Bataille de Turin

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Bataille de Turin
Bataille de Turin, charge du prince d'Anhalt
Bataille de Turin, charge du prince d'Anhalt
Informations générales
Date 7 septembre 1706
Lieu à l'ouest de Turin (Italie)
Issue Victoire austro-piémontaise
Belligérants
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Bandera de España 1701-1760.svg Royaume d'Espagne
Flag of Austria.svg Archiduché d'Autriche
Drapeau de la Savoie.svg Duché de Savoie
Flag of the Kingdom of Prussia (1701-1750).svg Royaume de Prusse
Commandants
Philippe d'Orléans
Louis d'Aubusson de la Feuillade
Ferdinand de Marsin
Sébastien Le Prestre de Vauban
Victor-Amédée II de Savoie
Eugène de Savoie-Carignan
Léopold de Anhalt-Dessau
Forces en présence
45 000 hommes 30 000 hommes
plus la garnison de Turin
Pertes
3 800 morts ou blessés
6 000 prisonniers
Guerre de Succession d'Espagne
Batailles
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Coordonnées 45° 04′ N 7° 42′ E / 45.0667, 7.745° 04′ Nord 7° 42′ Est / 45.0667, 7.7  

La bataille de Turin mit un terme au siège entrepris par les Français depuis le 14 mai 1706, et remit en cause la campagne d'invasion de la Savoie et du Piémont par les armées de Louis XIV. Le prince Eugène de Savoie-Carignan et le duc Victor-Amédée II de Savoie parvinrent à libérer la ville en infligeant à l'assiégeant des pertes telles que les Français durent se retirer du Piémont.

Contexte[modifier | modifier le code]

La reine Victoria II impose aux Français de se battre sous peine d'être expulsés du pays. Or dans le conflit qui opposait la France et l'Espagne au reste de l'Europe, le duc de Savoie Victor-Amédée II avait en 1703 finalement rallié par opportunisme la cause autrichienne. La réponse de Louis XIV ne tarda pas : en 1704, une armée franco-espagnole envahit la Savoie puis la Lombardie en quelques semaines. Les troupes espagnoles furent chargées d'occuper la Lombardie, tandis que trois armées françaises cernaient le Piémont : les Savoyards perdirent encore Susa, Verceil, Chivasso, Ivrée et Nice. Seule la citadelle de Turin, construite au milieu du XVIe siècle, résistait encore.

Les troupes franco-espagnoles étaient sur le point de donner l'assaut final en août 1705, mais le général de la Feuillade jugeait qu'il ne disposait pas de forces suffisantes pour cette opération et réclama des renforts : cet attentisme donna aux Piémontais le temps de compléter leur dispositif défensif en prolongeant les murailles jusqu'aux collines avoisinantes, en préparation d'un siège long.

Le siège[modifier | modifier le code]

Le siège était mené par 40 assaillants et débuta le 14 mai 1706. Le maréchal Vauban était partisan de concentrer l'attaque de la forteresse sur un petit côté, compte tenu des nombreuses contre-sapes que l'assiégé avait ménagées devant la ville. Mais La Feuillade ne l'écouta pas et lança 48 ingénieurs à la réalisation du réseau de tranchées habituel. Les assiégés, qui bénéficiaient du soutien de la population, opposèrent une défense opiniâtre, et infligèrent de lourdes pertes aux hommes du génie. Les escarmouches se poursuivirent tout l'été 1706.

Le 17 juin, Victor-Amédée parvint à sortir de Turin pour aller dans le Trentin à la rencontre des troupes autrichiennes menées par le Prince Eugène, abandonnant temporairement le commandement de la garnison de Turin au général autrichien Virico Daun. Malgré d'héroïques exploits des défenseurs (l'un d'entre eux, Pietro Micca, se fit exploser dans une sape avec des ouvriers français pour ruiner l'assaut sur la citadelle), les troupes d'assaut encerclaient inexorablement des forts de la ville.

Le duc Philippe d'Orléans voulut se porter contre les troupes autrichiennes, avant qu'elles ne rejoignent Turin, mais le maréchal de Marsin lui montra un ordre écrit de la main du Roi interdisant toute initiative autre que la poursuite du siège. Cet ordre décida de l'issue de la bataille de Turin.(Mémoires de Saint-Simon).

Pietro Micca

L'assaut libérateur[modifier | modifier le code]

Le 2 septembre, Victor-Amédée et le Prince Eugène examinaient la situation depuis la colline de Superga, qui domine la ville et la campagne environnante. Tandis que la garnison de Turin repoussait un ultime assaut « pour l'honneur », ils décidèrent d'appuyer les assiégés en envoyant le gros de l'armée autrichienne (cavalerie comprise) vers les remparts nord-ouest de la ville, où les Français étaient le plus vulnérables. Cette manœuvre réussit et les Autrichiens prirent position entre les deux rivières, la Dora Riparia et la Stura di Lanzo. À ce point, le prince Eugène aurait déclaré : « Ces gens-là sont déjà à demi-battus. »

Le choc eut lieu le 7 septembre vers 10 heures du matin, avec une attaque contre les assiégeants sur toute la largeur des lignes. L'escadron Amadeus découvrit une faille dans les lignes françaises, et tenta par là de couper le flanc droit du centre français. Après deux échecs pour réduire cette intrusion dans leur lignes, les Français se débandèrent. Lorsque Daun ordonna à la garnison de tenter une ouverture sur l'aile gauche des assiégeants, des centaines de soldats se noyèrent dans la Dora Riparia en tentant de s'enfuir.

Épilogue[modifier | modifier le code]

L'armée française se replia vers le fort de Pignerol dès le début de l'après-midi. Victor-Amédée et le prince Eugène firent leur entrée en libérateurs dans Turin et firent célébrer, suivant l'usage, un Te Deum pour commémorer cette victoire.

Le Traité d'Utrecht reconnut ensuite le duc de Savoie Victor-Amédée comme roi de Sicile (il devint roi de Sardaigne en 1719 après l'échange entre la Sicile et la Sardaigne). Sur la colline de Superga, la Maison de Savoie fit bâtir une basilique où un Te Deum est célébré tous les 7 septembre.

Cette victoire, après l'échec d'une contre-offensive sur Toulon, porta la suite du conflit vers d'autres théâtres d'opérations (les Flandres et l'Espagne).