Bataille de Zenta

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Bataille de Zenta
A zentai csata Eisenhut Ferenc képe.jpg
Informations générales
Date
Lieu Senta, Serbie
Issue Victoire décisive des Habsbourg
Belligérants
Saint-Empire romain germanique Saint-Empire Empire ottoman Empire ottoman
Commandants
Eugène de Savoie-Carignan Mustafa II
Imre Thököly
Forces en présence
34 000 fantassins
16 000 cavaliers
60 canons
environ 80 000 hommes
Pertes
environ 2 000 morts ou blessés 30 000 morts
Guerre austro-turque (1683-1699)
Batailles
m

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Coordonnées 45° 56′ N 20° 05′ E / 45.93333333, 20.08333333 ()45° 56′ Nord 20° 05′ Est / 45.93333333, 20.08333333 ()  

Géolocalisation sur la carte : Serbie

(Voir situation sur carte : Serbie)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Zenta.

La Bataille de Zenta eut lieu le juste au sud de la moderne Senta, en Serbie, sur la rive orientale de la Tisza. Ce fut une bataille décisive de la cinquième guerre austro-turque ainsi que l'une des pires défaites jamais infligées à l'Empire ottoman. Cette victoire des Habsbourg fut la dernière étape qui força l'Empire ottoman à signer le traité de Karlowitz, en 1699, qui mit fin à la domination turque sur la Hongrie.

Prélude[modifier | modifier le code]

Après le sauvetage de Vienne à la bataille du Kahlenberg en 1683, l'Autriche connut plusieurs succès et, en 1688, Belgrade ainsi que la plus grande partie de la Plaine de Pannonie était occupée par les Habsbourg. Mais, comme la Guerre de la Ligue d'Augsbourg contre la France demandait de plus en plus de troupes et que le nouveau Grand vizir réorganisait l'armée ottomane, les succès autrichiens prirent fin. Belgrade fut reprise par les Turcs en 1690 et la campagne militaire de l'année suivante fut relativement indécise.

Après une longue période sans mouvements de grande envergure, le sultan Mustafa II, qui venait d'accéder au pouvoir, sembla vouloir reprendre l'offensive. Eugène de Savoie-Carignan fut alors mis à la tête de l'armée du front oriental dans ce qui était son premier commandement indépendant. Ce fut la première d'une série de campagnes victorieuses pour le Prince Eugène.

Bataille[modifier | modifier le code]

Mouvements préliminaires[modifier | modifier le code]

Le Prince Eugène fut fait commandant en chef de l'armée de Hongrie le 5 juillet 1697. Son armée comptait en tout 70 000 hommes mais seulement la moitié de ces effectifs étaient prêts à se battre. Comme le trésor de guerre était vide, Eugène dut emprunter de l'argent pour payer les soldes et créer un service médical fonctionnel. Grâce au palatin Paul Esterházy, l'armée Habsbourg se renforça également de 20 000 combattants hongrois, et des unités de cavalerie serbes se joignirent également aux forces d'Eugène.

Quand arriva la nouvelle que le sultan et son armée étaient à Belgrade, Eugène décida de rassembler toutes ses troupes disponibles en Hongrie et en Transylvanie et les fit avancer en direction de Petrovaradin, ayant désormais une armée de plus de 50 000 hommes pour faire face aux ottomans. Le 18 juillet, dans le village de Kolut, Eugène passa ses forces en revue avant de poursuivre son avance sur Petrovaradin en passant par Sombor. Durant le mois d'août, Eugène proposa la bataille dans les alentours de la forteresse de Petrovaradin mais les ottomans, qui essayaient d'y mettre le siège, refusèrent le combat. Au mois de septembre, les ottomans firent mouvement vers le nord dans le but de prendre la forteresse de Szeged, et l'armée impériale les suivit.

La bataille[modifier | modifier le code]

Tableau dépeignant la bataille.

Après la capture de Djafer Pacha par la cavalerie impériale, le plan du siège de Szeged fut abandonné et le sultan décida de prendre ses quartiers d'hiver près de Timişoara. Quand Eugène apprit cela, il décida de forcer les Ottomans à livrer bataille.

Le 11 septembre 1697, l'armée ottomane essayait de passer à gué la rivière Tisza près de Zenta, sans savoir que l'armée impériale était toute proche. Ainsi, le Prince Eugène put effectuer une attaque surprise alors que l'ennemi était en train de franchir la rivière. Après un bombardement d'artillerie intensif, les régiments de dragons impériaux démontèrent et avancèrent vers les fossés entourant le camp ottoman, échangeant des coups de feu avec l'ennemi. Les troupes ottomanes derrière les retranchements firent retraite dans une grande confusion vers le pont, qui devint très vite encombré. L'artillerie autrichienne prit pour cible ces troupes, faisant un massacre. Le flanc droit de l'armée impériale attaqua, s'infiltrant entre le flanc gauche des ottomans et le pont, coupant ainsi leur retraite. Dans le même temps, les forces impériales attaquèrent de front et, après un féroce corps-à-corps, franchit les tranchées entourant le camp ottoman. À l'intérieur du camp, au milieu du train de provisions, le massacre fut terrible. Les soldats impériaux poursuivirent leur attaque implacablement et environ 20 000 Ottomans furent tués sur le champ de bataille alors que 10 000 autres se noyaient dans la Tisza.

Conséquences[modifier | modifier le code]

La bataille fut une victoire totale pour les Autrichiens ; au prix de pertes minimes (environ 500 morts), ils avaient infligé la perte de 30 000 hommes aux Ottomans et capturé le harem du sultan, 87 canons et les coffres du trésor royal. L'armée ottomane était dispersée et les Autrichiens envahirent la Bosnie sans rencontrer la moindre résistance, incendiant Sarajevo.

Par le traité de Karlowitz de 1699, le sultan Mustafa II dut céder à l'empereur Léopold la Transylvanie ainsi que les provinces ottomanes de Buda, Eger et Kanizsa, qui devinrent ou furent intégrées aux provinces des Habsbourg connues sous le nom de Principauté de Transylvanie, Royaume de Hongrie, Royaume de Slavonie et les Confins militaires.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Henri Pigaillem, Le Prince Eugène, 2005 (Éditions du Rocher)
  • Ervin Liptai, Military history of Hungary, Zrínyi Military Publisher, 1985
  • Zsigmond Pach et Ágnes Várkonyi, History of Hungary, Akadémia Publisher, 1985
  • László Markó, The Great Honours of Hungary, Hungarian Book-Club, 2000
  • Franz Herre, Eugenio di Savoia, Garzanti Editore, 2001

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]