Bataille de Ravenne

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Bataille de Ravenne
Bataille de Ravenne. Mort de Gaston de Foix-Nemours. Par Ary Scheffer (vers 1824).
Bataille de Ravenne. Mort de Gaston de Foix-Nemours. Par Ary Scheffer (vers 1824).
Informations générales
Date 11 avril 1512
Lieu Ravenne (Romagne)
Issue Victoire française
Belligérants
Français, Duché de Ferrare Sainte-Ligue
Commandants
Gaston de Foix-Nemours, duc Alphonse Ier d'Este Raimond de Cardona
Forces en présence
23 000 hommes 16 000 hommes
Pertes
3 000 à 4 500 morts, 4 500 blessés 9 000 morts
Guerre de la Ligue de Cambrai
Coordonnées 44° 25′ N 12° 12′ E / 44.41666667, 12.2 ()44° 25′ Nord 12° 12′ Est / 44.41666667, 12.2 ()  

Géolocalisation sur la carte : Italie

(Voir situation sur carte : Italie)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Ravenne.

Au cours des guerres du Rinascimento pour la prédominance en Italie, les Français, confrontés à une contre-offensive de la Sainte-Ligue, battent avec l'artillerie alliée du duc de Ferrare les troupes espagnoles le 11 avril 1512 lors de la bataille de Ravenne. Mais Gaston de Foix meurt cependant durant cette bataille et Jacques II de Chabannes, son successeur, n’a pas ses talents de général. Menacés au nord, les Français doivent se replier vers le Piémont.

Contexte[modifier | modifier le code]

Inquiet des progrès de Louis XII, le pape Jules II manifeste sa volonté de chasser les Français d’Italie. Le 24 février 1510, il lève l’excommunication de Venise et les troupes papales aident les Vénitiens à reconquérir le terrain cédé aux Français.

En mai 1511, Louis XII prend Bologne et convoque le concile de Pise, destiné à destituer le pape. Jules II riposte par sa bulle Sacrosanctæ, en excommuniant les membres du concile de Pise. Puis le 5 octobre 1511, il forme la Sainte Ligue avec l’Espagne, la République de Venise, l’Angleterre et les cantons suisses contre la France.

Au début de 1512, les armées coalisées reprennent Brescia et marchent sur Bologne. Mais les troupes françaises, commandées par Gaston de Foix, parviennent à faire lever le siège de Bologne, et obligent les troupes de la Sainte Ligue à évacuer Brescia.

L'événement[modifier | modifier le code]

Le 11 avril 1512, en direction de Forlì, les Français et les troupes de la Sainte Ligue guidées par Raimond de Cardona se retrouvent face à face sur le rivage du fleuve Ronco, presque au confluent avec le Montone. Il s'ensuit le combat de Ravenne, dont un cyprès[réf. nécessaire] rappelle l'emplacement.

À la bataille prennent part les plus célèbres chevaliers et aventuriers de l'époque, entre autres Bayard et Gaston de Foix-Nemours du côté français et Romanello de Forlì, alors très connu pour être un des vainqueurs du défi de Barletta. Les Français, guidés par Gaston de Foix-Nemours, reçoivent l'aide décisive de l'artillerie d’Este, qui, sous la direction du duc Alphonse Ier d'Este était à cette époque parmi les plus efficaces d'Europe.

Il se raconte que pendant que le duc de Ferrare pointait ses canons, certains de ses subordonnés lui dirent qu’en tirant en cet instant, ils auraient frappé indistinctement aussi bien les ennemis espagnols que les alliés français ; Alphonse d'Este aurait répondu : « Tirez sans crainte de vous tromper, ce sont tous nos ennemis ».

Phrase emblématique de la défiance qui circulait en Europe au début du XVIe siècle. Ce fut justement le duc d’Este qui, avec diplomatie, empêcha les Français de piller Ravenne.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Malgré leur victoire, les Français, suite aux graves pertes, doivent se retirer de Lombardie à l'approche d'une armée suisse hostile, en laissant le duc de Ferrare en grande difficulté. Les troupes espagnoles et pontificales ont le temps de se ressaisir et les 18 000 soldats suisses arrivent en Lombardie. En juin 1512, les Français ont complètement évacué la Lombardie et Maximilien Sforza est placé sur le trône ducal à Milan.

Dès l'événement, la victoire française à Ravenne fut comparée à une défaite, de grands officiers, comme Gaston de Foix-Nemours et le vicomte de Lautrec, ayant été tués ou grièvement blessés au cours du combat. C'est ainsi que, trois jours après la bataille, Bayard écrivait à son oncle, évêque de Grenoble :

« Monsieur, si le roi a gagné bataille, je vous jure que les pauvres gentilhommes l'ont bien perdue; car, ainsi que nous donnions la chasse, M. de Nemours vint trouver quelques gens de pied qui se ralliaient, et voulut donner dedans; mais le gentil prince se trouva si mal accompagné, qu'il y fut tué, dont toutes les déplaisances et deuils qui furent jamais faits ne fut pareil que celui qu'on a démené et qu'on démène encore en notre camp; car il semble que nous ayons perdu la bataille[1]. »

Sources d'époque[modifier | modifier le code]

  • Le Loyal Serviteur, Histoire du gentil seigneur Bayard, édition en orthographe moderne, Balland, 1967, chap. 43, pp. 329-348.
  • Francesco Guicciardini, Storia d'Italia, 1537-1540, livre X, chap. XII et XIII. (Tr. fr. dir. J.-L. Fournel et J.-C. Zancarini, Paris, Laffont, 1996, t. 1, pp. 783-795.)

Études[modifier | modifier le code]

  • N. Ghigi, La battaglia di Ravenna, Bagnacavallo, 1906.
  • E. Rodocanachi, Le Pontificat de Jules II, 1503-1513 (1928), pp. 156-160. (Avec gravures d'époque représentant la bataille.)

Notes et références.[modifier | modifier le code]

  1. Lettre reproduite en annexe à l' Histoire du gentil seigneur de Bayard, par le Loyal Serviteur, édition en orthographe moderne, Balland, 1967, p. 453.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]