Bataille de Wuhan

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Bataille de Wuhan
Mitrailleurs chinois
Mitrailleurs chinois
Informations générales
Date 11 juin au 27 octobre 1938
Lieu Wuhan et environs (Hubei, ainsi que Anhui, Henan et Jiangxi), Chine
Issue victoire japonaise
Belligérants
Drapeau : République de Chine (1912-1949) République de Chine
Drapeau de l'URSS Union soviétique
Drapeau : Japon Empire du Japon
Commandants
Drapeau de la République de Chine Tchang Kaï-chek
Drapeau de la République de Chine Chen Cheng
Drapeau de la République de Chine Xue Yue
Drapeau de la République de Chine Wu Qiwei
Drapeau de la République de Chine Zhang Fakui
Drapeau de la République de Chine Wang Jingjiu
Drapeau de la République de Chine Ou Zhentong
Drapeau de la République de Chine Li Tsung-jen
Drapeau de la République de Chine Sun Lianzhong
Drapeau : Japon Kotohito Kan'in
Drapeau : Japon Yasuji Okamura
Drapeau : Japon Shunroku Hata
Drapeau : Japon Naruhiko Higashikuni
Drapeau : Japon Shizuichi Tanaka
Drapeau : Japon Kesago Nakajima
Forces en présence
1 000 000 hommes
200 avions
30 navires
Renforts de l'Armée de l'air soviétique
350 000 hommes
500 avions
120 navires
Pertes
env 400 000 Chinois
100 pilotes Soviétiques
env 140 000
Guerre sino-japonaise (1937-1945),
Seconde Guerre mondiale
Batailles
Seconde Guerre mondiale : batailles de la Guerre sino-japonaise

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Coordonnées 30° 34′ 00″ N 114° 16′ 00″ E / 30.566667, 114.26666730° 34′ 00″ Nord 114° 16′ 00″ Est / 30.566667, 114.266667  

Géolocalisation sur la carte : Chine

(Voir situation sur carte : Chine)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Wuhan.

La bataille de Wuhan opposa en 1938 l'Armée impériale japonaise à l'Armée nationale révolutionnaire chinoise – aidée par l'Armée de l'air soviétique, envoyée officieusement sous l'appellation de troupes « volontaires » – pendant la guerre sino-japonaise.

Déterminé à conquérir Wuhan (Hubei), le quartier-général impérial autorisa à 375 reprises l'emploi d'armes chimiques lors des opérations de l'automne 1938[1] en dépit des articles 23 des conventions de La Haye de 1899 et 1907 et V du Traité relatif à l'emploi des sous-marins et des gaz asphyxiants en temps de guerre ainsi que d'une résolution du 14 mai 1938 de la Société des Nations blâmant l'Empire du Japon pour un tel usage[2].

La bataille dura quatre mois et s'avéra particulièrement intense et sanglante, s'étalant sur les rives nord et sud du Yangzi Jiang, ainsi que sur plusieurs provinces voisines du Hubei. Les Japonais parvinrent à prendre Wuhan, mais pas à faire cesser comme ils l'escomptaient la résistance chinoise.

Contexte[modifier | modifier le code]

Fantassins chinois à Wuhan, revêtus d'un équipement d'origine allemande.

Après la chute de Shanghai et celle de Nankin, le gouvernement de Tchang Kaï-chek avait transféré la capitale à Chongqing. Néanmoins, l'essentiel des troupes d'élite chinoises et une partie de ses infrastructures militaires se trouvaient à Wuhan. La ville, divisée par le Yangzi Jiang, est séparée en plusieurs agglomérations : Hankou, Hanyang et Wuchang. Comptant deux millions d'habitants, Wuhan était à l'époque l'une des villes les plus importantes de Chine. La prise de Wuhan pouvait permettre aux Japonais d'espérer anéantir la résistance des Chinois.

Bataille[modifier | modifier le code]

Le 28 février 1938, les Japonais commencèrent à bombarder Wuhan; les Chinois réussirent néanmoins à repousser l'aviation ennemie[3]. Le 24 mars, la Diète du Japon vota la loi de mobilisation nationale, qui permettait à l'effort de guerre en Chine de recevoir des financements illimités.

Le 29 avril, jour anniversaire de l'empereur Hirohito, les Japonais réalisèrent une nouvelle attaque aérienne. Après la chute de Xuzhou, l'armée nippone se concentra sur la prise de Wuhan, en commençant par envahir la municipalité de Hankou ; les Chinois, pour contrer l'offensive japonaise, réunirent autour de Wuhan environ un million de soldats, 200 avions et 30 navires de guerre[4].

Le 9 juin, les troupes nationalistes firent sauter dans le Henan les digues du Fleuve jaune, afin de retarder l'avance des japonais : l'inondation causa entre 500 000 et 900 000 morts civils[5].

Le 13 juin, les Japonais débarquèrent au sud du Yangze, prenant la ville de Anqing. Malgré la résistance chinoise et les attaques effectués contre la 11e armée japonaise, Jiujiang fut également prise le 26. Remontant le fleuve vers l'est, les troupes japonaises durent affronter la résistance des 31e et 32e armées chinoises à l'ouest de Ruichang. La bataille pour la défense du Xian de Yiangxin continua jusqu'au 22 octobre, date à laquelle les Japonais parvinrent à écraser la résistance chinoise et à avancer sur Wuchang.

Pendant l'attaque de Ruichang, la 106e division japonaise poursuivit son avance vers le sud, le long de la voie ferrée de Nanxun. Les troupes japonaises durent cependant affronter une forte résistance dans leurs tentatives d'occuper Nanchang et le Xian de De'an : en septembre, la bataille s'était enlisée. À la fin du mois, les troupes chinoises du général Xue Yue anéantirent quatre régiments japonais après les avoir encerclés dans la région de Wanjialing.

Au nord du Yangze, les Japonais prirent en juillet le Xian de Taihu, qui fut ensuite reconquis par les Chinois en août. Les troupes chinoises lancèrent ensuite des contre-offensives, qui se terminèrent par des échecs. Les Japonais parvinrent à prendre le Xian de Taihu, puis le fort du District de Tianjia'an. À la fin octobre, les troupes japonaises du nord avançaient vers Wuhan.

Dans la chaîne de montagnes de Dàbié, les Japonais parvinrent à briser la résistance chinoise et à prendre en octobre la ville de Xinyang, avançant également sur Wuhan le long de la voie ferrée, et prenant progressivement la ville en tenaille.

À la fin octobre, Wuhan étant presque complètement encerclée, les Chinois se retirèrent de la ville pour sauvegarder leurs effectifs restants. Les Japonais prirent Wuchang et Hankou le 26 octobre, et Hanyang le 27.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Les Japonais réussirent à prendre Wuhan, mais au prix de lourdes pertes, tandis les Chinois avaient évité l'écrasement complet de leurs forces armées. L'aviation et la marine militaire chinoises avaient cependant été en partie anéanties, et la destruction des digues avait causé de très nombreux morts civils. La guerre sino-japonaise entrait dans une phase d'enlisement de plusieurs années, aucun des deux camps ne parvenant à défaire l'autre de manière décisive.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Yoshiaki Yoshimi, Dokugasusen Kankei Shiryō II, Kaisetsu, Jūgonen sensō gokuhi shiryōshū, Funi Shuppankan, 1997, p. 25–29, Japan's poison gas used against China, The Free Lance-Star, 6 Octobre 1984[1]
  2. Herbert P. Bix, Hirohito and the Making of Modern Japan, Perennial, 2001, p. 739
  3. Sino-Japanese War, 1938
  4. Hsu Long-hsuen et Chang Ming-kai, History of The Sino-Japanese War (1937–1945)
  5. Huang He Floods, Encyclopedia Britannica

Nibliographie[modifier | modifier le code]

Paul-Yanic Laquerre, La bataille de Wuhan, l'endiguement du tsunami nippon, Dernière Guerre Mondiale, no 4, Octobre 2012, p. 43, [2]