Bataille de Tabago

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Page d'aide sur les redirections Pour la prise de l'île par les Français pendant la guerre d'indépendance des États-Unis, voir Prise de Tobago.
Bataille de Tabago
Eerste Slag bij Tobago.jpg
Informations générales
Date 3 mars 1677
Lieu Île de Tobago
Issue Attaque française repoussée
Victoire néerlandaise
Belligérants
Drapeau du Royaume de France Royaume de France Provinces-Unies Provinces-Unies
Commandants
Jean II d'Estrées Jacob Binckes
Forces en présence
8 navires de lignes
2 frégates
1 brulôt
4 navires de lignes
6 petits navires divers
plusieurs navires marchands
Pertes
4 navires 7 navires
plusieurs marchands incendiés
Guerre de Hollande
Batailles
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Coordonnées 11° 15′ 00″ N 60° 40′ 01″ O / 11.25, -60.667 ()11° 15′ 00″ Nord 60° 40′ 01″ Ouest / 11.25, -60.667 ()  

Géolocalisation sur la carte : Trinité-et-Tobago (relief)

(Voir situation sur carte : Trinité-et-Tobago (relief))
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Tabago.

Géolocalisation sur la carte : Petites Antilles

(Voir situation sur carte : Petites Antilles)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Tabago.

La bataille navale de Tabago (ou Tobago) a lieu le 3 mars 1677, aux Antilles pendant la guerre de Hollande. Une petite escadre française commandée par le comte d'Estrées y affronte et détruit une force hollandaise commandée par Jacob Binckes. Ce combat acharné mais mineur n'a pas de conséquence sur l'issue du conflit qui se joue pour l'essentiel en Europe et s'achève l'année suivante.

Le contexte[modifier | modifier le code]

Une petite escadre hollandaise, sous le commandement de l'amiral Binckes opérait aux Antilles. Elle s'était emparée de Cayenne, et de l'île de Tabago. Binckes avait aussi pillé Marie-Galante et Saint-Domingue.

La France ne dispose sur place que de l'escadre du marquis de Grancey, quatre vaisseaux et une frégate. Par manque de moyens financiers, elle ne peut armer et envoyer des renforts.

Le comte d'Estrées, vice-amiral du Ponant, propose de financer en partie l'armement de l'escadre nécessaire[1]. L'escadre quitte Brest le 6 octobre 1676.

Le 22 décembre, de nuit, il attaque et reprend Cayenne. L'escadre passe alors par la Martinique, où elle embarque des troupes. Le 20 février 1677, elle jette l'ancre à Tobago et débarque ses troupes. Celles-ci devant attaquer par terre pendant que l'escadre française réglerait son compte à l'escadre hollandaise, ancrée dans la baie de la Nouvelle-Flessingue (Nieuw-Vlissingen)[2]. L'affaire ne débouche pas, les troupes montrant peu d'ardeur au combat.

Le 3 mars 1677 au matin, ayant réussi à s'emparer d'un marin local capable de servir de pilote, l'escadre française forme sa ligne de bataille et entre dans la baie.

Les forces en présence[modifier | modifier le code]

Liste des navires (dans l'ordre qu'ils occupaient au début de l'attaque)

Royaume de France[modifier | modifier le code]

  • L'Intrépide (?), Louis Gabaret
  • Le Galant (46)
  • Le Fendant (?)
  • Le Marquis
  • Le Glorieux (navire amiral), Jean d'Estrées
  • Le Précieux
  • Les Jeux (36)
  • L'Emerillon
  • Laurier
  • Soleil d'Afrique
  • 1 brûlot

Provinces-Unies[modifier | modifier le code]

  • Bescherming (navire-amiral)
  • Huis te Kruiningen
  • Zeelandia
  • Leyden
  • 6 autres petits navires et plusieurs navires marchands.

Le combat[modifier | modifier le code]

La disposition des lieux

La baie de Nieuw-Flushing a une forme grossièrement triangulaire, profonde d'environ 1 mille nautique. Les deux caps qui la bordent sont distants d'environ 2 milles mais le chenal utilisable ne mesure que 350 mètres de large environ, du fait de la présence de bancs.

Près de la côte, une zone offrant des fonds d'une quinzaine de mètres sert pour le mouillage. C'est là que sont ancrés les hollandais, formant une ligne. Entre les vaisseaux et la terre, des navires marchands sont à l'ancre.

Le problème est la sortie de la baie. Les alizés soufflent du large et le navire ne peut sortir qu'en se hâlant sur ses ancres.

L'attaque française
L'explosion du Huis te Kruiningen

L'escadre française, en ligne de bataille pénètre dans la baie. Le brûlot s'échoue.

Entre 9 et 10 heures du matin, les navires français se placent à très courte distance de l'adversaire qu'ils ont choisi. Les bordées répondent aux bordées et la distance est si courte que les flammes des tirs comme les projections des valets[3] font que les incendies ne tardent pas à se déclarer.

Le Huis te Kruiningen est en feu. Pour éviter les flammes, Le Glorieux, ancré, laisse filer son câble, mais s'échoue non loin de là. Le hollandais saute, l'explosion détruisant l'arrière du vaisseau du comte d'Estrées, les débris lui communiquant l'incendie. Plusieurs navires marchands sont aussi incendiés.

La même mésaventure survient au vaisseau Le Marquis, dont l'adversaire a aussi pris feu.

L'Intrépide, sévèrement touché et menacé par le brûlot hollandais, file son câble d'ancre et s'échoue. L’état-major, décimé, ne peut empêcher l'équipage de s'occuper des réserves d'alcool. Il n'y aura qu'une faible opposition aux Hollandais qui s'emparent alors du vaisseau. Ils l'incendieront un peu plus tard.

Le Précieux s'échoue lui-aussi. Les marins empêchent le capitaine de le faire sauter[4] et les Hollandais s'en emparent.

Quand le combat se termine, les Français ont perdu quatre vaisseaux et les Hollandais, sept. Plusieurs marchands ont aussi été incendiés.

Les suites du combat[modifier | modifier le code]

Il faut trois jours aux Français pour sortir leurs navires de la baie, récupérer leurs troupes, quitter les lieux et gagner La Grenade.

Revenu en France au mois d'août, d'Estrées prend le commandement d'une nouvelle escadre. Le 12 décembre, il s'emparera enfin de Tobago, reprenant Le Précieux, une flûte et une frégate.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il comptait se rembourser avec la vente des prises qui seraient faites. Chabaud-Arnaud affirme cependant que d'Estrées ne finança rien (Revue Maritime et Coloniale, avril 1889, page 17).
  2. Actuellement Scarborough, sur la côte sud, à l'ouest, de l'île.
  3. Il s'agit de la bourre que l'on met dans le tube du canon pour retenir la charge.
  4. Il ne faut pas oublier que les navires de l'époque n'ont qu'une chaloupe. Et donc que l'équipage savait qu'il sauterait avec le navire.

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Ce document est consultable sur le site Gallica de la BNF.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]