Bataille de Pékin (1900)

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Bataille de Pékin (1900)
Informations générales
Date 14 août 1900 - 15 août 1900
Lieu Chine
Issue Victoire de l'Alliance
Belligérants
Alliance des huit nations Yihetuan flag.jpg Poings de la justice et de la concorde (« Boxers »)
China Qing Dynasty Flag 1889.svg Empire de Chine
Commandants
Drapeau : Japon Général Yamagouchi Motoomi
Drapeau : FranceFrey
Drapeau de la Russie Nikolai Linevich (en)
Drapeau du Royaume-UniAlfred Gaselee (en)
Drapeau des États-Unis Adna R. Chaffee, Sr..
Yihetuan flag.jpg
China Qing Dynasty Flag 1889.svg
Forces en présence
14 000 30 000
Pertes
60 tués, 205 blessés Pertes inconnues
Révolte des Boxers
Batailles
Modèle:Batailles de la révolte des Boxers

La bataille de Pékin s'est déroulée le 14 et 15 août 1900. Une force multinationale a mis fin au siège des légations étrangères pendant la révolte des Boxers.

Situation[modifier | modifier le code]

Début août 1900, à Tientsin, l'annonce par un messager de la survie des concessions de Pékin, et de l'urgence à leur porter secours, constitue une forte surprise. Mais ce n'est que le 4 ou 5 août que les Alliés décident de se remettre en marche avec une armée de 20 000 hommes (après trois semaines de retard et l'arrivée de renfort) pour aller secourir les légations assiégées. Cette force importante permet à son commandant, le général britannique Sir Alfred Gaselee[1], de marcher sur Pékin, le long du Peï-Ho.
Un premier combat fut livré à Peï-Tsang[2] le 5 août, forte position enlevée brillamment par les Japonais. Après le combat, les Allemands, les Autrichiens et les Italiens revinrent à Tien-Tsin; les Français (800 hommes du général Frey), les Anglais, les Américains, les Russes et les Japonais poursuivent leur marche. À Yang Tsun[3] le 6 août, 1500 Chinois sont délogés de leur retranchement après quatre heures de combat coûtant aux Alliés 450 tués et blessés. La colonne arrive devant Pékin le 14 août, non sans avoir dû livrer une nouvelle bataille à Tongzhou le 12 août.

Forces de l'Alliance[modifier | modifier le code]

    • Empire de Russie : 4300 fantassins, cosaques et artillerie
    • France : 800 hommes (deux bataillons du 11e RIC, un bataillon du 9e RIC et trois batteries d'artillerie)
    • Japonais : 8 000 hommes
    • Américains : 2 500 soldats et Marines, artillerie
    • Anglais : 3 000 fantassins, cavaliers et artillerie

Déroulement[modifier | modifier le code]

Libération du quartier des Légations[modifier | modifier le code]

Les chefs de détachement interalliés avaient décidé qu'un dernier conseil de guerre serait tenu pour régler l'entrée des troupes :

  • Les Russes par la porte la plus au nord, le Tung Chih (Dongzhi)
  • les Japonais par la porte du sud, le Chi Hua (Chaoyang)
  • les Américains par le Tung Pein (Dongbien)
  • les Britanniques, plus au sud, par le Sha Wo (Guangqui).
  • L'entrée des Français, qui ont une demi-journée de retard, n'est pas planifiée.

Le 14 août, à 3 h du matin, les Russes attaquent avec l'artillerie la porte assignée aux Américains, le Dongbien, tuent 30 soldats chinois, mais dans des feux croisés meurtriers, perdent 26 hommes et 102 blessés.
Au matin, les Américains, devancés par les Russes, déplacent leurs troupes 200 mètres plus au sud, prennent d'assaut le mur extérieur et gagnent le quartier des Légations où ils arrivent vers 16 h 30.
Pendant ce temps, les Japonais avaient rencontré plus de résistance devant leur porte et durent employer l'artillerie.
Pour les Britanniques, l'entrée fut plus facile en empruntant un canal de drainage passant au-dessous du mur et les menant devant les Légations.
Dans la soirée, la cour chinoise ayant quitté le palais impérial la veille, le Siège des Légations était fini.

Libération du Pé-Tang ou Beitang (北堂, cathédrale du nord)[modifier | modifier le code]

La colonne française arriva le 15 août à la Légation et se dirigea vers le Pé-Tang, quartier isolé autour de la cathédrale assiégé par les Boxeurs et l'armée chinoise depuis le 15 juin. La défense de la cathédrale était assurée par 28 prêtres étrangers et nonnes, 43 soldats français et italiens et 3400 catholiques chinois. Vers 17 h , la colonne de secours renforcée par des Russes, Siks et Japonais installe son bivouac contre les murs de la Cité Impériale, vers la Porte Jaune. Au matin du 16, après la canonnade de la porte, les russes et les japonais pénètrent dans le Peitang, les français escaladant le Mur Jaune. Les chrétiens de monseigneur Favier sont libérés après cinquante-huit jours de siège.

Suite des opérations[modifier | modifier le code]

Sur les instances de Mgr Favier, une nouvelle colonne fut envoyée aux environs de Tong-Tchéou à l'Est de Pékin pour dégager les missions catholiques menacées par les Boxers. Tout se passa bien et sans effusion de sang.
Pendant tout le mois d'août et une partie du mois de septembre, des troupes s'embarquèrent en Europe pour la Chine, une division chacune pour la France et l'Allemagne. Sur ces entrefaites, le général Frey, dont la santé était très éprouvée, retourna à Takou pour attendre l’arrivée du général Voyron et rentrer en France.
À la suite d'une entente entre les puissances, le commandement suprême des forces alliées fut confié au feld-maréchal de Waldersee; la division française sous les ordres du général Voyron conserva son autonomie.
En octobre, le général Bailloud arriva à Pao-Ting-Fou (sur la voie ferrée au sud-ouest de Pékin) avec la 2e brigade métropolitaine[4] et une autre colonne française, en novembre, occupait les tombeaux de la dynastie des Ming.

Décoration[modifier | modifier le code]

PEKIN 1900 est inscrit sur le drapeau des régiments français cités lors de cette bataille.

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Alfred Gaselee (en)
  2. Battle of Beicang (en)
  3. Battle of Yangcun (en)
  4. Régiment de marche (bataillons des 40e, 58e et 61e RI), Régiment de marche des zouaves à 4 bataillons (Colonel Guillet) et 3 batteries d'artillerie coloniale de 75


Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

« Campagne de Chine (mai à septembre 1900) : journal d'un officier / Lieutenant M. Saillens », sur gallica.bnf.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Léon Silbermann, Souvenirs de campagne par le Soldat Silbermann, Paris, Plon,‎ 1910, « Chine », p. 176-281 "https://fr.wikisource.org/wiki/Souvenirs_de_campagne_par_le_Soldat_Silbermann/Chine"

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les Troupes de Marine 1622-1984, Paris, Lavauzelle, 1986 .
  • Histoire de France contemporaine, Paris, Larousse, 1916 .