Bataille de l'Hallue

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Bataille de l'Hallue
Bataille de Pont-Noyelles
Combat dans les rues de Pont-Noyelles, tableau de Ludwig Braun, (1836-1916)
Combat dans les rues de Pont-Noyelles, tableau de Ludwig Braun, (1836-1916)
Informations générales
Date 23-24 décembre 1870
Lieu Pont-Noyelles,
France
Issue indécise
Belligérants
Drapeau de la Prusse Royaume de Prusse Drapeau français France
Commandants
Edwin Freiherr von Manteuffel Louis Faidherbe
Forces en présence
22 500 40 000
Pertes
927 tués ou blessés 1 000 tués
1 300 prisonniers
Guerre franco-prussienne de 1870
Batailles
Sarrebruck (08-1870) · Wissembourg (08-1870) · Forbach-Spicheren (08-1870) · Wœrth (08-1870) · Siège de Bitche (08-1870) · Borny-Colombey (08-1870) · Mars-la-Tour (08-1870) · Siège de Toul (08-1870) · Gravelotte (08-1870) · Siège de Metz (08-1870) · Siège de Strasbourg (08-1870) · Beaumont (08-1870) · Noisseville (08-1870) · Sedan (08-1870) · Siège de Paris et Chronologie (09-1870) · Bellevue (10-1870) · Châteaudun (10-1870) · Dijon (10-1870) · Siège de Belfort (11-1870) · Bouvet et Météor (navale) (11-1870) · Coulmiers (11-1870) · Amiens (11-1870) · Beaune-la-Rolande (11-1870) · Champigny (11-1870) · Orléans (12-1870) · Loigny (12-1870) · l’Hallue (12-1870) · Bapaume (01-1871) · Villersexel (01-1871) · Le Mans (01-1871) · Héricourt (01-1871) · Saint-Quentin (01-1871)
Coordonnées 49° 56′ 27″ N 2° 26′ 31″ E / 49.940833333333, 2.441944444444449° 56′ 27″ Nord 2° 26′ 31″ Est / 49.940833333333, 2.4419444444444  

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Après une escarmouche devant Querrieu le 20 décembre, la bataille de l'Hallue également appelée de bataille de Pont-Noyelles eut lieu les 23 et 24 décembre 1870, durant la Guerre franco-prussienne de 1870. Son issue fut indécise.

La bataille opposa 40 000 soldats français du général Faidherbe aux 22 500 prussiens d'Edwin Freiherr von Manteuffel.
Les Français subirent de lourdes pertes dans le village devant leurs positions. Cependant, les Prussiens furent incapables de se maintenir sur les hauteurs qu'ils contrôlaient. Après que leur attaque fut repoussée, les Français continuèrent à lancer des offensives, mais sans résultat décisif. Un millier de soldats français furent tués, et 1 300 capturés. Environ 927 Prussiens furent tués ou blessés.

Forces en présence[modifier | modifier le code]

Armée française du Nord[modifier | modifier le code]

Après les combats de Villers-Bretonneux le 27 novembre 1870 et l'occupation d'Amiens par l'armée prussienne, l'Armée du Nord, qui s'était repliée au-delà de Doullens et de Bapaume, se reconstitue et s'organise. Elle reçoit des renforts, ce qui permet de former trois Divisions. Le général Faidherbe, nouvellement investi du commandement de cette armée, arrive à Lille le 3 décembre et donne aussitôt ses directives et instructions. Il envoie le général Lecointe vers Saint-Quentin avec mission d'agir sur la Haute-Somme. Quatre bataillons dont un de chasseurs, et une batterie de quatre réussissent le 9 décembre à s'emparer de Ham et de sa forteresse. Faidherbe, qui s'est rendu sur place, décide de se porter sur Amiens pour libérer cette ville. Le 18, il fait évacuer Ham. Le 17 décembre, l'Armée du Nord regroupée, vient s'établir sur l'Hallue entre Bavelincourt et Daours. Il établit son quartier général à Corbie. Les forces (environ 43000 hommes) sont scindées en deux Corps d'Armée :

  • Le 22e avec deux Divisions : général Derroja et général Du Dessol,
  • Le 23e avec également deux Divisions : contre-amiral Moulac et général Robin.

Les formations vont cantonner dans tous les villages situés sur la rivière et des avant-postes sont placés sur une ligne passant par les bois de Saint-Gratien, d'Allonville et de Querrieu (La Gorgue) [1],[2],[3].

Positions de l'armée française[modifier | modifier le code]

Le 19 décembre les positions sont les suivantes :

Armée prussienne[modifier | modifier le code]

Le général Manteuffel, commandant le Corps prussien, arrive à Amiens le 20 décembre. Le général von der Gœben, qui commande la 8e armée, a placé :

  • sa 32e Brigade du général de Rex à Amiens.
  • sa 31e est arrivée à Sains et l'artillerie de corps est à Ailly-sur-Noye.
  • la 15e Division d'infanterie du général : Kummer est le long de La Luce
  • la cavalerie du lieutenant général Graf von der Gröben est en flanc garde entre Rosières-en-Santerre et Chaulnes.

Escarmouche à Querrieu du 20 décembre[modifier | modifier le code]

Von Mirus, commandant la 6e brigade de cavalerie et qui est à Amiens depuis deux jours, envoie une reconnaissance forte d'un escadron de cavalerie, d'un bataillon et d'une batterie d'artillerie en direction de Querrieu. Arrivé aux lisières du bois de La Gorgue, à deux kilomètres en avant de Querrieu, ce fort détachement se heurte à un avant-poste français et, soutenu par son artillerie, engage un long combat. Deux bataillons français réagissent avec vigueur, d'autant plus que le général Du Bessol jette trois compagnies partant de Bussy-lès-Daours sur le flanc droit de l'ennemi. Celui-ci se voit contraint au repli, d'abord sur la ferme des Alençons, puis sur Amiens. Dans cette affaire, il perd trois officiers et soixante-neuf hommes tués ou blessés. Elle nous a coûté sept morts et vingt blessés.

Combats du 23 décembre[modifier | modifier le code]

Le général Manteuffel, donne l'ordre d'attaquer le lendemain, 23 décembre à 8 heures :

  • La 15e Division doit attaquer droit sur l'Hallue, suivant un axe matérialisé par les routes d'Albert et de Corbie.
  • La 16e Division, empruntant les chemins au nord de la route d'Arras, débordera l'aile droite des troupes françaises.
  • Une brigade d'infanterie est gardée en réserve.
  • Une partie de la division de cavalerie doit assurer la liaison entre la 15e et la 16e Division.
  • Les renforts attendus seront lancés dans la bataille au fur et à mesure de leur arrivée ?

Le dispositif français est resté inchangé.

La bataille va se dérouler sur un front de 12 kilomètres de large et une profondeur de 4 à 5 kilomètres, sur un sol enneigé et par une température glaciale, aggravée par un vent assez fort soufflant du nord.

Armements[modifier | modifier le code]

Fusils[modifier | modifier le code]

Les Français utilisent le Chassepot modèle 1866, se chargeant par la culasse avec cartouches en papier et balles de 11 mm. Les Prussiens utilisent le Dreyze, créé en 1847, se chargeant par la culasse avec cartouches en papier et balles de 15 mm.

Canons[modifier | modifier le code]

Les Français utilisent des canons en bronze de l'époque napoléonienne, se chargeant par la gueule et des canons à tubes en acier, modèle 1858. Les Français utilisent aussi des canons à balles (mitrailleuses), pouvant projeter 25 balles. Les Prussiens utilisent des canons Krupp se chargeant par la culasse et des obus à shrapnel.

Offensive prussienne[modifier | modifier le code]

Le 23 décembre à 8 heures du matin, le 8e corps d'armée prussien se met en marche.

  • La 15e Division a reçu l'ordre de rejeter les troupes françaises au-delà de l'Hallue, mais de ne point s'aventurer sur la rive gauche tant que le mouvement débordant de la 16e Division, plus au nord, se soit fait sentir. La 15e Division se dirige donc vers Allonville, suivie de trois batteries à cheval et de l'artillerie de corps, puis elle oblique à l'ouest en direction de Querrieu. Les avant-postes français se replient vers la rivière, donnant l'alarme aux troupes situées en arrière.
  • La 29e brigade prussienne (von Bock) qu'accompagnent deux escadrons de hussards et deux batteries, suivant la route d'Albert qu'elle a rejointe au bois de La Gorgue, se heurte vers 11 heures 15 au 18e bataillon de chasseurs qui, appuyé par trois batteries, tient Querrieu.
  • Deux batteries prussiennes, bientôt renforcées par deux autres, sont mises en position au sud de la route d'Albert ; elles ouvrent le feu et un duel particulièrement violent se déclenche, qui va durer près d'une heure. Les Prussiens s'emparent du village. La lutte se poursuit dans Pont-Noyelles que les chasseurs du 18e, soutenus par deux bataillons du 70e de marche, défendent énergiquement. À la sortie est du village, les Prussiens sont stoppés, reçus par un feu nourri déclenché par les éléments de la brigade de Gislain, en position sur la rive est de l'Hallue.
  • Pendant ce temps, plus au sud, le 20e bataillon de chasseurs de la brigade Fœrster, qui tient le village de Bussy-lès-Daours, se voit l'objet d'une attaque concentrique exécutée par un bataillon venant du nord d'une part et deux compagnies plus un escadron de hussards venant de l'ouest par la Croix du Landy d'autre part. Vers 13 heures, ils doivent évacuer le village. Dans l'après-midi, à l'ouest de la ligne Querrieu-Bussy, 42 pièces prussiennes sont opposées au même nombre de tubes français mis en position sur la rive gauche de l'Hallue.
  • Ayant pris possession de Bussy-lès-Daours, les Prussiens se portent en nombre contre Vecquemeont et y prononcent une vigoureuse attaque ; ils se heurtent à une résistance assurée par le 19e bataillon de chasseurs et les fusiliers marins de la brigade du capitaine de vaisseau Payen, qui sont appuyés à leur droite par la brigade Fœrster. Les Prussiens sont accueillis par une grêle de projectiles, et à 15 heures, ils sont encore cloués au sol dans l'impossibilité de progresser. Manteuffel qui s'est porté en personne sur les hauteurs dominant Querrieu à l'ouest, fait envoyer des renforts d'artillerie qui arrivent vers 16 heures. La brigade Payen, obligée d'évacuer Vecquemont, prend position sur la rive gauche de l'Hallue.
  • À Pont-Noyelles, les Prussiens tentent vers 15 heures 30 de gravir les pentes est de la rivière, mais après une contre-attaque menée par un bataillon du 70e de marche et une compagnie 101e mobile commandée par le capitaine d'Hauterive, chargeant à la baïonnette, les Français reprennent Pont-Noyelles ; ils n'arrivent cependant pas à s'y maintenir.
  • Plus au nord, la 30e brigade prussienne tente de prendre Fréchencourt. Ce village tombe à son tour ; les Prussiens sont arrêtés par le feu du 18e bataillon de chasseurs et d'un bataillon de mobiles descendant du bois de Parmont. La Division Du Bressol tient les hauteurs.
  • Au nord de Fréchencourt, la 16e Division prussienne de von Barnekow, partie d'Amiens sur la route de Doullens, s'est dirigée vers Poulainville et Rainneville sans qu'au cours de la matinée elle ait rencontré qui que ce soit. À 13 heures, le général von Gœben envoie au général von Barnekow l'ordre de se rabattre sur la droite. Ce dernier dirige alors ses unités vers Beaucourt-sur-Hallue et Saint-Gratien.
  • Lorsque la 31e brigade (von Gneisenau) qui vient de dépasser Saint-Gratien se dispose à se déployer, elle reçoit l'ordre de se porter vers Montigny-sur-l'Hallue. C'est avec les éléments de la 2e brigade (Pittié) de la Division Deerroja, que le combat s'engage. Les premiers heurts se produisent vers 15 heures. Les Prussiens s'emparent de Montigny, repoussent les Français sur Béhencourt ; ces derniers, dans leur retraite, détruisent les points de passage sur l'Hallue, mais les Prussiens, sous un feu nourri, lancent une passerelle sur la rivière.
  • Avec un renfort fourni par la 32e brigade (von Rex) les Prussiens occupent Beaucourt, Montigny, Béhencourt et Bavelincourt, pour se masser à l'ouest de Beaucourt, alors que son artillerie (6 batteries) prend position au nord de ce village. Cette dernière canonne, sans succès, l'artillerie française qui est en position dominante et trop éloignée.

Combats au crépuscule[modifier | modifier le code]

Il est 16 heures. La nuit va bientôt tomber. Les Prussiens tiennent la rive droite de l'Hallue et le village de Pont-Noyelles. Le mouvement enveloppant qu'ils comptaient effectuer par le nord a échoué et leurs troupes sont menacées par des forces françaises qui apparaissent au sud-est de Contay, marchant sur Beaucourt ; c'est la brigade Aynes de la Division Derroja.

Le général Faidherbe lance alors l'ordre d'attaque sur toute la ligne de front. Cette attaque va se poursuivre de 16 à 18 heures :

  • Au centre, le général Lecointe, ayant rassemblé toutes ses troupes encore organisées, lance une offensive sur Pont-Noyelles. Deux attaques successives sont menées, mais ses unités, le 18e bataillon de chasseurs et le 70e de marche, non habitués au combat de nuit, après une lutte corps à corps et à l'arme blanche, doivent se retirer, d'autant que Manteuffel envoie sur place deux nouveaux bataillons en renfort pour soutenir ses unités attaquées.
  • Au sud, la brigade Fœster parvient à franchir l'Hallue entre Querrieu et Bussy, mais elle est stoppée par des renforts envoyés également par Manteuffel. Vers 17 heures, à Daours, la brigade Payen attaque en direction de Vecquemont, mais elle est arrêtée à son tour.
  • À 19 heures, l'obscurité est totale. Les Prussiens occupent tous les villages de la vallée et s'y installent en cantonnements. L'armée française est obligée de bivouaquer sur ses positions, de nuit sur les hauteurs en rase campagne. Le sol est couvert de neige, la température descend jusqu'à 8° en dessous de zéro, un vent glacial souffle sur le terrain sans nul obstacle.

Mouvement de retraite, 24 décembre[modifier | modifier le code]

Le lendemain, 24 décembre, à 9 heures, l'artillerie française déclenche un tir sur Béhencourt, sans provoquer de réaction prussienne. Le général Faidherbe, prend la décision d'ordonner la retraite. Celle-ci, protégée par un rideau d'éléments retardataires, commence vers 14 heures. Les Prussiens n'entameront la poursuite que le 25, alors que l'Armée du Nord est arrivée à Bapaume, où les combats reprendront le 3 janvier 1871.

Lieux de mémoire des combats[modifier | modifier le code]

  • La Colonne Faidherbe un monument a été érigé en 1873, en mémoire des combats, sur les hauteurs de Pont-Noyelles au lieu-dit La Bahotte d'où le général Faidherbe avait son poste de commandement et a dirigé les derniers combats.
Article détaillé : Colonne Faidherbe.

Jusqu'en 1913, des cérémonies commémoratives ont eu lieu sur le site, au jour anniversaire de la bataille, avec la participation des populations de Pont-Noyelles, Querrieu et des autres villages de la vallée, des enfants des écoles, des sociétés musicales et des personnalités administratives et politiques.

  • L'Ossuaire de Pont-Noyelles[4] situé en contrebas de la route Amiens-Albert, à l'entrée du village de Pont-Noyelles, qui regroupe des corps de militaires tués au cours de la bataille. Dans chacun des villages de la vallée, leurs corps reposent dans les cimetières communaux.
  • L'Ossuaire de Querrieu, qui est une fosse commune surmontée d'une stèle et d'un calvaire, érigés en 1875, et qui contient des corps de douze soldats français. Une autre fosse contient les corps de dix-huit militaires prussiens.
  • Un odonyme de Pont-Noyelle, celui de Rue du 23-Décembre-1870, qui rappelle cet évènement.
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Pour approfondir[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • George Bruce, Harbottle's Dictionary of Battles. (Van Nostrand Reinhold, 1981) (ISBN 0-442-22336-6).
  • Général Faidherbe, Campagne de l'Armée du Nord en 1870-1871, édition E. Dantu, Paris, 1871.
  • A Lécluselle, La Guerre dans le Nord (1870-1871), 1898, réédition, Colombelles, Éditions Corblet, 1996
  • Pierre Milza, L'Année terrible, tome 1 La guerre franco-prussienne septembre 1870-mars 1871, Paris, Perrin, 2009 (ISBN 978 - 2 - 262 - 02 498 - 7)
  • Colonel Rousset, Histoire générale de la Guerre franco-allemande, tome 2, édition Jules Tallandier, Paris, 1911.

Articles[modifier | modifier le code]

  • Gilles de Monclin "La bataille de l'Hallue", in Histoire et Traditions du Pays des Coudriers, N° 21 pages 29 à 36.
  • Georges Pierson "La bataille de Pont-Noyelles", in Histoire et Traditions du Pays des Coudriers, N° 8 pages 37 à 42.

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]