Bataille de l'Artois (automne 1915)

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Bataille de l'Artois
Informations générales
Date du 15 septembre au 4 novembre 1915
Lieu Artois, France
Issue Indécise
Belligérants
Drapeau de la France France
Drapeau du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande
Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Commandants
Drapeau de la France Général d'Urbal
Drapeau du Royaume-Uni John French
Drapeau de l'Allemagne Kronprinz Rupprecht
Forces en présence
Xe armée française
9e corps d'armée
6 divisions britanniques
VIe armée allemande
Pertes
France : 48 000 hommes
Royaume-Uni : 50 000 hommes
20 000 hommes
Première Guerre mondiale
Batailles
Front d'Europe de l’Ouest

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Coordonnées 50° 30′ N 2° 45′ E / 50.5, 2.7550° 30′ Nord 2° 45′ Est / 50.5, 2.75  

La bataille de l'Artois de l'automne 1915 (appelée aussi Deuxième bataille d'Artois[1] ou Troisième bataille d'Artois), est une bataille qui eut lieu du 15 septembre au 4 novembre 1915, sur le Front Ouest, pendant la Première Guerre mondiale. Elle opposa la Xe Armée française, soutenue par 6 divisions britanniques, à la VIe Armée allemande. La bataille de l'Artois s'inscrivait dans le cadre de l'offensive française menée pendant la seconde bataille de Champagne.

Contexte[modifier | modifier le code]

Champ de bataille[modifier | modifier le code]

Déroulement de la bataille[modifier | modifier le code]

La seconde attaque française, la troisième bataille d'Artois, commence avec la prise de la ville de Souchez. Après cinq jours de combat intensifs, les Français s'emparent des hauteurs de la crête de Vimy, pour la troisième fois. Cependant, ils progressent ensuite de façon limitée, et la résistance accrue des Allemands entraîne de lourdes pertes. Les Français n'arrivent pas à capitaliser leurs premiers succès. On estime que les pertes françaises s'élèvent à 48 000 hommes et celles des Allemands à 30 000.

Dans le cadre de cette grande offensive, la Ire armée du général sir Douglas Haig lance une attaque entre Lens et le canal de la Bassée (c'est le début de la bataille de Loos). Les Britanniques, à court de munitions d'artillerie, utilisent le gaz pour la première fois dans la guerre. Cependant, des vents contraires renvoient une partie du gaz sur les lignes britanniques, et le terrain, des villages fortifiés et des terrils, rend la progression difficile. Le troisième jour, ils ont avancé de plus de 3 500 m et les troupes d'assaut s'emparent partiellement de la redoute de Hohenzollern, du village de Loos, et de la colline 70. La deuxième ligne allemande résiste cependant. Les Français venus apporter du renfort aux Britanniques avancent lentement et leur attaque le matin du 26 est contrée. Les contre-attaques allemandes permettent de reprendre la redoute de Hohenzollern. Les combats se poursuivent en octobre.

L'attaque dirigée par les Allemands contre les lignes franco-britanniques le 8 octobre et renouvelée plus mollement le 9 a été une des opérations les plus sérieuses et les plus largement conçues qu'ils aient menées depuis longtemps dans la région. Le maréchal French a indiqué dans son rapport que les troupes françaises ont occupé depuis quelque temps, sur sa demande, le secteur compris entre l'ancienne gauche de la ligne française, au Sud; et Loos, incluse, au Nord. L'attaque du 8 octobre avait pour objet de réoccuper les conquêtes récentes de l'armée britannique, depuis la redoute Hohenzollern jusqu'à Loos comprise. Des interrogatoires de prisonniers ont même appris que si l'objectif immédiat de l'attaque ne consistait que dans cette reprise du terrain, tout était préparé, matériel et personnel, et amené à pied-d'œuvre pour exploiter à fond le succès escompté, prendre en flanc et mettre ainsi en péril les récentes conquêtes françaises de mai et de septembre.

Cette attaque, qui a un peu différé des précédentes, présente quelques caractéristiques intéressantes. Un bombardement assez violent, intermittent, mais sans arrêts de longue durée, était opéré par l'ennemi depuis plusieurs jours. Ce bombardement était dirigé sur les premières lignes - soutiens compris - d'une part, et d'autre part sur les cantonnements de repos (ce dernier procédant par rafales, destiné à produire un effet brutal de surprise terrifiante).

Le 8 octobre, après une matinée relativement calme, un tir extrêmement violent et rapide de tous les calibres fut déclenché sur nos lignes, à midi. Ce tir comprenait des obus d'un calibre inusité: il tomba des obus de 380 et de 305. Les effets de ces obus, ainsi que de très nombreux projectiles de 210 et de 150 qui nous arrivèrent, ont été très au-dessous de ce que l'assaillant pouvait en espérer comme destruction de vies humaines.

Vers h 30 de l'après-midi, le tir devint d'une intensité vraiment extraordinaire. C'était bien le « trommelfeuer », le feu tambourinant, suivant le pittoresque surnom que lui ont trouvé les Allemands.Pendant ce temps, la deuxième ligne et les villages les plus rapprochés étaient soumis à un déluge d'obus suffocants, destinés à empêcher le tir de l'artillerie et l'arrivée des renforts. Ce barrage était si sérieux que l'odeur persistait, fétide et entêtante, trente-six heures après le bombardement.

À h 10, la première vague allemande couronnait les tranchées de départ construites en avant de la ligne ennemie pendant les nuits précédentes. La fusillade éclatait aussitôt dans les tranchées françaises et britanniques, mais aussi hâtive et nerveuse que nourrie. Les hommes tiraient dans le bleu. Pendant que les officiers calmaient ce premier énervement, faisaient ajuster le tir et régulariser la densité d'occupation des tranchées, la deuxième vague d'assaut suivait la première à 150 mètres; la troisième ne tardait pas à paraître. Ces trois vagues étaient constituées par des hommes placés coude à coude. Disons tout de suite que la première vague, disloquée et fauchée par les feux d'infanterie et de mitrailleuses, se confondit rapidement avec la deuxième. D'importants éléments de cette dernière parvinrent, grâce à des ondulations de terrain et à de hautes luzernes, jusqu'au contact presque immédiat de notre ligne en certains points. Le combat se poursuivit à la grenade. Un poste d'écoute fut même submergé par les assaillants, mais un seul obus de 75, tombant dans ce poste, tua tous les Allemands qui y avaient pénétré. La troisième vague ne put pas s'approcher des tranchées, le barrage foudroyant de notre artillerie l'ayant immobilisée puis détruite. Peu de temps après l'apparition de la troisième vague, se montrèrent les réserves, ou plutôt le deuxième échelon, en colonnes denses. Ces colonnes, accueillies par le feu qui les atteignait par-dessus les premières vagues - toutes les balles trop longues étaient pour elles, - hésitèrent, oscillèrent et finalement se mirent à l'abri dans quelques bâtiments isolés, dont les murs de briques suffisaient à arrêter les balles. Le commandant d'une des compagnies de première ligne, dont le téléphone avait été détruit au début de l'action, put le faire réparer à temps et prévenir l'artillerie que des masses très compactes se pressaient dans la zone de sécurité relative ainsi constituée. Une rafale formidable d'obus moyens et gros s'abattait bientôt sur ces bâtiments, où des centaines de fantassins ennemis furent écrasés. Les débris des unités qui y avaient cherché refuge se sauvèrent en désordre sur la route de Lens à la Bassée, poursuivis par les shrapnells. L'attaque était enrayée, elle allait bientôt se terminer complètement. Elle avait duré presque une heure entière, durée extrêmement longue pour la partie violente d'une action aussi meurtrière. Meurtrière, elle l'a été: devant le front d'une seule compagnie et dans une zone voisine de la tranchée, 300 cadavres ont été comptés dans la nuit qui a suivi. Or, lès victimes de l'artillerie, bien plus nombreuses, sont impossibles à dénombrer, étant situées au voisinage de la tranchée allemande. Les blessés ont afflué à Lens et dans toute la région, au dire des prisonniers. Deux régiments saxons qui attaquaient sur le front des deux compagnies accrochées aux pentes de, la cote 70, à l'Est de Loos, ont perdu presque tous leurs officiers. L'un d'entre eux, le 10G0 R.I.R., n'avait plus que six ou sept officiers lorsqu'il a quitté le secteur.[réf. nécessaire]

Le récit de l'affaire terminé - car la faible et désespérée tentative d'attaque qui se produisit le lendemain matin, à h 10, ne saurait se comparer au gros et sanglant effort du 8, - il est intéressant de relever quelques remarques faites par les officiers de première ligne. Les hommes de la première vague portaient pour armement, outre les habituelles musettes à grenades et les bombes munies d'un long manche de bois fixé à la ceinture, une masse d'armes, formée d'un lourd cylindre d'acier terminé par une pointe et emmanché sur un manche de bois dur, que retenait au poignet une dragonne. Les hommes de la deuxième vague, destinés à occuper les tranchées conquises, avaient l'équipement complet - sans sac. Ceux de la troisième vague et- les suivants, destinés à pousser de l'avant, avaient l'équipement complet de campagne. Aucun ne portait le casque. Les casques étaient emmagasinés à Lens.[réf. nécessaire]

Les hommes d'assaut se sont avancés avec un grand courage et un esprit de sacrifice évident. Néanmoins, plusieurs détails décèlent un affaiblissement de l'esprit agressif qui était resté, durant de longs mois, une des plus belles caractéristiques du soldat allemand : les officiers qui, normalement, dans l'ordre de bataille allemand, doivent se placer derrière la ligne d'assaut pour surveiller la marche et pousser les hésitants, ont dû, pour susciter un élan devenu moins irrésistible, se porter en avant, se dresser au-dessus des hommes couchés entre deux bonds, agiter leur sabre nu; ils ont presque tous payé de leur vie cet héroïsme, rendu nécessaire par les défaillances de la troupe. La troupe d'assaut ignorait complètement le terrain. Pour éviter la démoralisation que produit une réflexion trop prolongée, les hommes ont été tenus, jusqu'à la veille au soir du jour fixé, dans l'ignorance absolue de l'attaque et du terrain, dont la connaissance leur eût assurément enlevé la confiance. Les hommes ont été tenus dans l'ignorance de l'ennemi qu'ils avaient à combattre. Les officiers leur avaient annoncé que l'artillerie était peu nombreuse. Enfin, un signe certain de l'affaiblissement des effectifs a été relevé: les divisions qui ont donné l'assaut dont il est question avaient attaqué, avec de grandes pertes, très peu de jours avant, devant Souchez et Lorette.[réf. nécessaire]

L'attaque, d'autre part, devait être renouvelée le lendemain matin, après qu'une nuit de veille et d'attente énervante aurait diminué la valeur des troupes de défense. Cette attaque, dépourvue d'éléments frais en nombre suffisant, ne fut qu'esquissée, et son seul résultat fut d'amener de nouvelles pertes, même dans la tranchée de départ, où se massaient des formations qui furent gravement atteintes, sans même sortir, par le tir de notre artillerie. Le mouvement offensif était terminé. Son échec était complet. Les troupes de défense avaient déjà de fortes raisons d'estimer très lourdes les pertes qu'elles avaient causées à l'assaillant, lorsqu'un document allemand, trouvé sur un officier tué quelques jours après, dépassa toutes les espérances. Les troupes allemandes qui ont exécuté les attaques du 8 et du 9 octobre ont perdu, outre la presque totalité des officiers, 80 pour 100 de leur effectif.[réf. nécessaire]

Du 13 au 14 octobre, la 46e division britannique s'empare d'une partie de la redoute de Hohenzollern tenue par les Allemands à la fin de la bataille de Loos, et repousse les contre-attaques allemandes. Les pertes britanniques s'élèvent à 62 000 hommes, tandis que les pertes allemandes comptent environ 26 000 tués, blessés ou prisonniers. Le commandant du corps expéditionnaire britannique, le maréchal sir John French est accusé d'avoir fait mauvais usage de ses réserves pendant les combats et les réclamations pour le remplacer se multiplient

Bilan[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Batailles de Flandres et d'Artois 1914-1918, Yves Buffetaut, ISBN 2-235-02090-9

Bibliographie[modifier | modifier le code]