Bataille de Saratoga

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Bataille de Saratoga
Reddition du Général Burgoyne  par John Trumbull
Informations générales
Date 19 septembre et 7 octobre 1777
Lieu Saratoga (New York)
Issue Première bataille : Victoire britannique ;
Deuxième bataille : Victoire Américaine décisive
Belligérants
Drapeau des États-Unis États-Unis Royaume de Grande-Bretagne Royaume de Grande-Bretagne
Commandants
Horatio Gates John Burgoyne
Forces en présence
9 000 hommes
(le 19 septembre)

12 000 hommes
(le 7 octobre)
7 200 hommes
(le 19 septembre)

6 600 hommes
(le 7 octobre)
Pertes
90 morts
240 blessés
440 morts
695 blessés
6 222 prisonniers
Guerre d'indépendance des États-Unis
Batailles
Campagne de Boston (1774-1776)

(Powder Alarm) · Lexington et Concord · Boston · Bunker Hill


Invasion du Canada (1775)

Fort Ticonderoga · Fort Saint-Jean · Longue-Pointe · Québec · Saint-Pierre · Les Cèdres · Trois-Rivières · Ile Valcour


Campagne de New York et du New Jersey (1776-1777)

Long Island · Kips Bay · Harlem Heights · Pell's Point · White Plains · Fort Washington · Iron Works Hill · Trenton · Assunpink Creek · Princeton · Millstone · Bound Brook · Short Hills


Campagne de Saratoga (1777)

Fort Ticonderoga · Hubbardton · Fort Anne · Fort Stanwix · Oriskany · Bennington · Forts Clinton et Montgomery · Saratoga


Campagne de Philadelphie (1777-1778)

Bound Brook · Short Hills · Staten Island · Cooch's Bridge · Brandywine · Clouds · Paoli · Germantown · Red Bank · Gloucester · White Marsh · Matson's Ford · Valley Forge · Quinton's Bridge · Crooked Billet · Barren Hill · Monmouth


Front de l'Ouest (1775-1782)

1er Fort Henry · Boonesborough · Illinois · Fort Vincennes · Fort Pitt · Fort Laurens · Chillicothe · Saint-Louis · Kentucky · Défaite de La Balme · Piqua · Coshocton · Lochry · Long Run · Gnadenhütten · Little Mountain · Expédition Crawford · Bryan Station · Blue Licks · 2e Fort Henry


Front du Nord (1777)

Wyoming Valley · Big Runaway


Front du Sud (1775-1781)

Williamsburg · Great Bridge · Moore's Creek Bridge · Rice Boats · Alligator Bridge · Beaufort · Kettle Creek · Brier Creek · Stono Ferry · Savannah · Charleston · Camden · Kings Mountain · Cowpens · Pyle · Guilford Court House · Hobkirk's Hill · Eutaw Springs · Baie d'Hudson


Campagne de Floride (1779-1781)

Fort Bute · Bâton-Rouge · Fort Charlotte · Mobile · Pensacola


Campagne de Yorktown (1781)

Cap Henry · Blandford · Greenspring Farm · Baie de Chesapeake · Yorktown


Guerre des Antilles (1775-1783)

Nassau · Barbade (en) · Dominique · Sainte-Lucie (1re) · Sainte-Lucie (2e) · Saint-Vincent (en) · La Grenade (1re) · La Grenade (2e) · Río Hondo (en) · Cayo Cocina (en) · San Fernando (en) · 12 décembre 1779 (en) · 1re Martinique · 2e Martinique · Bermudes · Fort San Juan (en) · Indes occidentales néerlandaises (en) · Saint-Eustache (en) · Fort-Royal · Tobago · Brimstone Hill · Saint-Christophe · Demerara et Essequibo (en) · Montserrat · Roatán (en) · Saintes · Canal de la Mona · Black River (en) · Nassau (2e) (en) · Hispaniola · 6 décembre 1782 · 15 février 1783 · Turques-et-Caïques · l'Alliance et la Sybil · Nassau (3e) (en)


Campagne des Indes (1778-1783)

Pondichéry · 1er Négapatam · Porto Praya · Sadras · Provédien · 2e Négapatam · Trinquemalay · 1er Gondelour · 2e Gondelour


Campagne d'Europe (1778-1783)

1er Ouessant · Flamborough Head · 1er Cap Saint-Vincent · 2e Saint-Vincent · Jersey · Dogger Bank · 2e Ouessant · Gibraltar · Cap Spartel

Coordonnées 42° 59′ 56″ N 73° 38′ 15″ O / 42.998888888889, -73.637542° 59′ 56″ Nord 73° 38′ 15″ Ouest / 42.998888888889, -73.6375  

Géolocalisation sur la carte : New York

(Voir situation sur carte : New York)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Saratoga.

Géolocalisation sur la carte : États-Unis

(Voir situation sur carte : États-Unis)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Saratoga.

La bataille de Saratoga est considérée par de nombreux historiens comme le tournant de la guerre d'indépendance américaine et l'une des batailles les plus décisives de l'histoire américaine. La défaite et la capture d'une grande partie des forces militaires britanniques lors de la campagne de Saratoga par les Américains ont protégé les forces armées du Nord d'attaques venant du Canada.

Contexte[modifier | modifier le code]

Article principal : Campagne de Saratoga.

Après deux ans dans la guerre d'indépendance des États-Unis, les Britanniques ont changé leurs plans. Renonçant aux colonies rebelles de la Nouvelle-Angleterre, ils décident de diviser les Treize colonies et d'isoler la Nouvelle-Angleterre des colonies du centre et du sud que les Britanniques pensent être plus loyales. Le commandement britannique conçoit en 1777 un plan de grande envergure pour diviser les colonies via un mouvement en tenaille organisé selon trois directions différentes[1]. La force venant de l'ouest, sous le commandement de Barry St. Leger (en), devait avancer depuis ce qui est aujourd'hui l'Ontario à travers l'ouest de la province de New York, suivant la rivière Mohawk[2], et celle venant du sud devait remonter la vallée de l'Hudson depuis New York[3]. Celle venant du nord devait avancer depuis Montréal vers le sud et les trois forces devaient se rejoindre dans les environs d'Albany, coupant la Nouvelle-Angleterre des autres colonies[4].

Situation britannique[modifier | modifier le code]

Le général John Burgoyne, portrait réalisé par Joshua Reynolds vers 1760.

En juin 1777, le général britannique John Burgoyne, connu sous le nom de Gentleman Johnny pour ses manières, se dirige vers le sud depuis la province de Québec pour prendre le contrôle de la haute vallée de l'Hudson. Après sa précédente capture de Fort Ticonderoga, sa campagne s'est enlisée dans les difficultés[4]. Des éléments de l'armée ont rejoint le haut de l'Hudson dès la fin du mois de juillet mais des problèmes logistiques et des difficultés dans l'approvisionnement retardent l'armée principale à Fort Edward. Une tentative pour pallier ces difficultés échoue lorsque près de 1 000 hommes sont tués ou capturés à la bataille de Bennington le 16 août[5]. En outre, Burgoyne reçoit des nouvelles le 28 août annonçant que l'expédition de St. Leger descendant la vallée de la Mohawk a fait demi-tour après l'échec du siège de Fort Stanwix (en)[6].

Ajouté à cela les nouvelles annonçant que le général William Howe a quitté New York avec son armée pour mener une campagne visant à capturer Philadelphie au lieu de se rendre dans le nord pour rejoindre Burgoyne[7] et le départ de la plupart de sa force de soutien amérindienne à la suite de la défaite à Bennington, la situation de Burgoyne devient difficile[8]. Confronté à la nécessité de rejoindre des quartiers d'hiver défendables, ce qui nécessiterait de se retirer à Ticonderoga ou d'avancer jusqu'à Albany, il se décide pour cette dernière option. Consécutivement à cette décision, il prend deux autres décisions cruciales. Il décide de rompre délibérément les communications avec le nord, de sorte qu'il n'a pas besoin de maintenir une chaîne d'avant-postes lourdement fortifiés entre sa position et Ticonderoga et il décide de traverser l'Hudson tant qu'il se trouve en position de force relative[9]. Il ordonne pour cela à Friedrich Adolf Riedesel, qui commande l'arrière de l'armée, d'abandonner les avant-postes de Skenesboro au sud et fait ensuite traverser l'Hudson à l'armée juste au nord de Saratoga entre le 13 et le 15 septembre[10].

Situation américaine[modifier | modifier le code]

Le général Horatio Gates, portrait réalisé par Gilbert Stuart.

L'Armée continentale a opéré un lent et continu repli depuis la capture de Ticonderoga par Burgoyne plus tôt en juillet. À la mi-août, l'armée, alors sous le commandement du major-général Philip Schuyler, établit son campement au sud de Stillwater dans l'actuel État de New York. Le 19 août, le major-général Horatio Gates prend le commandement à la suite de Schuyler, dont les ambitions politiques ont été contrariées par la perte de Ticonderoga et la retraite qui s'ensuivit[11]. Gates et Schuyler, qui viennent de milieux très différents, ne s'entendent pas très bien et se sont précédemment querellés sur des questions de commandement dans le Département nord de l'armée[12]. Gates devient le bénéficiaire d'une armée qui ne cesse de s'agrandir, résultat de la montée de la participation dans la milice après l'appel des gouverneurs d'État, le succès à Bennington et l'indignation générale face au meurtre de Jane McCrea, fiancée d'un Loyaliste de l'armée de Burgoyne, par des Amérindiens servant sous le commandement de Burgoyne[13].

Les décisions stratégiques du commandant-en-chef américain, le général George Washington, ont également amélioré la situation de l'armée de Gates. Washington se préoccupe particulièrement des mouvements du général Howe et de ce qui pourrait être son objectif. Conscient que Burgoyne est également en train de se mouvoir, il prend quelques risques en juillet et envoie de l'aide dans le nord sous la forme du major-général Benedict Arnold, son commandant de terrain le plus agressif, et le major-général Benjamin Lincoln, un homme du Massachusetts connu pour son influence sur la milice de Nouvelle-Angleterre[14]. En août, avant qu'il ne soit certain que Howe fasse effectivement route vers le sud, il ordonne à 750 hommes provenant des forces d'Israel Putnam qui défendent les régions montagneuses de New York de rejoindre l'armée de Gates et envoie également quelques unes des meilleures forces de sa propre armée : le colonel Daniel Morgan et le Provisional Rifle Corps nouvellement créé qui se compose d'environ 500 fusiliers spécialement sélectionnés venant de Pennsylvanie, du Maryland et de Virginie, choisis pour leur habileté au tir[15]. Cette unité deviendra connue sous le nom de « Fusiliers de Morgan (en) ».

Carte montrant les mouvements des deux armées dans la campagne de Saratoga et schéma des batailles de Saratoga en encart.

Le 7 septembre, Gates ordonne à son armée de partir au nord. Un endroit connu sous le nom de Bemis Heights, juste au nord de Stillwater et à environ 16 km au sud de Saratoga, est choisi pour son potentiel défensif et l'armée passe environ une semaine à construire des ouvrages défensifs conçus par l'ingénieur polonais Tadeusz Kościuszko. Les hauteurs offrent une vue générale du secteur et contrôlent la seule route menant à Albany, où elle passe à travers un défilé entre les hauteurs et l'Hudson. À l'ouest de ces hauteurs se trouve d'autres escarpements fortement boisés qui représentent un défi de taille à n'importe quelle armée lourdement équipée[16].

Analyse[modifier | modifier le code]

À la bataille de Saratoga, les deux armées avaient des forces équivalentes au même moment. La plupart des combats à Saratoga ont plus ressemblé à des techniques de guérilla (guerilla warfare) de la part des révolutionnaires. De plus, la bataille de Saratoga servira comme première analyse militaire avec des forces et possibilités équivalentes. Ces techniques de harcèlements étaient celles des chasseurs indiens, des trappeurs et coureurs des bois « Canayens ».

Situation de Saratoga et Brandywine

La triple attaque ratée[modifier | modifier le code]

Saratoga a lieu en 1777 presque au même moment que la bataille du Fort Stanwix et la bataille de Brandywine. Et ce n'est pas un hasard. En 1777 les Britanniques avaient prévu d'écraser les Américains en attaquant par trois directions différentes la ville d'Albany.

La première attaque devait partir de Montréal, remonter la Rivière Richelieu puis longer le lac Champlain et attaquer Albany. C'était l'expédition de John Burgoyne qui remplaçait Guy Carleton (lord Dorchester) que les Britanniques avaient remplacé à cause de ses hésitations de l'année précédente après la Bataille de l'île Valcour contre Benedict Arnold. Cette attaque devait être secondée par deux autres régiments qui n'arrivèrent jamais.

La deuxième attaque provenait du lac Ontario et suivait la rivière Mohawk vers l'est jusqu'à Albany. Mais Barry St-Leger et ses Iroquois furent arrêtés à la bataille de Fort Stanwix.

La troisième attaque en provenance de New York arriva trop tard pour aider Burgoyne. Henry Clinton en partance de New York devait remonter l'Hudson River et rejoindre John Burgoyne à Albany. Mais Clinton partit trop tard et avec trop peu de troupes.

Cette troisième attaque aurait dû être menée par William Howe et l'armée principale britannique mais Howe était parti vers Philadelphie et se battait à la bataille de Brandywine contre l'armée de George Washington.

Les historiens s'entendent pour dire que c'est ce que William Howe aurait dû faire mais ce n'était pas ce que les Britanniques lui avait demandé. Néanmoins cette erreur causera l'entrée de la France dans la guerre et finalemement la défaite britannique à Yorktown en 1781 et le traité de Paris de 1783.

Ironiquement l'erreur de William Howe cause la perte des États-Unis par la Grande-Bretagne et c'était lui qui avait escaladé la pente pendant la bataille des plaines d'Abraham avant James Wolfe en 1759.

Conséquences de Saratoga[modifier | modifier le code]

Tour commémorative de la bataille de Saratoga

Les soldats de John Burgoyne furent désarmés et autorisés à rentrer en Grande-Bretagne, à condition qu'ils ne s'engagent pas à nouveau dans le conflit. Le congrès continental refusa de ratifier la convention passée entre Gates et Burgoyne. Quelques officiers britanniques et allemands furent échangés contre des prisonniers américains, mais la plupart restèrent internés dans des camps de Nouvelle-Angleterre, de Virginie et de Pennsylvanie, jusqu'à la fin de la guerre d'indépendance.

William Pitt l'Ancien fit un malaise dans le Parlement britannique lorsqu'il apprit que la victoire est du côté américain. Ironiquement c'est William Pitt qui avait organisé l'invasion du Québec en 1759. La mort de William Pitt est l'objet d'une peinture célèbre (Pitt ne meurt pas immédiatement mais il ne se remettra jamais du malaise qui l'a terrassé en pleine session du Parlement pendant une discussion sur la victoire américaine[17]).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ketchum 1997, p. 84–85
  2. Ketchum 1997, p. 335
  3. Ketchum 1997, p. 82
  4. a et b Ketchum 1997, p. 348
  5. Ketchum 1997, p. 320
  6. Ketchum 1997, p. 332
  7. Nickerson 1967, p. 189
  8. Nickerson 1967, p. 265
  9. Nickerson 1967, p. 290–295
  10. Nickerson 1967, p. 296
  11. Ketchum 1997, p. 337
  12. Ketchum 1997, p. 52–53
  13. Nickerson 1967, p. 288
  14. Nickerson 1967, p. 180
  15. Nickerson 1967, p. 216
  16. Ketchum 1997, p. 347–348
  17. La mort de William Pitt apprenant la défaite de Saratoga

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]