Bataille de l'Atlantique (1917)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bataille de l'Atlantique.
Première bataille de l'Atlantique
U-Boot classe UC-1
U-Boot classe UC-1
Informations générales
Date Octobre 1914 à 1918
Lieu Océan Atlantique nord et sud, mer Méditerranée
Issue Échec de la tentative allemande de blocus du Royaume-Uni
Belligérants
Alliés :
Naval Ensign of the United Kingdom.svg Royal Navy
Naval Ensign of the United Kingdom.svg Marine royale canadienne
Civil and Naval Ensign of France.svg Marine nationale
Flag of Italy (1861-1946) crowned.svg Regia Marina
US Naval Jack 48 stars.svg United States Navy (à partir de 1917)
Naval Ensign of Japan.svg Marine impériale japonaise
Naval Jack of Brazil.svg Marine brésilienne
War Ensign of Germany 1903-1918.svg Kaiserliche Marine
Flag of Archduchy of Austria (1894 - 1918).svg Marine austro-hongroise
Commandants
Naval Ensign of the United Kingdom.svg Lord Fisher
Naval Ensign of the United Kingdom.svg Sir Henry Jackson
Naval Ensign of the United Kingdom.svg Sir John Jellicoe
Naval Ensign of the United Kingdom.svg Sir Rosslyn Wemyss
War Ensign of Germany 1903-1918.svg Hugo von Pohl
War Ensign of Germany 1903-1918.svg Gustav Bachmann
War Ensign of Germany 1903-1918.svg Henning von Holtzendorff
War Ensign of Germany 1903-1918.svg Reinhard Scheer
Forces en présence
Nombreux destroyers 20 U-Boote au départ de la guerre plus
345 U-Boote mis en service
Pertes
Environ 5 000 navires alliés et neutres 178 sous-marins
Première Guerre mondiale
Batailles
Bataille de l'Atlantique

Blocus allié de l'Allemagne · Odensholm (08-1914) · 1re Heligoland (08-1914) · Penang (10-1914) · Coronel (11-1914) · Falklands (12-1914) · Dogger Bank (01-1915) · Gotland (07-1915) · Golfe de Riga (08-1915) · Yarmouth et Lowestoft (04-1916) · Jutland (05-1916) · Funchal (12-1916) · Combat entre le Leopard et le HMS Achilles · Pas-de-Calais (04-1917) · Combat entre le HMAS Sydney et le LZ92 · Détroit de Muhu (10-1917) · 2e Heligoland (11-1917) · Croisière de glace (02/03-1918) · Zeebruges (04-1918) · 1er Ostende (04-1918) · 2e Ostende (05-1918) · Sabordage allemand à Scapa Flow (06-1919)


Bataille de la mer Noire
12 octobre 1914 · Odessa (10-1914) · Novorossiysk · Sébastopol · Feodosia · Cap Sarytch · île Kirpen (1) · île Kirpen (2)


Front italien


Front d'Europe de l’Est


Front d'Europe de l’Ouest


Front du Moyen-Orient


Front africain

La Première bataille de l'Atlantique s'est jouée dans l'Atlantique Nord pendant toute la durée de la Première Guerre mondiale. Elle marque la première étape d'un nouveau type de guerre navale qui se reproduira lors de la Seconde bataille de l'Atlantique (1939-1945), et qui est marqué essentiellement par une relative inactivité des cuirassés, la guerre sous-marine menée par les U-Boote et la formation des convois pour protéger les navires marchands.

La relative inactivité des cuirassés[modifier | modifier le code]

Au début de la guerre, aussi bien la Royal Navy que la Kaiserliche Marine attribuaient un rôle prépondérant aux cuirassés. La Grand Fleet britannique, la plus puissante du monde, espérait couler la Hochseeflotte, la flotte allemande, en une seule bataille décisive. Cette dernière, consciente de son désavantage, se réfugia et se barricada dans ses ports lourdement protégés.

Mais la Royal Navy ne contrôlait pas pour autant la mer du Nord, du moins pas à partir de septembre 1914, où les U-Boote coulèrent 4 croiseurs britanniques. Le U-9 torpillant à lui seul 3 croiseurs le 22 septembre 1914 : le HMS Aboukir, le HMS Hogue, et le HMS Cressy. Les Britanniques durent donc adopter la même stratégie que les Allemands et barricader leurs escadres de cuirassés. La bataille entre les deux marines ne se jouait que par petites unités interposées. Les escadres de surface, jadis arme traditionnelle de l'offensive, étaient contraintes à la défensive et n'effectuaient que des sorties rapides à la trajectoire aléatoire afin d'éviter de se faire intercepter par les U-Boot. Elles avaient essentiellement un rôle dissuasif et n'avaient qu'un rôle de « flotte en vie », constituant par sa seule présence une menace hypothétique.

Pourquoi une guerre sous-marine ?[modifier | modifier le code]

Le U-9 allemand qui le 22 septembre 1914 a coulé 3 croiseurs britanniques

L'Allemagne était dès le début de la guerre la cible d'un blocus de la part des alliés et la Kaiserliche Marine voulait rendre coup pour coup en s'attaquant au commerce maritime allié. Cette guerre de course nécessitait la destruction des navires marchands approvisionnant les pays alliés.

La position géographique de l'Allemagne ne lui donnait qu'un accès restreint à l'océan. Ainsi, son commerce maritime avec l'outre-mer était contraint de transiter aux environs du Royaume-Uni, ce qui permettait à la Royal Navy (et à la Royal Naval Air Service) d'intercepter facilement ce trafic. De plus, les navires corsaires allemands avaient un accès difficile à l'océan Atlantique, où se faisait l'essentiel du trafic britannique. Contrairement au Royaume-Uni, puissance maritime, l'Allemagne était une puissance continentale : sa flotte de surface ne pouvait pas rivaliser avec la toute puissante Royal Navy et une arme différente s'avérait nécessaire pour mener à bien cette guerre de course. Les U-Boote, petites unités discrètes et bien moins coûteuses que les cuirassés, ont pu parfaitement jouer ce rôle en franchissant facilement les lignes britanniques pour porter la guerre dans l'océan Atlantique.

Peut-on torpiller des civils ?[modifier | modifier le code]

La mise en œuvre de ce blocus posait tout de même un grave problème moral : peut on torpiller des civils innocents ? Contrairement à la guerre de surface qui, en accord avec le droit maritime, prévient les navires marchands de l'imminence d'une attaque et permet donc à l'équipage de gagner les canots de sauvetage, un U-Boot attaque sa victime par surprise. La Reichsmarine était partisane des attaques sans préavis, mais les politiques étaient beaucoup plus réticents car ils craignaient les incidents, notamment ceux qui pouvaient entrainer l'entrée en guerre des États-Unis. Le plus important fut le drame du paquebot Lusitania le 7 mai 1915, où périrent 1 200 passagers, dont 124 ressortissants américains, et qui déclencha une vague mondiale d'indignations et de sérieuses conséquences diplomatiques. Le chancelier Theobald von Bethmann Hollweg alla jusqu'à déclarer : « Je refuse de placer le sort du Reich entre les mains d'un commandant de U-Boot ».

L'empereur Guillaume II, d'abord réticent à la guerre sous-marine, se rangea finalement à l'avis des militaires en janvier 1917 (à la suite de la bataille de la Somme), et lança une guerre sous-marine sans restriction.

Les navires-Q[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Q-ship.

Il n'existait que peu d'armes anti-sous-marines pour détecter et attaquer les U-Boots. Parmi toutes les idées, avait germé celle de les prendre au piège. Si on lui offrait une cible facile, trop petite pour justifier l'usage d'une torpille, il était probable que le U-Boot ferait surface pour la détruire au canon. Le navire-Q pouvait alors dévoiler sa propre artillerie et couler l'imprudent.

Sous ce vocable mystérieux de « Navires-Q », se cachent des bateaux-pièges (en anglais Q-ships[1]). Les Britanniques les mettront en œuvre dès 1915. Les Français les imiteront l'année suivante.

La formation des convois[modifier | modifier le code]

Historique de la guerre sous-marine[modifier | modifier le code]

Affiche de recrutement de l'United States Navy en 1917.
Article détaillé : Guerre sous-marine.

Les U-Boot furent lancés dans une guerre sous-marine « totale » (sans distinction de la nationalité du navire, et sans faire de différence entre navires civils et militaires) au début de la guerre. Le 22 septembre 1914, le U-9 torpille trois croiseurs britanniques en mer du Nord. En mai 1915, le U-20 coula le paquebot Lusitania. Des 1 195 personnes qui périrent à la suite de ce torpillage, 123 étaient des civils américains[2], dont un célèbre producteur de théâtre et un membre de la famille Vanderbilt. Cet événement provoqua une forte hostilité de l'opinion publique américaine envers l'Allemagne. Le président américain Woodrow Wilson menace l'Allemagne et exige réparation. Pour éviter que les États-Unis ne lui déclarent la guerre, l'Allemagne suspend sa guerre sous-marine.

Toutefois, l'Allemagne annonça près de deux ans plus tard, le 31 janvier 1917, que ses U-Boot engageaient à nouveau une guerre sous-marine totale. L'opinion américaine ayant entre-temps évolué dans un sens plus favorable à l'entrée en guerre des États-Unis, cette décision fut considérée comme une véritable déclaration de guerre par les Américains. Ce fut un facteur déterminant dans l'entrée en guerre des États-Unis aux côtés des alliés le 6 avril suivant.

La technologie fait d'immenses progrès et en 1918, les sous-marins ont atteint un niveau qui les rapproche de celui qu'ils auront en 1940. La classe U-139 fait ainsi 2 000 tonnes et plonge à 75 mètres.

Sur les 345 U-Boots opérant durant la Première Guerre mondiale, 274 U-Boots coulèrent 6 394 navires marchands représentant 12 800 733 tonneaux et une centaine de navires de guerre représentant 366 490 tonnes.

229 ont été perdus dont 178 en opérations et sur 13 000 officiers et matelots ayant servi dans les U-Boote 515 officiers et 4 849 marins ont trouvé la mort au combat, soit 40 % des effectifs[3].

Le plus grand "as" sous-marin de tous les temps est le kapitänleutnant Lothar von Arnauld de La Perière avec 453 700 tonnes coulées durant ce conflit.

Les leçons de cette première bataille de l'Atlantique[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le choix de ce sigle reste peu clair.
  2. Les chiffres donnés sur la page Lusitania sont légèrement différents.
  3. Dallies-Labourdette 2009, p. ??

Annexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Q-ship » (voir la liste des auteurs)
  • Adolphe-Auguste Lepotier, Bateaux-pièges, Paris, Éditions France-Empire,‎ 1964
  • Maurice Guierre, Bataille de l'Atlantique, la victoire des convois, Paris, Éditions J'ai lu (no A177),‎ 1967
  • Paul Chack, Marins à la bataille, t. 4, Paris, Éditions du Gerfaut,‎ 2002 (ISBN 2-901196-53-5)
  • Jean-Philippe Dallies-Labourdette, Les U-Boote du Kaiser, Histoire et collections,‎ 2009 (ISBN 978-2-913903-95-1)

Articles connexes[modifier | modifier le code]