Bataille de Washita River
| Bataille de Washita river | ||||||||||||||||
Le 7e de Cavalerie chargeant le village de Black Kettle. |
||||||||||||||||
| Informations générales | ||||||||||||||||
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
|
||||||||||||||||
|
||||||||||||||||
| Guerres indiennes | ||||||||||||||||
|
|
||||||||||||||||
| modifier |
||||||||||||||||
La Bataille de la Washita est une bataille entre le 7e de cavalerie du lieutenant-colonel George Armstrong Custer et les Cheyennes de Black Kettle dans les Plaines du sud des États-Unis[1].
Sommaire |
L'attaque[modifier]
Le matin du 26 novembre 1868, les éclaireurs indiens de George Armstrong Custer repèrent la piste d’un parti de guerre indien. Les troupes américaines suivent la piste indienne toute la journée, ne s’arrêtant qu’en fin de soirée pour prendre un peu de repos. Les soldats arrivent finalement en vue du camp (51 tipis) du chef Cheyenne Black Kettle. Custer divise alors ses troupes en quatre détachements qui prennent position autour du village indien.[2] L’attaque est lancée aux premières lueurs de l’aube.
Un Cheyenne repère les soldats juste avant le déclenchement de l'attaque et a le temps de donner l’alerte en tirant en l’air avant d’être tué. [3] Les Indiens sortent alors précipitamment des tipis, les guerriers prenant position à couvert, derrière des arbres et dans des ravins. Black Kettle et sa femme sont abattus dans le dos en tentant de s’enfuir à cheval.[4][5] Le village est occupé en moins de 20 minutes mais le combat se prolonge pendant plusieurs heures autour de poches de résistance autour du camp.[6]
Le village attaqué était le premier d’une série de campements le long de la rivière Washita (environ 6000 Indiens campaient dans les environs.[7]). De larges groupes de guerriers indiens se rassemblent bientôt sur les collines environnantes. Une partie des soldats prend alors des positions défensives pendant que le reste des troupes s’active à brûler les tipis et les autres possessions des Cheyennes (82 armes à feu, 4000 flèches, 30 lances, 210 haches, 573 couvertures en peau de bison, 271 selles, 700 livres de tabac,…). Les soldats abattent aussi 675 chevaux capturés, n’en épargnant que 200 pour leurs éclaireurs indiens et le transport des prisonniers. [8]
Dans la soirée, craignant que les indiens ne découvrent et n’attaquent son train de ravitaillement, Custer feint une marche vers les camps indiens voisins. Les Indiens se retirent alors et Custer en profite pour rompre le contact, puis rejoindre son train de ravitaillement.[9] et finalement de regagner sa base de départ.
Les pertes américaines se montent à 21 officiers et soldats tués et 13 blessés. 20 des 23 soldats tués faisaient partie d’un détachement conduit par le Major Joel Elliott qui s’était lancé à la poursuite d’un groupe de Cheyennes fuyant le village. Ce détachement fut attaqué et anéanti par des guerriers Kiowas, Cheyennes et Arapahos venus en renfort des camps indiens voisins. Dans son premier rapport, Custer indique que ses hommes ont compté les corps de 103 guerriers indiens.[10]. En fait, aucun décompte au sol n’a été effectué; le nombre indiqué par Custer étant basé les rapports séparés de ses officiers le jour suivant l’attaque. En décembre, les rapports militaires portent le nombre des guerriers tués à 140. La plupart des sources indiennes et des éclaireurs avancent des pertes beaucoup plus faibles. [11]Selon une récente etude du Centre d’Histoire Militaire de l’Armée des Etats-Unis, les pertes indiennes pourraient atteindre 50 morts et autant de blessés.
Controverses[modifier]
Bataille ou massacre[modifier]
Dès décembre 1868, l’attaque contre le village de Black Kettle suscite débat et controverse. Dans un article du 9 décembre, le "Leavenworth Evening Bulletin" écrit : "Les généraux S. Sanford et Tappan and le colonel Taylor de la Commission de Paix partagent l’opinion selon laquelle la récente bataille avec les Indiens a simplement été une attaque contre une bande pacifique, alors qu’elle se dirigeait vers la réserve". Le 14 Décembre, le New York Tribune annonce la démission de l’agent responsable des Cheyennes et des Arapahos, le Colonel Wynkoop : « Wynkoop considère le récent combat du Géneral Custer comme un massacre ».
Le scout Benjamin "Ben" Clark (présent à la Washita) rapporta que "le régiment galopa à travers le campement [...] tirant indistinctement et tuant aussi bien les femmes que les hommes." [12] Selon le lieutenant Godfrey, les militaires ne firent aucun effort "pour éviter de blesser les femmes" pendant la charge sur le camp indien.[13]. Dans une lettre à l’agent indien Wynkoop, le scout James S. Morrison cite les témoignages de deux civils présents (John Poisal et Jack Fitzpatrick) selon lesquels environ 40 femmes et enfants ont été tués contre seulement une vingtaine d’hommes. Selon le métis George Bent, 18 femmes et enfants ont été tués contre 13 guerriers. "Ben" Clark estime que 75 guerriers indiens ont perdu la vie et autant de femmes et d’enfants. Il indique aussi que tous les guerriers blessés trouvés dans le camp ont été achevés (les ordres du général Sheridan étaient de "tuer ou pendre tous les guerriers"). [14]
L’Historien Greene, en se basant la prise de prisonniers (femmes et enfants) par les soldats et les ordres pour éviter de tuer les non-combattants, réfute le terme de "massacre". Pendant l’engagement, le guide Ben Clark rapporte avoir obtenu l’autorisation de Custer pour stopper un officier s’élançant à la poursuite d’un groupe de femmes et d’enfants en criant "tuez les sans pitié !". Custer a aussi envoyé un officier s’assurer que les femmes et enfants restés dans les tipis ne soient pas tués. Avant l’attaque, il avait aussi donné des ordres pour que femmes et enfants soient épargnés.[15] Greene conclue :
"Malgré les pertes [les civils indiens tués], il n’y a aucun doute sur le fait que les soldats ont pris des dispositions pour protéger les femmes et les enfants.» [16]
En outre, il considère que les civils tués l'ont été en majorité par les éclaireurs indiens (osages) de l'armée. L'Historien Paul Hutton écrit aussi:
"Le combat de la Washita n’était pas un massacre. Les Cheyennes de Black Kettle n’étaient pas des innocents désarmés qui ne se considéraient pas en guerre. Plusieurs des guerriers de Black Kettle avaient combattu les soldats peu de temps auparavant, et le chef avait éte informé par [le genéral] Hazen qu'il n'y aurait pas de paix avant qu'il se soit rendu [au général] Sheridan. Les soldats n’avaient pas pour ordre de tuer tout le monde, Custer arrêtant personnellement des soldats qui visaient des civils. Les troupes firent 53 prisonniers."[17].
D'autres, comme l'Historien Joseph B. Thoburn considèrent au contraire que le combat dans le village fut trop inégal pour être considéré comme une "bataille" (ans l’assaut contre le camp indien, seul un soldat a été tué, toutes les autres victimes militaires américaines appartenant au détachement du Major Elliott). Il estime que si une force numériquement supérieure d’Indiens avait attaqué un village blanc et tué le même nombre de personnes, l’incident aurait sans aucun doute été qualifié de "massacre "[3]
Washita est aujourd'hui considérée par les autorités américaines comme une bataille classique et dénommée comme telle par le National Park Service en "Washita National Battlefield" (Oklahoma).
Présence supposée de prisonniers blancs du village de Black Kettle[modifier]
Selon l'Historien Jerome Greene, rien n’indique que Black Kettle soit personnellement impliqué dans les raids contre les colons blancs pendant l'été et l'automne 1868. [18] Cependant, plusieurs de hommes de sa bande y ont participé [19]
Une des justifications a posteriori de l’attaque est la présence supposée de captifs blancs dans ce village. [20] Dans leurs premiers rapports, Custer et Sheridan mentionnent en effet la libération de deux enfants blancs et le meurtre d’une femme blanche pendant l’attaque. Jamais leurs noms n'ont été révélés et il n'y aune mention de leur existence dans leurs descriptions ultérieures du combat. D’après Jerome Greene, tout suggère que ces faits ne se sont en fait jamais produits et qu'il n'y avait pas de prisonniers blancs dans le village de Black Kettle [21]. Ceci est contesté par d’autres auteurs, comme le suisse David Cornut qui insiste sur la culpabilité de Black Kettle [22].
Le rôle des prisonniers indiens dans la stratégie de Custer[modifier]
Lorsqu’à la fin de la journée, Custer fait avancer ses troupes en simulant un assaut avec les femmes et enfants prisonniers au milieu des soldats, les Indiens des camps environnants se dispersent, de peur que leurs tirs dirigés sur la colonne n’atteignent les prisonnier.[23] L’auteur James Donovan compare la situation des prisonniers Cheyennes à celle de boucliers humains, dans la mesure où ils ont été utilisés pour permettre la retraite du régiment de Custer. Pour l’analyste militaire Robert Kershaw, il est probable que c’est la présence des prisonniers qui a permis à Custer de sauver son régiment, et que cet épisode illustre selon lui l’intérêt tactique d’avoir des otages.[24]. Pour l’Historien Jerome Greene, "les 53 femmes et enfants faits prisonniers à la Washita ont servi de garantie contre l’attaque [des Indiens campant] en aval de la rivière" pendant sa retraite en fin de journée. [25]
La mort du Major Elliott[modifier]
La retraite de Custer, alors qu’il était sans nouvelles du Major Elliott est à l’origine de conflits dans le régiment. En particulier, le capitaine Benteen, un ami d’Elliot ne pardonna jamais à Custer se qu’il considérait comme l’"abandon" d’Elliott et de ses hommes. Ceci a pu avoir de profondes conséquences par la suite, certains auteurs comme David Cornut accusant le capitaine Benteen d’avoir délibérément refusé de porter assistance à Custer pendant la bataille de Little Big Horn en 1876. [26]
Notes[modifier]
- Stan Hoig, The Battlle of the Washita, University of Nebraska Press1970, pp. 49-51; Custer, George Armstrong. (1874). My Life on the Plains: Or Personal Experiences With the Indians. New York: Sheldon and Company, pp. 105-107; Jerome Greene, Washita, University of Oklahoma Press, 2004, pp. 52-53
- Hoig, Stan The Battle of the Washita: The Sheridan-Custer Indian Campaign of 1867-69. University of Nebraska Press (1980), p. 124.
- Greene, Jerome. Washita: The US Army and the Southern Cheyenne, 1867–1869. University of Oklahoma Press (2004), p. 129.
- Lewis Jon E. The Mammoth Book of Native Americans: The Story of America's Original Inhabitants in All Its Beauty, Magic, Truth, and Tragedy New York: Carroll & Graf (2004) p. 231
- National Park Service, 1999.
- Greene 2004, pp. 128-130.
- Greene 2004, p. 102
- Greene 2004, p. 126.
- Greene 2004, p. 128.
- Cornut David 'Little Big Horn, autopsie d'une bataille légendaire, Anovi, pp.74-79
- Greene, 2004, p. 136
- Donovan James A Terrible Glory. Little, Brown and Company (2008). p. 63
- Greene, 2004, p. 189
- Donovan, 2008, pp. 62-63
- Greene, 2004, p.261
- Washita : The Army and the Southern Cheyennes, University of Oklahoma Press, 2004, p.189
- Hutton, Paul The Custer reader, University of Nebraska Press, 1992, p.102
- Greene, 2004 p.186
- Greene, 2004 p. 50
- Greene, 2004 p. 184
- Greene 2004, pp. 184-186
- Cornut, 2006 p. 85
- Greene 2004, pp. 183-184
- Kershaw, Robert "Red Sabbath: The Battle of Little Bighorn", Ian Allan Ltd, 2008, p. 43
- Greene 2004, p. 190
- Cornut, 2006, p. 281-302
Images[modifier]
- Le chef Black Kettle en 1864
- Le lieutenant-colonel George A. Custer à l'automne 1868
- Stèle sur le site, aujourd'hui
- Civil capturés lors de la bataille puis relâchés en 1869
- La bataille de la Washita
- Page en français sur la bataille avec plusieurs illustrations
Filmographie[modifier]
- La Charge fantastique de Raoul Walsh, 1941
- Custer, l'homme de l'ouest de Robert Siodmak, 1967
- Little Big Man de Arthur Penn, 1970
Bibliographie[modifier]
EN FRANÇAIS
- Dee Brown,' Enterre mon cœur - La longue marche des Indiens vers la mort'Stock, Paris, 1973
- George E. Hyde, George Bent, Histoire des Cheyennes, Éditions du Rocher, 1995. (ISBN 2-268-02122-X)
- David Cornut, Little Big Horn, autopsie d'une bataille légendaire (édition augmentée)
EN ANGLAIS
- Dee Brown' Bury my heart at wounded knee' Holt, Rinehart and Winston Inc. New York. 1970
- Jerome A. Greene, Washita 1868: The Army and the Southern Cheyennes, Norman, University of Oklahoma Press, 2004 * Richard G. Hardorff ''Washita Memories: Eyewitness Views of Custer's Attack on Black Kettle's Village". Norman, OK: University of Oklahoma Press, 2006
- James Donovan, ' A Terrible Glory, Little, Brown and Company, 2008
- Jon E. Lewis ' The Mammoth Book of Native Americans: The Story of America's Original Inhabitants in All Its Beauty, Magic, Truth, and Tragedy' New York: Carroll & Graf, 2004
- Louis Kraft, Custer and the Cheyennes: George Armstrong Custer’s Winter Campaign on the Southern Plains, El Segundo, Upton & Sons, 1995
- Gregory F. Michno ., Encyclopedia of Indian Wars: Western Battles and Skirmishes 1850-1890. Missoula, MT: Mountain Press Publishing Company, 2003
- Gregory F. Michno, A Fate Worse than death, Indian captivities in the West, Caxton Press, 2007
- David J. Wishart (ed), Encyclopedia of the Great Plains Indians, University of Nebraska Press, 2007
Autres sources[modifier]
- Charles J. Brill, Conquest of the Southern Plains, New York, Millwood, 1975
- Jess C. Epple, Custer’s Battle of the Washita and a history of the Plains Indians tribe, New York, Exposition Press, 1970
- Stan Hoig, The Battle of the Washita, Lincoln, University of Nebraska Press, 1976
- Eric Joly, Custer, la vérité sur les guerres indiennes des grandes plaines d’Amérique du Nord, Paris, France-Empire, 2005
- Jay Monaghan, Custer : The life of General George A. Custer, Lincoln, University of Nebraska Press, 1971
- Robert M. Utley, Custer, Cavalier in buckskin, Norman, University of Oklahoma Press, rééd.2001
- Jeffry Wert, Custer: The controversial life of George Armstrong Custer, New York, Touchstone Books, 1996