnée et le massacre des 1500 confédérés, le dauphin, réalisant avoir perdu un trop grand nombre de ses mercenaires endurcis contre ce faible nombre de jeunes soldats suisses, abandonna le projet de secourir Zürich et se retira de la Suisse.

Bilan[modifier | modifier le code]

L'occasion de prendre la ville de Bâle fut donc perdue pour le dauphin. Ayant refusé de se rendre à plusieurs reprises, les 1 500 Suisses furent massacrés jusqu'au dernier. Cette victoire française aurait coûté la vie à 2000 Écorcheurs.

Le dauphin conclut la paix avec Bâle et les Confédérés le 28 octobre 1444 à Ensisheim (Alsace). Ses troupes ne quittèrent l'Alsace qu'au printemps 1445 après l'avoir dévastée.

Cette bataille contribua à la réputation des mercenaires suisses en Europe et surtout en France. Impressionné par la qualité et la force téméraire des jeunes éclaireurs suisses, le dauphin devenu roi de France sous le nom de Louis XI sera le premier à engager des gardes suisses (plusieurs milliers) pour sa protection personnelle.
Cette bataille allait aussi influencer les futurs stratèges militaires suisses: la défense du territoire suisse par la peur que l'envahisseur a de se voir infliger des dégâts disproportionnés vis-à-vis des bénéfices d'une éventuelle victoire sera par la suite théorisée comme arme de dissuasion.

En mars 1446, après la bataille de Ragaz, les belligérants confédérés sont exténués par la guerre civile entre Zurich et les cantons fondateurs et une paix préliminaire est conclue. Un cessez-le-feu eut lieu le 12 juin 1446. En 1450, la paix d'Einsiedeln est signée. Zurich récupère presque toutes ses possessions et réintègre la Confédération mais doit en contrepartie mettre un terme à son alliance avec l'Autriche des Habsbourg. La confédération sort donc de ce conflit renforcée: elle a vaincu Zürich politiquement et par son intermédiaire les Habsbourg et à amener la France à battre en retraite.

Il est à noter qu'il n'est pas certain que le dauphin du roi de France ait eu sérieusement l'intention d'attaquer les Confédérés et d'aller jusqu'à Zurich: il s'agissait plutôt de préoccuper ses mercenaires et de leur donner à piller les villes d'Alsace et de Bâle en attendant la reprise des hostilité avec l'Angleterre. On ne peut cependant s'empêcher de penser que si les suisses ne s'étaient pas battus aussi vaillamment, les mercenaires armagnacs ne se seraient alors probablement pas contentés de l'unique pillage de l'Alsace. Ce n'est qu'au XIXe s. que l'on commença à interpréter la bataille comme une défense héroïque de Bâle et de la Suisse et à la commémorer solennellement.

Sources[modifier | modifier le code]