Bataille de l'Allia

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Bataille de l'Allia
Informations générales
Date 18 juillet, vers 390 av. J.-C.
Lieu Rivière Allia, à 15 km de Rome
Issue Victoire celte décisive
Belligérants
Gaulois SPQRomani.svgRépublique romaine
Commandants
Brennos SPQRomani.svg Quintus Sulpicius Longus
Forces en présence
Environ 20 000 hommes Environ 20 000 hommes
Pertes
Inconnues (faibles) Inconnues (très lourdes)

La bataille de l'Allia, qui se déroula le 18 juillet 390 av. J.-C. (date traditionnelle) ou 387, vit la victoire des Gaulois Cénomans, Boïens, Lingons et Sénons sur les forces romaines[1].

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Le peuple des Bituriges était à cette époque le plus puissant et le plus grand peuple de toute la Celtique. Il habitait au centre de la Gaule, avec sa ville principale située de nos jours à l'emplacement de Bourges. C'est aux alentours de -600 que le roi biturige Ambigatos (ou Ambigat), voyant le nombre de ses hommes augmenter, décida d'envoyer au loin une partie de son peuple. Il ordonna à ses deux neveux, Bellovesos (ou Bellovèse) et Segovesos (ou Sigovèse), de se préparer à partir. Suivant le présage des dieux, Bellovesos prit la direction du sud et Segovesos la direction de l'est. Les Volques, les Boïens, les Arvernes, les Carnutes, les Sénons, les Eduens, les Ambarres et les Aulerques s'étaient joints à eux. Chacun choisit les guerriers qu'il désirait et chacun partit sans espoir de retour. Il faut rappeler que ces expéditions guerrières étaient avant tout des migrations. Les conquérants partaient non pour le pillage, mais dans le désir de trouver de nouvelles terres. C'est donc avec leurs chariots, leurs femmes, leurs enfants, et des vivres en suffisance que ces hommes partaient.

Brennos et ses guerriers assiégèrent Clusium (aujourd'hui Chiusi). Les Gaulois établirent leurs campement à l'extérieur de la ville et commencèrent à négocier l'obtention d'une partie des terres. Les Clusiens, de nature plus marchande que guerrière, se sentirent menacés. Épouvantés par le nombre d'ennemis, ils implorèrent l'arbitrage et le secours des Romains. Ces derniers envoyèrent donc des ambassadeurs pour inviter les Gaulois à partir des terres clusiennes. Mais les Gaulois, ignorant encore l'existence même des Romains, refusèrent de bouger.

Les Clusiens commencèrent alors les hostilités pour forcer les Gaulois à partir. C'est au cours d'une des sorties que les ambassadeurs romains, ayant pris part à la bataille, furent aperçus tuant un chef gaulois et dépouillant son cadavre. Les Gaulois envoyèrent immédiatement demander à Rome de leur livrer les ambassadeurs, ce qu'elle refusa. Ce fut alors le début de la marche sur Rome.

La bataille et le désastre romain[modifier | modifier le code]

Les Romains, sortirent de Rome en hâte à l'alerte du tumultus gallicus (« tumulte gaulois »), avec une armée aussi forte que leurs ennemis, mais malheureusement comptant un bon nombre de soldats inexpérimentés. Le combat allait avoir lieu près de la rivière Allia. C'était la première fois que les Romains allaient affronter les Gaulois. Ces derniers, dispersés un peu partout sur le champ de bataille, donnèrent l'impression aux Romains d'être beaucoup plus nombreux. Dans les heures précédant la bataille, suivant la coutume de l'époque, les Celtes firent entendre des chants religieux invoquant les dieux de la guerre, et ayant pour conséquence de semer la peur dans les rangs romains. L'effroi magique que leur inspirèrent les cris de guerre des Celtes fut tel que les Romains furent enfoncés dès le premier choc. Le combat, très bref, se transforma en retraite généralisée et complètement désorganisée pour les Romains. Dans leur terreur panique les Romains tombaient les uns sur leurs autres et furent en majorité massacrés par les Gaulois. Beaucoup, fuyant vers le fleuve, périrent noyés par le courant et le poids de leurs armes. Les survivants se réfugièrent dans la cité étrusque de Véies qu'ils fortifièrent. Bien peu rentrèrent à Rome. Tite-Live justifie la défaite romaine par le non-respect de rites religieux et par la précipitation du commandement :

« Les tribuns militaires, sans avoir d'avance choisi l'emplacement de leur camp, sans avoir élevé un retranchement qui pût leur offrir une retraite, et ne se souvenant pas plus des dieux que des hommes, rangent l'armée en bataille, sans prendre les auspices et sans immoler de victimes[2] »

Trois jours après la bataille, les Gaulois investissaient Rome, dégarnie de la plupart de ses défenseurs, et assiégeaient la forteresse du Capitole où les combattants Romains s'étaient retranchés.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Eutrope, Abrégé de l'histoire romaine, livre I, 19.
  2. Tite-Live, Histoire romaine, livre V, 38.

Articles connexes[modifier | modifier le code]