Bataille de Palan

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Bataille de Palan
Artilleurs français déplaçant leurs pièces à Palan
Artilleurs français déplaçant leurs pièces à Palan
Informations générales
Date 1er septembre 1883
Lieu Palan près de Hanoï, Tonkin
Issue Victoire française
Belligérants
Drapeau de la France France Black Flag Army Flag.jpg Pavillons Noirs
Auto Racing Yellow.svg Vietnam
Commandants
Drapeau de la France Alexandre-Eugène Bouët Black Flag Army Flag.jpg Liu Yongfu
Forces en présence
900 soldats des troupes de marine et tirailleurs annamites
450 auxiliaires
1 pièce d'artillerie
6 canonnières
1 200 soldats Pavillons Noirs
3 000 soldats vietnamiens
Pertes
16 morts, 43 blessés 60 morts chinois (nombre de cadavres comptés), mais plus probablement plusieurs centaines de morts et de blessés
Expédition du Tonkin

La bataille de Palan (1er septembre 1883) fut l'un des nombreux affrontement opposant le Corps Expéditionnaire Français aux Pavillons Noirs commandés par Liu Yongfu lors de la Conquête du Tonkin (1883-1886). Cette victoire française, s'inscrivant dans une période de tensions croissantes entre la France et la Chine, fut probablement le point culminant de la guerre franco-chinoise[1].

Contexte[modifier | modifier le code]

Le Pluvier sur le Tonkin en 1884.

La bataille de Palan se déroula deux semaines après la bataille de Phu Hoai, durant laquelle le général Alexandre-Eugène Bouët, commandant supérieur des troupes françaises au Tonkin, n'avait pas réussi à vaincre les Pavillons Noirs de Liu Yongfu. Les importantes pluies de mi-août avaient forcé ceux-ci à abandonner leurs positions de la rivière Day et à se replier derrière elle. Leurs nouvelles positions clés furent les villages de Phong (ou Phung), contrôlant la route principale vers Son Tay, et Palan (ou Ba Giang), à la jonction du Fleuve Rouge et de la rivière Day[2].

Sous la pression de Jules Harmand, commissaire général du gouvernement au Tonkin, Bouët attaque les positions des Pavillons Noirs à la fin du mois d'août afin de sécuriser la route vers Son Tay, l'ultime objectif français. Bouët engagea 1 800 soldats français durant cette offensive. Les forces françaises étaient composées de deux bataillons d'infanterie de marine (commandés par les chefs de bataillon Berger et Roux), chacun renforcés par des tirailleurs annamites, d'une batterie d'artillerie de marine (capitaine Roussel), et d'un bataillon d’auxiliaires[3]. L'offensive fut soutenue par les canonnières Pluvier, Léopard, Fanfare, Éclair, Hache et Mousqueton de la flottille de Tonkin, sous le commandement du capitaine de vaisseau Morel-Beaulieu[4].

La bataille[modifier | modifier le code]

Liu Yongfu (1837–1917)

Le 31 août le village de Palan, pilonné par les canonnières et attaqué par le bataillon du commandant Berger, est capturé sans difficultés, et ses défenseurs fuient en désordre le long des rizières.

À l'aube du 1er septembre, la colonne progresse sur une digue de deux mètres de large le long de la berge de la rivière Day jusqu'à l'objectif principal : Phong, passage obligé de la route vers Son Tay. Le village est alors attaqué de face et par la gauche au cours de vives escarmouches menées par les tirailleurs cochinchinois et tonkinois. Pendant ce temps, les canonnières remontent le fleuve rouge. Alors que Pluvier et Fanfare conservent leur positions à la confluence du fleuve et de la rivière Day afin de supporter la compagnie qui occupe Palan, Mousqueton, Éclair et Hache remontent la rivière Day pour appuyer l'assaut de la colonne.

À trois kilomètres de Palan, les Français engagent le combat avec les Pavillons Noirs. Ceux-ci sont environ 1200 et sont soutenus par 3000 Vietnamiens. Les Pavillons Noirs, armés de fusils Winchester modernes, ont fait preuve du plus grand courage et n'ont cédé du terrain qu'après d'après combats. Les Vietnamiens, après avoir fait beaucoup de vociféré, agité leurs étendards, frappé sur leurs gongs et leurs tambours à la manière des guerriers n'ont que peu d'enthousiasme au combat et se sont repliés.

Les Français arrivent finalement à rejoindre une pagode accolée à la digue. Les Pavillons Noirs ont évacué la pagode avant l'arrivée des Français pour retourner au centre de leur dispositif, situé derrière un remblais de terre 400 mètres en avant.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Thomazi, Conquête, 166–7; Histoire militaire, 64–6
  2. Thomazi, Histoire militaire, 64
  3. Le bataillon du commandant Roux était composé des 25e, 26e et 27e compagnies du 4e régiment d'infanterie de marine (Capitaines Drouin, Taccoën et Lancelot) ainsi que de la 1re compagnie de tirailleurs annamites (capitaine de Beauquesne). Le bataillon du commandant Berger était composé des 26te et 27e compagnies du 2e régiment d'infanterie de marine (capitaines Doucet et Guérin de Fontjoyeux) et des 2e et 3e compagnies de tirailleurs annamites (capitaines Boutet et Berger).
  4. Thomazi, Histoire militaire, 65

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Barbou, A., Les héros de la France et les pavillons-noirs au Tonkin (Paris, 1884)
  • Bastard, G., Défense de Bazeilles, suivi de dix ans après au Tonkin (Paris, 1884)
  • Duboc, E., Trente cinq mois de campagne en Chine, au Tonkin (Paris, 1899)
  • Huard, L., La guerre du Tonkin (Paris, 1887)
  • Lonlay, D. de, Au Tonkin, 1883–1886: récits anecdotiques (Paris, 1886)
  • Nicolas, V., Livre d'or de l'infanterie de la marine (Paris, 1891)
  • Sarrat, L., Journal d'un marsouin au Tonkin, 1883–1886 (Paris, 1887)
  • Thomazi, A., Histoire militaire de l'Indochine française (Hanoi, 1931)
  • Thomazi, A., La conquête de l'Indochine (Paris, 1934)