Bataille de Morgarten

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Bataille de Morgarten
La Bataille de Morgaten
La Bataille de Morgaten
Informations générales
Date 15 novembre 1315
Lieu Col de Morgarten, sur l'actuelle commune d'Oberägeri
Issue Victoire décisive des Confédérés
Belligérants
Gules a fess argent.svg Autriche: Habsbourg Confédération helvétique :
Commandants
Duc Léopold Ier d'Autriche Werner Stauffacher
Forces en présence
~ 3 000 dont ~ 1 000 chevaliers ~ 1 500 hommes
Pertes
~ 2 000 12

La bataille de Morgarten eut lieu le 15 novembre 1315, au sud de Zurich où quelque 1 500 confédérés suisses repoussèrent les 4 000 à 8 000 soldats du duc Léopold Ier d'Autriche, seigneur de Habsbourg.

Cause de la bataille[modifier | modifier le code]

Cette bataille fut causée par la tension entre les Habsbourg et les Confédérés, tension qui augmenta encore lorsqu’un conflit éclata en 1314 entre le duc Louis IV de Bavière et Frédéric le Bel, réclamant chacun la couronne. Comme les Confédérés avaient soutenu Louis IV, la guerre éclata après un nouveau conflit entre les Schwytzois et les Habsbourg. En outre, plusieurs tentatives d'arbitrage ne parvinrent pas à calmer le conflit opposant, à propos de droits d'usage dans des alpages et forêts, l'abbaye d'Einsiedeln, dont les Habsbourg détenaient l'avouerie, et les Schwytzois; ceux-ci furent frappés d'excommunication et, ulcérés, attaquèrent le couvent pendant la nuit des Rois de 1314 (Marchenstreit)[1].

Bataille[modifier | modifier le code]

Le frère de Frederic, Léopold Ier d'Autriche avait avec lui une armée complète (3 000 à 5 000 hommes armés, un tiers étant des cavaliers). Ils prévoyaient une attaque surprise contre Schwytz par le sud, aux alentours du Lac d'Ägeri et du passage de Morgarten. Ils s’attendaient à une victoire totale et aisée sur ces simples paysans qui défiaient les Habsbourg. Mais les Schwytzois, ayant été prévenus, attendirent l’ennemi en embuscade, à un passage étroit de la route, entre la pente et le lac[2].

Le rassemblement eut lieu à Zoug et l'armée des Habsbourg partit la nuit, alors que le ciel était clair et que la lune donnait une bonne visibilité. Le chemin le long du lac est un chemin étroit entre le talus et les rives marécageuses du Lac d'Ägeri. Elle se dirigea ensuite vers un ravin du Figlenfluh en direction de Sattel.

À Schafstetten, les Schwytzois s'étaient mis avec leurs alliés, les gens d'Uri, en embuscade. L'attaque eut lieu seulement lorsque la colonne de cavaliers fut piégée sur une distance de près de deux kilomètres le long du lac d'Ägeri et dans le ravin après que la tête de colonne se fut arrêtée au barrage de Schafstetten. Du côté des collines, la colonne de cavalerie fut arrêtée par des arbres abattus en divers endroits.

Recevant des pierres de la taille d'un poing, les chevaux furent effrayés puis les cavaliers furent attaqués à la hallebarde. Les cavaliers avaient peu de place pour leur défense, et la bataille se termina par une défaite écrasante des Habsbourg. Au cours de la confusion occasionnée par les cavaliers en déroute et la masse de l'infanterie qui s'avançait toujours, beaucoup furent poussés dans le lac et les marais et furent récupérés et tués. L'infanterie n'intervint pas dans les combats. Le duc Léopold réussit à s'échapper grâce à la connaissance des lieux de son accompagnateur.

Défaite[modifier | modifier le code]

Bataille de Morgarten, le 15 novembre 1315

Il y eut alors un grand massacre des alliés des Habsbourg qui étaient de provenance de Zoug, Lucerne, Zurich, etc. et qui ne pouvaient se défendre correctement du fait de la grande confusion dans leurs rangs, et parce qu'ils étaient aveuglés par le soleil qui se levait. En effet, l’avant-garde se battait pour rompre les lignes sans avoir l’appui de l’arrière-garde qui s’enfuyait, la confusion étant telle qu’aucun ordre n’était respecté. De plus, les montagnards n’ayant aucun intérêt à faire des prisonniers, ils assommèrent les blessés et les dépouillèrent complètement[3]. De plus certains cavaliers tentèrent de fuir par le lac mais la plupart se noyèrent à cause du poids des armures.

Ceci participa concrètement à fonder la réputation de barbares des Confédérés. On les considéra ensuite comme de féroces et redoutables combattants, respectés des autres pays[4].

C'est l'une des rares occasions, au Moyen Âge, où des communautés paysannes réussirent à s'émanciper de leur suzerain féodal

La victoire de Morgarten renforça la cohésion des cantons alpins. Elle leur rallia les cantons environnants et surtout les villes de Lucerne, Zurich et Berne. Ces communes libres, bien que bourgeoises, firent front commun avec les cantons paysans contre les prétentions des Habsbourg.

Commémoration[modifier | modifier le code]

Le réalisateur suisse Leopold Lindtberg tourna en 1941 Landammann Stauffacher, film mettant en scène la bataille de Morgarten, avec Heinrich Gretler et Anne-Marie Blanc. Ce film historique est aussi un film de combat, tourné pour renforcer le patriotisme suisse face au danger nazi: après le rapport du Grütli du 25 juillet 1940, où six cent cinquante commandants de l'armée suisse avaient renouvelé leur serment de fidélité au drapeau suisse, le scénariste Richard Schweizer, qui entendait d'abord mettre en scène le fils de Guillaume Tell, décida de se concentrer sur le chef militaire de Morgarten, pour le présenter comme le précurseur du général Henri Guisan.

Eric Langjahr a aussi tourné en 1978 un film sur la bataille de Morgarten (Morgarten findet statt en allemand), mettant en scène le concours de tir organisé sur place chaque année pour la commémorer, avec des emprunts à d'autres documents dont le film de Lindtberg.

Légendes[modifier | modifier le code]

Pendant la menace de la Suisse par les fascistes dans les années 1930/1940 l'histoire fut exagérée : « Lorsque les Habsbourg arrivèrent sur le lieu de l’embuscade, une avalanche de pierres, de rochers, et de troncs d’arbres dévala sur les chevaliers, effrayant les chevaux et provoquant la confusion. C’est à ce moment-là que les Schwytzois, conduits par Werner Stauffacher, attaquèrent. » Et des images avec des chevaliers passant sous des falaises sur lesquelles les Schwytzois jetaient des rochers furent publiées. Ce sont de pures légendes qui peuvent être contre-dites par une simple promenade de Hauptsee à Sattel sur l'ancienne route.

Jeux de simulations historiques[modifier | modifier le code]

  • Epées et hallebardes : Morgarten 1315, Sempach 1386 et Grandson 1476, de Frédéric Bey, série au Fil de l'Epée, Vae Victis n°81, 2008

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]