Bataille de Québec (1775)

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Bataille de Québec
Soldats britanniques et canadiens chargeant le régiment d'Arnold au Sault-au-Matelot, par C. W. Jefferys.
Soldats britanniques et canadiens chargeant le régiment d'Arnold au Sault-au-Matelot, par C. W. Jefferys.
Informations générales
Date
Lieu Québec, Province de Québec
Issue Victoire britannique décisive
Belligérants
Drapeau des États-Unis États-Unis Royaume de Grande-Bretagne Royaume de Grande-Bretagne
Commandants
Richard Montgomery
Benedict Arnold
Guy Carleton
Forces en présence
900 (réguliers et milice) 300 réguliers
1 500 (marins, infanterie de marine, milice)
Pertes
60 tués ou blessés,
426 prisonniers
6 tués,
19 blessés
Guerre d'indépendance des États-Unis
Coordonnées 46° 48′ 54″ N 71° 12′ 08″ O / 46.8151, -71.202305555556 ()46° 48′ 54″ Nord 71° 12′ 08″ Ouest / 46.8151, -71.202305555556 ()  

La bataille de Québec (31 décembre 1775) est une tentative américaine de s'emparer de la ville de Québec et de gagner le soutien des Canadiens dans le cadre de la Guerre d'Indépendance. L'attaque, menée par Benedict Arnold et Richard Montgomery, se solde par un échec. Cette bataille marque le paroxysme de l'invasion américaine du Canada, et met fin à tout espoir de voir les Canadiens se soulever aux côtés des Américains[1],[2].

Contexte[modifier | modifier le code]

Routes suivies par Arnold (trait plein) et Montgomery (tiretés) vers Québec.

Cherchant à attirer le Canada dans la révolution, les chefs américains se préparent à prendre la ville de Québec, tenue par une petite garnison de 100 soldats britanniques sous le commandement de Guy Carleton, gouverneur du Canada, et du colonel Allen Maclean. Les Britanniques ont à leur disposition une milice de plusieurs milliers d'hommes mal armés, maniant principalement le mousquet et quelques baïonettes ; les fortifications de la ville, délabrées, sont soutenues par des barricades en bois érigées à l'intérieur des districts urbains.

Deux expéditions sont lancées en direction de Québec. Le général de brigade Richard Montgomery passe par le lac Champlain, tandis que le colonel Benedict Arnold mène ses troupes à travers l'arrière-pays du Maine. Pendant ce temps, le général Washington manœuvre pour empêcher les Anglais d'envoyer des renforts au nord. À la fin du mois d'octobre 1775, les troupes américaines arrivent en vue de Québec. En novembre, Arnold traverse le Saint-Laurent et campe dans les plaines d'Abraham, où il somme la garnison de la ville de sortir et de se battre (durant la guerre de Sept Ans, Montcalm avait agi ainsi et a été vaincu) N'obtenant pas de réponse, Arnold décide d'attaquer.

La bataille[modifier | modifier le code]

L'attaque débute à 4 heures du matin, le 31 décembre 1775. Arnold divise ses troupes en deux colonnes d'attaque. Il mène son propre groupe, fort de 600 hommes, à l'assaut de la partie nord de la ville, tandis qu'une seconde colonne, composée de 300 hommes menés par Montgomery, attaque au sud. Les deux colonnes doivent se retrouver à la pointe du Saint-Laurent, avant d'entrer à l'intérieur des murs de la ville. Mais les fortifications se révèlent trop fortes pour être prises. Cela, en plus de la tempête de neige qui commence avant l'aube, condamne l'attaque dès le début. La colonne de Montgomery avance le long du fleuve jusqu'au bastion du cap Diamant, où ils arrivent devant une barricade à Près-de-Ville tenue par environ 30 miliciens canadiens, qui ouvrent le feu. Montgomery est tué par la première salve, qui tue ou blesse également une douzaine d'hommes. Incapables de riposter avec leurs mousquets, inutiles au cœur de la tempête, les Américains battent en retraite le long du fleuve.

Ignorant l'échec de l'attaque de Montgomery et sa mort, Arnold avance avec ses troupes en direction des barricades au nord, où ils sont pris pour cible par les Anglais et la milice locale qui tiennent les murs de la ville. En atteignant une barricade dans la rue appelée Sault au Matelot, Arnold reçoit une balle de mousquet dans la cheville gauche et est rapatrié à l'arrière. Arnold étant hors d'état de combat, son second, Daniel Morgan, prend le commandement et s'empare de la première barricade. Mais, dans l'attente de nouveaux ordres, les Américains sont attaqués par des milliers de miliciens dans les rues et les maisons à proximité. Une contre-attaque britannique reprend la première barricade, piégeant Morgan et ses hommes dans les rues étroites de la ville. Privés de tout moyen de fuir et sous le feu des balles, la totalité des troupes de Morgan se rendent. À dix heures du matin, la bataille s'achève avec la reddition de Morgan et des dernières poches de résistance américaines en ville.Morgan refuse de remettre son épée à un officier britannique. Il la remettra à un membre du clergé.

Parmi les troupes d'Arnold, plus de trente soldats sont tués (vingt autres sont retrouvés au moment du dégel et plusieurs autres se noient en tentant de traverser les eaux glacées du fleuve) et 426 sont faits prisonniers, dont Morgan. Au moins douze autres Américains sont tués ou blessés sur la rive sud avec Montgomery après l'attaque. Le commandant anglais, Guy Carleton, déclare avoir perdu un officier naval anglais et cinq miliciens canadiens, avec quatre soldats anglais et quinze miliciens blessés.

Le siège[modifier | modifier le code]

La mort de Montgomery selon John Trumbull.

Bien que ses troupes soient inférieures à un contre trois, Arnold refuse d'abandonner et assiège Québec, en dépit des températures hivernales et des désertions massives de ses hommes après l'expiration de leurs engagements, le 1er janvier 1776. Les premiers renforts américains arrivent en mars 1776, portant le total des troupes à 2 000 hommes. Mais, incapables de lancer un nouvel assaut contre la ville, le siège se poursuit jusqu'à l'arrivée de plus de 8 000 soldats anglais en renfort, le 6 mai 1776, ce qui force l'armée américaine désormais commandée par John Thomas à battre en retraite vers le sud et à rentrer dans la colonie de New York.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Après la victoire anglaise à Québec et le retrait américain du Canada, aucune autre tentative sérieuse d'impliquer les Canadiens dans la révolution américaine contre les Anglais n'aura lieu.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Dans ses Mémoires, Philippe Aubert de Gaspé raconte que la dépouille du général américain Montgomery a été transportée à l'intérieur des murs de Québec, où il a reposé pendant plusieurs années jusqu'à ce qu'elle ne soit rendue aux États-Unis, en 1818. Le chien du général Montgomery a veillé sur la tombe de son maître pendant plusieurs jours, jusqu'à ce qu'un oncle de l'auteur, Charles de Lanaudière, ne le recueille et qu'il devienne le chien de la famille[3].

Plaque sur la falaise, 1905
Sur le mur, depuis 2007
Plaque en anglais
Plaque en français

Au lieu où Richard Montgomery a été tué, à Près-de-Ville, des plaques de bronze (une en français et l'autre en anglais) ont été installées sur la falaise du cap Diamant. Elles ont été réinstallées en 2007 sur un mur érigé par le ministère des Transports qui protége le boulevard Champlain des éboulis provenant de la falaise. On peut y lire : « Ici à la barricade Près-de-Ville cinquante intrépides défenseurs du Canada ont vaincu Montgomery le dernier jour de l'année 1775 alors que Guy Carleton commandait à Québec [4]. »

Références[modifier | modifier le code]

  • Sir John Fortescue, History of the British Army
  • Christopher Ward, The War of the Revolution
Vue de la ville de Québec après l'attaque américaine de 1775. À l'avant-plan, on voit les restes de maisons incendiées.