Bataille de Narva (1700)

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Bataille de Narva
Victoire de Narva par Gustaf Cederström
Victoire de Narva par Gustaf Cederström
Informations générales
Date 20 novembre 1700
Lieu Narva, nord-est de l'Estonie
Issue Victoire suédoise décisive
Belligérants
Drapeau de la Suède Suède
avec de nombreux officiers français
Drapeau de la Russie Russie
avec des Saxons
Commandants
Charles XII de Suède Charles Eugène de Croy
• prince Dolgorouki
Forces en présence
8 140 hommes avec 10 canons 37 000 hommes avec 145 canons
Pertes
667 morts 6 000 morts[1], 20 000 prisonniers
Grande guerre du Nord
Batailles
Narva 1 · Daugava · Rauge · Erastfer · Kliszów · Hummelshof · Saladen · Pułtusk · Jēkabpils · Narva 2 · Poznań · Punitz · Gemauerthof · Varsovie · Hrodna · Fraustadt · Kletsk · Kalisz · Holowczyn · Malatitze · Lesnaya · Poltava · Perevolochna · Helsingborg · Riga · Baie de Køge · Fladestrand · Gadebusch · Bender · Pälkäne · Storkyro · Hangö Oud · Fehmarn Bält · Rügen · Kristiania (Oslo) · Stralsund · Dynekilen · Osel · Stäket · Grengam
Coordonnées 59° 22′ 00″ N 28° 11′ 00″ E / 59.366667, 28.18333359° 22′ 00″ Nord 28° 11′ 00″ Est / 59.366667, 28.183333  

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 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Narva (1700).

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 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Narva (1700).

La bataille de Narva d'Alexandre von Kotzebue

La bataille de Narva intervint au début de la Guerre du nord. L'armée suédoise, commandée par le roi Charles XII, qui n'a pas encore dix-huit ans, obtient une victoire totale sur l'armée russe de Pierre Ier à Narva, au nord-est de l’Estonie, le 30 novembre 1700 (19 novembre dans le calendrier julien)[2].

Alliances[modifier | modifier le code]

Il y a une coalition entre le Danemark de Frédéric IV, la Norvège, la Pologne, la Saxe et la Russie ; le tsar n'a pas encore commencé à moderniser la Russie.

Frédéric IV envahit le Schleswig-Holstein, dont le duc était un beau-frère de Charles XII, et assiège Tönningen. L'armée saxonne assiège Riga. Charles XII, dont l'armée comprend de nombreux officiers français, bat les Danois à Copenhague le 8 août.

Bataille[modifier | modifier le code]

« Le czar[3],[4],[5], comptant sur la prise de la ville [de Narva], était allé à Novogorod[5], amenant avec lui son favori Menzikoff […]

Pierre laissa son armée et ses instructions pour le siège au prince de Croi, originaire de Flandre, qui depuis peu était passé à son service[6]. Le prince Dolgorouki fut le commissaire de l’armée. La jalousie entre ces deux chefs et l'absence du czar furent en partie cause de la défaite inouïe de Nerva. Charles XII ayant débarqué à Pernau en Livonie avec ses troupes, au mois d'octobre[7], s’avance au nord à Revel, défait dans ses quartiers un corps avancé de Russes[8]. Il marche et en bat encore un autre. Les fuyards retournent au camp devant Nerva[9] et y portent l'épouvante[…]

Profitant d’un vent violent et d’une grosse neige que ce vent portait contre les Russes, il fondit dans leurs retranchements à l’aide de quelques pièces de canon avantageusement postées. Les Russes n’eurent pas le temps de se reconnaître au milieu de ce nuage de neige qui leur donnait au visage, foudroyés par les canons qu’ils ne voyaient pas, et n’imaginant point quel petit nombre ils avaient à combattre.

Le duc de Croi voulut donner des ordres, et le prince Dolgorouki ne voulut pas les recevoir. Les officiers russes se soulèvent contre les officiers allemands ; ils massacrent le secrétaire du duc, le colonel Lyon, et plusieurs autres. Chacun quitte son poste ; le tumulte, la confusion, la terreur panique se répand dans toute l’armée. Les troupes suédoises n’eurent alors à tuer que des hommes qui fuyaient. Les uns courent se jeter dans la rivière de Nerva, et une foule de soldats y furent noyés ; les autres abandonnaient leurs armes et se mettaient à genoux devant les Suédois. Le duc de Croi, le général Allard, les officiers allemands, qui craignaient plus les Russes, soulevés contre eux, que les Suédois, vinrent se rendre au comte Stenbock ; le roi de Suède, maître de toute l’artillerie, voit trente mille vaincus à ses pieds, jetant les armes, défilant devant lui, nue tête.

[…] Ce ne fut qu'après s'être rendus qu'ils apprirent qu'ils avaient été vaincus par huit mille hommes. »

— Voltaire[10]

Suite[modifier | modifier le code]

Charles XII continue la guerre victorieusement en 1701 dans la bataille de Düna contre une armée saxonne. Le garnison de Narva tombe en 1704 (malgré une victoire suédoise à la bataille de Gemäuerthof).

Références[modifier | modifier le code]

  1. (ru) Беспалов А. В. Северная война. Карл XII и шведская армия. Путь от Копенгагена до Переволочной. 1700-1709. - М: Рейтар, 1998. С.43
  2. Et le 20 novembre dans le calendrier suédois.
  3. On a gardé l'orthographe (« retranchemens », « nue tête ») et les graphies de Voltaire.
  4. Les notes de Voltaire sont signalées par « NV ».
  5. a et b 18 novembre (NV)
  6. Voyez l'histoire de Charles XII (NV), p. 454 et suivantes.
  7. 8 140 hommes et dix pièces d’artillerie.
  8. En Estonie, il y avait déjà des régiments finlandais, estoniens et livoniens, ce qui augmentait la force de Charles XII.
  9. Où se trouvent cent quarante-cinq canons.
  10. Voltaire, « Histoire de Russie », chap. XI, dans Œuvres complètes de Voltaire : avec des notes et une notice historique sur la vie de Voltaire sur Google Livres, vol. 4

Voir aussi[modifier | modifier le code]